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AIR-DEFENSE.NET

Heorl

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Everything posted by Heorl

  1. Rokossovoski, peu avant sa mort : mort et se baladant sur la Place Rouge, avait pointé à son aide de camp les murs du Kremlin : "J'ai moins peur de la mort que de ce mur". Ça dépend de ce que tu entends par premier cercle : Molotov a failli y passer, Khrouchtchev était pas loin derrière si jamais son rôle de clown cessait de faire rire le Chef, et Toukhatchevski, fidèle de Staline, fut lui aussi éliminé pour avoir osé rappeler au Soviet Suprême que l'Armée Rouge n'était pas capable d'affronter les Allemands et qu'ils étaient le principal danger.
  2. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais la blague était qu'en 99 l'État était tellement décomposé que Poutine a du avant tout s'emparer de son bureau, puis de sa chaise, puis de son téléphone, puis de son stylo avant de pouvoir s'intéresser à agrandir son pouvoir au-delà du Kremlin.
  3. L'adage voulant que la meilleure arme du milouf est ses pompes reste donc vrai !
  4. Pas que, il avait aussi voulu imposer un certain niveau physique aux généraux. Les gros pleins de soupe pas capables de faire une pompe n'ont pas apprécié de devoir bouger leur gros cul et s'humilier devant des caméras.
  5. La grande majorité n'avait pour seule richesse que son titre, avec l'espoir que ça suffise pour épouser un riche marchand (pour les dames) ou dégoter un poste d'officier dans un régiment (pour les hommes). Ils ne possédaient bien souvent que leurs vêtements et devaient jouer les clients (au sens romain du terme) de nobles mieux argentés. Tu avais même une pratique, celle des généraux en retraite, où pour donner un air plus prestigieux à ton mariage tu invitais un vieux général qui manquait d'argent et en échange du couvert et du gîte plus d'une certaine somme d'argent tu te retrouvais avec quelques étoiles à table.
  6. À cette nuance près que c'est de la noblesse d'État de l'Empire soviétique dont tu parles : les nobles russes de la période tsariste étaient pour la plupart désargentés (lire à ce sujet Dostoïevski) et les rares riches avaient le même mode de vie que leurs confrères européens. De plus, la nomenklatura est une création soviétique. Ses membres étaient tout aussi pauvres que les fins de race des dernières heures du tsarisme, mais ils avaient une sécurité financière et sociale supérieure.
  7. C'est parfaitement ça. Pierre est admiré par tous pour son œuvre, mais haï par beaucoup pour la méthode qu'il a employé et l'évolution occidentale de son pays sous son règne.
  8. Je vois d'ici les flics lessivés sortir du tribunal en se disant qu'ils le reverront refaire des conneries dans six mois-un an... Et après on s'étonne que ce genre de métiers n'attire plus. Comme chez les pompiers, les flics, les miloufs ou autre, tu as l'impression de faire un boulot différent de celui pour lequel on t'a engagé, boulot de merde où ta paye/solde ne compense pas les injures, le manque de reconnaissance, la dureté émotionnelle du travail et ou en plus tu as l'impression de devoir toujours tout recommencer.
  9. Tu me diras, vu la vitesse des fronts, les nouveaux venus ont tout le temps de se faire la main.
  10. Le rapport des Russes à Pierre le Grand est contrasté : c'est un incontournable de la puissance russe et pour autant quelqu'un de mal-aimé. Pierre le Grand, d'un côté c'est Saint-Petersbourg, la reconnaissance de la Russie comme une grande puissance par les Européens, les débuts de l'autocratie*, le développement militaire et économique du pays, l'entrée en Europe avec la prise des États baltes sur les Suédois, et le début de l'eurasianisme** cher aux diplomates russes actuels. Bref, en un mot, Pierre est le fondateur de l'identité russe actuelle, celle d'un pays qui ne peut être autre chose qu'un Empire et qui a vocation de relier l'Est et l'Ouest. C'est également lui qui commença à atteindre certaines des frontières les plus étendues de l'Empire, comme en Moldavie avec la campagne du Prout (non, je ne plaisante pas c'est son vrai nom). De l'autre côté Pierre incarne aussi l'occidentalisme : s'il veut initialement juste importer les techniques occidentales afin de développer le pays, il importe également l'état d'esprit, et force par exemple les hommes à se raser la barbe (son port étant taxé), humiliation suprême, met au pas le clergé de manière violente, ce qui lui aliène une bonne partie de la population, et force l'adoption de normes occidentales. Les streltsy, un corps de garde parmi les plus importants de la Russie***, se révolte contre lui lors de son voyage en Europe, les guerres difficiles, coûteuses et sanglantes : la Grande guerre du Nord vit certes la Russie sortir vainqueure, mais plusieurs armées avaient été détruites, l'Ukraine ravagée, les pertes terribles, etc. Il a également renversé le pouvoir des boyards pour favoriser les roturiers méritants, et a paradoxalement également réinstauré le servage pour augmenter les impôts. En définitive Pierre laisse un héritage TRÈS contrasté : le clergé et les paysans le détestent, les bourgeois et les militaires de carrière l'adorent, les marins le vénèrent, les nobles sont ambivalents. Il est donc peu étonnant que Poutine lui rende hommage, l'homme est l'un des rares exemples où l'on peut dire qu'il a fait table rase du modèle précédent et refait le pays à son image, c'est une version russe de Philippe le Bel, un roi de fer aux affaires familiales nombreuses et tragiques mais avec un bilan indéniable. *L'autocratie était le modèle absolutiste de gouvernance de l'empire russe, inspiré de l'absolutisme français. Il dura jusqu'à la Première Guerre Mondiale et a encore de nombreux défenseurs dans la Russie moderne. En effet, pour beaucoup de Russes leur pays est complètement inapte à la démocratie et nécessite une prise en main ferme par un homme d'État autoritaire et tout-puissant. C'est bien l'une des seules choses sur lesquelles les héritages tsariste et soviétique s'accordent : le fait que la Russie doit être dirigée et non gouvernée. **Pierre le Grand augmente l'empire tant à l'Ouest qu'à l'Est. À la conquête balte et l'extension sur la République des Deux-Nations, il faut ajouter une victoire importante sur la Chine qui lui permet d'étendre la frontière au-delà du lac Baïkal et de préparer (on ne le sait pas encore à l'époque) la conquête de la rive droite de l'Amour. C'est également lui qui conquiert Azov, le premier port possédé par la Russie sur la Mer Noire, et il créée la Marine impériale à Voronej. ***C'est grosso modo l'équivalent russe de la garde prétorienne, extrêmement important politiquement mais dont l'efficacité militaire fut médiocre dès que le corps fut politisé et devint héréditaire. Pierre les dissout après leur révolte.
  11. Il est possible que les pax aient simplement oublié de l'allumer, ce genre d'étourderies peut arriver, surtout chez des soldats peu voire pas formés. Ou alors la batterie est tombée à plat. (Oui d'accord j'essaie de trouver des raisons pour que ce truc fonctionne étant donné que pas mal de drones ont quand même été descendus)
  12. Et si ça pouvait être la première victoire du F-35 ? D'accord je sors
  13. Ce que j'allais dire, il faudrait faire un paragraphe entier sur les patriarcats autonomes dont le PŒC a fait une véritable géopolitique.
  14. Attention, l'orthodoxie n'est pas russe. On a tendance à le penser aujourd'hui parce que le pays orthodoxe le plus puissant et qui revendique cette prétendue primauté est la Russie, mais dans les faits l'orthodoxie reste une religion byzantine. Elle dépend donc surtout du Patriarcat Œcuménique de Constantinople.
  15. Ça me semble surtout peu probable après ce coup-là. Les Russes s'y attendront et seront paranos (enfin, plus que d'habitude) pour la défense de leurs bases aériennes. Mais dans trois semaines ou plus tard, quand la surprise sera passée et l'attention diminuera, le coup peut être refait.
  16. Ce qui me perturbe c'est qu'on dirait que les Russes ont atteint leur point culminant pour l'offensive et en tirent les leçons : ils prennent une position défensive globalement et tentent de reconstituer leurs forces avec plus ou moins de succès. En face, les Ukrainiens semblent conserver leur posture défensive également, ils ne semblent lancer aucun effort perturbateur ou d'offensive locale. L'initiative est dans leur camp, ils ont un boulevard devant eux pour faire plusieurs choses comme par exemple enfin réduire les résidus d'avancées russe au nord de Karkhiv. Et ils ne font rien, ils laissent les Russes jouer leur propre séquence sans la perturber. C'est quelque chose que je ne comprends pas, il devrait quand même y avoir quelques actions d'éclat, à moins qu'ils ne se sentent complètement dépassés et difficilement capables de changer de posture. Mais ça va dans le sens des Russes en leur laissant le temps nécessaire à la reconstitution. Après Zaloujny a montré de très bonnes capacités en tant que CEMA. Sans doute y a-t-il quelque chose qui cloche quelque part.
  17. Non. Ils ont pu en reconstituer certains malgré les pertes, il semblerait qu'on soit à un maximum de 110-115 BTGs en Ukraine maintenant, contre 130 au pic. Il y a bien eu perte sèche.
  18. Il me semble me souvenir que les Nord-coréens les ont à disposition ces fameux 100.000 hommes (je sors)
  19. Je confirme, Sciences Po Strasbourg se rengorge par exemple d'avoir un Master spécialisé en géostratégie de manière globale et reconnu en France, ce qui fait figure d'exception. Les diplômes en fonction des régions vous oubliez de suite, ça n'existe pas ou alors dans des écoles non conventionnées dont le diplôme n'est pas reconnu par l'État. Mal bien français que de vouloir s'accaparer le jouet d'abord aux dépends de l'autre avant de savoir qu'en faire !
  20. D'où le "de mémoire" puisque ça fait longtemps que je n'ai pas lu de papier sur les résultats du service et le nombre de gonzes qui rempilaient derrière
  21. Je parlais des conscrits. Pas des EVATs. Sociologie, situation, prospectives, ambitions différentes, donc résultats différents.
  22. Oui, le problème c'est que l'inertie reste. La guerre de positions diminue les pertes mais les volontaires devront faire un dangereux pari : qu'on les recrute pour tenir les tranchées mais pas pour partir à l'assaut se faire massacrer. Et après les racontars de ceux qui sont revenus, ils seront d'autant moins chauds. 10% c'est déjà énorme, même pour du temps de paix. De mémoire on atteint en moyenne à peine 5% de gars qui restent en comptant la réserve. Alors s'engager pour un conflit qui semble durer et qui en plus est meurtrier...
  23. C'est également ce qu'on m'a expliqué dans la famille (grand-oncle ancien du 13e RDP puis barbouze avant d'être brûlé dans l'affaire des otages au Liban). Nous avons des compétences claires et certaines, et supérieures à la majorité de nos alliés, mais nous ne faisons que les entretenir sans trop les utiliser. Nous ne sommes pas dans une mentalité de professionnels mais de guilde qui passe un savoir-faire. Les pros, ce sont les Anglais.
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