PolluxDeltaSeven

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  1. Bah en même temps c'est pas comme si le Tigre avait le moindre prospect ou espoir de vente en ce moment.
  2. On verra bien. Après les Français et Anglais ne sont pas non plus complètement à la masse en stato à poudre hein ! Il pourrait bien être décidé au contraire de partir sur du stato à poudre pour booster la R&D franco-anglaise dans ce domaine. Je pense que toutes les options seront étudiées (y compris le missile de croisière subsonique qui passe en supersonique pour la phase d'attaque finale), les pours et contres mesurés, et la décision finale prise en toute technique d'arrosage ( dédicace à @bubzy)
  3. On peut voir ça comme ça. Ou se dire que la faible défense aérienne de nos frégates comparées à certaines équivalentes européennes (et comparées aux équivalentes asiatiques c'est encore plus flagrant) nous oblige à de sérieux efforts de renseignement pour garantir leur liberté de navigation, tout en limitant de facto notre possibilité d'action face à certains adversaires potentiels. On paye en liberté d'action notre radinerie, et un jour on le paiera avec la vie d'une centaine de marin et la mise à terre du format déjà tendu de notre Marine Nationale. Mais on peut toujours retourner le truc comme on veut et se rassurer en se disant qu'on est nettement plus malins que les autres, et que tous ceux qui se dotent du triptyque SM-2/ESSM/RAM (avec au total 3 ou 4 fois plus de missiles que nos frégates, à tonnage égal) sont des abrutis qui n'ont rien compris à l'art délicat de la guerre électronique et du renseignement. D'ailleurs nos propres industriels qui proposent en option du VL-MICA, des systèmes CIWS et du RAM à l'exportation n'ont sans doute rien compris non plus. En vrai on sait pertinemment que c'est une question de moyens. A la base les HRZ devaient avoir du SADRAL à la place du 76mm qu'elles n'auront pas non plus (et elles conservent toujours une réserve pour 16 Aster), le VL-MICA avait été envisagé pour les BPC et le rétrofit des FLF (qui avaient été dimensionnée pour l'Aster 15, et pour qui un VL-Crotale a été envisagé dans les années 2000), et le dimensionnement à 16 Aster des FREMM avait été justifié par le format initial à 17 navires (tout en permettant de justifier ce format: il aurait été difficile de justifier l'achat de 17 FREMM à 48 Sylver ). Bref, au final c'est encore et toujours une histoire de sous-sous. Pas de gros sous, juste de sous-sous, de petites économies à l'échelle du prix d'un navire. Avec les FDI, c'est pareil aujourd'hui, avec l'absence de brouilleurs ET de leurres anti-missiles ET d'artillerie de toit. Pour le coup, ça commence sérieusement à se voir ! Dans les nations européennes qui comptent, à part les F125 allemandes, je vois pas trop qui fait pire que nous en matière de DA des frégates (même si on trace de très belles cartes et qu'on a de supers beaux brouilleurs et de supers Aster qui seront probablement complètement inutiles en cas d'attaque à très courte portée).
  4. Là je parlais plus de drones moyens, type drones tactiques, munitions-rodeuses, etc. On est sur un format de drone lancés par catapultes ou sur des munitions format missile antichar, grosso modo. Normalement ça reste traitable par un guidage radar, même si c'est pas optimale évidemment. On l'oublie BEAUCOUP trop souvent (y compris quand on parle avec des officiers programmes DGA, des marins ou des constructeurs de bateau), mais si un navire opère suffisamment proche d'une côte potentiellement adverse pour qu'il puisse risquer une attaque contre des engins de ce type (qui ont quelques dizaines de km de portée), il y a de fortes chances qu'il le fasse aussi discrètement que possible (dépose commando, écoute électronique, etc.) Dans ce cas là, le radar est off, ainsi que la totalité de la défense AA du coup. J'avoue que quand je lis que les Forbin, grâce à leurs super capteurs, font des missions d'écoute discrète (donc sans CDT Aster ou 76mm en alerte), j'en ai des frissons dans le dos... Même si je sais bien qu'on ne les enverrais pas faire les kamikaze face à des pays très bien équipés en missiles modernes, j'imagine que c'est dans ces moments-là qu'on regrette l'absence des deux SADRAL à CDT passive prévus à l'origine, haha ! Et pour revenir aux micro-drones que tu évoques. Très sincèrement, même les radars AESA modernes (type Giraffe 1X) vont vraiment avoir du mal à détecter ces bestioles à plus de 5km, et vue la chaleur dégagée par leurs moteurs électriques, je suis pas certain que les Mistral soient performants à tous les coups. Pour le coup, je pense que le RAPIDFire reste encore la meilleure solution pour le moment contre ce type de cibles, en attendant des solutions lasers qui pourraient être capables de traiter les attaques en essaims. Et avant qu'on me dise que c'est de la science fiction, une attaque terroriste coordonnée avec 20, 50 ou 100 drones de type Parrot ou DJI Phantom embarquant chacun l'équivalent d'une grenade à main, sur une frégate traversant un canal ou un détroit, ou arrivant en visite dans un port étranger (donc "à poil" en matière de défense) c'est aujourd'hui à la portée de n'importe qui ayant le budget pour acheter les drones, une connexion internet et un gars dans son équipe sachant un minimum coder. Filez moi 40000 balles pour acheter les drones, et avec un pote je dois pouvoir vous faire ça (la partie "vol coordonné" hein, pas la partie "grenade" !) en une grosse semaine. Oui, on en est vraiment là. C'est à la fois la version du pauvre de ce qu'ont fait les Turcs avec les Bayraktar vs Pantsir, et une manière bien plus facile d'obtenir une supériorité tactique indiscutable (on a pas 20 Mistral à balancer face à 20 Phantom 3), même si la faible liberté de manoeuvre d'une telle attaque en fait avant tout une menace terroriste plus qu'une menace militaire à proprement parler. Bref, il faut faire du multicouche parce que les menaces se diversifient et se répandent de plus en plus: Face à des mini-drones, il faudra user de lasers, fumigènes, lance-filets et autres canon électromagnétiques: je sais qu'on y réfléchi, et comme ce ne sont pas des systèmes trop encombrants je pense que ça se fera. Face à des menaces asymétriques de surface, MMP ou Mistral 3 peuvent venir compléter du RAPIDFire et autres artilleries: ces systèmes arrivent, même s'il reste à voir si les frégates de 1er rang en bénéficieront en RMV. Face à des menaces "low-end" purement militaires (drones tactiques, hélidrones, munitions vagabondes, etc.), le Mistral 3 reste une bonne solution à défaut d'un vrai équivalent au RAM. Le problème reste toujours qu'on considère ce missile comme une arme principale de petits navires plutôt que comme une seconde couche de défense sur les navires de premier rang. Ensuite on a fait le choix du couple Aster 15/Aster 30. Dans l'absolu j'aurais aimé qu'on puisse quadpacker du VL-MICA-NG histoire de pouvoir embarquer plus d'Aster 30 tout en pouvant entasser 16 MICA-NG dans 4 VLS en lieu et place de l'Aster 15, mais ça ne se fera jamais. Et en soit c'est pas spécialement le plus grave (ce qui nous manque depuis toujours c'est la "couche CIWS/RAM", bien plus que la "couche ESSM/CAMM") La CDT a été améliorée sur les deux FREMM DA, comme sur les FDI. Donc oui en RMV je ne vois pas pourquoi les HRZ et FREMM ne pourraient pas en recevoir également.
  5. Alors non, bien évidemment ! Qui peut le plus peut le moins! Par contre "gâcher" le peu d'Aster 15 que tu as contre des drones-suicides qui pourraient être traités facilement (et parfois de manière plus safe) à coup de Mistral 3 ou d'artillerie légère, c'est du gâchis. Au-delà des grandes lignes, toutefois, il y a de facto des couches. Si on a des Aster 15, c'est pour combler un trou capacitaire à courte portée que les Aster 30 ne peuvent atteindre. Idem pour les ESSM et RAM, qui ont mine de rien des distances d'engagement minimales. Donc oui, il y a des couches. Mais ce sont des couches en fonction de la distance et vitesse des cibles plutôt que du type de cibles. Parce qu'en fait personne ne parle de couler tous les bateaux, :) Le risque aujourd'hui n'est pas pour le GAN ou pour la flotte dans son ensemble, mais pour une unité unique qui se retrouverait à poil si les choses dégénéraient. Entre l'affaire du Courbet, les passages de Formose parfois tendus, les manoeuvres agressives en Mer Noire, Hamilton, l'exemple du Mason... Franchement je ne vois pas où on manque d'arguments, ni en quoi on parle de cas purement hypothétiques. Si c'était une Lafayette (frégate de premier rang hein !) qui avait été prise pour cible (volontairement ou non) à la place du Mason, on aurait géré comment ? Bref, on peut penser ce qu'on veut, mais le temps où les seules menaces potentielles contre une frégate seule venaient de Russie et... de Russie est bel et bien terminé ! On peut se rassurer comme on veut avec le reste du format de la Marine Nationale, il n'empêche que si je devais aller me promener en solitaire dans une zone bien tendue au bord de l'explosion pour montrer les couleurs et que je pouvais choisir n'importe quelle classe de frégates européennes, pas certain que je choisirais un modèle français (indépendamment de l'entrainement de l'équipage évidemment!) Sérieusement, on arrête le HS ici !
  6. Alors non, mais je ne dis pas qu'on ne doit taper QUE dans des missiles ! Depuis le début, mon argumentaire (qui n'est pas le mien d'ailleurs) c'est justement de dire que aujourd'hui, par rapport à y'a 30 ans, les armes de "saturation" se sont étendues à tout plein de vecteurs low-costs qui étaient inimaginables à la fin de la Guerre froide. N'importe quelle puissance industrielle de 3eme zone peut aujourd'hui concevoir et fabriquer en série des drones ou des munitions rôdeuses. Et même avec un mode de guidage rudimentaire, il faudra les traiter avant qu'elles n'atteignent le navire visé. Donc, pour une frégate française, on aura principalement les 16 Aster et le canon de 76mm pour traiter tout ce beau bordel. Dans l'idéal, on gardera les Aster pour les vraies menaces crédibles et on traitera au 76mm les menaces lentes et pataudes, mais on sait pertinemment que l'adversaire ne va pas nous faxer son ordre de bataille et la composition de ses différentes vagues d'assaut. C'est typiquement là qu'il nous manque de la masse, pour traiter des objets de type drones Bayraktar ou missiles ALAS. Pour le coup, autant je n'échangerais pas 16 Aster contre 32 SM-2, mais je verrais d'un très bon oeil l'installation de 32 ESSM quadpackés dans un Mk41 sur le flanc du hangar, avec (en plus ou à la place) un RAM à 21 missiles sur le toit du hangar. Sur les FDI, Naval Group a relativement prévu le coup des menaces asymétriques à très courte portée, avec un CO dédié spécifiquement à ça, des armes de 20mm téléopérées etc. Et sur le papier, le design FDI peut accueillir sur le hangar un lanceur RAM, un SADRAL, un laser anti-drone, à peu près ce qu'on veut. Dans la Marine Nationale, ça pourrait éventuellement prendre la forme d'un RAPIDFire, ou éventuellement d'une intégration du MMP. Bref, on est très bien doté pour lutter contre les menaces sérieuses de type missiles modernes avec l'Aster, et on commence enfin à bien s'équiper pour lutter contre les menaces asymétriques légères. Il nous manque encore un échelon intermédiaire, mais c'est mieux qu'à une époque (enfin, disons qu'on commence seulement maintenant à envisager d'équiper nos navires comme on avait prévu de le faire sur les Horizon au début du programme...) Tu cherches la merde ? Parce que encore un seul propos du niveau PMU comme tu nous sors ces derniers temps et tu prends la porte sans passer par la case départ. Unique et ultime avertissement de ma part. C'est valable ici aussi !
  7. C'est tout à fait vrai. Par contre il faut bien voir que depuis 30 ans, les armes de saturation (au sens très large) se sont très largement répandues, jusque dans les groupes armés non étatiques. A l'heure actuelle, se contenter uniquement de 16 Aster par frégate (quand bien même ils seraient capables d'abattre des croiseurs Klingon) de premier rang, sans couche de protection inférieure autre que le 76mm c'est.... faiblard au mieux. Parce que la France ne fait la guerre qu'avec des ennemis dont elle partage une frontière ? Première nouvelle !
  8. Comme je le dis depuis des années: je ne m'inquiète pas spécialement pour la première bataille rangée que devra mener notre Marine. Je m'inquiète du fait que ce sera la SEULE qu'elle pourra mener en cas de conflit. Nous avons une marine à usage unique, sans aucune marge de manoeuvre. L'incendie du Perle nous l'a bien révélé: on ne peut pas se permettre de perdre le MOINDRE navire sans remettre en cause tout le contrat opérationnel DE TEMPS DE PAIX ! En cas de guerre (type Malouines) ou tout simplement de crise prolongée, on n'aura juste absolument pas les moyens de faire autre chose qu'un unique coup d'éclat fabuleux avant de rentrer chez mémé attendre qu'on construise nos stocks de missiles (au mieux) ou nos navires/sous-marins de rechange (au pire). En fait, structurellement, on a le cul entre deux chaises. On a des navires (et des équipages) bien taillés pour le combat de très haute intensité, quitte à faire l'économie des défenses par couche indispensables pour traiter les menaces asymétriques et de basse intensité. Mais dans le même temps, on a absolument pas les volumes (de navires, de personnel, de munitions...) permettant de FAIRE du combat de haute intensité. De facto, on est une mini-6e flotte, parfaite pour suppléer l'US Navy et obtenir un rôle de nation cadre quand il faut monter une Task Force NATO. Niveau diplomatique le job est fait. Et évidemment ça nous suffit à gérer notre ZEE et nos zones d'intérêt (même si on commence en réalité à y manquer cruellement de moyens face aux menaces asymétriques, toujours). Mais si on devait mener une action forte de souveraineté de type Malouines ou Suez, voire une opération Prométhée prolongée, face à une puissance régionale grandissante (Iran, Turquie...) ou juste une rébellion maline et bien équipée, on ne tiendrais pas très longtemps. Pour rester focalisés sur l'Aster, on en revient toujours à la même chose: oui, face à des menaces type Malouines (avions de combat, missiles anti-navires) l'Aster ferait très bien le job. Et je dirais même qu'il est NECESSAIRE pour traiter ce genre de menaces. Et je peux même admettre que 16 Aster par frégate n'est pas un si mauvais chiffre (comparé à 32 SM-2 par exemple). Par contre, il nous manque clairement un échelon de missiles capables de dégommer des hélicoptères, des avions de reconnaissance, des drones de grande dimension, etc. Ailleurs, ce serait le rôle d'un ESSM, et ça pourrait parfaitement être rempli par un MICA-VL. Même 8 missiles placés dans des cellules uniques (ce que propose MBDA, le A35 étant une solution Naval Group proposée à la Grèce mais jamais développée) permettraient déjà d'économiser autant d'Aster face à des cibles molles. Et, APRES, il nous faut une défense terminale contre des menaces asymétriques: drones-cibles utilisés comme leurres, vieux missiles, mini-drones, etc. Tous ces machins faciles à interceptés mais qui, de plus en plus, serviront d'armes d'attrition pour épuiser les munitions adverses. Des solutions type Mistral/RAPIDFire pourraient effectivement faire le taff. Sans avoir le punch d'un système RAM, ce sera déjà vachement mieux que les crachats des marins qu'on utilise actuellement. Parce que si on devait rejouer un conflit type Malouines aujourd'hui, nul doute que l'adversaire n'hésitera pas à noyer ses avions de combat et ses missiles high-tech au milieu d'un flot de drones low-cost et de munitions vagabondes qu'il conviendra de dégommer également. Ces derniers temps, on a joué à qui pisse le plus loin avec la Marine Turque. Et si il y a bien un truc que les derniers conflits terrestres nous ont appris, c'est que les Turcs savaient parfaitement utiliser les techniques de dilution, mélangeant intelligemment drones rustiques, armements guidés et guerre électronique pour détruire systématiquement tout système anti-aérien qui ne reposerait pas sur une solution multi-couche. Et je sais de source sûre que ça a fait sérieusement réfléchir à la fois dans l'Armée de Terre et dans la Marine, même si rien ne garanti que les conclusions qu'ils en tireront permettront de faire réellement bouger les choses. Bref, pour résumer ce que je voulais dire depuis le début de mes interventions ici: Je ne sais pas si on peut dire qu'on manque vraiment d'Aster. Mais on manque de souplesse dans notre défense antiaérienne navale. Après, peu importe la solution retenue (ajouter une couche de défense, recycler les missiles air-air, augmenter le nombre de coque compatibles DA, augmenter les stocks de missiles existants, etc.). Mais je sais que de plus en plus d'officiers dans la Marine, ceux qui ont connu la Libye et Hamilton, ceux qui sont allé faire un tour du côté de Formose, ceux qui ont joué au chat et à la souris en MEDOR, et bien ceux là se sentent quand même un peu trop souvent tous nus par rapport à leurs confrères de l'OTAN, notamment. Et savoir qu'on viendra venger veuves à coup de torpilles lourdes et de pluies d'AASM après leur éventuelle mort pour la France ne les rassure pas des masses des masses. Alors oui, "face cam" on est tout content d'avoir des jouets tous neufs plus mieux bien que les antiquités qu'on se tape encore ailleurs dans la Marine. Et on se félicite à juste titre de nos excellents scores dans les exercices NATO. Mais en "off" on admet de plus en plus facilement qu'on aimerait bien voir des choix différents dans certains équipements. Notamment la défense anti-aérienne.
  9. Les avantages sont relativement les mêmes que pour des fusées sur les aspects de stockage notamment. De mémoire, il y a aussi une question de domaine de vol (accélérations latérales notamment) plus étendu avec le carbu solide, notamment sur les petits propulseurs, et que donc c'est plus mieux bien pour un missile air air, un truc comme ça
  10. A l'origine personne n'a parlé d'attaque saturante sur un GAN, juste du format missile de nos frégates. Et pour épuiser les stocks de missiles d'une frégate, pas besoin d'attaque saturante sophistiquée. Une vingtaine de missiles et/ou de drones balancés sur une période de plusieurs heures suffiront, surtout si tu glisses une paire de missiles à peu près modernes dans le tas, dès lors qu'on ne peut pas se permettre d'ignorer ce genre de menaces. Après c'est une question de volume. Je reste persuadé que 16 Aster 15 valent largement autant d'ESSM couplé à autant de SM-2 face à des menaces solides. Mais face à des menaces diffusent ou "low tech", il nous manque littéralement une couche de défense. Mais dans l'absolu, tu n'as pas besoin de couler ni même de toucher une frégate de défense antiaérienne pour la mettre hors de combat, il te suffit d'être assez malin pour qu'elle épuise son stock sur des menaces de bas niveau. Et à ce petit jeu de la guerre navale asymétrique (qui est de plus en plus une réalité), notre format "tout Aster" nous rend plus fragiles. On est clairement d'accord que c'est une question de manque de moyens ! Et vu l'utilisation de la MN, il sera inenvisageable de se dire qu'on sacrifie une coque juste pour permettre aux navires restant d'avoir deux salves de missiles à tirer plutôt qu'une. Par contre ce qu'on peut reprocher, c'est un manque d'optimisation et d'efficience. Quand MBDA nous dit qu'on peut mettre les MICA des Rafale et Mirage 2000-5 dans des silos une fois qu'ils ont dépassé leur limite d'heures de vol, que l'option a été envisagée (initialement pour les BPC, mais aussi pour nos navires de second rang), développée en interne par MBDA (et exportée) mais pas intégrée dans le MN alors qu'il n'y avait grosso modo que les tubes et une armoire électronique à financer... ça sonne dommage quand même. Si on se retrouve face à un adversaire qui s'amuse à jouer la carte de l'attrition, le conflit sera terminé en moins de 2 semaines. Si on met de côté la possibilité d'une défaite française, il reste deux options: on gagne vite mais on a plus de flotte de guerre pendant 2 à 3 mois, ou on négocie une armistice, mais avec nettement moins de cordes diplomatiques à notre arc dès lors que nos soutes à munitions sont épuisées. On en revient toujours à la même chose: -Si en Libye on avait épuisé tous nos stocks de bombes avant d'avoir libéré Benghazi, on aurait demandé "pouce!" à Kadhafi le temps qu'on reconstitue nos stocks de munitions ? -Si on se retrouve dans un conflit type Malouines et qu'on a épuisé nos stocks de missiles en 5 jours, on laisse le temps à l'ennemi d'installer tranquillement se défenses et on revient 3 mois plus tard ? Je ne dis pas qu'il n'y a pas de bonnes raisons derrière les choix qui ont été faits. Mais c'étaient avant tout des choix économiques (systématiquement les commandes de missiles et munitions ont été réduites par rapport aux demandes initiales) et de temps de paix. Aujourd'hui, les choses changent TRES TRES vites, et ça ne va faire que s'accélérer dans les 20 prochaines années. Il faut changer VITE notre modèle. Et si ça coûte trop cher d'avoir des stocks d'Aster prêts au combat, peut-être dépenser un peu de pognon pour pouvoir embarquer des MICA-VL, ou doter nos frégates d'une vraie défense terminale face aux cibles "low-end" (le Mistral 3 est franchement pas mal !), ou prévoir des silos en rabe histoire de blinder de missiles les frégates déployées en attendant qu'on construise les munitions de rechanges, etc. Bref, de la résilience
  11. Et toujours la même question: n'importe quel couillon équipé d'une douzaine de drones-cibles modifiés ou de vieux missiles subsonique peut complètement saturer les défense d'une frégate française traversant un passage étroit (Ormuz, Malacca, Gibraltar, you name it !) La frégate s'en sortira, et il est même probable que pas un de ces douze bouzin ne fasse mouche (même si c'est une autre paire de manche s'ils sont dotés de batteries côtières modernes). Mais elle n'aura plus de missiles, plus du tout. Pour peu qu'elle soit en route POUR sa zone de patrouille, elle est bonne pour rentrer au port. Et si un adversaire nous fait le coup 2 ou 3 fois, on a juste plus de quoi recharger nos navires avant plusieurs semaines ou, plus probablement, plusieurs mois. L'ennemi n'est pas con. Peut-être qu'aujourd'hui tu ne vois que la Russie, la Chine et les USA pour saturer les défenses du GAN, et tu aurais raison. Mais les pays capables de saturer les défenses de nos frégates déployées isolément, il doit y en avoir une bonne vingtaine aujourd'hui, et autant de groupe armés non-étatiques capables d'user de moyens moins orthodoxes pour arriver à leurs fins. Chez les constructeurs et dans la MN, la menace est prise au sérieux, au moins pour les menaces moins orthodoxes, avec le Mistral 3 et l'arrivée du RapidFIRE sur les petites unités. Mais face à une attaque missile saturante, c'est toujours la même affaire: pas assez de missiles à bord de chaque frégate pour survivre à plus d'une ou deux attaque par déploiements, et pas assez de missiles en stock à terre pour mener plus de deux batailles en tout et pour tout. On a une marine à usage unique depuis plus de vingt ans, ça fait plus de dix ans que je le dis ici, et presque autant que je ne me gène pas pour le dire aux étoilés que je croise. Certains sont d'accord et se plaignent du manque de moyens (en général les officiers les plus jeunes), et d'autres bottent en touche avec des arguments fallacieux (mon préféré: "Vous savez, depuis 35 ans, l'ensemble des marines occidentales n'ont pas dû tirer plus de 12 missiles antiaériens en opération, alors 16 par navire c'est largement suffisant", ce à quoi j'ai répondu "C'est marrant que vous n'ayez pas pris une fourchette de 40 ans, ça aurait permis d'inclure les Malouines et de vous donner tord") Au bout d'un moment, on n'équipe pas nos navires et on ne dimensionne pas nos stocks en fonction des ennemis du passé, mais en fonction des menaces qu'on aura à affronter dans les décennies à venir. Et franchement, sur ce point là, notre marine fait peine à voir (et ça se sait, sinon le CEMM ne demanderait pas plus de munitions !)
  12. Et pourquoi ils les foutraient pas à la casse ? A la base, comme l'a dit @bubzy, la reprise des -9 était évoquée pour les pousser à acheter "en avance de phase" des Rafale dont ils n'avaient objectivement pas besoin. Si 15 ans plus tard ils achètent des Rafale, bah ce sera alors pour remplacer les -9 en fin de vie. Pas question des les revendre, ou alors éventuellement à la Grèce, les EAU étant alignés sur Athènes sur la question turque. Mais la France ne "devra" pas les reprendre. On a pas repris les 2000 égyptiens et indiens ou les -5 grecs !
  13. PolluxDeltaSeven

    [Rafale]

    Si on pouvait arrêter de se balancer des taquets à propos du Mirage 2000 et revenir au Rafale, ce serait très apprécié !
  14. PolluxDeltaSeven

    [Rafale]

    Ouais enfin, et je dis ça pour tout le monde, ce n’est pas parce qu’on est bon dans sa partie qu’on peut se permettre d’être rude, sec et/ou imbuvable avec tout le monde tout le temps. Les fantasmes autoritaires/déifiants à la Whiplash ou la Gordon Ramsay, c’est pas franchement l’ambiance qu’on essaie de mettre en avant sur le forum de manière générale. Ça demande pas beaucoup d’efforts de rester sympa et courtois, surtout qu’on est pas spécialement submergés de trolls ici (enfin en tous cas on essaie), donc on va tous collectivement essayés de rester sur cette voie . Voilà voilà
  15. Pour répondre à @Skw Le marché des munitions est généralement moins structurant que les équipements majeurs. Autrement dit, tu peux acheter tes SCALP et Meteor en coopération, ça ne t'empêchera pas de rester souverain et de développer ton MICA-NG, ton AASM et ton Exocet tout seul, en gros. Le marché des munitions est plus accessible: il y a plus d'acteurs capables d'investir et capables de les concevoir, donc plus de possibilités de coopérations réussies. Le potentiel opérationnel des munitions est plus fractionné, il est donc plus facile de trouver des points de rapprochement opérationnels entre différents pays. En gros, si tu as 25 types de munitions dans ton ordre de bataille, statistiquement il y en aura forcément 2, 5, 12 ou 21 qui répondront exactement aux mêmes besoins que dans d'autres pays partenaires, eux-même plus nombreux (voir supra). Quand tu n'as que 2 avions de combat et 3 types de frégates dans tes forces, les possibilités de coopération (pas que industrielles, mais aussi diplomatiques et opérationnelles) sont forcément plus réduites. Et enfin: c'est pas tout rose dans les munitions ! Loin de là ! L'antichar européen est aux fraises depuis des décennies (échecs coopérations sur TRIGAT-MR, TRIGAN, PARS-3, MHT/MLP etc.), le missile Apache devait être fait avec les Allemands, le Polyphem n'a rien donné, idem pour l'ANS. Les échecs sont très nombreux ! Dans certains cas (Apache, MHT, PARS-3LR, etc.) les programmes sont repris sur une base purement national (c'est pas le même budget q'un Scaf), mais pas toujours