Tancrède

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  1. Pour le jeu vidéo, on oublie déjà (moment d'employer la formule "un temps que les moins de 20 ans"...) que, avec une timeline différente (beaucoup plus compressée/accélérée), c'est un secteur qui a connu un développement comparable à ce qui est en train de se passer pour le cinoche: à quand remonte la dernière fois que quelqu'un ici est allé dans une salle d'arcades? Qui sait où, dans leur ville (si et seulement si c'est une grande ville), se trouvent les quelques-unes qui restent? A quand remonte la dernière fois qu'il y a eu un jeu en salle d'arcades qui était soit meilleur que ce qu'on trouve sur console/ordi, soit inexistant sur console/ordi et juste réservé aux arcades? Réponse aux questions 1 et 3: les années 90. Et plutôt le début/milieu que la fin. Les arcades ont été confrontées à ce qui frappe les salles de ciné maintenant. Fin années 90, il y avait un vague espoir, avec l'explosion sans cesse croissante du nombre de multiplexes et "grosses" salles (et la quasi extinction des petites salles, des cinoches à une ou deux salles, des indépendants, des cinoches de quartier -ceux qui survivaient encore), de voir ces deux activités se concentrer dans des gros centres de loisirs audiovisuels/tech (avec du coup plus de commerces afférants, faisant du tout des centres commerciaux spécialisés). Ca n'a même pas survécu au stade des analyses propectives pour un tel marché, à part quelques tentatives ici et là. Du coup, j'ai des doutes pour la survie à grande échelle des salles de ciné en tant que portion majeure de l'équation commerciale des films/productions audiovisuelles, en tant que rouage essentiel/dominant de leur rentabilisation, étape inévitable de leur cycle de vie commercial. Un marché, peut-être réellement conséquent, pour un mode de visionnage type cinéphile (donc pas concentré que sur les sorties de nouveautés), a une vraie chance de se développer à une certaine échelle, comptant sur une clientèle importante d'abonnés du grand écran, de fan-clubs et afficionados d'un genre ou d'un autre, d'une série ou d'un film (pouvant se voir en cycles, en WE spéciaux....), et un volant suffisant de spectateurs plus occasionnels. Après tout, contrairement aux arcades dont le bénéfice marginal (en termes de consommation/plaisir) était très réduit (à part quelques quasi simulateurs parfois vraiment prenants), le cinoche offre une expérience pas/peu reproductible à domicile, même en visionnage collectif: l'approbation et l'enthousiasme de la foule, le sentiment de "passer une soirée dehors" qui accroît l'impression d'avoir fait quelque chose (toujours mieux que rester en calbut devant un écran), l'effet profond de participer à un collectif, les impressions que cela donne (diminue les défauts d'un film, accroît les qualités, sentiment d'appartenance)... Sont des effets bien réels et mesurés, sur lesquels le marketing compte beaucoup. La question de leur valeur monétaire et psychologique pour la masse des consommateurs reste, elle, à évaluer. S'il faut aussi comparer au secteur des concerts de musique ces 2 dernières décennies, on a encore là un indice que c'est pas forcément un avenir folichon pour les opérateurs actuels du secteur. De toute façon, le tronçonnage sera sanglant.
  2. Malgré les cris et indignations, les cinoches n'ont plus vraiment les moyens de faire peur aux studios depuis juin; c'était déjà alors un secret de Polichinelle vu l'état de ces boîtes et de leurs réseaux. La baisse structurelle des audiences en salles, et surtout de la rentabilité de l'exploitation en salles (hors de blockbusters géants qui concentraient depuis 15-20 ans une part sans cesse croissante de la recette générale, et une encore plus grande et croissante des bénefs nets), alors même que les périodes d'exploitation d'un fim se réduisaient sans cesse (ce qui nuit aux salles, qui ne commence à réellement toucher quelque chose de significatif qu'après 2 WE, voire 2 semaines complètes), avait inscrit leur déclin dans les astres, avec les énormes investissements qu'ils avaient du et devaient encore consentir (multiplexes -achats/locations, constructions, entretien-, installation dans des zones chères, équipement hi tech à renouveler souvent à l'instance des studios) qui ajoutaient à leurs problèmes. Ca fait 30 ans que les cinoches devaient chaque jour vivre un peu plus des goodies vendus pour la salle, et bien peu des films eux-mêmes, qui n'étaient que le facteur d'attraction pour faire acheter de la malbouffe surtarifée. Le confinement n'a été qu'un formidable accélérateur de ce mécanisme, en même temps qu'un grand révélateur de l'extrême fragilité de ces grands réseaux de salles, tant côté finances (et donc capacité à tenir) que côté position de négo avec les studios: tout ce qu'il leur restait sur ce dernier plan (et ce n'était pas rien tant que ça durait), c'était d'être le goulot d'étranglement de la filière pour la diffusion des gros films très chers (les budgets à 9 chiffres, quoique Netflix a montré que certaines prods dans les 100-120 millions pouvaient se justifier en streaming), qui ne sont pas rentabilisables sans eux (encore vrai aujourd'hui). L'industrie s'adapte de mille et une façons, enlevant les perspectives de survie des salles dans la dimension qu'elles avaient encore en février, et dans la place qu'elles avaient dans la filière à ce moment (et dans la "chaîne alimentaire" des intervenants de ce marché). Raccourcissement extrême de la fenêtre d'exclusivité des diffusions en salles (15-17 jours), proportion plus grande des inventaires (y compris des produits "premium" genre blockbusters) destinée d'emblée au streaming, accroissement du format série aux dépends du format film, stratégies de diffusions différentes, rabaissement des budgets moyens/produit et accroissement du nombre de produits ("flood the shelves"), R&D pour réduire les coûts de production à tous les étages (technologie, organisation, baisse des cachets)... Tout est bon pour optimiser le streaming qui devient le coeur de la stratégie des studios, avec les salles de cinoche qui ne seront, au moins dans un premier temps, plus qu'un revenu complémentaire, sans doute apprécié au début pour "faire passer" les grosses prods déjà dans la boîte, et diminuer leur poids (perte ou manque à gagner) dans le bilan, mais moins nécessaire d'ici quelques mois/années. Je ne sais pas si la récente levée de l'interdit juridique pour un studio de posséder des salles de ciné va voir les premiers absorber tout ou partie des seconds (ou créer les leurs), mais ce qui semble sûr, c'est que sauf plan d'aide massif (étatique ou de "business angels" très irresponsables), des milliers de salles vont fermer leurs portes, et la diffusion par ce biais va devenir un loisir, et un phénomène, plus rare (et cher?), un truc qu'on fait de manière plus exceptionnelle pour certains produits mieux choisis. Les capacités de représailles des salles ont disparu depuis un bail: les studios les ont lâchées comme des merdes, sitôt qu'ils ont perdu leurs illusions sur la durée du confinement et de son impact sur les comportements de consommation (peurs, habitudes perdues et prises, perspectives économiques...), même après sa fin. Peut-être que, avec un effort concerté de tout le secteur et des aides financières massives (ou des plans d'investissement privés), un retour à la normale aurait pu être programmé et mené de façon satisfaisante, mais ça aurait été un plan de 2 ans, voire plus, avec beaucoup d'argent dépensé sans aucune compensation, et ce alors même que, de toute façon, le streaming restait ZE investissement à faire (et il est très lourd quoiqu'il arrive), et aurait donc du aussi être mené dans le même temps, et ce dans l'optique de remplacer une bonne partie du marché des salles. Donc dans l'ensemble, ça semble pas très logique, commercialement, de soutenir ce secteur qui ne pouvait déjà plus réellement se soutenir lui-même avant tout le présent merdier, et qui, du point de vue des studios, était un intermédiaire prenant une part toujours trop importante à leur goût de la recette.
  3. Tu aimes les combats de gladiateurs? Tu as déjà vu un... Monsieur tout nu? Bref, le laïus standard qu'un enfant reçoit en arrivant à la maternelle. Nan? Ca vous est pas arrivé, à vous? Pas plus que la suite du programme? Mme Durand et le père de Calembert m'auraient menti? Oups.... Faut que je réévalue certains trucs...
  4. Tu veux dire.... Qu'il n'y aura plus de pilote dans l'avion ? Mais ce serait génial, ça! C'est ce qui manquait dans la série: une dernière saison complètement burlesque et branquignole calquée sur l'humour du film éponyme, dont l'intrigue démarre à cause d'un pilote pédophile qui est déclaré "out" tôt dans le déroulement de l'histoire. Génial, coco! On tourne ça . Merde, j'étais évidemment pas sérieux, mais maintenant que j'y pense, je voudrais bien qu'ils fassent un épisode comme ça... Avec tous les accents zarbis dans cette série, ça aiderait, en plus. Je veux, je veux!
  5. Essentiellement une description de la façon dont on peut légalement, ou au moins "dans les formes", se torcher le cul avec un document légal et ce qu'il est censé vouloir dire, quand on a le pouvoir/l'avantage politique. C'est vrai à tout échelon de gouvernance. Différence quand on parle de traités et de l'échelon supranational: la légitimité (vs la légalité), surtout celle fondée sur la démocratie et la souveraineté nationale qui en découle. Tricher à ce niveau devient une autre paire de gants, parce que les peuples (et leurs perceptions, leurs préférences, leurs biais....) existent et ont une réalité très imparfaitement circonscrite dans les textes de lois et représentée dans les institutions. L'échelon de l'UE n'a pas cette assise autrement que, de manière très indirecte et souvent fort peu démocratique, dans des textes de lois qui ont bien moins de cette légitimité, raison pour laquelle l'acceptation de cet échelon de gouvernance n'a rien d'aussi évident. Ou l'on se rend compte, d'autant plus facilement qu'on grimpe dans les échelons et que la distance (électorale, comptes à rendre, distances physiques même), de la fragilité et de l'artificialité de notions telles que la loi. Faut vraiment revoir le contrat fondamental à la baisse ou trouver un Charlemagne/Napoléon qui se laissera pas marcher sur les pieds et se torchera le cul avec les "droits" des peuples à disposer d'eux-mêmes (saloperies de paysans avec des idées de grandeur, non mais!).
  6. Le principe est bel et bon, mais quand le mandat lui-même est changé, qu'on rajoute des items sous le label "droits fondamentaux", que l'interprétation/la jurisprudence en change, que des définitions en changent ou que mille et une autres manières de contourner les termes du contrat sont, plus administrativement que démocratiquement, employées (sans compter une certaine instrumentalisation sociétale/médiatique pour créer de la pression par certaines zones contre d'autres), il y a aussi des raisons de moufter. En l'occurrence, la question migratoire est vraiment l'objet politique qui donne à des gens comme Orban l'arme pour se maintenir et faire passer les autres items problématiques (soudain rétrogradés en importance aux yeux de son opinion et d'autres) de sa gouvernance.
  7. L'un des problèmes est qu'il n'y a pas vraiment de "on" au niveau européen au-delà des élites dirigeantes, politiques et, dans une certaine mesure, économiques (il n'y a pas de peuple européen: y'en a 27). Un autre est qu'on ne peut faire l'un sans l'autre (du moins l'un sans trop de l'autre) que jusqu'à un certain niveau (loin derrière nous désormais), au-delà duquel on commence à toucher aux choses vraiment "intimes" et nationales (encore aujourd'hui les seules communautés ayant une "vraie" existence démocratique, culturelle, et surtout une viable), qui suscitent des oppositions croissantes et viscérales à mesure que plus est demandé (par une autorité plus technocratique que démocratique), qu'on peut trop souvent aisément et abusivement présenter comme irrationnelles, voire néfastes. Et la justification sera une définition du "bien" qui convient mieux à certains endroits qu'à d'autres. J'aime bien l'expression "au-delà de la démocratie": outre le côté orwellien, elle évoque bien le fonctionnement d'un machin de la taille de l'UE, qui renvoie à la conception selon laquelle à chaque fois qu'on ajoute un échelon de gouvernance, on diminue la nature démocratique de celle-ci.
  8. ??? Je parlais pas de la peine de prison, je parlais des possibilités de prolonger après les 30 ans de prison et les 5 ans de probation. La peine de prison était entièrement méritée: trahison, certes, mais dans ce petit secteur d'activité si particulier, il a commis un crime pire encore... Se faire prendre. Donc aucune pitié. Mais prolonger après ces 30+5 ans légitimes, essentiellement par des petites injonctions derrière la scène auprès de l'autorité décidante, c'est ça qui a des relents de mesquinerie, à moins qu'il y ait des trucs vraiment signficatifs dont on ne sait rien et qui justifieraient la chose... Mais à ce moment là, pourquoi la peine n'a t-elle pas été plus lourde d'emblée? Si on peut jouer indifféremment avec les principes de sanction légale après coup, juste par des petits mots entre "insiders" (esprit vs lettre de la loi), ça sonne pas rassurant pour l'Etat de droit.
  9. A quoi ça servirait? Juste du revanchisme mesquin de la part de l'establishment du renseignement américain? Bousiller encore plus ce qu'il lui reste de vie pour envoyer un message à toute personne désireuse de le prendre comme modèle? Je crois que 30 ans de taule établissent bien le fait que ce n'est pas un sort enviable. Mais bon, perso, j'attends toujours qu'un Trump rendu certain de son départ de la MB amnistie Assange et Snowden... Là on verra plus du vrai visage des dits pontes du renseignement . Dont les quelques têtes d'affiche qui poseraient en grands patriotes après avoir menti sous serment au Congrès (Brennan, Hayden...) et largement abondé dans le sens du Russiagate pour rester dans les petits papiers de qui il faut et booster leur profil (ces négos avec les maisons d'édition peuvent être difficiles, même pour des cachetonneurs bien en cour ).
  10. Là, on a peut-être, toi et moi, une différence de diagnostic précisément sur ce point: je ne pense pas que le marigot soit fondamentalement pire qu'en 2014-2015 (et même que vers 2009-2010, voire au coeur de la période Bush/war on terror), du moins pour ce qui concerne les facteurs internes à la politique. S'il est pire, de mon point de vue, ce n'est ni à cause de changements fondamentaux dans le marigot lui-même, ni à cause de Trump, mais, de façon plus structurelle, à cause des évolutions profondes et désormais inaltérables du marché médiatique lui-même avant tout à cause de la combinaison internet/médias sociaux/smartphones disponibles pour tous, qui a amené la révolution sur le marché (avec notamment Facebook/Google qui captent les 3/4 du marché publicitaire), et peut-être ensuite (mon cheval de bataille, et j'éviterais de trop insister dessus) à cause du changement générationnel qui a amené sur le marché du travail une masse critique d'étudiants idéologisés qui se concentrent dans les industries et secteurs qui animent la sphère publique. Et là-dedans, je vois pas Trump comme ayant lui-même fait significativement empirer la scène: je ne crois pas qu'il soit une "entité" ayant cette capacité. Il avait juste la combinaison de notoriété, personnalité et savoir-faire pour capitaliser sur le ressentiment de la partie de la population depuis longtemps exclue, marginalisée ou rabaissée par la scène publique telle qu'elle fonctionne (qui recoupe en bonne partie la population des exclus/écartés de la mondialisation "heureuse"), et pour parasiter efficacement le "bon fonctionnement" de la machine telle que pré-2016. Mais c'était tout aussi clivant, rabaissant, biaisé, corrompu... Il a juste eu le pouvoir de mettre la chose plus en évidence, selon moi, d'accélérer l'évolution en cours, mais qui allait de toute façon vers le même point. Donc un révélateur ET un accélérateur, mais guère plus. Ceci dit, sans lui, va y avoir des vagues de licenciements massifs dans le secteur média, qui va retrouver une bonne part de sa situation pré-2016, soit un déclin prononcé. Le spin de la clérisie se fera à effectifs drastiquement réduits. Ces masses de militants et de cyniques du ragebait vont se retrouver au chômedu, avec des comptes twitter sans grande valeur, et ceux qui parviendront à rester dans des activités relativement liées aux médias (marketing s'ils ont de la chance) vont polluer des marques qui ne demandent pas à être politisées.... Prochaine étape: vous convaincre que vous êtes transphobes, climato-négationnistes et pro-nazi si vous n'achetez pas les dernières Nikes et ne bouffez pas chez McDo.
  11. Je sais, mais plus encore qu'à une époque précédente (dans laquelle la majorité des gens sur ce forum, moi inclus, ont grandi), la scène médiatique est une arme, et le plus souvent, en discutant de l'actualité et de ses enjeux, je ne vois pas vraiment de traitement du matériel qui en sort qui prenne en compte ce fait, ce qui à mon sens invalide beaucoup de propos ici tenus, qui sont néanmoins repris largement et fournissent le sens principal des discussions. Il fait le buzz avec des conneries parce qu'il a compris que a/ c'est la seule chose qui fait réagir la machine médiatique qui ne vit que dans la caricature et l'outrage, et b/ c'est sa seule manière de surnager un peu (sans quoi il serait quand même crucifié, mais de façon plus subtile et déguisée, de façon un peu plus "respectable" en apparence) en forçant ses adversaires, dont la presse, a être aussi histrionique et hystérique que lui. Dans un tel contexte, qu'est-ce qui est le plus malsain? Le président confronté à une telle situation? La presse pour réagir ainsi? Ou l'écosystème permanent qui, après n'avoir fait qu'empirer depuis 20 ans, en amène à rendre une telle situation inévitable qui se reproduira avec ou sans Trump? Parce qu'un futur président ou candidat républicain sera en face du même monstre, et un président démocrate aura la même caisse de résonance pré-programmée pour le défendre sur quasiment tout, quelles que soient ses crasses et conneries, avec juste Fox donnant dans l'hystérie inverse, ce qui n'est pas une masse critique de bruit suffisante pour rien changer. Dans les deux cas, c'est un système démocratique, et par extension un système de prise de décision gouvernemental (et un système démocratique en général) qui fonctionne très mal et ne peut rien produire de bon, en plus de radicaliser et envenimer encore plus les groupes d'opinion divers articulant les partis et la population. Donc je répète (pas rhétoriquement: question ouverte): est-ce réellement Trump le plus malsain dans ce système? Ou bien n'en est-il que le révélateur, l'ado attardé qui pince bouton plein de pus, un truc qui, d'une manière ou d'une autre, devait arriver pour mettre en évidence (en rouge, écrit gros, avec 5 points d'exclamation et un dessin de bite) le pourrissement extrême de la scène publique US.... Qui n'est au final pas tellement plus de quelques années en "avance" dans ce pourrissement que la nôtre. C'est sous cet angle que je regarde la "geste du chevalier Donald" (un peu le sir Robin de sacré graal), pas sous celui de chaque tweet quotidien envoyé depuis son dernier sitting aux chiottes et qui au final ne prêtera à aucune conséquence concrète, même quand il traite un ayatollah de baiseur de chèvre, vu que tout se noie très vite dans le flot de l'actualité et que tout le monde a appris à ne rien faire d'autre que laisser pisser sans se fixer sur ce qu'il balance. Y'a des chefs d'Etat qui se cachent derrière le silence (mutisme ou silence imposé aux autres), d'autres derrière la communication entièrement institutionalisée et artificielle, et lui s'est caché derrière la diarrhée verbale et numérique. La vulgarité de surface ne me choque pas plus que l'hypocrisie criminelle des spin doctors. A l'occasion, même si ça vieillit vite à l'usage, c'est un peu rafraîchissant. Et tu oublies l'information principale de la présidence Trump: on sait maintenant qu'il n'y a rien eu de significatif à Roswell, et qu'il n'y a pas de soucoupe volante extraterrestre planquée dans la zone 51, parce que l'orangeade n'aurait pas pu s'empêcher de le dire si ça avait été le cas.
  12. J'ai pas vraiment vu autre chose que des affirmations non plus en face. A un stade, faut aussi se rendre compte que sur un média limité comme ce forum (sauf sujet de geek technique, plus gérable), on est tous dans l'affirmation, au mieux illustrée par un ou deux articles de presse qui sont précisément le mal que je pointe, un fait qui ne sort pas de l'antre d'Alex Jones, mais qui est lourdement étudié depuis 3 décennies. Mais insister que "j'affirme" quand d'autres "argumenteraient"... pitié sur le deux poids deux mesures. C'est pas du whataboutism quand il s'agit de parler d'une caisse de résonance médiatique qui ne résonne que dans un sens aussi bien parce qu'elle cible par tous les moyens possibles un bord, mais aussi parce qu'elle exempte l'autre: le point n'est pas de dire "tous pourris" (les partis et fédérations de partis aux USA sont une réalité vaste et complexe), mais plus de pointer le fait d'une trame narrative dominante parfaitement artificielle, voulue et maintenue comme telle, et pas par une conjuration de méchants réunis sous un volcan et se tressant les moustaches en riant sardoniquement, mais plus par une série d'événements et tendances de fonds (économiques, sociétales...) dans et autour de ce milieu particulier duquel tant de choses dépendent. Je n'accuse personne, mais je note que le plus souvent, je vois un recrachage à peine réhabillé de clichés et d'a prioris de jugement qui sont essentiellement le "discours moyen" et la zeitgeist d'un très petit milieu américain qui a l'heur d'être sur-représenté dans les médias, et d'en dicter l'essentiel du discours. Rien de plus. Si je voulais "rétablir l'équilibre", je répondrais vraiment souvent, parce que rien que sur les 10-20 dernières pages, j'ai vu passer un grand nombre de conneries affirmées comme vérités d'évangile et reprises comme telles, précisément parce que l'idée n'est pas de critiquer les tendances d'opinion plus démocrates ou républicaines, mais ce qui, par la distortion du système médiatique, en vient à composer la "position moyenne" qui imprègne l'inconscient collectif (facilité de langage, je ne suis pas attaché à la formule si elle sonne trop grandiose).
  13. Depuis que j'ai posté cela, j'essaie de me rappeler sur quelle chaîne youtube je l'ai vu... Ca me travaille . C'est plutôt avant tout une grille d'analyse fondée sur la façon dont un article est écrit, un segment est énoncé et présenté, surtout avec les médias américains où (pas sur les fils twitter des journalistes où ils sont dans le n'importe quoi permanent et "purement" sur le marché de l'attention qui booste un profil, et celui de la guerre des propagandes qui repose sur l'accusation et l'affirmation dans l'instant), quand on parle d'un article posté sur un site de grand média, ou un segment télé, il y a fort à parier que des avocats ont vérifié la formulation pour être sûr de protéger le cul du média dans la lettre de la loi, tout en laissant l'espace libre à l'assertion gratuite, l'allusion, la fausse contextualisation.... C'est un exercice de professionnels, mais pas de l'information. C'est pourquoi, depuis mes premiers cours dans le domaine (qui remontent aux années 90), j'ai appris à faire attention avant tout à cela et à reconnaître le croisement de certains signes, certaines formules.... La presse française a longtemps été beaucoup plus maladroite/amatrice dans cet exercice (notamment dans son rapport devenu presque légendaire avec les chiffres et quantifications), ce qui facilite la chose. Après, faire le debunking actif, avec comparaisons de sources diverses... C'est très chronophage, surtout en l'absence, désormais, de "médias de référence". Et encore plus quand il faut faire attention à tous les niveaux de biais (de l'éditorial en amont jusqu'au plus strictement narratif -la formulation pure et dure- en aval) auxquel les baveux sont entraînés (beaucoup plus aux USA) et pour lesquels les rédactions sont calibrées. Donc là, je suis plus sur un rythme hebdomadaire sur un ou deux larges sujets que sur une analyse quotidienne. Quelques sources en lesquelles j'ai plus confiance que la moyenne: The Hill (au moins divers dans sa rédaction et ses contributeurs, avec une ligne éditoriale moins affirmée et plus ouverte), The Intercept (biaisé, mais rigoureux sur certains sujets de corruption et déviances dans l'appareil d'Etat US... A voir ce que ça va devenir avec le départ de Greenwald et la rebellion de Cahill), TabletMag, le WSJ à l'occasion (quoiqu'avec une présidence Biden, il pourrait devenir plus systématiquement adversarial, mais sur des bases plus partisanes que journalistiques), AP/Reuters et compagnie pour les brèves (avec les pincettes pour le tableau global dressé: le biais narratif sera faible, mais le biais éditorial est de plus en plus visible). Sinon, un listing de quelques journalistes et analystes, plus que des médias proprement dits (je conseille, sur les sujets sociétaux/raciaux, les échanges de John Mc Whorter et Glenn Loury, 2 profs d'université sur la chaîne Blogginghead: relativement inclassables sur le plan partisan dans l'échiquier actuel, ils sont intéressants et distrayants).
  14. J'ai suivi un débat il y a deux jours entre deux constitutionnalistes américains sur les sujets de réforme électorale (réformer/changer/abolir ou non le Collège électoral, standardiser le système et ses contrôles...): très intéressant, en ce que, de bonne foi tous les deux, ils essayaient d'évaluer de façon réaliste les conséquences possibles de telle ou telle réforme, grande ou de détail, avec les risques et avantages putatifs. Mais de cela, j'ai conclu (pas pour la 1ère fois) à tout le moins que, comme chez nous, même si sous d'autres modalités, les ricains souffrent avant tout d'un énorme problème de confiance dans les institutions, publiques et privées, à but lucratif ou non, et que de tels changements proposés ne sont pas vraiment la première étape nécessaire, et pourraient même, en l'état, loin de contribuer à rétablir au moins un peu de la dite confiance, plutôt contribuer à accroître la parano ambiante. Une réforme sur un sujet aussi fondamental (on n'est pas dans une appli de politique à implémenter: on touche à la programmation fondamentale), peut-être même une constitutionnelle, dans le climat actuel, peut vite devenir l'étincelle au-dessus d'un baril de poudre, plutôt que le calmant. Et c'est là que je n'arrive pas à revenir à autre chose qu'au sujet de la scène publique et de son fonctionnement, parce qu'en démocratie, c'est l'alpha et l'omega. Reflet de l'extrême diversité d'une société individualiste que la culture ambiante (chez eux comme chez nous) pousse au narcissisme extrême, hanté d'idéologies d'autant plus retranchées qu'elles sont devenues par défaut hyper conflictuelles, poussé à un paroxysme d'antagonisme futile et d'outrage permanent, faussé et court termiste par des acteurs malhonnêtes (par idéologie, corruption, tribalisme ou encore appât du gain) qui sont censés en être des curateurs aussi dépassionnés et honnêtes que possible (alors qu'ils ont lourdement pris parti), l'espace public est extrêmement pollué, à un point vraiment maladif. Et tout pas vers une "guérison" commence à cet endroit. Et moin ça me gonfle particulièrement, connaissant le secteur médiatique comme je le connais, de voir les mêmes gens répéter les mêmes trucs avec les mêmes médias comme "source" et affirmer sans arrêt que leurs sources sont sérieuses et imparables parce qu'elles ont eu une réputation il y a 20, 30 ou 40 piges et qu'apparemment, ces posteurs n'ont pas fait d'update depuis. Juger les sources avec des critères d'analyse datant des années 80-90, merci, mais non. Mais apparemment, selon ces mêmes posteurs, se reposer sur de telles certitudes permet de juger qui est un complotiste et qui ne l'est pas... Dans le même post où ils rebalancent l'a priori dominant (et visiblement pas questionné très fort) balancé par la même machine médiatique qui assurait que Saddam avait la bombe H, selon lequel c'est le parti A qui fait de l'obstruction systématique tandis que l'autre ne s'y abaisserait jamais, ou qu'un parti triche et l'autre pas. Recracher l'opinion médiatique majoritaire d'un milieu pour ainsi dire monoculturel et entriste qui n'a aucune incitation à un minimum d'objectivité (et même TOUTES les incitations à l'opposé) dans le marché actuel, en absorber les a prioris de jugement et suivre leur absence d'examen et critique équivalent sur le parti adverse (dans un système à seulement deux partis), et se permettre d'être assertif ce faisant, c'est un tantinet irritant à la longue. Si c'est pour lire ce genre de discours, je peux aussi bien me re-mater The West Wing, c'est tout aussi faux et biaisé, mais plus distrayant et mieux écrit. Ca ne me fait pas approuver les procédures de Giuliani sur l'élection, ni apprécier Trump ou m'aplatir devant la puissance d'analyse du Daily Mail, pour autant. J'arrêterais sans doute de pointer ce genre de déséquilibre etn de problème dans l'analyse quand certains arrêteront de raisonner en clichés éculés (même si profondément implantés dans le discours dominant à force d'être induit et matraqué, jusqu'au niveau de l'a priori qu'on ne formule même plus toujours explicitement) et se reposer sur des sources qui sont aussi biaisées que celles qu'ils méprisent, et plus dangereuses en ce sens qu'elles bénéficient à tort d'une réputation qui survit encore partiellement, et qui est surtout ré-affirmée (gratuitement) par certaines couches sociales et milieux professionnels sur-représentés dans l'audience médiatique et le débat public, qui ont tout intérêt à maintenir cette image (pas dans le cadre d'un complot malfaisant, entendons-nous bien). Affirmez moins dans un sens, je répondrai moins dans l'autre. Deal?
  15. Pour citer quelqu'un d'autre, sur un autre ensemble politique: "les deux détaillants d'un même grossiste".