Berezech

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  1. Petite lecture de la presse locale avec le café du matin : - Les soignants de mon département (Hautes Pyrénées) se sont constitués en asso indépendante pour partager des infos, collecter des dons et du matériel - Ils ont mis en place en partenariat avec les labos locaux équipés un dépistage réservé aux personnels de santé, caissière de supermarché, éboueurs etc ... (pas de dépistage massif). - Les tests dans ce département encore "peu" touché (on a quelques morts tous les jours, en particulier en EHPAD, et 16 lits de réa occupés sur 20) révèlent que 25% des personnes testées dans les personnels essentiels ont été en contact avec le virus. Au niveau national on serait autour de 30% ! - Ils indiquent qu'ils ont 15 jours de réserve de matériel de protection, gants, masques, blouses ... si l'épidémie ne s'aggrave pas. (et à priori on est encore en phase ascendante, ce qui est le cas de toutes les régions jusqu'ici moins touchées). L'article en entier : https://www.nrpyrenees.fr/2020/04/02/prelevements-covid-les-infirmieres-aux-petits-soins,8828821.php
  2. J'ai l'article de Mediapart, je veux bien le passer en MP pour ceux que ça intéresse. En substance ils ont présenté le rapport à plusieurs acteurs (universitaires, professionnels de santé, syndicalistes de la CdC) qui s'inquiètent du fait que le rapport met en avant presque uniquement le secteur privé (dans les investissements, et la restructuration de la dette), avec un gros conflit d'intérêt de la CDC qui a des parts dans pas mal d'établissements de santé privé, ou d'EHPAD.
  3. Ce qu'a fait subir l'UE à la Grèce était déjà criminel. Sauf que cette fois c'est nous que les Allemands ont dans le leur ligne de mire. La situation actuelle produit un discours calamiteux sur la scène politique allemande qui empoisonne les relations entre les pays : "nous braves septentrionaux économes et éthiques, contre latins/grecs fainéants, corrompus", autant subventionner l'AFD et les nationalistes directement ça irait moins vite. Si les Allemands pensent pouvoir infliger le même traitement qu'à la Grèce aux pays latins, il faut être capable d'instaurer un rapport de force. Et arrêter avec ces conneries de discussions stériles ou de bluff de couloir qui finissent en soumission humiliante. ça créé du Frexit et du ressentiment chez nous en plus. Si l'Allemagne, l'Italie et la France ne se pointe plus aux réunions du Conseil européen l'UE est paralysé. En seulement quelques semaine ça serait très, très, chiant pour les pays du nord. Et c'est notre seul bargaining chip (en dehors de la sortie, qui serait de mon point de vue une catastrophe). Les allemands nous respecteront plus si on met nos menaces à exécutions. Sinon Wolfgang Schaüble a raison de nous appeler la "Grande nation" en éclatant de rire. Le MES c'est de la merde et c'est inacceptable. C'est un outil de punition et de domination, pas de solidarité. Que les Allemands aient expédié les italiens devant ce truc début mars est d'une hypocrisie ... Il faut le remplacer par ce que Keynes appelait un "mécanisme universel de redistribution des surplus", ce qu'on appelle plus couramment ... un budget européen. Les pays en surplus ne peuvent pas martyriser les pays en déficit sans en contrepartie réaliser des investissements ou des travaux d'infastructures transnationaux pour compenser. Je suis ouvert, on peut un peu usineàgazer le truc si on veut (orientation des investissements de la Banque Européenne d'Investissement plutôt, fonds structurels fléchés ...). Mais aller faire une énième cure d'austérité à des pays qui ont une monnaie mal ajustée à leur économie, ou sans faire d'effort conséquents pour intégrer les économies, ne sert à rien. La Grèce est dans une boucle d'endettement éternelle très rentable pour ses créanciers (et l'oligarchie grecque ravie de vendre à la découpe le patrimoine du pays) mais elle ne s'est jamais réellement relevé de son traitement de choc, quasiment aucun investissements alors que son stock de capital s'amorti et des revenus toujours stagnant. Si on fait la même chose à la France, je crois qu'il vaut encore mieux sortir que d'accepter le joug du MES.
  4. Les nouveaux cas, testés, n'ont plus aucune signification pour mesurer la propagation de l'épidémie. Voir l'étude de l'Imperial College postée par @rogue0 sur le sujet résilience à une pandémie. En France on a entre 1,7 et 7% de la population qui a déjà été en contact avec le virus. Apparemment les Allemands ont réussi à la ralentir un peu mieux au début, mais ils ont aussi presque 2% de leur population touchée ... contrairement à la Corée ou seule une partie limitée de la population a été touchée et rapidement contenu. A ce stade tu peux tester large, il y a trop de foyers pour les isoler et cette saloperie de virus se répand très vite, ils vont suivre le même trend que nous assez vite. Concernant l'Allemagne et les eurobonds, la seule politique à pratiquer c'est celle de la chaise vide au Conseil Européen jusqu'à ce que les pays du nord cèdent. Si on a pas d'Eurobonds, l'UE va lentement exploser (et à juste titre, sans solidarité réelle, les décideurs des pays déficits cèderont à leurs opinions qui crieront au coup de poignard dans le dos). Si l'Allemagne veut pas ... et bien ils vont droit à la grande dépression. Que ça soit une option préférable à la coopération et à une réforme de la gestion économique de l'UE plus redistributive en dit long sur la politique intérieure allemande, total décalage avec le réel.
  5. Il y a un autre facteur à prendre en compte, et qui joue pas mal dans les stratégies migratoires. La plupart des migrants hommes jeunes ont plusieurs options, et leur parcours est une dynamique plus qu'un stock photographié à l'instant t : 1- Le mariage mixte sur place, l'intégration progressive dans la société d'accueil (sur 3-4 générations) 2- Le regroupement familial, l'homme arrive, stabilise sa situation financière et économique puis fait venir son épouse, ses enfants restés au pays en utilisant le droit à une vie familiale (Les états européens exercent un contrôle draconien là dessus, il faut que la vie familiale soit réelle et établie, tu ne peux pas juste épouser le voisin de la cousine pendant les vacances au bled). 3- Une fois une certaine situation économique et financière stabilisée, si quelques années de pain blanc, retour au pays pour fonder une famille dans de bonnes conditions. 4- Le célibat, la famille recomposée, monoparentale ou autre organisation du ménage ... comme le reste de la population les modèles de ménages sont variés et échappe à la logique du couple classique même si celle ci reste la représentation, et la forme, majoritaire de la famille. Dans les années 2010 les études montraient qu'on était en moyenne sur un retour après 10 ans de résidence pour la plupart des étrangers résidents (toutes nationalités, européennes inclus). Le problème pour les Erythréens, Syriens ou Afghan c'est les possibilités de retour. C'est quand même bien la merde à la maison même quand il te dise qu'ils n'ont qu'une envie c'est de retourner chez eux (90% des migrants avec qui j'ai bossé vivraient au pays si ils avaient la sécurité économique et physique à domicile. Faudra suivre l'évolution en Suède (et les études qualitatives et quantitatives) pour pouvoir dire si la tendance est durable (et donc inquiétante, ce qui serait effectivement le cas avec un tel ratio) ou si il y a une adaptation des parcours et des stratégies (2e migrations vers un autre pays européen ? Retour au pays ?)
  6. Je rappelle qu'il passe la scène suivante à se faire casser la gueule :) (ce qui en fait une bonne métaphore de ce qui va aussi nous arriver pendant "l'ajustement")
  7. Prenez une grande aspiration de Gorafisation du réel et ... de Patrick Arthus (économiste en chef chez Natixis). Je trouve qu'il trolle un peu pour avoir son moment médiatique, mais l'analyse n'est pas totalement inintéressante. Je ne pense pas personnellement que ça soit la fin du capitalisme néo-libéral, on va plutôt vers une recomposition (et sans doute temporaire). Je mets le résumé, pour le reste de l'analyse suivre le lien : https://www.research.natixis.com/Site/en/publication/hNRsI50ITmuQOkP9jW-8YQ%3D%3D?from=website&fbclid=IwAR1svA0xbyIZgMGwLOahiVBznUq2Xul-BF9olyN4B74o7w_EEn-RBe3nZWA
  8. Non seulement le liquidateur va essayer de récupérer ce qui est récupérable, mais tes déposants viennent retirer leur argent en masse dès la chute de la 1ere banque, plus personne ne veut non plus faire affaire avec toi, ou de prêter de liquidité (ou à un tarif prohibitif). Et avec moins d'1% de ton bilan réellement dans les caisses tu ne peux pas durer longtemps ...
  9. L'Euro est un Mark un peu dévalué. Techniquement ça serait un EuroDeutsheMark réservé au club du nord du Rhin qui devrait s'apprécier. Et nous on aurait un EuroFrancPesetasLire qui devrait se déprécier. Enfin à terme j'imagine qu'on trouverait un terme technos, ou que chaque pays reprendrait le contrôle de sa monnaie. C'est la situation que je redoute si il n'y a pas une entente au niveau européen. Tape "Target2 Imbalance" dans ton moteur de recherche préféré. Target 2 ne représente pas une "dette" que contracterait les pays déficits vis à vis des pays surplus, mais il montre les déséquilibres dans les transactions bancaires. En fait je prends un exemple, en France tu prends le département de Paris, et celui de l'Ariège. Le premier a un fort PIB, une démographie forte, un fort dynamisme. Le second est sous peuplé, pauvre et avec une activité industrielle déclinante, en plus zone montagneuse en partie qui requiert de lourds investissements. Pour ajuster les niveaux de vie l'Etat français agit pour redistribuer une partie de la richesse de Paris vers l'Ariège, à travers les impôts, la sécu etc ... A l'échelle européenne tu n'as pour l'instant pas ce mécanisme (le budget de l'UE n'a pas la taille critique, même à travers les fonds structurels) donc les pays qui ont un avantage creusent la différence avec les zones plus pauvres. C'est notamment le problème avec une Allemagne très attractive pour les capitaux étrangers (population bien formée, cadre légal/culturel, outil industriel, services publics, salaires modérés). Si tu as de l'épargne monétaire vaut-il actuellement mieux aller l'investir dans un pays en excédent commercial ou en plus les lois sont trèèèès favorables au patrimoine, ou dans un pays ou les perspectives sont plus difficiles ? Non seulement l'Allemagne a des excédents vis à vis des autres pays, mais son avantage ne fait que se renforcer. Le problème des banques européennes, c'est qu'elles ont des créances les unes avec les autres. Techniquement juste l'effondrement d'une ou deux institutions moyenne menacerait l'ensemble du système bancaire (comme en 2008 en fait ou le sacrifice discutable de Lehman Brother a déclenché la crise bancaire fin 2008 malgré le plan américain). Le crédit de Bilbao crève ? Il ne peut plus rembourser Santander. Santander passe par pertes et profits, et elle perd ... plus que ce qu'elle ne peut encaisser, elle fait faillite, sauf qu'elle devait de l'argent à 10 autres banques, qui devaient de l'argent à la DB et à BNP ... etc ... faillite en chaîne à cause d'un seul domino défaillant. C'est aggravé par la quantité limitée de dépôt des banques (en liquidité), je pensais qu'après 2008 elles devaient avoir 6% de leur bilan en liquide, en réalité on est plutôt autour de 1% ... Il suffit qu'elle ne puisse pas faire face à une petite partie de leurs dettes pour que les taux montent sur le marché interbancaire, ou qu'elles déposent le bilan. Pourquoi alors qu'elle est en faillite (objectivement) la DB continue à magnétiser de l'argent ? c'est vrai qu'il y a la un paradoxe. C'est parce que les fonds de ces banques ne sont pas garantis de la même manière. Si tu veux c'est un peu comme si les différents pays avaient une police d'assurance différentes. In fine c'est bien l'épargne des citoyens/résidents qui garantie la solvabilité de cette police d'assurance, plus ou moins crédible selon la situation macro économique de ces pays (et l'Etat garantie ces dépôts ... sur la foi des dépôts eux même, c'est une boucle). Et l'Allemagne a des tonnes d'épargnes (dans des banques en faillites certes, mais "Too big to fail".) Pour diverses raisons (voir le fil Allemagne ou j'ai expliqué les avantages et les faiblesses à mon sens de celle-ci) l'Allemagne semble offrir une meilleur garantie aux dépôts, de par son excédent budgétaire et sa dette modérée, son fort niveau d'épargne, un patrimoine privé et public conséquent ... et plus subtilement de par la concentration du capital dans son système, et son poids politique en Europe. La crédibilité de cette police d'assurance diverge entre pays de la zone UE. L'Espagne ou l'Italie ne peuvent pas espérer à l'heure actuelle sauver leur système bancaire seules. Et les Allemands ne veulent pas étendre leur garantie, à tord, car cela flingue la crédibilité de la zone euro à long terme, à raison, parce qu'ils protègent aussi les intérêts de leurs citoyens, et de leur nation, en calculant qu'ils n'ont pas réellement les moyens d'étendre cette garantie à l'infini, ou que c'est trop compliqué à faire passer auprès de l'électeur Allemand qui a la fierté d'être présenté comme un modèle éthique de fourmi épargnante dure à la tâche face à ces rastapopoulos de Latin. La fierté et la politique l'emporte ici sur la seule explication économique. Pourquoi après 2008 et 2012 (crise de l'Euro) ça n'a pas été la catastrophe, et pourquoi ça pourrait l'ête maintenant. Parce qu'on a massivement déclenché les leviers de la politique monétaire et budgétaire. Et qu'on les a gardé appuyé sur l'accélérateur à fond jusqu'à aujourd'hui. Je m'explique : les US ont fait une relance budgétaire et monétaire massives jusque autour de 2015, l'UE aussi dans une moindre mesure et un peu en retard (de 2008 à 2010), avant d'enchaîner sur l'austérité budgétaire ... et une politique monétaire extrêmement accommodante (taux négatifs, puis QE), on appuyait à la fois sur le frein (en flinguant l'investissement public et privé, durant l'austérité), et sur l'accélérateur (les taux bas, le QE). Ajoute que l'inflation s'est installée à 1%, voir moins, alors qu'on menait une politique monétaire accommodante. Ce qui dans les faits signifie qu'on se maintenait à peine au bord de la déflation et de la crise. Un exemple de ça en janvier : les banques ont demandé à l'Etat d'abaisser les taux du livret A, soit disant pour aider à construire du logement social grâce à un taux accomodant (excuse publique que peu de gens ont relevé mais pas très crédible), tout simplement parce que rémunérer les livrets leur coûte trop cher pour se maintenir à flot. C'est pire pour les fonds de placement garantis (type assurance vie en fond euro) qui n'achètent que de la dette publique, avec les taux négatifs, il y avait une menace sur l'épargne des personnes plaçant leur argent ... Mais malgré leur faible rentabilité les banques restent en quelque sorte "mort vivantes" parce que le QE, des garantis, des rachats de titres, et la gestion de l'épargne de la population (à un prix de plus en plus élevé) ... leurs permettent d'éviter la faillite (de justesse). Le système a tenu ... parce que tu ne deales plus avec le capitalisme de marché financiarisé sauvage. Tu deales avec l'Union soviétique des actionnaires capitalistes. En cas de crise ils comptent sur les pouvoirs publics pour intervenir massivement et palier leur défaillance patente. C'est ça le néolibéralisme : les marchés financiers, les banques, sont régulés par les pouvoirs publics qui interviennent. Idem avec le choc sur le REPO en octobre. Les banques ont laissé la FED socialiser le marché interbancaire ! Privatisation des profits, socialisation des pertes. A la sortie les plus gros acteurs rachètent les titres à faible valeur, et tu vois se former une concentration du capital entre les mains d'un pool plus restreint d'oligopoles et de monopoles. Le tout sous la forme d'un chantage : si vous ne nous sauvez pas, c'est l'épargne de la population qui y passe. A la fin c'est le contribuable qui paie la facture (en la lissant sur des décennies via les dettes publiuqes) de sauvegarde du système (en échange de son épargne), et on recommence un nouveau cycle (est-ce possible ?) C'est une forme assez sophistiquée d'extorsion en quelque sorte. Et une redistribution de la richesse du milieu vers le haut à terme.
  10. Merci @rogue0, je pense que c'est effectivement plus le sujet ici. Pour ma part je suis un critique radical de l'UE ... Tout en plaidant pour rester dedans et profiter de la crise pour la transformer en profondeur (notamment afin qu'elle intervienne massivement dans l'économie avec un budget à la hauteur, finaliser l'union bancaire, se doter d'institutions souveraines et démocratiques). Le stress bancaire (en zone euro), on y est déjà, d'ou les nouveaux plans de sauvetages de la BCE (avec l'aide soutenue de la FED, et pour l'instant même Trump n'a pas fait opposition). ça n'est pas nouveau, cela fait écho à la crise de la zone euro au début des années 2010 et on est dans la continuation des crises préexistantes. Des bilans pourris qui contrairement aux banques américaines n'ont pas été épuré post-2008, et une tension sur la liquidité. Pour rappel il y a eu une crise sur le REPO (les prêts de liquidité interbancaire à court terme) en octobre 2019 qui a conduit la FED à intervenir massivement d'octobre à au moins janvier (je n'ai vérifié depuis) en injectant de l'argent à taux zéro pour compenser l'incapacité des banques à se prêter des liquidités entre elle. On était autour de 1 Billion de $ la dernière fois que j'ai vérifié. C'est là que la crise financière a réellement commencé. Ici pour moi le risque est très élevé. La politique monétaire pourrait retarder la crise mais pas l'arrêter, le choc budgétaire des Etats et une action vigoureuse de restructuration des banques (et surtout des grandes malades, la DB, BNP Paribas, les banques italiennes et espagnoles ...) sera aussi nécessaire, et peut potentiellement éviter une catastrophe ... si il y a une coopération efficace, et que l'Allemagne arrête de jouer à l'hégémon égoïste (et de mettre le nez dans le caca de son système financier corrompu, je pense aux banques des landers, c'est là qu'est le blocage réel en fait) Sur le système monétaire alternatif, il y a déjà dans les faits plusieurs euros au sein de la zone euro. Je sais c'est contradictoire. Mais dans les faits tu as une fuite importante des capitaux de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie (le patrimoine possédé par les plus riches nationaux de ces pays ... coucou le patriotisme) ... des banques de leurs pays, vers les banques allemandes. Il y a une anticipation généralisée d'effondrement du système bancaire dans ces pays, et l'idée que l'Allemagne est plus à même de garantir la sécurité de ces fonds. C'est notamment ce que montrait le débat autour de Target2 et du mécanisme de compensation bancaire montrant un énorme déséquilibre Nord/Sud dans la zone Euro. Si les Allemands ne sont pas idiots, ils ont travaillé à un système monétaire alternatif en secret (et franchement si j'étais le ministre des finances allemands je serai idiot de ne pas y penser). Nous devons nous préparer à cette hypothèse. Le risque ici dépend du degré de gravité de la crise, de la coopération entre pays de l'Europe. Est ce qu'il y a un risque à un moment que Macron dise aux élites Allemandes d'aller se faire foutre avec leur hégémonie suicidaire au conseil européen (avec le soutien d'une Italie et d'une Espagne moribondes, et d'une partie du Benelux), ce qui s'ensuivrait d'une réaction du ministre de l'économie allemande allant faire un petit commentaire crasseux dans la presse sur l'état des banques françaises pour faire monter le Spread de la France, et derrière une escalade qui finit en divorce brutal ? Je pense que les élites allemandes sont profondément égoïstes, jusqu'auboutiste et stupides, là ou les élites françaises sont stupides mais finiront par faire le bon choix ... faute d'autres options. Pour revenir au système de paiement alternatif, Je ne pense pas que c'est le genre de truc qui doit être rendu public, mais ça doit exister comme solution de dernier recours, préparé en secret, ne serait ce que pour menacer les allemands si on est au bord du gouffre (sans bluffer, c'est à dire que si ils ne prennent pas les options coopératives c'est nous qui nous nous cassons). ça aussi c'est du rapport de force. Tout le monde essaye de bluffer les allemands depuis 30 ans, c'est idiot et c'est perçu comme de la faiblesse à juste titre. Je reviendrai sur le reste dans la journée, il est tard et je vais essayer de dormir un peu.
  11. On a quelques mois pour prendre les mesures nécessaires. Et j'espère sincèrement que quelqu'un d'intelligent a compris ce qui se passe et tient la barre en prenant les mesures adaptées. (au sein des pouvoirs publics) Qu'on est en train quelque part de préparer un système monétaire alternatif au cas ou. Qu'on dresse des listes d'entreprises vitales à sauver. Qu'on dresse des listes d'entreprises à choisir de ne pas sauver (de préférence des trucs inutiles). Qu'on a prévu de s'entendre pour coopérer sur ces listings (mais aussi sur tout le reste) avec nos voisins européens (et les asiatiques éventuellement). Qu'on a prévu de nationaliser et de garantir une très grande partie de l'économie, voir d'imposer ex nihilo un revenu universel. Et qu'il y a in fine assez d'épargne de français (servant en derniers recours de garantie à l'Etat sur sa solvabilité) pour que la boutique continue à tourner. Et qu'on a pris des mesures pour éventuellement empêcher cette épargne de se casser (au hasard en Allemagne, qui reluque l'idée de se couper d'une partie de l'Europe si il leur en prend la lubie). Une crise déflationniste en temps normal sans une relance coordonnée majeure de grande ampleur dès le début ça ne s'arrête pas sans un événement majeur (voir le cas du Japon). Là c'est la mère de toutes les crises qui va exploser, vu que détonnent simultanément toutes les bulles (financière) dette chinoise, dette des étudiants américains, dette publique euro, dette privée des banques ... que la moitié de la population mondiale a plus ou moins cessé de consommer autre chose que les produits essentiels, que le commerce se pète la gueule, qu'une grande partie de la production est arrêtée et qu'en plus il va falloir qu'on fasse un effort gigantesque de restructuration de la production (relocalisation, industrialisation) au milieu de ce merdier. Il y a des forces terrifiantes en mouvement, ce que j'essaye de d'expliquer c'est qu'il faut avoir peur, mais que cette peur doit être rationnelle et rationnalisée, on doit prendre conscience de ce qui vient et agir méthodiquement.
  12. Calmez-vous, pour l'instant seuls les petites boîtes sans trésoreries ont fait faillite ou se sont mis en format minimum/chômage partiel. Dans deux mois les PME vont être en surchauffe. Les entreprises commenceront à licencier (avec l'idée d'abaisser ainsi leurs charges) Dans trois mois les millions de chômeurs réduisent leurs consommation de manière drastique. Dans quatre-cinq mois ça commencera à couper dans les grosses boites. Les entreprises licencient. Les ventes baissent. Les entreprises licencient. Les ventes baissent. Les entreprises font quand même faillite. Pendant ce temps vu qu'on a du stress bancaire on a le risque d'un bank run généralisé. Des millions de gens versent dans la pauvreté et se retrouve sans aucune activité, le commerce international reculera, avec une baisse radicale du prix des matières premières, éviscérant les économies des pays en développement. Et comme l'Etat a dit qu'il garantissait tout le monde sans faire de choix pour l'instant (encore qu'un ami chef d'entreprise a calculé que tout le monde ne serait pas éligible au dispositif de sauvegarde, à priori ça va être l'hécatombe chez les micro entreprises), j'anticipe une sérieuse montée du taux d'intérêt d'emprunt des Etats, ou alors des Etats qui vont devoir rétropédaler ou se retrouver dans la situation de l'Irlande il y a quelques années (qui avait garantie à 100% ses banques en faillite ... bien au delà ce qu'elle pouvait réellement garantir). Le tout dans un contexte de non-coopération internationale, de plans de relances égoïstes à contre-temps, de guerre économique sur les prix du pétrole ... Et en fond de ça vous allez avoir la 2e vague de l'épidémie, les US en période électorale avec une toile de fond avec centaines de milliers de morts ... L'UE qui se déchire. Soyez pas trop pressé de la fin du confinement. Au moins pour l'instant le temps est suspendu et on a encore l'illusion de vivre dans le monde pas si horrible d'avant.
  13. Ils ont quelques indicateurs excellents qui cachent la forêt : - La production manufacturière (destinée à l'export) - Une balance commerciale en excédent - Un excédent budgétaire de compét ... - Plus que les migrants syriens de 2015, ils ont pompé comme des sauvages dans la masse des jeunesses diplômées des pays en déficit (La Grèce en tête !! Alors que ces jeunes ont été formé avec l'argent public des pays déficits) Du coup ils ont compensé leur démographie merdique en vampirisant le sud de l'Europe de ses éléments les plus brillants et productifs. Et derrière ça : - Une violation grossière du compact budgétaire européen : ils n'ont jamais réussi à atteindre le but de 2% d'inflation (seule la France l'a fait :) ) - Un niveau d'investissement proportionnellement équivalent à celui de 1947 quand l'Allemagne était un champ de ruine AVANT le plan Marshall. Si on va dans les détails ils "amortissent" leur capital comme des sauvages (ils ne renouvellent pas les machines cassées ou usées, ne remplacent pas ce qui est pété dans leur outil de production, et laissent leurs infrastructure tomber en poussière). Ce qui fait qu'ils perdent petit à petit en capacité de production ... et à satisfaire les besoins de base de leur population. - Un Revenu national net (une fois le capital amorti) stagnant ... - Si on regarde les détails des inégalités : des riches qui accaparent le patrimoine et recyclent les énormes excédents Allemand ... dans l'immobilier pour riche (d'ou une montée des prix de l'immobilier, pourtant historiquement bas en Allemagne), ou aux US ... - Des classes populaires et moyennes inférieures avec des revenus stagnant ou en baisse - Une montée de la pauvreté et de la précarité, avec des auto-entrepreneurs ou du travail temps partiel, produisant des travailleurs pauvres. - Un système bancaire opaque, corrompu et sans doute à deux doigts de la banqueroute. Le résultat : une spirale déflationniste de première main Les pensions des retraitées capitalisées à taux négatifs (donc qui disparaissent progressivement) Un appareil de production en partie déconnecté de sa demande intérieur en cas de choc sur les exportations (coucou la récession de 2019, coucou 2020 !) Une stratégie commerciale qui face aux politiques asiatiques de remontées de filière est en partie contre-productive à long terme. (voir le cas des machines outils). Un excédent budgétaire pas réinvesti pour les besoins de demain malgré un discours moralisateur la fourmi allemande versus la cigale greco-latine. Le refus systématique de toute solidarité économique, sociale et financière concrète qui ampute le projet européen de tout sens. Depuis 2000 toute la stratégie Allemande repose sur un seul axe : essayer d'exporter la déflation vers les pays déficits de la zone UE, ou trouver des clients exports, et les laisser se surrendetter pour absorber la production allemande, en créant des bulles à long terme. (cas de la Grèce notamment)
  14. ... se redoter d'un réseau de transport collectif dense et rationnel, faire la transition énergétique (avec un scénario à choisir sur la part du nucléaire), investir dans les industries innovantes (c'est le job de l'Etat, entre autres), sans doute réexaminer la gestion des EHPAD, réinvestir le secteur sanitaire et éducatif ... les secteurs en demande de fond sont nombreux, il faut déterminer pour chacun leur utilité sociale, les risques, ... Mais ya largement de quoi faire un plan de relance.
  15. Teuhteuhteuh, je vais déjà essayer de réussir à faire avoir leur bac à mes terminales ES via le télétravail. Entre deux cueillettes de gariguettes et une explication sur ce qu'est une exponentielle avec la courbe des contaminations au Covid 19 de New York en exemple.