Tancrède

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  1. Je criois que la fin de l'exemption militaire a été votée à une majorité écrasante il y a quelques années, donc même s'il y a des troubles (genre des Haredim qui cassent la gueule de ceux se pointant pour l'enrôlement), ils servent. Et, contrairement aux décennies passées, il y en a maintenant beaucoup dans des cursus universitaires de bon/haut niveau.... Et des taux de divorces qui grimpent en flèche. Dans l'ensemble, ça a une gueule de sécularisation d'une partie d'entre eux, et d'une société israélienne moins prête à payer pour des passagers clandestins et des resquilleurs.
  2. Surtout dans les grandes villes des côtes; il y a de ça, mais il y a aussi plus simplement une plus grande propension historique à avoir plus de gens de gauche que de droite dans cette profession, un phénomène accru par la domination croissante (à partir des années 60-70) d'une certaine gauche dans les universités en général, et les humanités et cusus de formation journalistiques en particulier (et vu l'évolution des universités, ces cursus sont devenus aujourd'hui de simples usines d'endoctrinement). L'évolution du modèle économique des médias (enfin jusqu'à l'actuel non modèle: rien de viable) depuis internet et surtout les médias sociaux a accéléré et massifié ces tendances, si bien que les médias traditionnels se sont encore plus concentrés capitalistiquement et géographiquement sur leurs régions historiquement fortes (NY, Boston, Atlanta, villes très à gauche, Los Angeles, San Francisco, Portland, Seattle: encore plus à gauche. Et Chicago, bastion démocrate). La chose a coïncidé avec le développement (en fait des suites de boom busts sans encore de point d'équilibre) de médias en ligne (anciens et nouveaux noms) qui se sont pour l'essentiel situés dans les mêmes zones, profitant de l'effet de concentration professionnelle et capitalistique. A l'arrivée, j'ai vu passer plusieurs fois le chiffre d'environs 75% des journalistes en activité actuellement aux USA vivant essentiellement dans ces deux portions des deux côtes. Ca laisse imaginer l'effet de bulle, la sélection/ségrégation permanente sur base des opinions personnelles (et dans beaucoup de cas, d'autres critères comme la race, le sexe.... Homme et/ou blanc = pas un ticket gagnant en ces temps de "recrutement de diversité".... Mais oui, le mérite est le seul critère ), la pression sociale imposant un conformisme important (surtout avec l'atmosphère de chasse aux sorcières permanentes pour un mot de travers qui vous met au banc des accusés).... Il a été constaté plusieurs fois de façon manifeste, surtout post 2016, par quelques journalistes sortant pour quelques temps des dites régions, qu'ils étaient déconnectés du pays, au point qu'il n'est pas exagéré de dire que pour cette classe désormais très fermée, la majorité des Etats américains et des pans de la population sont pour eux de vrais pays étrangers. Si on ajoute les problèmes de rythme et de condition de travail d'un secteur qui a du mal à surnager économiquement, et le manque de professionalisme montant (on recrute surtout du sous-payé, sous qualifié), on accroît les travers, avec en prime l'homogénéisation croissante qui a décuplé les effets de réseaux (surtout dans la génération réseaux sociaux): ils vivent en vase clos et s'informent avant tout sur twitter qui représente pour beaucoup d'entre eux le monde, l'endroit où "ça se passe", alors que twitter est un miroir déformant et terriblement outrancier de la réalité. Pas mal de journalistes indépendants décrivent la réalité des vies de leurs pairs dans les grands médias, tradis et online, et c'est pas joyeux: horaires infernaux et paie minable pour les permanents, flemme absolue pour les "intermittents" (typiquement ceux qui pondent une "analyse" ou une "critique" tous les 2 jours) qui ne sont qualifiés pour rien et payés rien du tout (donc travaillent en conséquence), alcoolisme/consommation massive d'antidépressants (souvent les deux), vie en vase clos au sein de la caste avec des gens de mêmes opinions et des phénomènes de purisme extrême (tout déviant est excommunié), vie par twitter interposé (la réalité en ligne est LA réalité), tribalisme extrême et réseautage en ligne (sur des boards privés) pour coordination des publications (entre divers titres et médias, parce que beaucoup se vivent avant tout comme des activistes d'une même cause) et partage des infos (généralement twitter et "la rumeur" en général)....
  3. 1) Assez, oui: il faut se méfier des phénomènes de bulles dans lesquels on s'enferme facilement (j'essaie de lutter contre). Certes la droite US est plus active et de plus large audience (surtout en part de l'audience "sérieuse" et votante) en ligne, mais elle est nettement minoritaire dans des médias tradis qui ne reflètent, de manière sans cesse croissante (et accélérée depuis une décennie), qu'une portion de l'électorat de gauche. Le vaste marais des "indépendants" a eu tendance lui aussi à déserter les médias tradis (moins dans les vieilles générations, mais quand même une portion). Cernovitch et consorts sont les noms brandis fréquemment comme des épouvantails, mais ils ne font pas vraiment des audiences massives: à droite, l'un des plus consultés serait plutôt le Daily Wire (en tête de tous les médias politiques consultés sur Facebook par exemple -ce qui veut dire les plus de 35-40 ans disproportionnellement, mais aussi les jeunes indés/droite), qui est du conservatisme "normal", fondamentalement sérieux sur les infos (= infos vérifiées, et correction rapde quand une s'avère fausse, essai de mise en perspective) même si évidemment biaisé (honnête sur son biais). Ben Shapiro, son patron, est la star montante des médias de droite (on va pas le qualifier de droite "dure", mais disons... De droite "ferme" ). Pour ce qui est de comparer les menaces de morts et autres saloperies en ligne, ne ne crois pas que qui que ce soit ait de mètre étalon fiable pour faire de réelles comparaisons de quel camp (défini comment?) attaque plus quel autre. Quand aux attaques réelles, là, même si une classe journalistique en dessous de tout s'abstient bien d'essayer de dresser une comptabilité, il semble qu'assez nettement, la violence vienne quantitativement beaucoup plus de la gauche (d'une certaine gauche très activiste) que de la droite. Un truc qui ne trompe pas, en l'absence de réelle comptabilité: la grande majorité des événements violents se passe "sur le terrain" de la droite (manifs, meetings, conférences....), ce qui veut dire qu'en règle générale, ce sont les activistes de gauche qui vont chercher/provoquer ceux de droite (pour cogner du soi-disant "fasciste", et surtout pour essayer d'en tirer des vidéos à éditer et mettre en ligne). Comme en témoignent les événements des derniers jours autour du QG républicain à NY et la guéguerre des images qui en a découlé (et là, les médias ont été hyper partisans). Les "liberals" à gauche semblent assez apathiques et désabusés, ce qui laisse l'essentiel du terrain physique et online aux "progressives" (terme ombrelle dans lequel on fout tout ce qui est plus ou moins radical, donc y compris antifa and co), qui ne sont pas si nombreux que ça dans l'électorat (l'enquête que j'avais citée plus haut montrait autour de 8%), mais suractifs, et avec beaucoup de relais dans les médias et les facs. Et côté méthodes, c'est la brutalité en bandes organisées (les quelques groupes de droite qui essaient de s'y opposer sont bien plus amateurs et pas assez nombreux, mais si l'extrême gauche continue, ils vont commencer à attirer plus de monde), et l'équivalent en ligne (je connais pas tous les noms de tactiques: swatting, doxxing, mobbing....) à un niveau bien plus tayloriste. 2) Y'a une étude sortie y'a quelques mois qui montrait que l'importance de l'activisme online dans l'élection de 2016 n'avait pas été si décisive,, loin de là, par rapport aux médias tradis, qui gardaient un poids certain. Et là, ça me renvoie à ce que je disais sur les bulles: les USA sont un pays très vaste, faits de réalités très différentes, et il faudrait un paysage différencié, spécifiquement penché sur les zones culturelles et audiovisuelles, pour se représenter combien de "bulles" il y a, au moins géographiquement, soulignant les différentes réalités de perception médiatique dans lesquelles vivent divers pans de population. Le tout compliqué par internet et son aspect déterritorialisant pour une proportion donnée de la population (surtout les jeunes).
  4. Tancrède

    USA

    Il y a un parti vert aux USA, et il y a eu une candidate verte aux dernières présidentielles, pas pour la première fois d'ailleurs: Jill Stein est depuis un bail en politique. Outre les problèmes spécifiques à l'idéologie "verte" (comme ailleurs, elle s'allie avec un certain substrat très très gauchiste, bien au-delà de l'écologie, ce qui impacte en soi sa crédibilité et sa capacité de séduction), une bonne partie des obstacles est le système bipartisan américain, ce qu'il implique en termes de masse critique et de position dominante, mais aussi en termes de comportements oligopolistiques, ainsi qu'en termes de référents mentaux/culturels (essaie de faire comprendre un système multipartite à un expat américain fraîchement arrivé en Europe: il te demandera le plus souvent si tel ou tel parti se compare aux démocrates ou aux républicains, parce que pour beaucoup d'entre eux, tout se ramène à ce dualisme). Il faut dire aussi que le système d'élections à un tour favorise structurellement cette opposition binaire: c'est comme si on ne devait avoir qu'une posture de deuxième tour à chaque élection (donc "vote utile" et cie). Les élections primaires, sous une forme plus ou moins handicapée selon les règles en vigueur dans le parti démocrate ou républicain d'un Etat (il y a un parti républicain et un démocrate dans chaque Etat et territoire US, pas 2 grands partis nationaux), leur servent du coup d'élections de premier tour, et les débats internes à ces partis (beaucoup plus développés que chez nous), de "parlement de premier échelon".
  5. Tancrède

    Russie et dépendances.

    Tu veux ouvrir la rubrique du pinailleur avec moi? OK, on va jouer .... Juste pour la note: on pense que le premier roi Plantagenêt à avoir vraiment pratiqué l'anglais couramment fut Henry V (c'est l'une des raisons possibles pour l'exagération ultérieure par Shakespeare d'un supposé côté "proche de la troupe" symbolisé par les vers "we few, we happy few, we band of brothers"), qui en fit la langue de la cour.... Au XVème siècle, soit un peu après l'époque dont on parle. Jean Sans Terre (le Prince Jean de Robin des Bois, et le frère mal aimé de Richard Coeur de Lion et fils mal aimé de Henry II) fut le premier roi Plantagenêt né en Angleterre, et comme nombre de ses successeurs, il est douteux qu'il ait jamais parlé un mot d'anglais. Au début de la guerre de Cent Ans, on ne pense pas non plus qu'Edward III ait été capable de causer rosbif, et même si son père avait pour habitude de se faire enfiler par la porte arrière, cela n'en faisait pas pour autant un anglophone . Mais pour la postérité, cette phrase restera, et en anglais, puisque c'est Hollywood qui l'a dit très fort dans les années 50 (en adaptant Jean Anouilh)... .Et de toute façon, depuis Shakespeare, c'est bien connu: tous les rois Plantagenêts parlent anglais, et en vers pompeux uniquement. C'est peut-être apocryphe, mais le talent et le succès parlent, donc c'est ainsi. Et Henry II parle anglais depuis la dite adaptation de Anouilh, et la pièce A lion in winter. Faut s'y faire. Même si dans le monde réel, il a du parler une langue d'oïl (français de normandie/de l'ouest? C'était un angevin après tout, donc il ne parlait pas forcément le "français" proprement dit, cad à l'époque le patois d'Ile de France et de Paris) qui nous serait essentiellement incompréhensible. Assez pinailleur pour toi ? Ca n'enlève rien au fait qu'un certain Vladimir P doit maintenant trouver 4 chevaliers pour aller causer à un calotin.
  6. Tancrède

    Russie et dépendances.

    Ah non, non, non! Je proteste: pour faire dans les formes, quand on veut séparer son clergé national d'un chef religieux vivant dans un autre pays, on doit divorcer d'avec une nana qui s'appelle Anne (Boley et de Kiev étant indisponibles ces temps-ci, il faut trouver une volontaire). C'est important les formes. Sinon, pendant ce temps, au Kremlin: - (Vladimir P) "Will no one rid me of this turbulent priest?" (notons bien que la tradition de buter des archevêques -et assimilés- s'est un peu perdue, mais je suis sûr qu'il peut trouver des volontaires qualifiés)
  7. Le fait est que l'immigration, alliée à d'autres phénomènes plus profonds (perte de sentiment et de culture nationale, notamment via des systèmes éducatifs militants, actif travail contre le patriotisme et la nation, individualisme+hédonisme....), est à maints justes titres (et certains mauvais, voire très mauvais) ressentie comme un danger mortel, et oeuvre de fait contre l'un des piliers de la stabilité d'un pays, l'élément socioculturel (allié à un système politico-juridique fonctionnel et accepté, et une économie assurant un certain niveau de vie et d'opportunités, c'est le triptyque "magique"). Et quoiqu'on en aie, c'est l'UE l'élément le plus responsable dans l'histoire, en partie par un rôle direct et incitatif voire ordonnateur, mais surtout par deux rôles moins directs: - l'UE a créé de fait une "classe européenne" chez les dirigeants et les élites, une classe moins connectée aux réalités des pays membres, plus "stratosphérique", mais surtout une classe avec sa mentalité propre, qui se vit comme telle (une classe d'élites continentales) et a aussi une masse de manoeuvre plus importante de gens qui s'imaginent en être ou aspirent à en être, surtout dans le tiers supérieur des sociétés. Et cette classe a développé ses propres idéologies et débats au fil du temps, ses camps, et évolué en partie indépendamment des dits pays membres et de leurs sociétés. Notamment sur le plan migratoire. - l'UE, par le principe même de son existence comme échelon de gouvernance avec une voix qui porte, mais surtout des textes qui doivent s'imposer aux pays membres, a créé un moyen de tricher pour les gouvernants nationaux: au-delà du débat sans fin "75% des lois nationales sont des textes européens" vs "mais l'UE ne fait que ce que le conseil Européen veut, donc les nations", c'est là tout le point. Les gouvernants nationaux, surtout ceux qui sont européistes et souvent quelques peu dégoûtés par la "bassesse" de la gouvernance nationale (ils se voient déjà continentaux, mondialisés....), ou simplement technocrates dans l'âme (donc plus qu'un tantinet autoritaires, avec un fort relent de "'j'ai raison et tout les autres ont tort", "je sais mieux que les autres ce qui doit être fait"), passent par le Conseil Européen pour orienter la gouvernance nationale dans le sens qu'ils veulent (mais sans pouvoir le dire, et certainement pas faire campagne avec), en poussant des choix qui s'imposeront ensuite aux Etats sans qu'ils viennent directement d'eux, sans avoir à endosser la responsabilité qui, du coup, est plus difficile à déterminer. "C'est la faute à l'Europe" n'est pas plus juste que "c'est les Etats qui choisissent". La vérité est entre les deux échelons, et y'a personne qui puisse être blâmé directement. Ce qui, en pratique, dans les débats nationaux, revient à imposer une situation où les deux opinions peuvent vainement s'invectiver l'une l'autre et avoir à la fois raison et tort, convaincant uniquement les déjà convaincus dans leurs troupes, et laissant le reste avec cette vague impression d'avoir à faire de l'escrime contre des pets.
  8. Veut-il vraiment saborder l'influence de son pays (et donc son pays, vu à quel point les USA sont dépendants de leur empire)? Croit-il à son baratin? Est-ce une crise d'hubris? C'est une chose de dire, voire hurler, cela dans le bureau ovale, avec ses subordonnés, c'en est une toute autre que d'insulter publiquement les dirigeants d'un pays avec qui les USA ont une relation si symbiotique, pour des montants si élevés et si nécessaires à certaines industries, elles-mêmes si nécessaires aux partis politiques, GOP en tête (armement/sécurité, BTP....). Là, il va se fourvoyer s'il pousse le bouchon, parce que d'autres (devinez qui) n'auront pas de tels scrupules s'il s'agit de prendre des places que les Séouds retireraient à des boîtes US. "Protéger pour rien"? Les commandes militaires ET civiles de l'Arabie Saoudite aux USA, c'est combien par an? C'est que c'est chatouilleux l'orgueil royal, de ces gens habitués à la toute puissance depuis le berceau, surtout dans un régime qui dépend vitalement du fait d'avoir l'air tout puissant, non criticable et capable d'agir en toute impunité. Ca en rajoute quelques couches au fait que, sur le plan individuel, ces gens n'ont pas l'habitude qu'on leur dise non ou qu'on leur refuse quoique ce soit. Trump devrait craindre que des soutiens financiers du GOP ne commencent à rouspéter très fort devant ce genre de commentaires.
  9. Tancrède

    USA

    Effectivement, mais vient toujours un point, un moment, diffus ou brutal, où quelqu'un d'influent demande à voix haute si tout cela vaut vraiment quelque chose, ou à tout le moins autant qu'affiché. Il est de toute façon clair que dans un domaine aussi hasardeux que la technologie de pointe, beaucoup d'argent sera gaspillé sur des projets n'aboutissant pas, donc une certaine atmosphère de rush permanent et de surinvestissement est inévitable: la question devient donc de savoir jusqu'à quel point cela est acceptable. Ca fait pas mal de temps que je vois des trucs circuler sur la bulle de la côte ouest américaine: blabla habituel ou cassandres? En tout cas, on peut voir que sur les dernières années, plus de 9000 entreprises technologiques de toutes tailles ont quitté la Californie pour aller sous des cieux plus hospitaliers (Arizona, Floride etTexas surtout, mais aussi Nevada et les Carolines), pour des raisons sans doute avant tout fiscales et réglementaires, mais aussi pour des questions de coût et de qualité de vie pour le personnel (quand on imagine qu'autour de San Francisco, des cadres et ingénieurs gagnant de 100 à 200 000 dollars/an, voire beaucoup plus, vivent à peine comme des classes moyennes et sont endettés jusqu'au cou....). Et beaucoup d'entreprises techno prospectent un peu partout dans le "heartland", les "flyover states" pour des raisons similaires (lois, impôts, coût et qualité de vie, prix de l'immobilier). Est-ce un des signes (des entreprises avec quelque chose chassées par l'inflation et la compétition pour les capitaux imposée par des boîtes qui ont peu/moins, soit un cas de "mauvaise monnaie chassant la bonne"), ou juste du trop plein qui se déverse?
  10. Tancrède

    USA

    J'ai toujours du mal à voir ce qui a vraiment lancé le bouzin: pour faire venir de telles personnalités au CA, qui plus est des personnalités qui ont une image de marque (supposément, ils doivent avoir un minimum de standards pour la défendre) et aucune expertise dans le domaine concerné (sauf évidemment leur entregent avec l'Etat fédéral pour obtenir des contrats et l'accès), il a évidemment fallu de l'argent. Beaucoup. Des jetons de présence sans doute indécents, surtout au regard du travail à fournir en échange (essentiellement prêter leur renom, et éventuellement arranger des rendez-vous et faire des présentations). C'est ça qui débloque l'accès à des investisseurs et de contrats. Mais comment lever assez de fric initialement pour convaincre ces gens là.... Quand on n'a pas encore ces gens-là pour lever le fric? Les débuts sont toujours des moments fascinants.... Mais la grande ouverture des vannes, ce fut quand Theranos obtint un grand contrat avec une gigantesque chaîne de pharmacies, Walgreen, dont les contrôles étaient censés faire autorité dans ce monde; ce fut l'apogée.... Et le début de la chute. Les gigantesques levées de fonds et les évaluations fantasmagoriques (jusqu'à 9 milliards) semblent cependant, pour l'essentiel, avoir été dues au buzz, non seulement par la presse, mais au début aussi par cet étrange petit monde semi techno, semi financier et semi médiatique, essentiellement centré sur San Francisco, qui est devenu depuis plusieurs années une bulle financière surdimensionnée où des sommes dantesques s'investissent dans des projets à peine ficelés, bien souvent à peine au stage de l'ébauche, sans qu'il soit besoin de beaucoup de vraie science pour justifier un lancement. C'est grave dans la pharma, c'est pire dans la techno "dure" (hardware et surtout software), si bien que l'essentiel de la vraie production de valeur autour de la Silicon Valley depuis au moins 5 ans (et l'impact économique sur la région, qui rend le coût de la vie insupportable à l'immense majorité), ce n'est pas de la valeur effective ou de la tech, mais des actions d'entreprises sans produits, qui n'existent bien souvent que sur le papier, ou qui n'ont de réalité que ce qu'elles dépensent avec les levées de fonds ainsi opérées (donc essentiellement de l'immobilier, des embauches pour on ne sait trop quoi, les conférences/soirées et les machines à café ultra-sophistiquées). Et c'est cette bulle dont de mauvaises langues disent qu'elle a commencé à péter depuis maintenant plus d'une semaine: les grands noms de l'internet seraient paraît-il en train de souffrir (pas autant d'utilisateurs que prétendu, problèmes et polémiques croissants, pas de monétisation satisfaisante, la pub online est elle-même une bulle et on ne sait toujours pas évaluer son efficacité, alors même que c'est près de 400 milliards/an aux USA maintenant...). La côte ouest US est-elle en grande partie un miroir aux alouettes qui serait en train de prendre un coup? Le cas Elizabeth Holmes serait, dans ce cadre, une situation au final non exceptionnelle, mais caricaturale, du fonctionnement de l'économie de la tech sur la côte ouest, et, comme le disent les ricains, le "canary in the coal mine" qui préfigure la suite.
  11. Tancrède

    USA

    J'ai pas mal suivi la chose au fil du temps, ayant même eu un petit aperçu AVANT que le scandale ne commence à filtrer (comment? C'est pas sérieux? Mais James Mattis et Henry Kissinger sont au conseil d'administration de la boîte). Image préfabriquée (même pas capable d'avoir son style, elle l'a joué "fille de pub" sans imagination: c'est Steve Jobs -col roulé inclus- avec un vagin.... Et elle était présentée texto ainsi), baratin façon Ted Talk (plein de jolis horizons et de "buzzwords" qui sonnent sérieux/impressionnants, mais rien de très descriptif ou explicatif: des promesses et du blabla, quoi) et engouement d'une presse bien peu professionnelle, mais, comme tu le signales, une presse qui n'a fait que s'enfoncer toujours plus avant (au fil de sa perte de compétence et d'éthique.... Enfin la perte des derniers morceaux) dans un monde fictionnel défini par les trames narratives non seulement déterminées par chaque idéologie et/ou média, mais aussi par les idéologies pré-existantes dans les esprits des "journalistes", eux-mêmes intoxiqués depuis l'enfance, et surtout les études. Il y a un phénomène de cumul générationnel dans ce système: chaque génération (surtout professionnelle, soit, vu la longueur des carrières dans un média donné, un délai assez court) en rajoute une couche sur le récit de celle qui l'a précédée. Et les réflexions et interactions dans les caisses de résonance de professions au final très fermées et entristes, mais aussi très géographiquement localisées (dans des zones à caractéristiques très particulières), n'arrangent rien, surtout depuis l'arrivée des médias sociaux qui ont amplifié de tels phénomènes par plusieurs ordres de magnitude. En bref, la Miss Holmes, elle a surfé un temps sur une hype dont on se demande si elle l'avait anticipée, parce que vu de l'extérieur, ça ressemble à une fuite en avant: elle s'est imaginée qu'elle pourrait faire durer ça longtemps? Partir avec la caisse et disparaître? Qu'une solution miracle allait arriver des labos de sa boîte pour rendre son produit efficace? Difficile de savoir. En attendant, il semble bien qu'elle ne fera pas de prison (si elle était un mec, elle y serait déjà), et sa chute n'a pas vraiment fait de grand écho dans les médias (encore une fois, si elle avait été un mec, elle aurait eu droit au traitement Enron); pas de grand buzz, rien de très soutenu, pas les grâces des plateaux télés et débats pour cette affaire. Un peu comme la marche à la guerre en Irak et la première année dans le conflit, la presse semble souffrir d'amnésie sur son rôle, son enthousiasme et ses mensonges et manipulations (et les vies et carrière qu'elle démolit dans le processus), et certainement pas apte à l'autocritique, que le sujet soit petit ou grand. Sur ce sujet du storytelling américain et de sa place dans le débat et la société, je recommande le livre de Christian Salmon (Storytelling) qui date de cette époque de la marche à la guerre en Irak.
  12. Tancrède

    USA

    Certes, c'est pourquoi j'ai précisé "dans les limites de pertinence de l'étude". Mais je ne l'aurais pas citée si cela ne rejoignait pas les proportions et groupes (approximatifs) que j'ai vu (et je crois, cité sur ce fil, même si ça doit remonter à quelques années) dans d'autres études/enquêtes au fil du temps. Ce document, je l'ai trouvé notable en ce qu'il essaye d'entrer un peu plus dans le détail en ce qui concerne la gauche et la sous-culture qui apparaît dominante dans les médias et ne trouve pas tant d'écho que ça dans la population: il s'attache plus à proposer une délimitation de ceux qu'on qualifie de "progressives" par rapport aux "liberals" (eux-mêmes ayant leurs distinctions), et à se pencher sur la "masse de manoeuvre" de ceux qu'on voit actuellement hurler dans la rue, dans les médias et online en prenant la "défense" des minorités soi-disant "opprimées", sans que celles-ci semblent vraiment représentées en nombre dans leurs rangs. Caricature du phénomène: quand on voit des manifs avec des antifas et assimilés, on les voit hurler des injures racistes à des flics de couleur, ou des militants de couleur qui s'opposent à eux, et que voit-on sous les capuches? Une mer de visages blancs. Lors des dernières altercations entre des groupes conservateurs et antifas-like à Portland (capitale d'antifa), il y avait beaucoup plus de minorités ethniques du côté des soi-disant "fascistes" que côté capuches. Un des nombreux faits qui semblent échapper aux médias qui font l'apologie des dits capuchards, éternellement présentés comme de braves gens n'ayant à coeur que la lutte contre un "fascisme".... Qui n'existe quasiment pas aux USA (les autorités n'arrivent pas à trouver plus de 10 à 20 000 "white supremacists" et assimilés aux USA.... Dont l'immense majorité a depuis longtemps passé la date de péremption; la tristement célèbre manif a Charlottesville n'avait réussi à faire venir que 600 glandus -plus de la moitié n'étaient pas des perdreaux de l'année- malgré presque deux mois de préparation).
  13. Tancrède

    USA

    Je l'aime bien cette formule.... Une expérience personnelle? Et cela vient de The Atlantic, un journal très à gauche, qui fut plus équilibré mais qui a récemment viré à peu près tous ses journalistes, fact-checkers et collaborateurs républicains et suivi la tendance "woke", espérant lui aussi qu'un tel choix lui attirerait un nouveau et vaste lectorat.... Qui n'est en fait pas si grand que ça, comme l'étude le souligne. Si en plus on ajoute le fait qu'environs 30% (dans l'étude) de ces "progressive activists" se méfient aussi de la culture PC (même si j'imagine qu'ils ne la définissent pas comme d'autres), ça laisse un groupe hardcore de 5-6% qui sont pour la censure.... Donc ce sont eux qui dominent la grande majorité des parutions, donnent le ton à la télé, et contrôlent absolument les grandes boîtes internet (médias sociaux surtout). Logique, non? Mais que cela ne donne pas trop d'espoirs aux conservateurs durs: certes, ils sont plus nombreux que les gauchistes (3 fois plus), et ils partagent bien des préoccupations avec les peu/pas engagés et les modérés (notamment terrorisme/sécurité, immigration et emploi), mais ils ne sont pas pour autant si populaires non plus. La chose révèle plus une très profonde division de la gauche, sans doute plus profonde que celle qu'on voit à droite (populo vs conservateurs) ou entre la droite et les modérés/peu engagés (une part très importante de ceux qu'on appelle "indépendants"), mais aussi, peut-être plus que toute autre chose, la profonde déconnection entre les élites de la scène publique (à différencier partiellement des élites économiques sur de tels sujets) et la population, qui reflète le mécontentement persistant de celle-ci vis-à-vis de l'élite politique en général (élus et hauts fonctionnaires, lobbyistes et autres "intermédiaires", figures du débat public -médias and co). Ce point revient avec une grande insistance en tête des sujets de préoccupation principaux des Américains depuis de longues années (devant l'économie et les inégalités, sauf au plus fort de la crise, de 2008 à 2011 environs): la faible représentation, la corruption et l'influence des "special interests" (corporate et idéologiques), et les partis eux-mêmes, sont pointés du doigt de façon assez unanime, sans qu'un groupe politique ou un autre ne se démarque dans sa condamnation ou son acceptation du phénomène. C'est sans doute le sujet le plus consensuel dans la population américaine (avec le fait que le racisme et le sexisme, c'est mal, contrairement à ce que les "intersectionnels"/antiracistes/féministes/post-modernistes prétendent), et depuis un bail. Raison pour laquelle il est rarement adressé dans les grands médias, et jamais au Congrès. Encore une fois: logique, non?
  14. Tancrède

    USA

    Une étude intéressante sur les "tribus" politiques américaines (qui doivent, bon an mal an, se répartir entre les partis disponibles, principalement les deux grands, pas toujours selon les lignes attendues): https://static1.squarespace.com/static/5a70a7c3010027736a22740f/t/5bbcea6b7817f7bf7342b718/1539107467397/hidden_tribes_report-2.pdf C'est assez long, donc l'idée est plus de voir quelques grandes données qui sont assez révélatrices (dans les limites de pertinence de l'étude, évidemment). Un article qui en tire un inventaire (à prendre avec quelques pincettes); https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2018/10/large-majorities-dislike-political-correctness/572581/ Le rejet de la "culture PC" est assez massif, et ce depuis longtemps, mais le fait ne semble pas avoir grande prise sur le comportement des médias et des élites qui, comme on peut le voir en général, veulent imposer les termes du débat et la trame narrative générale censée servir de référent commun, de position par défaut. Cette élite est quasi exclusivement de gauche/"gauche culturelle": tout comme le monde du business et de ses grands lobbies tend à imposer les termes de la conversation économique et, avec d'autres groupes, ceux de la conversation de politique étrangère, cette élite socialo-culturelle impose ses vues dans le paysage culturel et les arènes de débat (on vient de voir une nouvelle fuite venant de Google, où la censure active est désormais ouvertement présentée comme une bonne chose, au nom de la "protection" et de la "civilité", et contre les racistes et les méchants russes, évidemment).... Sans forcément avoir autant d'impact que ça sur la population (il y en a un, dans une certaine mesure) qu'ils le voudraient, même s'ils imposent cette "zeitgeist" artificielle sur toutes les plates-formes et tous les médias possibles (infos, débat, reportages, divertissement, talk shows politiques ou non....) et dans l'enseignement pour tous les âges. On constate ainsi que cette mentalité résumée sous le nom de "progressivisme" dans l'étude (les termes "progressives" et "liberals" aux USA sont très différents de ce qu'ils sont chez nous, et pas toujours bien déterminés) touche assez peu de monde (8% de la population), mais que la population concernée est très homogène: pour faire court, c'est blanc, c'est sur les côtes, c'est riche et ça a passé beaucoup de temps à la fac (ce qui ne veut pas forcément dire éduqué/cultivé, surtout de nos jours). On voit néanmoins autour de ce phénomène le rôle d'Internet et des médias sociaux, qui ont servi à la fois de révélateurs des opinions qui n'avaient pas/trop peu droit de cité (et d'une juste représentation, pas d'une caricature) dans les médias (devenus peu représentatifs), et de miroir déformant de la société (hyper-représentation des "tribus", groupes et individus les plus militants, souvent les plus extrêmes, et toujours les plus suractifs). Avec un essai de définition de la notion floue de "politiquement correct"; Un essai (non représentatif) amusant de l'auteur: Pas représentatif, mais plutôt indicatif du phénomène observé sur la scène médiatique (du moins la "grand scène"); un accaparement du débat par un groupe trop petit, fermé, entriste, pour représenter une portion suffisante du grand-public, qui s'est tellement habitué à monopoliser la scène et à débattre presque littéralement "en interne" (même si avec une audience) qu'il s'est graduellement fermé sur lui-même au fil des années, au point d'avoir une "fenêtre d'Overton" si réduite que tout ce qui n'entre pas dans les paramètres de leurs échanges est violemment rejeté avec tous les qualificatifs en "iste" et "phobe" qu'on connaît, même si ces termes ont aussi été très consciemment instrumentalisés pour abattre la contradiction). Comme on dit maintenant, "get woke, go broke" (devenez "woke", vous finirez fauchés), soit le business model actuel de nombreux médias. Un bout de conclusion assez pertinent selon moi: