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Alexis

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Everything posted by Alexis

  1. Remarque importante, et qui le serait encore plus en cas de victoire de la Russie. Si disons fin 2023 ou 2024 Moscou parvient à achever de contrôler l'Ukraine, scénario certes négatif mais loin d'être impossible en tenant compte de la dynamique de montée aux extrêmes, d'une part il devra faire face à des groupes de résistance extremisés eux aussi, voire au pire nihilistes, en même temps qu'endurcis - il y répondrait probablement avec les méthodes de Staline - d'autre part ces Corps Francs pourraient en arriver à gêner les autres Européens aussi Un cocktail de compétence militaire, d'armes efficaces et d'extrémisme politique... Hmmm ... Politique fiction à ce stade. J'espère que ça le restera. Une résurgence constitutionnelle oui. On a eu ça en France, enfin c'était plutôt le neveu du chef militaire prestigieux. Élu président de la IIème République, il a pris grand soin de consolider la résurgence constitutionnelle
  2. Le ministre des affaires étrangères adjoint de la Russie, Sergueï Ryabkov, réagit à la polémique qui a suivi la déclaration de Macron La Russie est prête à reparler de garanties de sécurité lorsque l'Occident le sera Il est à noter que l'Occident s'est soustrait à tout dialogue réel sur ce sujet et a, en fait, rejeté ces propositions. MOSCOU, le 6 décembre. /TASS/. La Russie est prête à reprendre la discussion sur les garanties de sécurité si l'Occident manifeste un intérêt pour ce sujet, a déclaré mardi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov. "Si et quand nous voyons que l'Occident s'y intéresse vraiment, nous reviendrons sur ce sujet [des garanties de sécurité]. Mais je tiens à le souligner une fois de plus, comme dans la situation du dialogue de stabilité stratégique, qui a été interrompu unilatéralement par les États-Unis, nous ne poursuivons personne, et nous ne demandons rien à personne", a-t-il déclaré. "L'Occident a éludé tout dialogue réel sur ce sujet et, en fait, a refusé ces propositions [sur les garanties de sécurité à la Russie]. Le fait que quelqu'un y revienne maintenant démontre la sensibilité de certains hommes politiques et leur capacité à tenir compte de nos signaux. Mais la tendance dominante dans l'ensemble de l'Occident, d'après ce que je comprends, n'est pas en faveur de la mise en œuvre de ces idées", a noté M. Ryabkov. Elle n'intéresse certainement pas la Russie actuellement, alors qu'elle prépare clairement une nouvelle offensive début 2023, à la fois en entrainant plusieurs centaines de milliers de mobilisés et en tentant de détruire le réseau électrique ukrainien. Je pense qu'elle pourrait constituer une ouverture et un "jalon" en vue de l'étape suivante. C'est-à-dire, si l'Ukraine parvient à résister au nouvel assaut (), pour le moment (mi-2023 ?) où le pouvoir russe se retrouverait à la case départ : "On contrôle une partie du territoire ukrainien (un peu plus un peu moins), les Ukrainiens continuent à nous empêcher d'aller plus loin, les mesures d'escalade de l'automne dernier n'ont pas vraiment changé la situation". A ce moment-là, Poutine se retrouverait devant une alternative, soit aller plus loin dans l'escalade (plus de mobilisation ? destruction des ponts du Dniepr ? armes chimiques ?) soit rechercher une solution diplomatique. Le fait qu'il soit clair que l'alternative existe pourrait faire réfléchir Poutine, en même temps qu'augmenter la pression sur lui de la part de la population russe ou des alliés (Chine) et des neutres (Inde). En tout cas augmenter la probabilité qu'il préfère l'option la plus modérée plutôt que la poursuite de l'escalade. Ceci, encore une fois, si l'Ukraine parvient à résister aux offensives de début 2023. A la fois c'est la priorité du jour - comment l'y aider - et comme même dans le meilleur des cas ça ne suffira pas à soi seul - Poutine conserve la possibilité d'escalader plus loin - il n'est pas trop tôt pour commencer à poser quelques jalons.
  3. S'il en était besoin, Macron a précisé dans cette réponse à la presse le contexte de ses remarques sur les "garanties de sécurité" à donner à la Russie dans le cadre de futures négociations de paix. «Je pense qu'il ne faut pas faire de grands cas, essayer de voir des polémiques là où il n'y en a pas», a-t-il déclaré à son arrivée au sommet UE-Balkans à Tirana. «J'ai toujours dit la même chose, c'est-à-dire qu'à la fin, dans les discussions de paix, il y aura des sujets territoriaux sur l'Ukraine et ils appartiennent aux Ukrainiens et il y aura des sujets de sécurité collective sur toute la région», a-t-il ajouté. «C'est la même chose que je dis depuis le début, la même chose sur quoi nous avons travaillé d'ailleurs en février, mars et qui ont fait l'objet de discussions», a-t-il poursuivi en référence aux tentatives, notamment de sa part lors d'une rencontre avec Vladimir Poutine le 7 février au Kremlin, de fournir des garanties à la Russie concernant la présence de l'Otan à ses frontières afin de tenter d'éviter une guerre en Ukraine. Emmanuel Macron a expliqué samedi avoir échangé avec le président américain Joe Biden sur «l'architecture de sécurité dans laquelle nous voulons vivre demain», évoquant le fait qu'il faudrait donner «des garanties pour sa propre sécurité à la Russie le jour où elle reviendra autour de la table» des négociations. «Un des points essentiels c'est la peur que l'Otan vienne jusqu'à ses portes, c'est le déploiement d'armes qui peuvent menacer la Russie», a-t-il alors explicité sur la chaîne française TF1. Ca me paraît clair en effet. Dans les négociations de paix, Macron voit 1) Des sujets territoriaux qui "appartiennent aux Ukrainiens", d'où l'affirmation répétée comme quoi eux seulement prendront ce genre de décisions. Affirmation qui n'empêche d'ailleurs pas l'habileté. Voir cet extrait vidéo Macron y rappelle que la France n'aurait certes pas accepté en 1871 que des pays tiers lui dictent sa conduite dans la défense contre la Prusse - donc l'Ukraine a raison de ne pas accepter que des étrangers lui dictent la sienne. Mais ce que savent tous ceux qui connaissent l'Histoire, c'est que la France a bien du alors se résigner à l'occupation de l'Alsace-Lorraine. Parce que la situation militaire y obligeait. Donc le message de Macron est aussi : c'est l'Ukraine elle même qui devra renoncer à reconquérir la Crimée, nous ne prendrons pas cette décision à sa place. Il a cependant eu l'habileté de ne pas le dire directement. Il l'a seulement "fortement" suggéré... 2) Des sujets de "sécurité collective, sur toute la région" C'est dans ce contexte qu'il pourrait être question de "garanties de sécurité" pour la Russie si elle acceptait d'entrer en négociations. Et de quel genre ? Eh bien : "Un des points essentiels c'est la peur que l'Otan vienne jusqu'à ses portes, c'est le déploiement d'armes qui peuvent menacer la Russie" Les thématiques générales sont donc l'éventuelle limite à l'avancée de l'OTAN ainsi que l'éventuel contrôle des armements en Europe. Mêmes thématiques d'ailleurs que celles que la Russie avait mises en avant dans les textes outranciers envoyés à Etats-Unis et OTAN en décembre 2021. ==>Il s'agit donc bien en somme de tenter d'attirer Moscou vers la modération et vers une issue qui préserverait l'Ukraine, en lui proposant de compenser cette modération par des concessions du bloc atlantique plutôt que par la capture de territoires et de populations ukrainiennes Les chances de succès, à court terme je les vois plutôt minces Courant d'année prochaine, peut-être ? A condition que la Russie n'ait pas réussi d'ici là à prendre un avantage sur le terrain
  4. Erreur de ma part. Je m'étais fixé comme règle de ne pas revenir sur la période 2014-2021, parce que ces débats ont déjà eu lieu cent fois sur le forum, tout a déjà été dit je crois et les positions des uns et des autres ont très peu de chance d'évoluer. A ma décharge, et à celle de Joab à qui je répondais ("Qu'aurait-il fallu pour empêcher la guerre (..) Selon les "réalistes""), il est très difficile d'éviter complètement de parler des événements qui ont précédé l'invasion de 2022. Et on a beau penser comme moi qu'en 2022 les torts sont à 100% du côté des dirigeants russes, la guerre étant parfaitement évitable et Moscou disposant de moyens bien moins violents pour défendre ses intérêts, il n'empêche qu'on n'est pas nécessairement d'accord sur ce qu'était cette situation en 2014 ou dans l'intervalle. Je préfère ne pas poursuivre le débat, merci @olivier lsb et @Joab pour vos réponses. Du moins un certain nombre d'arguments sont-ils exposés dans un sens et dans l'autre, et si ça peut aider des personnes à se faire leur propre opinion, tant mieux. Je ne réponds que sur un point parce qu'il y a un élément personnel. Pas du tout d'accord. Je me rappelle que Joab a précisé qu'il est de confession juive. Cela ne change absolument pas ni le fond, c'est-à-dire le fait que les gens de Secteur Droit dont la milice armée a pris le contrôle de la Rada ukrainienne le 22 février 2014 ("révolution de la Dignité") se reconnaissent explicitement comme héritiers de Bandera ni le fait que les bandéristes historiques étaient collaborateurs enthousiastes de la Shoah. Quant au manque d'élégance il est criant, mais je le vois plutôt du côté de ceux qui se revendiquent héritiers de massacreurs anti-juifs et anti-polonais que du côté de ceux qui les dénoncent.
  5. Très bon texte, et plaidoyer salutaire pour le débat. Je reprendrais simplement la partie en gras. C'est à mon avis l'inverse : le gouvernement Biden s'est engagé publiquement à ce que les soldats américains ne participent pas aux combats, et il espère que l'Ukraine gagnera la guerre, et porte ses efforts à l'y aider. Je comprends que Walt, qui est Américain et tient à ce que son pays conserve tous ses charmes - dont le moindre n'est pas l'absence de détonation nucléaire - conserve un fond d'inquiétude que tout cela n'en vienne à déborder et à déboucher sur une guerre directe Russie-Amérique. Mais Biden s'est bien engagé explicitement à ne pas faire participer directement l'Amérique aux combats, beaucoup plus qu'à ce que l'Ukraine l'emporte. Malgré tout ce qu'on peut dire sur l'effet du grand âge, je ne crois pas qu'il puisse en venir à oublier cet engagement de ne pas commencer une nouvelle guerre mondiale. Selon les dits "réalistes", ça aurait été déjà pas mal de ne pas appuyer l'agitation à Kiev contre le gouvernement régulièrement et démocratiquement élu, lorsque ce gouvernement a décidé fin 2013 de renoncer à cet accord de coopération. Et encore de ne pas appuyer la prise de pouvoir par la violence fin février 2014 d'un gouvernement provisoire comptant un tiers de gens se revendiquant héritiers des nationalistes de Bandera, historiquement collaborateurs enthousiastes de la Shoah, et utilisant la force armée dès que des résistances ont commencé à se faire jour notamment dans le Donbass et du côté d'Odessa. A partir du moment où tout cela était arrivé, les réalistes auraient pu conseiller d'appuyer - quitte à tordre quelques bras à Kiev - l'application effective des accords de paix "Minsk II" négociés en 2015 par Allemagne et France et obtenant de la Russie qu'elle limite drastiquement l'exploitation de sa victoire au Donbass, au moment même où la voie était libre même jusqu'à Odessa si Poutine l'avait décidé, en échange d'une autonomie consistante reconnue à une partie du Donbass. Bref, les réalistes auraient conseillé d'appuyer le résultat de la médiation franco-allemande et d'assurer son application. A partir du moment où cela n'arrivait pas, mais où arrivait au pouvoir à Kiev un nouveau président voulant parvenir à une solution politique, les "réalistes" auraient conseillé de l'appuyer - éventuellement lourdement. Et Macron suivi par Merkel a bien soutenu Zelensky dans cette démarche en 2019. Mais peut-être France et Allemagne n'ont elles pas été assez appuyées par d'autres pays, ou peut-être à ce stade la voie était-elle en fait déjà bouchée à Moscou. A partir du moment où la Russie a envahi l'Ukraine en 2022, plus grande guerre intra-européenne depuis 1945, les réalistes n'avaient plus de recommandation pour conserver la paix. Parce que c'était trop tard. Quant à ce qu'il convient de faire... il y a plusieurs écoles, et opinions possibles. Une recommandation générale toutefois : ne pas oublier l'Histoire, parce qu'elle est riche d'enseignements. Forte de son succès à appuyer des régimes "amis" en Biélorussie et au Kazakhstan - enfin jusqu'en 2022 du moins, Astana se méfie davantage maintenant - la Russie est-elle partie à la conquête de la Pologne ? Non. Si Yanoukovitch avait passé une année 2014 tranquille - quitte à perdre le pouvoir en 2015 hein... y avait des élections prévues - je ne pense pas que Varsovie ni Vilnius auraient eu davantage de souci à se faire. De même que je pense que la guerre du 24 février n'a pas été déclenchée par les Etats-Unis, parce que je suis convaincu que Vladimir Poutine n'est pas un agent de la CIA, et c'est bien lui qui a ordonné l'invasion, je pense aussi que l'élection de 2016 n'a pas été gagnée par la Russie, parce que je suis convaincu que Hillary Clinton n'est pas une agente du FSB, et c'est bien elle qui a perdu l'élection au profit du "panier de déplorables". Quant à Orban, je constate qu'il en est à son quatrième mandat de premier ministre. Je n'exclus pas totalement que la raison en soit tout simplement que ses politiques et sa personne sont populaires auprès des Hongrois. Avec tout mon respect pour les capacités professionnelles du FSB, GRU, SVR, Prigojine et toute la bande, je ne pense pas qu'ils aient la capacité de contrôler les cerveaux des Hongrois.
  6. Neuf ans de prison requis contre l'opposant russe Ilya Yashin, poursuivi pour avoir dénoncé l'invasion de l'Ukraine et avoir parlé du massacre à Boutcha. Voici un extrait de son discours au tribunal, en français. Vladimir Vladimirovitch, En voyant les conséquences de cette guerre horrible vous comprenez probablement vous-même quelle faute lourde vous avez commise le 24 février. Notre armée n’est pas accueillie avec des fleurs. 2/18 On nous traite de massacreurs et d’occupants. Votre nom est désormais associé aux mots « mort » et « destruction ». 3/18 Vous avez causé un mal terrible au peuple ukrainien qui ne nous pardonnera probablement jamais. Or, vous faîtes la guerre non seulement aux Ukrainiens mais aussi à vos propres compatriotes. 4/18 Vous envoyez à la mort des centaines des milliers de Russes dont beaucoup ne retourneront jamais chez eux en devenant des cendres. Beaucoup resteront infirmes et deviendront fous après ce qu’ils ont vu et vécu. 5/18 Pour vous, pourtant, ce ne sont que des statistiques de pertes, des chiffres en colonnes. Mais pour beaucoup de familles perdre leurs maris, leurs pères et leurs fils, c’est une douleur insupportable. 6/18 Vous privez les Russes de leur maison. Des milliers de Russes ont quitté leur pays parce qu’ils ne veulent pas tuer et être tués. Les gens vous fuient, Monsieur le Président. Vous ne le remarquez vraiment pas ? 7/18 Vous sapez les fondements de notre sécurité économique. En mettant l’industrie sur les rails militaires, vous faites retourner notre pays en arrière. Les chars et les canons sont devenus prioritaires alors que notre réalité est de nouveau misère et absence de droits. 8/18 Que mes mots sonnent tel un cri dans le désert mais je vous appelle, Vladimir Vladimirovitch, à arrêter immédiatement cette folie. Il faut reconnaître la politique à l’égard de l’Ukraine comme erronée, faire sortir les troupes et passer au règlement diplomatique du conflit. 9/18 Rappelez-vous que chaque nouveau jour de guerre apporte de nouvelles victimes. Cela suffit. 10/18 Je veux enfin m’adresser aux gens qui ont suivi mon procès, m’ont soutenu et qui attendent le verdict avec inquiétude. 11/18 Mes amis ! Quelle que soit la décision du tribunal, quel que soit le verdict, cela ne devrait pas vous ébranler. 12/18 Je comprends que les temps sont durs pour vous, que vous souffrez de l’impuissance et de la désespérance. Mais vous ne devez pas baisser les bras. 13/18 S’il vous plaît, ne sombrez pas dans le désespoir et n’oubliez pas que c’est notre pays. La Russie mérite que l’on lutte pour elle. Soyez courageux, ne reculez pas devant le mal et résistez. 14/18 Protégez-vous les uns les autres, c’est le plus important. Nous sommes plus nombreux qu’il n’y paraît, et nous sommes une immense force. 15/18 Ne vous en faites pas pour moi. Je vous promets que je m’en sortirai, que je ne vais pas me plaindre et que je traverserai ce chemin avec dignité. 16/18 Promettez-moi de garder l’optimisme et de ne pas perdre le sourire. Car au moment où nous perdrons la capacité de profiter de la vie, eux, ils vont gagner. 17/18 Croyez-moi, la Russie sera libre et heureuse. 18/18 La meilleure solution à la guerre serait la multiplication en Russie des personnes comme Ilya Yashin. Hélas beaucoup trop rares aujourd'hui
  7. Ce n'est pas une opération militaire, donc je le mets dans ce fil. Même si c'est plus "Fait de société" que "Géopolitique et économie" Voici deux écolières autour d'une plaque commémorative On ne rigole pas, SVP ! D'ailleurs celle de gauche n'a pas l'air très joyeux, et ce n'est pas du tout drôle sur le fond Explication : Nikita Alexeivitch Kleimenov (19/07/2000 - 07/03/2022) était un soldat russe tombé en Ukraine, qui est commémoré dans l'école de Penza où il a étudié. «Kleymenov Nikita Alekseevich, né le 19 juillet 2000, diplômé de 2018, est décédé alors qu'il participait à une opération militaire en Ukraine. Mémoire bénie, nous nous souvenons, nous sommes fiers, nous pleurons » La scène est bien sûr "particulière"...
  8. Ce point de vue n'est pas si éloigné de celui répandu par les propagandistes russes comme quoi la guerre en Ukraine serait "existentielle" pour la Russie. Ils rajoutent simplement que la Russie aurait été "obligée" de lancer la prétendue opération spéciale, mais le point d'accord est que sans victoire la Russie disparaîtrait en tant que grande puissance. Est-ce vrai ? En théorie, je ne pense pas. La France a reconnu sa défaite dans la guerre d'Algérie, et ne s'en est pas trouvé plus mal - plutôt mieux en fait. Les Etats-Unis ont quitté le Vietnam, ce qui ne les a empêché par la suite ni de produire la véritable révolution qu'a été l'informatique moderne ni de remporter par défaut la guerre froide. En pratique, c'est peut-être vrai. Car l'avancée de l'OTAN américano-centré en Ukraine - peu probable avant le 24 février, très probable si la Russie perd la guerre - jointe au maintien indéfini des mesures de guerre économique - l'Occident ne sait pas mettre fin à un régime de sanctions, demander à Téhéran pour les détails - sans compter une très possible instabilité politique en Russie voire au pire un nouveau désordre sanglant comme celui des années 1990 risqueraient bien de faire disparaître la Russie en tant que puissance sérieuse, oui. Le problème de ce constat, c'est que la conséquence logique en est, non seulement pour Poutine, ses affidés et les nationalistes les plus échevelés, mais aussi pour tout Russe un peu soucieux de l'avenir de son pays - même, éventuellement, un Russe qui vouerait Poutine aux gémonies pour avoir déclenché cette guerre - est que la seule planche de salut pour la Russie est de remporter la victoire. Quoi qu'il en coûte. Quelles que soient les extrémités auxquelles il faudra aller. Tripler la mobilisation, détruire toutes les infrastructures ukrainiennes, détruire tous les ponts sur le Dniepr, passer aux armes chimiques (VX, etc.), passer en économie de guerre etc. La grande difficulté pour trouver une issue positive à cette guerre, c'est qu'il faut à la fois que l'Ukraine parvienne à résister à des assauts russes de plus en plus déterminés - escalade de la mobilisation, escalade de la campagne anti-infrastructures... - sinon sa souveraineté disparaîtra, et il faut pour parvenir à convaincre la Russie d'arrêter sa guerre lui trouver une issue... qui ne soit pas une défaite ! C'est un "En même temps" de taille à décourager les plus grands spécialistes de la chose Emmanuel Macron s'y attelle, il essaie, et je crois qu'il a raison. On se moque de sa forme d'esprit et de son fameux "et en même temps", je ne suis pas le dernier à en être parfois irrité... mais c'est bien une pensée complexe qui est nécessaire si on espère une issue pas trop dégueulasse à cette guerre. Sa récente sortie sur la nécessité de donner "des garanties pour sa propre sécurité à la Russie le jour où elle reviendra autour de la table" des négociations est à mon sens à interpréter dans ce contexte. Comment attirer la Russie vers une issue positive donc négociée, comment l'inciter donc... sans que ce soit aux dépens de l'Ukraine ? Si ce n'est pas Kiev qui fait des concessions drastiques à Moscou... il faudrait probablement que ce soit le bloc occidental ? Ou sinon, qui d'autre ? Nous faisons la guerre "jusqu'au bout", c'est une position claire et moralement confortable - enfin au moins du point de vue de la morale de la pureté, pas forcément de la morale des conséquences. Mais la conséquence la plus probable de cette position, c'est d'accepter la poursuite de l'escalade dans cette guerre jusqu'à ce que l'Ukraine soit écrasée. Une position pure oui. Mais je préfère personnellement que le président de mon pays préfère prendre en considération les conséquences et chercher le chemin le moins mauvais possible, plutôt que de se draper dans une position supposée pure, mais qui mène un pays - certes étranger, mais tout de même ! - l'Ukraine à l'abîme.
  9. C'est vrai ça pourrait être une coïncidence. Il est possible aussi que le planning de la frappe d'aujourd'hui ait été accéléré pour avoir l'air d'être une riposte aux explosions sur les bases aériennes russes. Enfin de toute façon ça n'aura sans doute pas changé grand chose. La Russie aurait continué sa campagne anti-infrastructures de toute façon
  10. C'est une frappe massive. Dans de nombreuses régions d'Ukraine, des explosions se font entendre et des tirs antiaériens fonctionnent Il y aurait plus de 100 missiles. Le Guardian croit savoir que plus de 100 missiles sont en approche, tirés par des bombardiers russes et très probablement aussi par des missiles Kalibr lancés depuis la mer Reste à voir les dégâts. Notamment sur le système énergétique, la cible prioritaire depuis le 10 octobre
  11. Bon, ça ressemble fort à des représailles suite à l'attaque de ce matin sur la base d'Engels et les dégâts rapportés à plusieurs bombardiers ... Alerte aérienne dans toute l'Ukraine: l'ennemi a tiré des missiles Le 5 décembre à 13 h 41, une alerte aérienne a été déclarée dans la plupart des régions d'Ukraine en raison de la menace des missiles russes. (...) Le chef d'Odesa OVA , Maksym Marchenko , a rapporté que l'ennemi avait lancé des missiles : "Je demande aux habitants de la région de ne pas ignorer l'alarme et de se mettre immédiatement à l'abri." Vitaliy Kim , le chef de Mykolayiv OVA , a rapporté que des missiles de croisière ennemis avaient été repérés dans les airs. Le maire de Kremenchuk, Maletskyi, a déclaré que des grèves sur les installations énergétiques étaient possibles. Quant aux médias russes, ils donnent d'autres détails Les médias ont signalé des explosions dans les régions de Cherkasy, Vinnitsa et Kirovohrad Des explosions sont également signalées dans les régions de Zaporozhye, Vinnitsa, Odessa , Odessa et Dnepropetrovsk. Les médias ukrainiens signalent également des pannes de courant dans les régions de Jytomyr et d'Odessa. Les forces armées russes ont commencé à lancer des frappes de missiles contre les infrastructures ukrainiennes le 10 octobre, deux jours après l'explosion du pont de Crimée, dont Moscou pense que les services de sécurité ukrainiens sont à l'origine. Le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a déclaré le 15 novembre que près de la moitié du système énergétique du pays avait déjà été mis hors service.
  12. Ce n'est malheureusement pas nouveau. Ces buts de guerre, que l'on peut résumer comme la rééducation de la population ukrainienne afin qu'elle soit heureuse de vivre dans le giron russe que ce soit par intégration dans son territoire officiel, ou dans un Etat fantoche à l'indépendance illusoire, et que Rogozine identifie avec d'autres comme des buts de long terme, sont ceux des nationalistes (ou faut-il dire impérialistes ?) radicaux. Le genre de gens qui en 2015 étaient mécontents de Poutine le faible et le pro-occidental, qui signait les accords de Minsk avec Berlin et Paris. Et qui sont en 2022 satisfaits de Poutine, parce qu'il a rejoint leurs vues. Je ne suis pas d'accord avec toi @Patrick, ce discours n'est pas ridicule. C'est un projet qui pourrait vraiment être réalisé. Tout dépend de la poursuite du soutien du peuple russe à ses dirigeants alors qu'ils continueront d'escalader la pression militaire sur l'Ukraine pour parvenir à l'écraser - la Russie a commencé à escalader avec une mobilisation partielle et avec la campagne anti-infrastructures électriques pour enlever à l'Ukraine les moyens de soutenir son armée, ces mesures d'escalade n'ont pas encore eu le temps de prouver ou non leur efficacité, et Moscou disposerait de moyens d'aller plus loin si ces premières mesures s'avéraient insuffisantes (mobilisation supplémentaire, extension de la campagne anti-infrastructures par exemple aux ponts sur le Dniepr, voire armes chimiques). Et cela dépend bien sûr aussi des coûts pour la Russie d'escalader sa pression, qui dans un scénario favorable pourraient faire renoncer Moscou, débouchant sur une "guerre gelée" à la coréenne plutôt que sur la fin de l'indépendance ukrainienne. A la fin du XVIIIème siècle, la Pologne a été démembrée par les Etats voisin. Sa révolte en 1830 fut écrasée dans le sang. En 1914 - @Wallaby a posté il y a quelques temps un lien sur le sujet - les Polonais ont réagi majoritairement par le patriotisme au début de la guerre. Par patriotisme... russe. C'est ce genre d'avenir que les nationalistes russes radicaux ont en tête pour l'Ukraine. Ils sont prêts à un effort générationnel pour "convaincre" les Ukrainiens d'accepter leurs conditions. Ils savent fort bien que l'école est cruciale, c'est une future génération d'Ukrainiens heureux d'être Russes qu'ils espèrent - ils savent bien que la génération actuelle n'acceptera pas l'occupant. C'est le genre de choses qui a réussi en Tchétchénie dans les années 2000. On ne parle plus des Tchétchènes maintenant comme d'un peuple que la Russie veut subjuguer, mais comme des soldats parmi les plus décidés de la Russie. C'est avec ce genre de projet que le Deuxième Reich a annexé l'Alsace et la Moselle. C'est de ce genre de choses que parlait De Gaulle quand il disait que la guerre d'Algérie quoique ingagnable pour la France pourrait être remportée "avec les méthodes russes". Mais dont il pensait - comment lui donner tort ? - qu'elles ne convenaient pas à la France. Sur le long terme, il y a de bonnes raisons de s'attendre à ce qu'ils échouent, de même que la Pologne est indépendante et l'Alsace française comme elle le souhaite. Sur le très long terme... ça pourrait ne pas être en ce siècle. Sauf bien sûr à ce qu'il soit possible de faire renoncer Moscou à subjuguer entièrement l'Ukraine, afin de lui éviter une longue "éclipse" comme celle de la Pologne qui a duré plus d'un siècle. Ce qui est peut-être possible, mais n'est certainement pas fait.
  13. Tout à fait d'accord sur ce point. Le plan A est le SCAF, et depuis que Berlin s'est rangé à la voix de la raison, le succès de ce programme est une vraie éventualité. Mais il ne s'agit pour l'instant que d'une éventualité. Les deux mesures proposées pour préserver l'avenir sont excellentes : - Explorer le "plan B national" d'une part pour avoir une solution de secours en cas de vrai blocage, d'autre part pour diminuer le risque d'en avoir jamais besoin, en conservant une poire d'angoisse pour Berlin. L'étude doit être menée, cela dit je ne suis pas sûr qu'un gros budget soit nécessaire, il ne s'agit que d'une étude exploratoire - Surtout, l'évolution du Rafale est essentielle. Dans le meilleur des meilleurs des cas idéaux le SCAF n'arriverait qu'en 2045, dans le meilleur des cas un peu réalistes plutôt en 2050. Si nous en restions au standard F4 d'ici là, l'AdAE serait déclassée ! Ce n'est pas la première fois que j'entends parler de cette histoire d' "avion spatial", mais le concept est décidément vague et je ne comprends vraiment pas de quoi on parle ? Un chasseur hypersonique aérobie ? Un planeur spatial comme l'ancien projet Hermès des années 1990, donc lancé par une fusée non aérobie ? Autre chose ? Quel impact tactique et stratégique espéré ? Quel réalisme technologique ? ... @Patrick sauf erreur de ma part, tu as déjà parlé de ce concept ? Pourrais-tu me mettre à jour s'il te plaît -pointer un article, un post sur le sujet ?
  14. L'accusation comme quoi l'ennemi occidental est sous le contrôle des forces du Mal a une histoire longue en Russie. Quand Poutine a parlé de "satanisme" occidental le 30 septembre, il a lancé le thème repris ensuite par d'autres, mais il ne faisait que continuer une tradition déjà bien établie Ce texte est très éclairant sur le sujet Une brève histoire du "satanisme flagrant" dans la guerre de la Russie contre l'Occident Le 30 septembre 2022, Vladimir Poutine a signé plusieurs « accords » annexant illégalement des parties de l'Ukraine. Avant de signer, Poutine s'est adressé aux téléspectateurs et à une foule rassemblée de dignitaires et de fonctionnaires, dont des représentants de l'Église orthodoxe russe. Dans son discours, Poutine a proposé un récit historique dépeignant la Russie comme un rempart religieux et culturel contre « l'hégémonie » occidentale. Pour expliquer ce qu'il voulait dire, Poutine s'est référé au Sermon sur la Montagne, dénonçant ce qu'il a appelé le "satanisme flagrant" des "élites occidentales". (...) Ce qui m'intéresse dans la dénonciation par Poutine des « élites occidentales », c'est leur généalogie, c'est-à-dire la généalogie des affirmations russes selon lesquelles l'Occident et ses dirigeants sont sataniques. Ce discours sur la Russie en « guerre sainte » (священная война ; ce terme a également été utilisé pour la « Grande Guerre patriotique » de 1941-1945 ; ndlr) contre les forces sataniques de l'Occident n'est pas nouveau. Cela remonte aux dernières décennies du règne de Pierre Ier (vers 1700-1725) et probablement au schisme entre les vieux croyants et l'Église orthodoxe en Russie au XVIIe siècle. (...) Ce discours a pris un nouveau sens et un nouvel élan après l'invasion de la Russie par Napoléon en 1812. Comme Janet Hartley l'a noté il y a plus de 30 ans, le clergé orthodoxe et les laïcs ont régulièrement dépeint Napoléon comme l'Antéchrist et sa Grande Armée .comme "Légions du Diable". (...) Les forces révolutionnaires déchaînées par l'Occident en 1789, culminant avec Napoléon, étaient de mèche avec Satan, qui cherchait à détruire la civilisation chrétienne de la Russie et toute la chrétienté. 100 ans après la gravure de Terebenjov, le peintre russe Nicholas Roerich a dépeint le Kaiser Wilhelm II comme Satan pendant la Première Guerre mondiale, apportant la mort et la destruction non seulement à la Russie mais aussi à l'Europe elle-même (...) Je ne sais pas si les affirmations sur l'Occident satanique en Russie aujourd'hui sont sincères ou cyniques. À bien des égards, cela n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que cette image de l'Occident résonne à nouveau en Russie. (...) Ce que toutes ces voix, y compris celle de Poutine, ont en commun, c'est qu'elles puisent dans un profond réservoir de réflexion russe (orthodoxe) sur l'Occident, qui à son tour façonne la façon dont différentes sections de la société russe perçoivent la guerre de la Russie contre l'Ukraine et la Russie. du moins dans leur esprit, interprètent et vivent la guerre de la Russie contre « l'Occident satanique ». ! Si regarder la TV russe te mène à ce genre de perversion, sois fort et... éteins la TV On accuse Untel d'être l'antichrist et tu te plains... de l'absence d'éléments factuels ? Mais tu attendais quoi en matière d'éléments factuels pour une accusation d'être l'antichrist ? Une photo de pieds fourchus ?
  15. Hmmm, pas compris. Tu ne voulais pas dire plutôt les fils de putes de la morale et le business ? En synthétisant ce tableau, l'Ukraine dit avoir intercepté 257 sur 376 c'est-à-dire 68% des missiles de croisière tirés entre 10/10 et 23/11. Ca me rappelle quelque chose... mais quoi ? Ah, oui ! L'attaque américano-franco-britannique contre des sites chimiques syriens en 2018 La Russie affirme que 71 missiles tirés sur 103 ont été interceptés par les forces syriennes35,33,34. Cependant les États-Unis et la France affirment que tous leurs missiles ont atteint leurs cibles C'est-à-dire qu'en 2018, c'était 69% des missiles de croisière occidentaux qui avaient été interceptés. Chiffre très proche des interceptions ukrainiennes à l'automne 2022. Rien à dire, c'est cohérent
  16. C'est "vendredi" pour tout le monde - Moscou qui accepte de négocier... à condition qu'on lui reconnaisse tout d'avance ! - Kiev qui acceptera de négocier... une fois que la Russie aura quitté y compris la Crimée, livré ses criminels de guerre et payé des réparations - Washington qui appuie les négociations... pourvu que la Russie quitte d'abord l'ensemble du territoire ukrainien ! Bien sûr, qu'il s'agisse de la négociation des accords d'Evian (guerre d'Algérie), ou de celle des accords de Paris (guerre du Vietnam), elles avaient commencé alors que les combats faisaient rage. C'est qu'il y avait alors une volonté de négocier ! Celle-ci n'existe aujourd'hui nulle part. C'est le résumé évident, que chaque partie dissimule comme elle peut sous des conditions inatteignables parce que préalables. - Pour Kiev, c'est une position sage ou folle, mais dont personne ne peut leur nier le droit. - Pour Moscou c'est la confirmation que son agression a toujours un objectif maximal - il s'agit toujours de faire de l'Ukraine un Etat sous contrôle, sauf pour les parties que l'on veut s'annexer. Aucune modération, plutôt le contraire. - Pour Washington c'est la confirmation que la guerre leur coûte bien peu. Alors, pourquoi faire des efforts pour y mettre fin ? Position logique du point de vue des intérêts des Etats-Unis. Tu avais oublié le réflexif. Mais oui, la Russie ou du moins le régime russe s'est condamné lui-même à l'emporter. Et comme le peuple russe suit, "Russie" et "régime russe" sont pour l'instant et du moins pour cette question... synonymes en pratique On n'est vraiment pas rendus. Et l'Ukraine est vraiment en danger de perdre sa souveraineté.
  17. C'est possible, mais je n'y crois pas à ce stade. Le seul verrouillage qu'avait annoncé le Bundestag était le lien avec le MGCS devant avancer "au même rythme". Si ce n'est pas le cas, le Bundestag pourrait bloquer le début de la phase 1B oui, mais j'ai cru comprendre qu'on allait là aussi vers un accord sur l'étape suivante. Le verrouillage pour passer à la phase d'après, et un nouveau cycle de criailleries ? C'est possible oui. On verra. Mais comme de toute façon la France conservera l'option de faire autre chose si le SCAF est bloqué... D'accord sur ce point, le sujet de l'exportation n'est absolument pas résolu, la partie française n'a fait que réaffirmer sa position de principe, dont la partie allemande a bien montré dans le passé qu'elle se contref... Il n'était pas nécessaire de résoudre la question à ce stade. En revanche ce sera indispensable avant de commencer le développement à proprement parler. Si le choix est entre un SCAF à trois inexportable parce que Berlin le refuse et un SCAF français exportable, le second est de loin préférable et coûtera moins cher ! Je ne pense pas possible de se protéger contre un futur blocage par de simples déclarations, qui même si elles étaient sincères (hmmm...) pourraient aisément être rejetées par les élus suivants. Il faut à mon avis rien de moins qu'un traité international engageant, avec pénalités remboursant intégralement le bénéfice attendu d'une exportation qui serait bloquée par l'un des partenaires. ==>Sans un tel traité, il ne faudra pas faire le SCAF. En rester au démonstrateur, et faire autre chose en réutilisant les enseignements de l'avant-projet
  18. Le chiffre donné par le conseiller présidentiel ukrainien n'est guère crédible en effet. Les Ukrainiens affirment que les Russes ont eu cinq fois plus de tués qu'eux. Du côté des Russes, on va plus loin, les Ukrainiens auraient eu dix fois plus de tués qu'eux. Ca s'appelle de l'information objective « Comment a-t-il dépisté un espion russe qui s'était fait inscrire comme Ukrainien ? Réponse : en le reniflant. » « Les Ukrainiens enrôlés de force dans l'armée russe doivent payer leurs camarades pour marcher dans le rang extérieur de leur compagnie, faute de quoi, entourés de Moskals, ils seraient suffoqués. » « Nous avons fait prisonnier un Moskal qui portait dans sa musette la main d'un petit enfant de cinq ou six ans pour la rapporter en souvenir à sa femme. » « Une colonne épaisse de gens qui courent débouche sur le talus. Ils ont tous les mains levées, et, si gênante que soit leur attitude, ils font des sauts de lièvre jusqu'à notre tranchée. Ce sont les Russes qui se rendent. » Plus sérieusement : - Le colonel Goya utilisait dans une audition au Sénat l'estimation de 80 000 pertes russes, dont 20 à 30 000 tués, issue sans doute des services français - Le général Milley citait une estimation de 100 000 pertes russes, sans doute issue des services américains, et essentiellement équivalente à l'estimation française vu le niveau de précision à attendre dans ce contexte - 20% d'écart ce n'est pas grand chose. Et Milley ajoutait que les pertes ukrainiennes étaient du même ordre. Soit 100 000 pertes ukrainiennes, y compris on peut le supposer un quart de tués (1 mort pour 3 blessés ordre de grandeur classique)... et Milley estimait encore 40 000 civils tués Ce qui est crédible non seulement parce que les sources, américaine et française, sans être neutres, ne sont pas sous la même compulsion de faire du bourrage de crâne que les Ukrainiens, ou encore les Russes. Mais aussi parce vu la dureté des combats, il tombe un peu sous le sens que les pertes doivent être très lourdes des deux côtés, et qu'il n'y a guère de raison qu'elles soient très différentes d'un côté ou de l'autre. Pour rappel, la bataille de France en 1940, c'est un rapport des tués de 1 à 3 entre Français et Allemands... un facteur 3, c'est une catastrophe militaire se terminant en effondrement ! Personne n'a été franchement vaincu entre Russes et Ukrainiens, les deux côtés ont eu leurs revers mais tiennent le front. Voici un article de juin dans The Guardian où on interviewe deux soldats ukrainiens mobilisés blessés. L'un a 36 ans, l'autre... 60. L'un est électricien, l'autre travaillait dans un hôpital - tous deux des urbains. Ca n'empêche absolument pas d'être mobilisé. Et qu'une partie de ces mains sont déjà des femmes, ces fonctions sont beaucoup plus féminisées qu'en 1914, et celles-là continueront à travailler. Et qu'une grosse partie de l'économie ukrainienne est à l'arrêt, on ne sait pas si leur PIB fera -35 ou -45% cette année, le taux de chômage doit être démentiel. L'inaptitude a sans doute augmenté oui, c'est bien pour cela que dans mon calcul je la mettais à 20%. Sans doute, une partie des mobilisés ne sont pas des combattants. Les 700 000 hommes que compteraient maintenant l'armée ukrainienne ne sont pas tous sur le front. Cela resterait vrai si leur effectif doublait ou quadruplait. Ce qui rendra difficile voire impossible d'aller jusque là, c'est l'équipement. De même que la Russie aurait elle aussi des problèmes si elle voulait augmenter la mobilisation jusqu'à des millions d'hommes.
  19. J'ai du mal à imaginer que les Ukrainiens soient au max du max en effet. Leur pays est en situation "France 1914". Tout homme entre 18 et 50 ans est a priori mobilisable, sauf inaptitude médicale. A voir la pyramide des âges de l'Ukraine (ici la version 2018), le nombre d'hommes entre 18 et 50 ans doit être en 2018 de l'ordre de 9,5 millions. Même en comptant 20% d'indisponibles car "annexés", et encore 20% du reste médicalement inaptes - ces chiffres sont pessimistes car une partie de la population des régions occupées a fui - il doit bien rester 6 millions d'hommes réellement mobilisables. Pour l'Ukraine, la limite c'est plutôt la capacité à équiper des soldats, et à les former. Pas les hommes en eux-mêmes.
  20. C'est la Chine qui a fait pression. Ces petites natures sont réticentes aux explosions nucléaires, va savoir pourquoi ...
  21. Ca va mal en Chine Des extrémistes de droite antiscientifiques protestent contre les restrictions de bon sens contre le COVID SHANGHAI - Selon nos sources, des milliers d'extrémistes de droite antiscientifiques ont convergé vers Shanghai pour protester contre les restrictions de bon sens du président chinois Xi en matière de COVID. "Ces négateurs de la science sont extrêmement dangereux", a déclaré le ministre de la Propagande du PCC, Yin-Yon Yangalong. "Notre bienveillant président Xi a enfermé des milliers de personnes chez elles pendant plusieurs semaines pour leur propre sécurité. C'est une politique très compatissante et pro-science et quiconque la remet en question est un bigot de droite."
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