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CortoMaltese

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Everything posted by CortoMaltese

  1. Je trouve ce texte très lucide, et il a raison quand il dit que cette rhétorique de "combat civilisationnel" bloque la Russie dans une logique jusqu'au boutiste tout en lui aliénant potentiellement des soutiens "non-alignés" qui seraient sans doute rassuré de voir le Kremlin adopter une approche "rationnelle et modérée" de ses objectifs. Mais cette rhétorique illustre parfaitement toutes les incohérences de la Russie en tant que nation. La vision qu'à la Russie d'elle même est un espèce de patchwork bizarre d'idées mutuellement incompatibles et pour la plupart intrinsèquement fausses. Elle pense avoir les attributs d'une grande puissance, mais avec un PIB similaire à l'Italie. Elle rêve d'avoir l'influence politique de l'URSS, mais sans idéologie structurée pouvant attirer à elle d'autres pays comme le communisme l'était. Le Kremlin tente de faire revivre le traditionalisme russe à la sauce "Empire des Romanov" alors que 70 ans de Communisme puis sa chute brutale ont fait de la société russe un mixte bizarre d'autoritarisme politique et d'hyper-individualisme dans un cadre à la fois corrompu et hyper libéral économiquement dans beaucoup de secteurs. D'ailleurs le Kremlin mobilise une rhétorique idéologique forte tout en ayant précisément oeuvré à la dépolitisation de ses citoyens pendant des décennies (d'où l'individualisme et le désintérêt pour la politique). La Russie est un pays malade et pétri de contradictions gigantesques, avec un gouffre entre ce qu'elle est, ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle affirme être. En fait, je crois que ce qui explique le mieux la politique russe, même à l'époque de l'URSS, c'est son complexe d'infériorité vis à vis de l'Occident (et particulièrement des américains). Au fond, être russe, c'est vivre dans un pays pauvre, autoritaire, corrompu, où l'Etat maltraite ses citoyens, mais où tu peux te dire qu'au moins ton pays est fort, possède la bombe atomique et parle à la table des grands. La vie russe est une vie par procuration, où tu acceptes de vivre dans des conditions de merde et de crever à 65 ans dans un hôpital miteux car tu sais que ton Président a conquis des terres à 1500km de chez toi où tu n'iras jamais. Ca me fait penser à ce Thread qui illustre à merveille le sentiment que j'ai et qui vaut le détour :
  2. Novoberyslav ? J'ai rien vu de sérieux qui prétendrait que les ukrainiens y sont déjà. Comme le montrent les cartes compilées par Vroum (merci au passage), tout le monde s'accorde plus ou moins pour placer la ligne de front autour de Mylove. D'ailleurs, Rybar et Dva Majora (deux milbloggers russes sérieux) confirment qu'on serait sur le point d'assister à un gros remaniement du personnel au niveau du MoD russe. Les changements vont être discrets : les gens vont garder nominalement leur poste, mais d'autres occuperont effectivement leurs fonctions. Rybar "On dit que nous sommes à la veille d'un changement majeur de personnel. L'essentiel est de ne pas trébucher." https://t.me/rybar/39761 Dva Majora : "Nous confirmons les informations des canaux Mig et Rybar selon lesquelles nous sommes sur le point de procéder à d'importants changements de personnel. Dans un certain nombre de cas, les postes seront officiellement conservés par les titulaires, mais leurs fonctions seront en fait assumées par des militaires plus responsables. Pour qu'il n'y ait pas de paperasse lors des rendez-vous." https://t.me/dva_majors/2986
  3. Les sources russes affirment que les russes ont quitté Snihurivka, une ville de 13 000 habitants au nord de l'Inhoulets. Il n'est pas clair si les ukrainiens sont dedans ou si elle est désormais en zone grise
  4. Si les ukrainiens disposent d'un système comme ça, c'est très certainement via Smartphone/tablette, afin de pouvoir rapidement s'adapter à la myriade de véhicules différents dont ils disposent. C'est un peu comme leur système d'artillerie à la sauce Uber, c'est rapide, efficace, léger, pas cher et flexible. Une vraie leçon à retenir de ce côté là car ça montre qu'on peut créer des systèmes démultiplicateurs de puissance à l'aide de briques technologiques civiles pas chères et facilement accessibles.
  5. Le ciblage me semble être clairement en cause, comme d'habitude chez les russes dès que le front est mouvant. Les sources pro-russes rapportent des communications chaotiques, des troupes qui ignorent où se trouve l'ennemi et retraitent "dans le doute". Autant dire qu'entre le moment où quelqu'un voit une colonne ukrainienne et le moment où les obus tapent, ladite colonne a eu le temps de faire 15km.
  6. C'était un rêve légitime, celui de De Gaulle. Mais il faut admettre qu'en l'état, la Russie n'est intégrable à aucun ensemble géopolitique pérenne. Elle a, profondément enfouie dans sa psyché, une Ethos impériale et revenchiste, une puissance malade qui n'accepte pas de ne pas parvenir à atteindre la place qu'elle croit devoir être la sienne. Tant que la Russie n'aura pas fait un deuil (et un deuil peut être violent) de tout ça, on ira nul part. Il a fallut la capitulation de 1945 et l'occupation de son territoire pour que l'Allemagne rentre dans le rang et redevienne un pays "normal", mais la question nucléaire fait que ça n'arrivera jamais en Russie.
  7. Pfarrer c'est le strapol pro-ukrainien, à l'entendre Zelensky fait la revue de ses troupes dans Moscou jeudi prochain. Mais oui, il semble qu'à Kherson les russes n'aient pas réussi à stabiliser la situation à Duchany contrairement à ce qu'ils espéraient.
  8. Non c'est un problème très commun dans l'armée russe depuis le début de la guerre. Le problème était déjà connu avant par les analystes occidentaux mais pas dans de telles proportions (comme la plupart des problèmes de l'armée russe). Ca vient de plusieurs facteurs : matériel vétuste, corruption, manque de formation. On a vu un paquet d'unités russes communiquer avec des Baofang chinoises à 50€ voir de simples portables, surtout en début de guerre. Une partie du problème vient sans doute aussi de la désorganisation des unités russes : elles sont parties à la guerre formés en BTG ad hoc plutôt qu'en unités organiques (à cause des conscrits), puis ont essayé de plus ou moins se réorganiser au fur et à mesure, mais souvent de manière improvisée et avec des pertes qui n'aident pas. On rajoutera enfin que le fonctionnement même de l'armée russe la rend très vulnérable à la perte des communications. L'armée russe fonctionne sur un modèle très vertical avec peu d'initiatives laissées aux plus bas échelons. Il y a peu de sous-officiers. Donc, pour peu qu'une unité perde le fil avec sa hiérarchie, elle va vite se retrouver laissée à elle-même sans savoir quoi faire, car ses hommes n'ont pas été formé à agir en autonomie. Du côté ukrainien, c'est plutôt l'inverse : l'échelon brigade est resté la norme et ils se sont évertués à ne pas trop bousculer les unités organiques. Et surtout, l'autonomie tactique et le commandement décentralisé à tous les niveaux ont été un des axes prioritaires des réformes ukrainiennes depuis 2014. Donc quand bien même une unité ukrainienne perdrait ses communications avec l'extérieur, elle sera - toute proportion gardée - plus à l'aise pour agir de manière autonome en attendant de rétablir la liaison.
  9. D'accord, mais même en admettant qu'il vieillisse mal et devienne mono-maniaque avec le temps (ce sur quoi je suis relativement d'accord même si je pense qu'il y a plus de continuités qu'on ne le crois dans sa politique), il ne semble pas pour le moment atteint d'un point de vue strictement cognitif, et il capable de comprendre que ça ne se passe pas bien. Et pourtant, on a une impression de passivité incroyable de l'armée russe. Rien ne se passe. Elle ne tente pas de se réorganiser, ou de tenter quelque chose, elle est inerte, attendant de recevoir les coups. Dans une situation pareille, on pourrait imaginer une réorganisation du commandement, un gros turn over des généraux avec promotions express des plus capables sur le champs de bataille. Là, non, on vire de temps en temps un général après une grosse défaite pour le remplacer par son adjoint tout aussi incompétent, rien de plus. La seule exception, c'est le retrait de Kiev. On parle d'une décision prise relativement rapidement (1 mois), sans doute salvatrice car elle sauve d'une quasi destruction par l'attrition la moitié de l'armée russe, alors même que les russes étaient à 10km du centre-ville. On a vu un paquet de dictateurs s'obstiner bien plus longtemps dans la périphérie d'une grande ville ennemie, obnubilé par cet objectif qui semble si proche (notamment un certain moustachu par deux fois). *de smartphone, pardon. Et merci pour les leçons sur la propagande, la source c'est le Kremlin lui même, encore une officine de la CIA ? https://tass.com/society/1237157
  10. La mobilisation reste risquée sur le plan intérieur, et je suis de plus en plus convaincu que Poutine n'a/avait qu'une idée très partielle de l'ampleur des problèmes, au moins jusqu'à l'offensive vers Koupiansk. On parle d'un homme qui ne possède pas de téléphone portable, n'a jamais utilisé internet et a une mentalité très "KGBesque". Il est paradoxalement à la fois très puissant et extrêmement dépendant de ses proches, des autorités militaires et du FSB concernant sa compréhension de la situation militaire. Et on peut raisonnablement penser que cet entourage qui lui a fait croire que l'Ukraine tomberait en 3 jours n'est pas forcément devenu honnête du jour au lendemain. C'est presque ça qui est le plus étonnant : que Poutine, qui n'est pas stupide, n'ai pas totalement purgé son entourage et ses services après l'échec initial afin de s'entourer de gens compétents qui lui donneraient une vue réaliste de la situation.
  11. La liste de conquêtes ukrainiennes depuis fin aout est impressionnante certes, mais il ne faut pas non plus vendre la peau de l'Ours (c'est le cas de le dire) avant de l'avoir tué. Les russes ont encore des moyens d'escalader avant de passer au nucléaire : destruction systématique des infrastructures, ect. Et leur mobilisation n'en est qu'à ses débuts. Oui, elle est chaotique, mais je ne sous-estimerait pas son potentiel pour autant. Les ukrainiens jouissent aujourd'hui d'une énorme supériorité numérique qui les aide beaucoup, combiné à tout le reste. Si demain la Russie parvient à rétablir un rapport de force équilibré, même avec des troupes médiocres, ça peut sensiblement compliquer les offensives ukrainiennes en émoussant les percées et en obligeant à se battre pour chaque village.
  12. La pyramide des besoins est modulée par la culture, oui, mais dans certaines limites. Des gens prêts à tout sacrifier pour des principes spirituels supérieurs ils y en a toujours eu, dans toutes les sociétés, mais ça n'a jamais été une majorité. Mais on rentre dans des débats d'anthropologie totalement HS comme on nous l'a déjà fait remarquer, donc je m'arrête là même si le débat est passionnant.
  13. Euh, oui et non. Globalement, tous les êtres humains aiment à pouvoir vivre dans le confort, à l'abris de la faim et de la maladie, à ne pas craindre les lendemains ni pour eux ni pour leurs enfants. C'est de l'instinct de survie. Préférer pouvoir mourir à 80 ans après avoir eu une vie agréable, vu grandir ses enfants, avoir eu un travail épanouissant et pas trop difficile et avoir été à l'abris du besoin, t'as pas grand monde qui signe contre, en France, en Russie, au Zimbabwe ou en Micronésie. Maintenant oui, la prospérité matérielle n'est pas l'alpha et l'oméga de tout, même si ça surdétermine beaucoup de choses. C'est exactement ce que je dis : les intérêts sont subjectifs, c'est toujours un arbitrage à moyen constants entre plusieurs priorités plus ou moins mutuellement exclusives. Quand, en plus, la politique d'un état est décidée par une minorité dont les intérêts personnels ne coïncident pas forcément avec ceux de la masse, ça rend la définition des "intérêts objectifs" d'un pays encore plus difficile.
  14. Tes exemples sont excellents pour illustrer la subjectivité des intérêts d'un pays. Surtout qu'un pays n'est pas une boite noire, un tout homogène qui aurait des intérêts commun. Quand on parle des intérêts d'un pays, on parle de quoi ? Des intérêts de la population dans son ensemble ? du dirigeant en place ? de sa classe dominante ? Si on reprend l'exemple de la Russie, il est probable que le pays serait plus prospère, plus riche et que sa population vive aujourd'hui mieux si le pays avait fait le choix d'une bonne entente avec l'Occident depuis 2008.
  15. Je suis d'accord. Mais l'interaction entre les intérêts objectifs et les nécessités "morales" est relativement compliquée en fait, c'est rarement une dichotomie très nette, déjà parce la notion d'intérêt est éminemment subjective, surtout dans le monde actuel. Par exemple, si on considère qu'il est dans l'intérêt de la France que le monde tende à s'aligner sur un modèle de démocratie libérale et modérée car c'est l'assurance d'un monde plus prospère et plus sûr dans sa globalité (ça peut se défendre), alors jouer le défenseur de la veuve et de l'orphelin peut se justifier même dans des dossiers où nos intérêts purement matériels de courts termes ne sont pas évidents au premier abord. Maintenant, même si on accepte ce présupposé, la meilleure manière de faire est là aussi un sujet compliqué dans la mesure où apporter la démocratie par les bombes à des pays qui ne l'ont jamais connu fonctionne ... moyennement. A ça on rajoute encore l'écart qui existe toujours entre les justifications officielles d'une politique étrangère et ses véritables raisons officieuses. C'est donc un joyeux bordel qui - à mon avis - est très mal conceptualisé par la théorie réaliste des RI, qui considère trop souvent que les intérêts d'un état sont des éléments objectifs et évidents sur lesquels tous les dirigeants d'un pays donné s'accorderont peu importe leur background et leur idéologie.
  16. Mais surtout, au delà de ça, comme l'ont très bien dis plusieurs intervenant : on peut pas se battre à la place des ukrainiens pour des raisons évidentes. S'ils ne réagissent pas à une incursion d'un bataillon de Spetsnaz sur leur territoire, on ne peut rien pour eux. Le soutien occidental implique qu'il y ait déjà une résistance coordonnée et solide des ukrainiens eux-mêmes. C'était le cas en 2022, pas en 2014 où en plus, la situation était extrêmement confuse au niveau interne avec une révolution et un début de guerre civile. Ca sentait le dossier foireux à plein nez avec la Russie en embuscade et il est assez logique que personne n'ai vraiment voulu s'en mêler. Maintenant, ça n'excuse pas notre faiblesse diplomatique sur tout le reste, et surtout ça n'excuse certainement pas notre naïveté vis à vis des intentions du Kremlin à plus long terme
  17. Selon les sources russes (Rybar), les ukrainiens essayeraient de contre-attaquer dans le coin Mais plus globalement, les russes n'ont avancé que de quelques centaines de mètres depuis Juillet. La ligne de front est quasiment identique à ce qu'elle était juste après la chute de Lysychansk/Severodonetsk (moment où j'ai personnellement vraiment craint un effondrement du dispositif ukrainien jusqu'à Sloviansk/Kramatorsk)
  18. Poutine ordonne l'envoi d'un train militaire nucléaire vers la ligne de front en Ukraine Le président Poutine est sur le point de démontrer sa volonté d'utiliser des armes de destruction massive avec un essai nucléaire aux frontières de l'Ukraine, ont averti des sources de la défense. Le Kremlin a signalé qu'il était prêt à une escalade significative alors que la Russie perd du terrain sur le champ de bataille. Les craintes que les allusions antérieures de Poutine selon lesquelles il pourrait recourir à de telles tactiques ont été renforcées aujourd'hui par les affirmations selon lesquelles un train exploité par la division nucléaire secrète était destiné à l'Ukraine. Konrad Muzyka, un analyste de la défense basé en Pologne, a déclaré que le train, repéré dans le centre de la Russie, était lié à la 12e direction principale du ministère russe de la Défense et qu'il était "responsable des munitions nucléaires, de leur stockage, de leur maintenance, de leur transport et émission aux parts ». [Je n'ai pas accès à la suite de l'article réservé aux abonnés, si quelqu'un a] https://www.thetimes.co.uk/article/putin-orders-nuclear-military-train-to-ukraine-front-line-tswzv2v50
  19. Je ne suis pas un expert de la défense anti-missile mais il me semble avoir lu pas mal d'experts sur le sujet qui disent qu'encore aujourd'hui, l'interception d'une salve de missiles balistiques intercontinentaux relève de la science fiction. Ce que les USA semblent être capables de faire, dans des conditions parfaites, c'est d'intercepter un nombre très limité de missiles balistiques courte portée (donc moins rapides et apogée plus basse). Sachant qu'en plus il semble y avoir un fort potentiel d'amélioration des têtes MIRVées avec l'ajout d'une manœuvrabilité en phase terminale qui compliquerait encore infiniment - voir rendrait totalement impossible - une interception. EDIT : Je viens de retrouver l'article que j'avais en tête : https://www.aip.org/fyi/2022/physicists-argue-us-icbm-defenses-are-unreliable#:~:text=A new study sponsored by,within the next 15 years.
  20. Il faut bien comprendre que la densité de troupe peut être extrêmement faible à certains endroits chez les russes. À Balaklyia, passées les premières lignes de défenses, il n'y avait virtuellement rien jusqu'à l'Oskil. Donc la plupart des villes qui tombent pendant la percée ne sont tout simplement pas défendues. Et même une ville défendue peut tomber vite si elle est menacée d'encerclement, comme Lyman.
  21. Les troupes territoriales sont des troupes de volontaires réservistes (à la base) qui ne combattent que dans leur oblast. C'est de l'infanterie légère. Ces troupes ont été largement grossis par la mobilisation et on voit d'ailleurs une tendance à la montée en gamme de ces troupes qui servent de plus en plus en dehors de leur oblast et pour des opérations offensives. Par exemple il semble que vers Lyman, la territoriale de Lviv était impliquée, sans doute pas en pointe mais quand même'
  22. A priori toute la frontière, depuis le Belarus jusqu'à l'oblast de Kharkiv est couverte, notamment via les troupes territoriales. La densité doit pas être folle mais c'est là que le rens occidental doit jouer à plein : une offensive ça se répète de loin avec les moyens adaptés.
  23. Oui, plus l'avantage des lignes intérieures. Repositionner un canon ukrainien de Kryvyi Rih à Izioum est infiniment plus simple que de le repositionner un canon russe de Nova Khakovka à Severodonetsk
  24. U235 a posté son message en Russe initialement, d'où ma réponse Il a modifié son message depuis
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