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CortoMaltese

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  1. Oui enfin on imagine mal un président convaincu de l'attaque alors que ses propres services n'y croient pas. Ou alors les SR ukrainiens sont de vrais branquignoles. Que Zelenski évite d'être trop alarmiste pour éviter un effet de panique est tout àf ait possible, mais il semble que même les SR ukrainiens estimaient l'attaque peu probable dans l'immédiat, ou alors limitée au seul Donbass. C'est assez différent AMHA.
  2. Totalement d'accord. J'ai longtemps pensé que la "source" pouvait être la 3e option et, comme tu le dis très bien, ça n'expliquerai pas l'étendu des infos (y compris politiques) dont disposaient les US. Les USA avaient forcément un accès privilégié aux communication de Poutine ou de son très proche entourage, et la piste SIGINT/cyber semble largement plus crédible qu'une taupe de ce niveau (ou alors c'est du quasi inédit dans l'histoire récente).
  3. Il semble donc qu'avant le 24 février, on a eu : - Les SR américains, qui visiblement avaient connaissance des ordres d'invasion décidés par l'échelon politique russe - Tous les autres, ukrainiens compris, qui se sont basé sur le rapport de force objectif en misant sur un comportement "rationnel" des russes en matière militaire. En analysant ça, ils en ont conclu que les russes n'étaient pas en état de lancer une opération massive sur toute l'Ukraine fin février, et en ont donc inféré que ladite opération était improbable en l'état. Maintenant, ça pose d'autres questions. Les américains ont hurlé que l'intervention était imminente de manière publique, et pourtant il semble que leurs alliés, même les premiers concernés, ne les ont que très moyennement crus. Qu'est ce que les américains ont fourni comme informations aux ukrainiens (et aux français, anglais, allemands, ect.) et pourquoi ces informations ne les ont pas convaincu ? Reluctance à fournir la source de leurs infos ? Manque de crédibilité des services américains auprès de leurs collègues ? Il nous manque des pièces du Puzzle.
  4. J'aurai du être plus précis : par état j'entendais le gouvernement, le pouvoir politique civil. Mais j'ai l'impression que ton commentaire confirme l'idée que je m'en faisais : la Marine qui plaide pour de vrais navires de guerre et des gouvernements successifs qui, faute de crédits, tergiversent, repoussent, ou tentent de transformer ce programme en patrouilleurs de service public de luxe avec un armement quasi symbolique.
  5. J'ai l'impression que l'état aurait été très heureux de transformer le segment "patrouilleur de guerre" en machin quasi-civil armé de deux 12,7 et limité à la lutte contre la pêche clandestine, quand la marine voulait conserver de vrais navires de guerre capable de faire le boulot d'une mini frégate. Forcément, dans un contexte à la fois budgétairement contraint mais où du fait de la situation géopolitique, on évite de trop se foutre à poil, ça aboutit à un programme un peu bancal. Le rêve ça serai quelque chose qui ressemble aux corvettes allemandes de classe Braunschweig : quasi 2000 tonnes, capacités anti-navire, anti-air et anti-sous marines. Tu rajoutes 4 ou (soyons fous) 8 lanceurs verticaux et t'as une vraie mini-frégate multi-mission qui pourrait réellement avoir un rôle de combat en plus de soulager les frégates de premier rangs de certaines tâches : surveillance autour de l'île longue lors des dilutions de nos SNLE, ect.
  6. La tendance est globalement mauvaise partout, en terme d'accroissement des inégalités, mais il y a quand même une différence de magnitude qu'il ne faut pas éluder. "Les inégalités augmentent partout dans le monde mais dans ce domaine, la Russie, ancienne patrie du socialisme, pourrait bien remporter la palme d’or. Selon un récent rapport de Credit Suisse, 1 % de la population russe concentre 74,5 % des richesses nationales – et 10 % détiennent 89 % des biens. Ces chiffres sont considérablement plus élevés que dans n’importe quelle autre puissance étudiée (38 au total), loin devant les Etats-Unis ou la Chine. « Nulle part ailleurs la richesse n’est à ce point inégalement répartie, et cela a des implications dangereuses pour l’avenir politique de la Russie », relevait, le 3 janvier, le journaliste économique Boris Grozovski dans The Moscow Times." https://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/14/la-russie-palme-d-or-des-inegalites-extremes_5062695_3234.html
  7. Je parlais des oligarques. Je veux dire que ce système de "contrôle" des oligarques n'est pas pire, économiquement parlant, qu'un système où les oligarques dirigent vraiment le pays. C'est même sans doute un moindre mal car l'état a la capacité de flécher l'économie un minimum. Après, je suis tout à fait d'accord que ça reste un système beaucoup moins efficace et "vertueux" pour les citoyens ordinaires que l'économie de marché tempérée à l'Européenne.
  8. Dans l'équipe de Staline, chez Perrin ? Il me fait de l'oeil depuis un moment, il faudrait que je lise.
  9. Pas pendant les purges. Pendant les purges, tout le monde a morflé, même les plus fidèles. C'était un régime de terreur, au sens premier du terme, où tout le monde pouvait se retrouver dans une cellule à Loubianka sans aucune raison. Les condamnations à mort ont frappé indistinctement l'ensemble de la société, du petit chef d'usine jusqu'aux anciens alliés de Staline (Boukharine, Kamenev). Poutine n'a jamais fait ça. Son contrôle n'est pas basé sur la terreur, mais sur un mélange plus subtile de coercition et d'incitation. C'est infiniment moins violent que la méthode stalinienne.
  10. Je suis d'accord, mais Khodorkovski a justement servi d'exemple, une exception histoire de bien montrer à tout le monde que Poutine ne rigolait pas. Pour le reste, Poutine a essayé, et réussi, à reprendre en main le pays par une approche qu'on peut qualifier d'indirecte. Je ne dis pas que c'était la seule possible, mais c'est celle qu'il a choisi et ça a objectivement très bien marché. D'ailleurs, il est assez révélateur que Khodorkovski ait fini par être gracié en 2013. Les oligarques ont été maté, il ne représentait plus aucun danger sérieux. En fait, Poutine se comporte avec les oligarques comme un "Tsar juste" : Il est tout puissant, s'opposer à lui coûte très cher, mais tant que tu restes à ta place et ne menaces pas l'état, le niveau de violence contre toi restera très limité. On peut opposer cette stratégie du "Tsar juste" à celle de la terreur de masse employée par Staline.
  11. Ne pas oublier non plus que Poutine a hérité de ce système, mais ne l'a pas crée. Il hérite d'une Russie où les oligarques font la loi face à un état en totale déliquescence. Donc, quand Poutine arrive au pouvoir en 1999, les oligarques sont déjà là et font la pluie et le beau temps. Que faire, alors, dans pareille situation ? Les affronter directement est risqué, surtout quand sa place est mal assurée. Poutine a préféré une voie indirecte, qui consiste à les priver progressivement d'influence politique sans jamais les affronter trop durement sur le plan économique (qui constituent pour beaucoup d'oligarque le nerf de la guerre, le pouvoir politique n'étant alors pour eux qu'un moyen de s'enrichir encore plus). En clair, Poutine s'est mis dans une position ou progressivement, l'Etat se retrouve en capacité de priver les oligarques de leur poids économique s'il le souhaite, mais sans le faire tant que les oligarques se tiennent correctement. Progressivement, d'un pouvoir "réel" acquis dans le chaos des années 90, le pouvoir économique des oligarques devient une sorte de "faveur" gracieusement accordée par un pouvoir politique capable de le leur reprendre. Et puisque ce même pouvoir politique a dans le même temps assuré sa stabilité, la probabilité d'en reprendre le contrôle par une révolution de palais devient faible. Et donc les oligarques se tiennent à carreau. Poutine, en procédant ainsi, s'est ainsi évité une guerre ouverte face à des oligarques, qu'il aurait clairement pu perdre, sans forcément amoindrir de beaucoup les capacités économiques du pays puisque, à mesure que les oligarques deviennent dépendants de l'état, il est de plus en plus simple d'influer leurs actions dans le sens des intérêts du pouvoir politique. En quelque sorte, les oligarques deviennent des sortes de "super fonctionnaires" fortement incités à agir en accord avec l'Etat en l'échange de grasses rémunérations.
  12. Je ne pense pas que la politique de Poutine soit faite "pour" maintenir le système oligarchique. Poutine semble avoir un réel agenda de "grandeur" et de restauration de la puissance russe qui constituent des objectifs en soi. Le maintien d'un système oligarchique est à l'inverse, selon moi, un moyen d'atteindre cet objectif. Puisque l'Etat (et donc Poutine) est au centre du système et en constitue l'arbitre, cela lui permet de s'assurer la loyauté des différents secteurs de l'économie, puisque les hommes qui les dirigent et en tirent profit pourraient tout perdre en cas d'effondrement du système actuel. D'ailleurs, on voit bien que si les oligarques avaient un poids politique réel durant la décennie 90, Poutine s'est ingénié à les mettre au pas rapidement dès son arrivée au pouvoir. Le deal étant : vous gardez le pouvoir économique en échange d'une totale soumission politique. Et il semble que tout ceux qui ont tenté de remettre en cause cette répartition des rôles l'ont payé au prix fort.
  13. Au contraire, tout semble indiquer que le plan était de foncer tête baissée sur Kiev. Tout le laisse supposer, et je ne parle même pas des fourgons de policiers anti-émeute envoyés presque en tête de colonne à toute berzingue en direction de la ville. La tentative de contourner Kiev ne commence que lorsque les russes sont bloqués devant Irpin. Ils essayent alors de contourner par l'Ouest, vers Makarov. Ca échoue notamment car, puisque ce n'était pas le plan, la logistique n'avait absolument pas été dimensionnée pour un tel projet. D'où les fameuses colonnes logistiques interminables envoyées à l'arrache depuis la Biélorussie pour tenter de ravitailler tout ce beau monde à partir de Mars;
  14. Je suis pas sûr pour Hostomel, même à supposer que les russes aient pu rentrer dans Kiev, ça aurait été un très très gros morceau. Rappelez vous les images de civils produisant des cocktails molotov en quantité industrielle, les distributions d'arme dans la rue, ect. Le combo partisan + troupes régulières aurait pu vraiment poser de gros soucis. Les colonnes de véhicules russes annihilées dans Bucha l'auraient été 10km plus loin. Le plan russe reposait sur une saisie éclair de Kiev qui impliquait un effet de sidération et une absence de résistance. Je suis d'avantage d'accord sur Zelenski. Non pas que les ukrainiens se battent pour lui, mais sa fermeté morale et son courage physique ont certainement joué un rôle dans l'absence de flottement en début d'invasion, flottement qui aurait été fatal à l'Ukraine
  15. Outre la corruption, ce qui faut beaucoup de mal à l'armée russe est aussi le manque de priorisation. La Russie poursuit beaucoup de programmes simultanément, avec une emphase mise sur les armes "nobles" et qui possèdent une forte valeur symbolique. Sa marine, notamment, a fait l'objet de beaucoup de soins et mobilise plus de ressource que son armée de terre, sans que cela semble très cohérent avec les objectifs géopolitiques poursuivis par la Russie. Quel sens y a-t-il par exemple à vouloir à tout pris réparer à (très) grand frais, un navire comme le Kouznetsov alors même que sa valeur militaire est très limitée. Plus généralement, quel intérêt de maintenir une très grosse marine quand son seul adversaire (l'OTAN) restera toujours infiniment supérieur ? C'est un peu comme la Kaiserliche Marine entre 1900 et 1914 : En dépit d'investissements massifs, elle n'a jamais pu concurrencer sérieusement la Royal Navy et son impact sur la WW1 a été globalement insignifiant. L'Allemagne aurait sans doute mieux fait d'accepter la domination britannique sur les mers et de rediriger ces ressources sur son armée de terre. On peut aussi parler de l'aviation russe. Ils sont en train de relancer à grand frais la fabrication du Tu-160 Blackjack. Le bombardier stratégique, c'est classe, c'est beau, ça fait bien lors des défilés. Mais quelle est la pertinence réelle d'un bombardier non furtif à l'heure des missiles stratégique, des armes hypersoniques et des systèmes SAM de plus en plus évolués ? On peut s'interroger. Surtout : est-ce vraiment la priorité quand on voit la prestation des VVS en Ukraine ? Ne faudrait il pas investir plutôt dans la formation des pilotes, dans la coordination sol-air ou dans l'achat de munitions de précisions plutôt que de relancer à grand frais la production de bombardiers probablement déjà obsolètes en terme de doctrine d'emploi ?
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