Berezech

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  1. Ou qu'on est sous contrainte / sans avoir le choix. Faut arrêter de dire que c'est humiliant, c'est juste une donnée du problème et en être conscient ça évite d'être amer et de se lancer dans des aventures couteuses sans en mesurer les conséquences, sur le terrain que l'adversaire a choisi qui plus est. Faire autrement impliquerait des contraintes sur le mode de vie de la population que la plupart d'entre nous jugeraient inacceptable. En plus, le truc ou les US sont encore hégémonique c'est au jeu de la "petite guerre" économique et financière. C'est leur chasse gardée, ils en contrôlent tous les leviers. Au mieux faut les taper subtilement dans les divers forums diplomatiques en tenant nos lignes traditionnelles pour montrer qu'on est constant.
  2. J'ai failli crever de la putain de dengue hémorragique (et le chik, et le palu) pour avoir passé plusieurs années dans un écosystème tropical détruit par l'activité humaine. C'était horrible. L'hosto ou j'étais quelques mois plus tard d'ailleurs, maintenant ils soignent les gens sur le parking. Et maintenant ces putains de moustiques tigres se sentent comme chez eux en France. Fait comme moi, deviens prof quelques années, tu ne regarderas plus jamais ces psychopathes d'adolescents de la même manière. @bubzy l'ajustement commencera dans les mois qui viennent, (voir a en partie déjà commencé), ça durera quelques années peut être, en tout cas c'est notre génération qui va douiller. Je te rejoins assez sur l'argument des populations du sud, ce qu'on répondu les autres n'est pas faux non plus, mais le comportement destructeur d'éco-système du "consommateur" de pays pauvre est : - Je dois faire des gosses pour avoir une retraite et qu'ils s'occupent de moi / la solidarité familiale compense en partie le niveau de pauvreté - La transition démographique etardée et des modes de vie ravageurs sont les conséquences de la pauvreté persistante et du manque de développement - Manque de développement causé en premier lieu => par la corruption des élites locales (1eres responsables du malheur de leurs pays), les inégalités de revenus mal redistribués (ou redistribués entre riches prédateurs) - Mais aussi en partie par le jeu des politiques structurelles de la Banque Mondiale et du FMI, dont les programmes d'assistances reviennent à soigner un cancer jamais guéri à coup de chimiothérapie - Aussi, les pays "riches" européens et US ne se sont jamais réellement investis massivement dans le développement local de ces pays. Contrairement à ce que font actuellement les chinois. Ce qui est éminemment critiquable (ce qu'ils font en Afrique a un coût humain, colonial et environnemental exorbitant) mais qui pensent avec justesse qu'éliminer la pauvreté est une étape. Leurs préoccupation environnementale est limitée à leurs plans d'hégémonie énergétique basé sur leurs futures techs en rupture avec la civilisation carbonnée. Mais je pense aussi que c'est le genre de biais "utile" et bien compris qu'on pourrait utiliser pour atteindre des solutions.
  3. - Si on s'amusait à commercer de gré à gré en créant le système de paiment alternatif que tu décris notre système bancaire et financier subirait miraculeusement une série de procès pour corruption aux US ou violations passées de l'embargo. Des affaires de blanchiment et de campagnes électorales au financement douteux filtrerait dans la presse, certains pays se fermerait à nos investissements, la réglementation tazus trouverait des trucs pour bloquer nos exportations ... - Pour la dépendance économique, c'est simple : les américains peuvent imprimer leur argent (et leurs dettes de manières presque illimitée, moins illimitée qu'avant cela dit), et nous on DOIT arriver à vendre des trucs. C'est le sens de 20-30 ans de politique économique française basée sur l'Euro et l'idée stupide qu'il faut à tout prix être un pays exportateur ultra compétitif à n'importe quel prix. C'est pire pour les Allemands dont tout le modèle économique est basé sur le recyclage de leurs surplus par les tazus (export vers les US, transfert monétaire, épargne par les riches allemands, rachat de créance américaine/investissement à wall street ou dans les boites américaines), et ils nous le feraient très violemment sentir si on s'amusait à avoir une politique extérieure cavalière. De toute façon c'est un domaine sur lequel les allemands sont littéralement devenus notre lige et nous nous sommes assujettis de nous même. Eux à la rigueur ils s'en foutent, les gens qui veulent exporter il y en a partout dans ce monde prêt à prendre notre place. Regarde comment on se prostitue au MO juste pour vendre quelques dizaines de milliard d'euros d'équipement militaire ... - Au niveau militaire faut redescendre sur terre. Nous sommes dans le système d'alliance européen, et donc celui des US. Hormis en Afrique (de l'ouest) tout notre outil militaire est taillé pour ça. Et d'ailleurs de toute façon il n'y a aucune volonté politique de faire autrement. Agir cavalièrement nous isolerait une fois de plus, le reste de l'Europe étant encore plus aplaventriste que nos élites. Mais au moins eux ils n'invoquent pas hypocritement la mémoire du général de Gaulle. Et que ferions nous seuls ? S'interposer entre la flotte américaine et l'Iran ? Même les russes et les chinois se contentent de rester prudemment sur le côté sans s'impliquer directement.
  4. Je suis curieux de savoir quel prise (ou moyen de pression) on a réellement sur les states sur cette question. A partir du moment ou personne n'a jamais cru au mécanisme de contournement de l'embargo mis en place par l'UE ... Et ou économiquement c'est nous qui dépendons du patron (je ne parle même pas militairement, je crois que c'est une évidence pour tout le monde ici) qui peut nous taper sur les doigts (pour rappel c'est bientôt la fin de l'armistice déclaré par Trump dans la partie de sa guerre commerciale tournée contre l'UE) à un moment ou nos économies sont en récessions ET dépendantes de leurs export et des flux vers les tazus.
  5. C'est difficile à conjecturer. Techniquement au XXe siècle nous aurions dû crever de faim en masse. L'accroissement des rendements et de la productivité, l'hyper spécialisation de l'appareil productif "rationnel" (celui qui satisfait les besoins "raisonnables") et sa capacité à organiser ces besoins à travers un système idéologique, politique et économique (le capitalisme) fondé sur l'accumulation ont permis de surmonter momentanément le problème (et à crédit pour les siècles suivant). Il y a plusieurs inconnues que nous ne maitrisons pas et certains faits ou tendances qui peuvent nous laisser espérer autre chose. Le progrès technique et sa définition (qui dépasse largement ce qu'on appellerait juste la technologie, j'y intègre aussi les progrès de l'organisation de l'activité humaine : le travail). Jusqu'ici on a plutôt considéré celui-ci dans une logique purement productiviste ou à la limite pour réduire les "externalités négatives". Depuis la fin du XXe siècle on insiste de plus en plus sur ses fonctions qualitatives mais aussi ses effets pour préserver les capitaux (ressources, environnement, santé des populations). On peut aussi y ajouter la quasi-disparition du travail dans le processus productif essentiel à proprement parler. A court/moyen terme nous n'avons plus besoin de faire bécher des milliards de travailleurs pour subsister. A l'heure actuelle seule une minorité de la population continue à trimer pour satisfaire réellement nos besoins. Une partie croissante travaille dans le loisir et le divertissement, et une autre partie veille à ce que les autres fassent leur boulot / maintient l'équilibre du système, et toute une partie de la population ne travaille tout simplement pas (les jeunes, les vieux, les malades, et les oubliés des statistiques du chômage, en France ça fait 30 à 32 % de la population). D'ou pour le futur la question de la propriété des capitaux, de la redéfinition de ce qu'est une organisation productive (on attend plus juste d'une entreprise qu'elle serve à maximiser le profit). Normalement dans le capitalisme les anciens emplois sont détruits (dans les tâches essentielles) et d'autres sont créés (dans le divertissement ou le contrôle). Sauf que le capitalisme lui même est en fin de course (n'est il pas effectivement déjà mort en fait ?) en tant que système équilibrant l'offre / la demande, la production et sa distribution. Il a abouti à une telle concentration des ressources par des cartels et une poignée de cinglés plus compétitifs que les autres, subit de telle contradiction interne (la production disparaît progressivement au profit de la spéculation , les statistiques produites n'ont plus aucun sens et sont "cuisinées" inlassablement, il ne parvient pas à créer de la demande dans des populations à qui on impose une diminution de leurs revenus ou l'endettement massif ... ) ça se voit dans les tensions macro-économiques depuis 2008 (difficulté de la dette publique US à générer assez de demande pour absorber les surplus chinois allemands, nippons et autres, raidissements protectionnistes, tout le monde en austérité/déflation (Japon, Europe ...) mais veut en même temps être en surplus sans redistribuer ces surplus à ceux qui sont en déficits, la production manufacturière et les investissements se cassent la gueule mais la part de la valeur ajoutée captée par l'actionnariat continue de croitre, et la valorisation des actions à monter ... alors que leurs rendements ne suivent pas) On n'est plus dans une accumulation visant à produire plus dans la logique du capitalisme du XIXe / XXe siècle : on marche vers une contradiction insoluble. En 2008 on a trouvé la solution en pratiquant le socialisme et la relance keynésienne pour super-riches, mais sans réviser le système on se retrouve presque dans la position de 2007-2008 moins de 10 ans plus tard. Concrètement on l'a sous les yeux la fin du paradigme, détruit comme l'Empire romain non pas par les barbares (ou les marxistes pour filer la métaphore, qui lui ont plutôt donné des ressources pour survivre un peu plus longtemps), mais par ses contradictions internes. Et on aura un autre système qui viendra relayer celui-là. Retour à des économies plus socialisées ? Retour à une forme de libre échange / entreprise libérée des cartels et centres anciens (pour de nouveaux cartels et centres plus locaux ? La bonne vieille relation propriétaire-patron, petit métayer client, une répartition de la valeur après la récolte plutôt qu'avant ?) J'ai pas les réponses mais si on a un "ajustement au local" le problème de la surpopulation pourrait se régler en quelques générations, de manière plus ou moins coopérative, ou violentes selon les endroits et le contexte. Dans les bons cas en trouvant un consensus (à travers des institutions, comme le droit, la politique, la religion, la longueur de la moustache du guide suprême ...) autour d'une équation, niveau de production renouvelable / population supportable / niveau de vie. Je suis assez optimiste dans le sens ou l'humanité tend historiquement (mais c'est pas inéluctable non plus) à produire des "erreurs" (ou disons plutôt des expériences tragiques; on est bien placé en Europe pour savoir ça) et à les "intégrer" de manière incrémentale à ses expériences futures. Il y a des logiques de pouvoirs, d'accumulation et d'égoïsme irréductibles, mais c'est toute la beauté des "expériences sociales" humaines d'utiliser ces ressorts pour créer des systèmes plus ou moins stables. En tout cas j'ai du mal à imaginer une organisation économique future s'organiser sur les mêmes bases que le capitalisme du XIXe ou de la fin du XXe siècle, et à produire les mêmes dommages. L'accumulation illimitée au détriment de la nature et l'exploitation du travail des autres me semblent des impasses matérielles de par les nouveaux modes d'organisation du travail et la simple finitude des dites ressources.
  6. @bubzy quand je parle de ferme autonome, je pensais en mode autarcique, sans aucune division du travail (= une seule personne ou une famille doivent gérer toute la panoplie des besoins humains) Même un fermier a besoin d'autres fonctions spécialisées, pour fabriquer ses outils, pour assurer sa santé, pour assurer sa sécurité, pour construire les maisons ou produire ce qu'il vaut mieux produire en étant spécialisé. J'ai parfois l'impression que certains pensent que l'autarcie est un modèle quand ils pensent survivalisme. Quand à l'effet des effondrements systémiques, si ils impactent les populations, même à un niveau de division du travail moindre qu'aujourd'hui. La chute de l'Empire romain entraîne / est entrainée (les deux phénomènes s'entretiennent l'un l'autre) par une catastrophe climatique (petit âge de glace) / épidémiologique et une chute démographique de son réservoir humain, et un recul généralisé du progrès technique qui impacte les rendements et les échanges agricoles au détriment des populations. La perte de savoir dans le domaine médical et la fin d'une économie en réseau (blé africain et égyptien, ferronnerie gauloise et ibérique, centre financier et culturel italique, relocalisé progressivement vers l'orient grec ...) sont plutôt des coups durs pour les populations même si elles n'en perçoivent pas toujours les causalités et qu'elles redéploient ces solidarités en les "relocalisant" et en créant de nouveaux réseaux d'échanges à une autre échelle (la France, l'Italie, la péninsule ibérique , la Bretagne...). Ce processus de "relocalisation" ou d'ajustement est plus ou moins long, et brutal même si il abouti à nouvel équilibre. Sur la baisse du niveau de vie en Europe, on a déjà une nette stagnation sur la décennie écoulée. Depuis 2009 les revenus NETS (avec l'amortissement du capital = destruction / non remplacement de ce qui produit de la valeur ajouté) par habitants sont en stagnation ou en chute dans la totalité des pays de la zone euro (et dans une moindre mesure chez les voisins hors zone euro qui n'ont pas eu à se payer la crise de l'euro et l'austérité débile de l'orthodoxie de Bruxelles). Lorsqu'on perd tout en général ça commence doucement (la décennie écoulée) puis ça vient tout d'un coup ... Bientôt si il y a un nouveau choc économique ?
  7. Je faisais essentiellement référence au nucléaire. (en attendant d'autres effets du progrès technique, que nous ne maitrisons pas) qui n'est pas du tout propre, raison pour laquelle j'ai plutôt privilégié le terme "d'efficacité", mais a l'avantage de répondre à l'urgence du problème du réchauffement. Réchauffement qui a lui un coût économique à moyen terme exponentiel là ou celui du nucléaire est lourd, mais reste "marginal". Tout comme je suis dubitatif sur la théorie des "pics" (et conditionnellement pessimiste), parce que justement l'amélioration des techniques de production permet sans arrêt d'aller chercher plus loin de nouvelles ressources (jusqu'à un certain point, et malheureusement un point suffisamment loin dans le temps qui retarde à mon sens l'apparition d'alternatives à une échelle macro). La croissance "verte" est un terme beaucoup trop vague à mon sens. Pourtant Total met en avant les renouvelables ... pour siphonner les investissements liés au nucléaire. La guerre économique (et d'influence) feutrée que se livre ces deux industries est discrète et subtile mais elle est réelle. Y compris en instrumentalisant certaines ONG ravies de jouer l'un contre l'autre. (coucou Greenpeace). Haaa le futuuur et le greenwashing : https://www.total.fr/actus/roulons-vers-avenir
  8. Oui, c'est un des critères du développement. Mais après faut ptête aussi se demander ce qu'on entend par là. On parle de la longévité, l'âge qu'atteint en moyenne un adulte mourant de cause "naturelle" (qui a un peu évolué, surtout pour les classes sociales inférieures et moyennes, et les ruraux mais finalement pas tant que ça), de l'âge de vie moyen (baisse de la mortalité infantile), et puis quid de la durée de vie en bonne santé ? Déjà on voit que c'est un critère complexe selon comment on compte. Est ce que ce serait une régression dans nos sociétés de vivre un peu moins longtemps, parce qu'actuellement on maintient en vie une partie considérable de la population en mauvaise santé en vie, et ce au prix d'un sous-investissement dans les classes d'âges plus jeune, et d'une captation du pouvoir par une partie de la population qui ne participe pas à l'activité de produire les richesses. Je prend l'exemple de la théorie du cycle de vie en économie, on mesure le taux d'épargne selon l'âge, les jeunes commencent en déficit (endettement pour les études), puis au cours de leur vie accroissent leur épargne pour préparer leur retraite (en général par l'accès à la propriété), puis désépargne une fois vieux. ça c'est la théorie. Dans la réalité on mesure que les anciens AUGMENTENT leur épargne dans le but de la transmettre à la génération suivante. Plusieurs effets à cela : - la mise en place de stratégie de solidarité familiale au détriment des autres groupes d'appartenances (notamment de la société en générale, on ne veut pas de droits de succession) - la captation du pouvoir politique par ceux qui offrent la stabilité et une politique déflationniste (=l'argent économisé prend de la valeur, mais au détriment des revenus des jeunes) - d'ou il résulte un sous investissement, un impossible désendettement pour les générations suivantes, et c'est une des causes de l'instabilité économique actuelle. Trop d'épargne inactive ou cachée dans la pierre qui sert essentiellement aux banques à faire du levier pour la rémunérer, face à une génération de jeune qui s'endettent. Et des Etats qui cherchent à exporter cette déflation vers les autres (ce qui est problématique quand tout le monde fait pareil, on ne peut pas être tous en excédent simultanément), ce que font par exemple les Allemands. Avec un taux d'investissement cet année égal à celui de 1947 ... leur plus bas historique. Aux US la baisse de l'espérance de vie est essentiellement le fait des inégalités de revenus qui impactent le mode de vie (les revenus de la population n'ont pas bougé d'un poil depuis 40 ans alors que le coût de la vie est sans cesse plus élevé), du business de la santé et de la captation du pouvoir par les cartels qui le contrôle. L'explosion de ce monde mettrait à priori fin à cette chaîne de causalité. Difficile de spéculer ce qu'on verrait apparaître à la place mais je n'ai pas d'exemple historique ou les inégalités aient été plus importantes dans une société développée. Pour le changement de climat, je ne comprend pas cette idée de fermier auto-suffisant. ça n'a pratiquement jamais existé, sauf peut être dans les âges sombres de manière très limitée. Le travail est socialement divisé et spécialisé. Même avec un bouleversement de notre éco-système, tout le monde ne sera pas producteur de légume / éleveur. Religion, politique, artisanat, industrie (sous une autre forme peut être), resteront à l'ordre du jour, on assistera à un redéploiement des solidarités et du tissu économique à une échelle moins hyper-étendue qu'aujourd'hui (mais ça confinait à l’irrationalité et aux déséquilibres les plus dingues), ça ne sera pas nécessairement une régression ou une "décroissance" d'ailleurs, puisque une partie de l'activité sera sans doute relocalisée, et certains biens de consommation substitués. (par exemple les vignerons bordelais poussent la spéculation foncière à la hausse en grande bretagne ... pour planter des vignobles !) La mondialisation et l'hyper-spécialisation des régions favorisent de grands poles urbains, mais à d'autres endroits la France par exemple n'a pas une situation si différente de la Grèce en terme de vitalité économique. => démographie des villes moyennes en chute, part du nombre d'inactif en hausse 1/3 par exemple dans ma ville natale qui était un centre industriel), taux de chômage à 25-30% pour les inactifs, et un circuit économique qui attire le capital dans les zones déjà riche en capital (voir le boulot de Paul Krugman à ce sujet qui constate ce qu'on peut voir à l'oeil nu dans le processus de métropolisation). La fin du pétrole, ou la poursuite de la tendance actuelle au protectionnisme et à la baisse du commerce mondial auront un impact sur le PIB, mais ça ne veut pas nécessairement dire qu'on vivra moins bien, au contraire si on revient à un cycle production/consommation plus équilibré.
  9. Les modes de vies eux mêmes, la publicité, la mode, les déterminants culturels, les contraintes socio-économiques, les changent tous les jours. Le fait de rouler en SUV, d'avoir des piscines individuelles et de s'excentrer dans une résidence périurbaine rendant dépendant de certaines consommations n'est pas "naturel" ni même en soit quelque chose sur lequel il est impossible de revenir. Curieusement je suis plutôt optimiste (sous conditions) vis à vis de l'effondrement. Si il y a "un" effondrement (et il y a des scénarios bien différents qui peuvent se mettre en place selon les circonstances, ça sera l'effondrement de ce monde-ci mais pas "LA" fin du monde. On est pas condamné à revenir à Mad Max direct. Nos sociétés complexes, nos institutions, certaines solidarités pré-existaient (voir étaient plus solides) à certains paradigmes technologiques (les énergies carbonnées) ou certains modes de vie (l'hyper individualisme moderne), la fin du pétrole mettra le système sous tension, mais ça ne veut pas nécessairement dire que ça sera sa fin, ni qu'il ne sera pas réinventé sous une autre forme. Je me méfie pas mal aussi du modèle survivaliste / ferme autonome. ça n'est pas comme ça que historiquement se sont structurées les sociétés humaines, même avec des surplus alimentaires limités ou un chaos politique avancé. On assiste plutôt à une recomposition des solidarités régionales ou locales et au déplacement des centres politiques (leur décentralisation), sous quelle forme, il n'y a pas non plus la aussi de fatalité ou de modèle unique (voir la diversité des situations aux âges sombres, micro-républiques, féodalité, renaissances impériales diverses, principautés, chefferies, fédérations ...) Mais qu'est ce qu'on entend par régression ? Les gens qui ont été témoins de la chute de l'empire romain ont du se dire que c'était un progrès de ne plus s'enquiller guerre civile sur guerre civile et d'avoir une relative stabilité, même sous le joug d'un caïd barbare ou d'un centurion déserteur local pas trop belliciste. Surtout quand la grosse structure a cessé de fournir des services (sécurité alimentaire et militaire, infrastructure, statuts juridiques) et qu'elle était surtout perçue comme un Etat de grand propriétaires terriens absents de leurs domaines, grignotant la petite paysannerie et réclamant en plus qu'une partie de la population aille se faire tuer de l'autre côté du monde connu dans des conflits stériles. Notre monde et notre société ont bien des qualités, je l'admets volontier, mais il repose aussi sur un certain nombre de contradictions, de mensonges ou de prérequis intenables dans le temps. J'aime bien la métaphore de Schumpeter (en économie, mais ça marche dans beaucoup de domaines humains) à ce sujet, toute destruction a aussi un effet créatif. Et j'ai parfois l'impression qu'on vit dans un monde ou on s'accroche à l'existant au détriment de la création. Bon là j'ai typiquement en tête la question des cartels pétrolifères-gaziers qui à mon avis font obstacle à l'apparition d'un nouveau cycle économique fondée sur des technologies plus efficaces/respectueuses de notre environnement. Si ces gens devaient disparaitre cela aurait de vraies conséquences, mais pourrait-on pour autant parler nécessairement de régression ? L'Allemagne et le Japon ont par exemple sût tirer profit des chocs pétroliers des années 70 parce qu'ils ne pouvaient pas gérer un accroissement du coût du pétrole pour leur modèle économique de manière conventionnelle (en ajustant les coûts), du coup ils ont dû innover de manière radicale.
  10. Ce qui plus remarquable, c'est comment les grandes puissances / autres puissances régionales ont gaspillé leurs moyens (politiques, économiques, militaires etc ...) au cours de 15 années écoulées. Une exceptionnelle façon de ne pas se préoccuper de l'économie des moyens, du dosage, et de la constance de l'action dans le temps. Les américains parce qu'ils ne savent plus faire bien sans sombrer dans l'excès, une caractéristique générale aussi bien de leurs programmes d'armement que de leurs doctrines ...mais aussi de leur "grande diplomatie" (ils ne semblent encore performant et efficient que dans la "petite" guerre économique, financière et politique curieusement, qui est moins visible et spectaculaire). La Turquie parce qu'elle change d'alliance, souffre de troubles intérieurs (qui en font un mini géant aux pieds d'argiles, sans doute une des pires positions), et n'a pas réellement de capital sympathie chez qui que soit. L'AS a du cash ... et 40 millions de bouches à nourrir/divertir/clientéliser ... et pas vraiment de futur au delà du pétrole.
  11. Je vois GT comme une entrepreneuse d'opinion, elle même plutôt douée pour s'exprimer en public, et avec un entourage qui maitrise visiblement tout les "détails" (et la stratégie, les réseaux, qui lui ont permis d'émerger médiatiquement, ce qui aurait été impossible sans ces réseaux). A partir d'un moment si on veut mobiliser une partie de la société pour avancer son agenda c'est le genre de choses qui peuvent être utiles. Bien sur ça ne marche pas sur tout le monde, GT (et ses sponsors) visent un segment particulier : la jeunesse déjà politisée, plutôt de classe moyenne, ayant une relative assurance économique et sociale. Historiquement le groupe social le plus suceptible de faire accoucher une transformation, et "d'encadrer" une partie un peu plus large de la population.
  12. L'économie chinoise est minée par une série de bulles, et l'incapacité à créer (assez) de la demande intérieure (=créer une base de consommateur assez riches, et surtout solvables dans la durée, pour pouvoir absorber la production destinée à son marché domestique, dans un contexte ou l'exportation devient plus compliquée ... parce que tout le monde veut être exportateur). Ceci étant dit les régulateurs chinois monétaires et budgétaires se sont montrés jusqu'ici excellents, tant que la situation à Hong Kong ne dérape pas je ne vois pas les chinois partirent en sucette. Par ailleurs ce sont encore les chinois qui stabilisent le système de recyclage des déficits américains ... pas l'inverse. Vu le magnifique mini-crack sur les financements à court terme qui a eu lieu hier (et l'état de surchauffe de la finance internationale américano centrée) je parie ma chemise sur un crack américain en premier, les chinois dévisseront aussi, mais eux ils ont encore une économie productive qui créé des surplus, pas une machinerie financière reposant sur l'empire et le déficit. En 1929 les US avaient d'abord réagis en essayant de mettre en place du protectionnisme/austérité et autres cocktail empoisonné qui avaient accéléré l'impact de la crise, puis ont été repassé au libre échange et au new deal ... qui n'avaient pas tout résolu loin s'en faut. PS : retour après une longue absence sur le forum, beaucoup de plaisir à relire tout le monde.
  13. Ou les douanes non ? Les divers services nationaux ont étaient tellement déshabillés qu'on ne contrôle quasiment plus les flux de marchandises. Si on parle sérieusement de lutte contre le terrorisme (mais aussi lutte contre l'importation de drogue ou de médicaments, de contrefaçons, trafics divers et variés qui alimentent tels et tels conflits en Asie et au MO ...) c'est par là qu'il faudrait commencer. Pour les gardes frontières oui, mais les bases de la discussion sont faussées. Il y a déjà un tel secteur de la sécurité privée / de contractors / publicains sur les rangs dans ce domaine qu'on accouchera forcément d'un monstre. Bon et puis à titre personnel c'est vraiment un sujet sur lequel je trouve qu'il est vain de dépenser des milliards en dispositif sécuritaire, j'ai déjà étalé ma position ailleurs je ne reviens pas plus dessus, je pense que vu le poids des pays de l'est et l'évolution idéologique dominante je suis de loin très minoritaire sur ce sujet.
  14. L'article du monde à ce sujet est dégoulinant de wishful thinking http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/07/defense-europeenne-la-fin-d-un-tabou_5139983_3232.html Industriellement on va partir de petits projets vu le volume du fond en question. Mais je vois vraiment pas comment on peut arriver à un consensus sur les gros programmes. Faut voir l'histoire de l'A400M ou du NH90 pour voir à quel point c'est complexe ct'affaire. J'ai surtout peur qu'on se retrouve à financer le complexe sécuritaire anti-immigration au lieu de s'occuper des priorités ou des sujets structurels.
  15. Pas si simple quand par ailleurs ça entre en conflit avec l'obligation de protéger tes ressortissants , dont tu es techniquement censé préserver le droit à la vie (la mort n'étant possible que dans un cadre très restrictif juridiquement, par exemple la légitime défense face à un type armé). On peut certes dire qu'on est purement et simplement sur le terrain du droit humanitaire (mais en fait de toute façon osef, ça ne suspend pas les obligations d'un Etat vis à vis de ses justiciables), l'ordre juridique qui régit ces gens là continue de s'appliquer à leur personne. La sous-traitance ça paraît une solution mais on reste sur une prise de responsabilité dans l'homicide. De mon point de vue, la stratégie du gouvernement aurait sans doute dût être de faire un peu plus profil bas sur ce sujet, il me semble avoir lu des sorties dans la presse assez franche de responsables politiques (le livre testament de Hollande, au hasard). Surtout si on fait de l'assassinat ciblé et planifié. L'Etat Major ne s'y trompe pas d'ailleurs : il nie l'existence de listings fournis aux irakiens et le principe même d'élimination ciblée. Pas folle la guêpe.