Jump to content
AIR-DEFENSE.NET

CortoMaltese

Members
  • Posts

    921
  • Joined

  • Last visited

  • Days Won

    14

CortoMaltese last won the day on December 5

CortoMaltese had the most liked content!

Reputation

2,946 Excellent

Profile Information

  • Pays
    France

Recent Profile Visitors

1,325 profile views
  1. La Pologne et la Hongrie sont critiquées justement car elle sont dans l'UE, que les standards y sont élevé et qu'on est tatillon la dessus. A l'échelle mondiale, la Hongrie est un pays plutôt lambda à ce niveau et ça n'émouvrait personne si elle n'était pas dans l'UE. C'est précisément parce qu'il y a des garde-fou en Europe que le sujet existe. C'est un peu comme si tu prend une école d'excellence : il va y avoir du grabuge interne si un élève descend à moins de 14 de moyenne. Est-ce le signe que l'école est mauvaise ou au contraire qu'elle est exigeante et fait son travail ? Quant à l'exemple de la Chine, il est excessivement mauvais, car l'UE n'est pas l'OMS. L'UE est un projet politique et économiste beaucoup plus intégré et profond que ne l'est l'OMS. Je te rejoins tout à fait sur l'idée que le simple commerce n'est absolument pas un vecteur de démocratie efficace, mais l'UE ce n'est pas juste du commerce, loin de là.
  2. Personne n'a parlé de s'autoflageller, et je ne pense d'ailleurs pas que l'unanimisme règne à Washington. Simplement, à supposer que la ligne "négociation" l'emporte à Washington, ça sera très mal perçu en Europe de l'est, qui le vivra probablement comme une trahison. Et je serais très heureux que les USA en portent seuls le chapeau plutôt que de voir la France se prendre des balles perdues en apparaissant comme un soutien de cette politique. Mon propos, encore une fois, est que la France n'a absolument rien à gagner à adopter cette ligne publiquement. On peut à la rigueur glisser l'idée de ces garanties de sécurité* avec tact et discrètement lors de rencontres bilatérales, mais on parle ici d'une déclaration publique, totalement inaudible dans le contexte actuel et qui ne fait en rien progresser cette cause pour les raisons évoquées précédemment. Et concernant l'aide, je suis désolé mais en terme de volume, on est très loin derrière, même en proportion du PIB, pour un conflit qui est quand même un poil plus à nos portes qu'à celle des USA. Ce genre de message passerait peut être un poil mieux si on était par ailleurs plus proactif à ce niveau. Mais quand ces déclarations (car ce n'est pas la première) se surajoutent à une impression globale de tiédeur, comme si la France aidait un peu en traînant les pieds par rapport à d'autres, ça n'aide pas à faire supposer la bonne foi. Et à ce niveau on retombe sur d'autres travers de la diplomatie française sur le dossier : non seulement la France fait le minimum syndical en terme d'aide militaire, mais même ce qu'elle fait de bien, elle le vend très mal en terme de com'. On en revient au caractère inaudible et confus de notre position, où on semble donner un coup à gauche puis un coup à droite en espérant apparaître comme au milieu. Vous prenez des pays comme l'Italie ou l'Espagne, ils ne sont jamais dans l'outrance anti-russe ni dans l'escalade mais ne se lancent jamais non plus dans des manœuvres unilatérales inaudibles. Tu me diras peut être que la France a d'autres ambitions et un autre poids géopolitique que l'Italie, mais en terme d'aide militaire, on joue dans la même cour, c'est à dire pas très haut. * Et de toute façon cette idée de garanties de sécurité n'a de sens que si c'est ce que recherche la Russie. Or, je souscris totalement à l'opinion d'Olivier Schmitt selon laquelle ce n'est pas/plus ce que Poutine recherche en Ukraine, et qu'il est en plus très difficilement imaginable d'imaginer une Ukraine réellement neutre après cette guerre. Quant à l'aspect mal assuré du pouvoir russe que tu sembles vouloir deviner, je dirais simplement qu'à chaque fois qu'on l'a espéré, les faits nous ont démenti. Peut être qu'on se réveillera un matin avec une révolution de palais à Moscou, mais non seulement j'en doute mais surtout il me semble probable que le cas échéant, sa cause sera la conduire de la guerre plutôt que son existence en tant que telle. Il me semble largement plus raisonnable de postuler que le pouvoir russe est globalement uni dans la nécessité de gagner cette guerre maintenant qu'elle est là, et que la population, globalement, suis le mouvement, souvent sans enthousiasme mais sans volonté de révolte non plus.
  3. Twitter (et les RS en général) c'est parfois le meilleur moyen de perdre foi en l'humanité.
  4. Mais il n'y a rien à proposer en l'état quand tu n'a aucun poid dans le dossier. La France ne s'est absolument pas donné les moyens (si jamais elle les avait) d'être un acteur qui compte dans cette crise. Cette crise durera tant qu'aucun des deux acteurs en guerre ne baissera les armes. Et le seul acteur tiers qui a un levier de pression tangible sur les deux protagonistes sont les USA, du côté ukrainien car ils représentent l'écrasante majorité de l'aide militaire qui leur parvient, du côté russe car c'est le seul acteur avec qui Poutine est prêt à discuter sérieusement (peut-être). Les garanties de sécurité de la France, Poutine n'en à rien à carer et ce n'est pas Macron qui infléchira la position de Biden. Partant de là, quand on a rien à gagner et tout à perdre à l'ouvrir, et bien il vaut mieux savoir se taire.
  5. Le plus aberrant étant qu'on en soit encore là après 9 mois de guerre. Je ne comprends pas comment Macron, qui malgré tous ses défauts est un type globalement intelligent et avec beaucoup de flair politique, peut continuer à commettre des impairs pareil en terme de communication. Ça me dépasse totalement. Car on n'est même pas sur un débat de fond (faut-il des garanties de sécurité pour la Russie) dans le cas présent, mais sur une pure question de communication : Quel est l'intérêt pour la France de médiatiser cette position à l'instant T ? Je n'en vois sincèrement aucun. Les négociations ne dépendront pas (ou très marginalement) de nous. Donc la seule chose pertinente à faire, c'est de jouer l'allié fiable, de soutenir l'Ukraine à la hauteur de nos moyens et de rassurer les pays de l'est. Même pas besoin de faire du zèle ou de jouer à "qui aura la formule la plus outrancière concernant la Russie", juste de fermer notre gu**le et de ne pas passer pour le vilain petit canard (pour ne rien y gagner de concret en plus !) au moment où le centre de gravité géopolitique de notre continent se déplace vers l'est. La seule hypothèse que je vois, c'est que Macron se fourvoi totalement sur le poids de la France sur ce dossier et imagine encore qu'une prise de position comme ça peut servir à envoyer des gages de bonne volonté à la Russie et que Poutine en sera gré. C'est passer totalement à côté du fait que Poutine a un parfait mépris pour les pays de l'UE et que la seule personne avec qui il est prêt à discuter de ce genre de sujet, c'est Joe Biden. Bref, c'est suicider la position diplomatique de la France dans l'UE pour tenter vainement de s'infiltrer dans le jeu diplomatique à trois entre les seuls acteurs qui comptent vraiment dans cette histoire : Les USA, l'Ukraine et la Russie.
  6. Burkhard s'est entretenu avec Zaloujny au téléphone. Je trouve que c'est une bonne chose que ces échanges entre militaires aient lieu, ça permet de contrebalancer un peu les déclarations pour le moins contrastées de certains de nos gradés (dont un certain ancien CEMA) dans les médias.
  7. Tu fais les tirages de carte et tu prédis les résultats du loto aussi ? Non car, comme le souligne ton propre message posté juste en dessous, l'adhésion à l'UE implique mécaniquement des procédures de contrôle strictes en matière de corruption. Donc, tu en viens à critiquer une révolution dont l'objet était justement de se rapprocher de l'UE, avec la perspective d'une baisse sensible de la corruption, pour préférer un rapprochement vers un état authentiquement mafieux (et qui ne s'en cache absolument pas) comme la Russie. Si la question de la corruption en Ukraine te préoccupe vraiment, alors tu devrais ardemment soutenir l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, qui est de loin la meilleure chance pour les ukrainiens de débarrasser leur pays de la corruption, plutôt que de t'évertuer à trouver toutes les bonnes raisons possibles et imaginables de laisser l'Ukraine se faire asservir par ce qui se fait de pire en terme d'état de droit et de corruption (la Russie).
  8. Très bon thread d'Olivier Schmitt sur le problème des "garanties de sécurité pour la Russie" évoquées par Emmanuel Macron. Il revient notamment sur l'erreur faite par une partie du courant réaliste qui néglige totalement l'importance du type de régime politique à travers l'exemple (que je ne connaissait pas) d'Edward Hallett Carr, membre du Foreign Office puis chercheur en RI qui, durant les années 30, a soutenu ardemment la mise en place de politiques d'apaisement (avec justement des "garanties de sécurité") vis à vis de l'Allemagne Hitlérienne. il croyait, la faute à une lecture pauvre et "mécaniste" des RI centrée sur le seul rapport de force "objectif", que si l'Allemagne recevait ce qu'elle voulait, elle n'aurait aucune raison de faire la guerre et de pousser plus loin. Il admettra après la guerre s'être totalement fourvoyé en échouant à identifier le rôle de l'idéologie et les caractéristiques particulières des régimes expansionnistes.
  9. La différence, c'est que d'un côté t'as pas un pays A mais une quarantaine de pays qui pèsent 50% du PIB mondial, de l'autre un état en déclin avec le PIB de l'Italie. L'Ukraine penchera toujours mécaniquement vers l'Ouest pour des raisons évidentes : tout le monde préfère être un pays souverain intégré à l'UE qu'un protectorat russe. Le seul contre-exemple connu est la biélorussie où les dirigeants (qui ont eux un intérêt évident à rester dans l'orbite russe jusqu'à un certain point) ont réussi à maintenir un système autoritaire et à cadenasser efficacement le pays. Le drame de la Russie, c'est qu'elle se rêve comme une grande puissance sans l'être mis à part au niveau nucléaire. Ils n'ont aucun soft power culturel ni économique, leur modèle n'attire personne mis à part des désoeuvrés et quelques trolls africains. Comment tu veux à la longue rivaliser avec l'Occident ? Aujourd'hui, la population ukrainienne haï la Russie et la pression démocratique pour élire des dirigeants pro-UE et pro-OTAN sera gigantesque. La Russie le sait très bien. La seule digue sera donc le bon vouloir de l'occident à ne pas intégrer l'Ukraine. Je doute que ça suffise à Moscou, qui voudra s'assurer "physiquement" que l'Ukraine ne puisse jamais rejoindre l'ouest. La solution de la "neutralité" réelle de l'Ukraine est totalement inenvisageable. Il y aura une Ukraine "occidentale", et peut être un bout de l'Ukraine plus ou moins grand qui sera russe, mais aucune Ukraine neutre entre les deux, car ni les russes ni les ukrainiens n'en veulent pour les raisons citées précédemment.
  10. Oui, c'était aussi une période où l'armée russe était en pleine reconstruction, où l'économie russe sortait à peine du marasme et où le pouvoir de Poutine n'était pas aussi sécurisé qu'il ne l'est aujourd'hui. C'est aussi une période où, sans même parler de l'OTAN, le virage européen de l'Ukraine n'était pas encore totalement amorcé malgré des prémisses (révolution orange). C'est, enfin, une période où les élites russes imaginaient probablement (elles se le sont imaginée jusqu'au 24 février) que le peuple ukrainien était globalement pro-russe dans sa grande majorité, même s'il pouvait être égaré par la CIA. On est plus du tout là dedans maintenant. Les ukrainiens haïssent les russes et les russes haïssent les ukrainiens, avec des commentateurs télés qui parlent de rééduquer le peuple Ukrainien et d'effacer l'Ukraine de la carte et des mémoires à une heure de grande écoute sur la télé étatique. Bref, la Russie de 2022 n'est plus la Russie de 1992-2008, et je ne parle même pas de l'Ukraine. Comme je l'ai dit, le problème fondamental c'est d'avoir parlé d'intégrer l'Ukraine dans l'OTAN sans l'avoir fait. Mais j'imagine que tu aurais été le premier à t'y opposer par peur de froisser les russes.
  11. Oui, au XIXe siècle. A une époque où on considérait que taper sur son voisin plus petit est une manière tout à fait acceptable de régir les relations internationales. Il se trouve que depuis on a un poil progressé en Europe sur cette question. Après, si l'idée de ton propos est de dire que la Russie en est resté au XIXe siècle en ce qui concerne les relations internationales, nous sommes d'accord. Et puis, de toute façon, pour que cette neutralité soit respectée par la Russie, il faut bien un moyen de dissuasion, sinon elle pourra recommencer quand ça lui chante. Et à part une adhésion à l'OTAN ou une présence permanente d'américains en Ukraine, je ne vois pas très bien ce qui pourrait dissuader Moscou. Donc, la solution d'une Ukraine neutre et indépendante est totalement fantasmagorique, sauf si par "indépendante" on entend une biélorussie 2.0 totalement inféodée de facto au bon vouloir de Moscou.
  12. Le problème de la Belgique c'est la géographie ... et tu refuse d'adresser ce problème. Si elle était ailleurs ça serait différent, bien-sûr, mais il se trouve qu'elle est à la frontière avec la France, alors ces belges là sont bien gentils mais c'est un précarré français et Paris a bien eu raison de lancer ses Leclercs à la conquête de Bruxelles, c'est juste du réalisme (et puis personne ne veut mourir pour Anvers de toute façon). Tu vois à quel point cet argument est ridicule ? Tu pars du principe que la Russie a, contrairement à 99% des pays de la planète, un droit inaliénable à dominer ses voisins de gré ou de force. La seule limite à l'expansionnisme russe, ce sont ses forces et notre propre courage. Si on avait laissé l'Ukraine à la Russie et refusé d'intégrer les pays de l'Est dans l'OTAN, on aurait le même cinéma en Pologne ou en Slovaquie, avec d'autres arguments sur la prétendue "insécurité de Moscou" qui a besoin de se sentir rassurée face à on-ne-sait quelle menace très très grave contre ses intérêts vitaux. A un moment donné, stop. La Russie est un état belliqueux, régi par une incapacité totale à envisager ses relations avec le monde extérieur autrement que par la menace et la coercition, et ayant échoué à développer tout soft power positif. Elle a eu mille occasions de s'intégrer au concert des nations européens et on lui a presque tout pardonné, et malgré ça on voudrait encore la faire passer pour la victime sous pretexte que ses méchants voisins/ex-colonies aspirent à autre chose qu'au triptyque soumission/corruption/stagnation.
  13. La Russie est le plus grand pays du monde, avec des ressources naturelles gigantesques et quelques pôles d'excellences. Si les dirigeants russes avaient passé un peu plus de temps à rendre leur économie fonctionnelle et utilisé leur argent pour investir dans l'éducation et dans les infrastructures du pays, ça pourrait être une puissance globale tout à fait crédible, avec une géographie lui permettant de discuter avec tout le monde et d'avoir un vrai poids international. L'idée d'un choix binaire qui se serait offert à la Russie entre "envahir l'Ukraine" et "devenir une colonie américaine" est parfaitement ridicule et démontre une vision à la fois extrêmement pauvre et paranoïaque de ce qu'est être une "puissance". La force de l'OTAN, c'est justement d'avoir une force de frappe qui dissuade sans avoir à faire couler le sang. Ca a marché pendant 45 ans face à un adversaire autrement plus dangereux que la Russie actuelle. Après, libre à toi de considérer l'Ukraine comme un espèce de pays de semi-sauvages, impropre à la souveraineté et dont la vocation métaphysique est d'être une colonie russe peut importe ce qu'en pensent ses habitants.
  14. L'intégration des pays de l'Est s'est faite tout d'abord (et tu l'oublies un peu vite je trouve à considérer les peuples de cette région comme de simples pions totalement dépourvu de pouvoir d'agence) car ces pays le désiraient. Elle s'est faite deuxièmement pour des raisons économiques, avec l'idée (vraie ou fausse) d'un bénéfice mutuel en la matière. Elle s'est faite enfin pour des raisons politiques et idéologiques (ce qui n'est pas toujours un gros mot) au nom de l'idée européenne, avec une grande communauté de peuples décidant de gérer en commun un certain nombre de domaines. L'adhésion à l'OTAN était considérée par ces pays comme une assurance vie face à un retour de l'impérialisme russe... et on peut dire qu'ils avaient bien raison de le craindre quand on voit les évênements actuels. Notre vraie responsabilité dans l'affaire, c'est de ne pas avoir fait rentrer l'Ukraine dans l'OTAN rapidement et proprement quand c'était encore possible. Si l'Ukraine était un pays de l'OTAN, cette guerre n'aurai jamais eu lieu. Mais on a laissé l'Ukraine dans un entre-deux mortel, lui faisant miroiter les sirènes de l'Occident sans lui apporter les garanties de sécurité qui allaient avec, la laissant à la merci de l'ancienne puissance coloniale revancharde.
  15. Le démantèlement de l'URSS n'est certainement pas la conséquence d'une "offensive" occidentale. Bush Père a passé l'année 91 pendu au téléphone avec Kravchouk, Eltsine et Gorbatchev pour essayer de convaincre tout le monde de rester uni, par peur des conséquences d'une prolifération nucléaire post-éclatement. Le livre de Serii Plokhy "The last Empire" qui revient en détail sur les quelques mois (entre juin et décembre 1991) décisifs le montre bien : le rôle de USA y fut très mineur et leur position fut de défendre autant que faire se peut l'idée d'un maintien de l'URSS sous une forme ou une autre. La chute de l'URSS est avant tout la conséquence : 1) de la crise socio-économique profonde du modèle soviétique 2) de la démocratisation initiée par Gorbatchev 3) de la rivalité Gorbatchev-Eltsine, avec 4) le putch raté et 5) le référendum ukrainien que Kravtchouk endosse un peu malgré lui face à la pression populaire qui finissent de clouer le cercueil de l'URSS. Et je suis très heureux d'apprendre que l'Ukraine (et les pays de l'est en général) sont le "paillasson" de la Russie.
×
×
  • Create New...