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Desty-N

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  1. C'est le moment de passer du maïs au sorgho: Ca tombe bien, d'après wikipedia, les USA sont déjà le premier producteur mondial de sorgho.
  2. +1! D'autant plus que les EPR peuvent tourner avec 100% de MOX, ce qui à court/moyen terme nous assure une indépendance pour le combustible, vu nos stocks de plutonium et d'uranium appauvri. Par contre ça ne garantit pas notre indépendance à long terme, vu qu'on ne sait pas recycler le MOX (pas encore?) Une opération de guerre économique, ça implique une stratégie un minimum réfléchie. Au vu des évènements récents, je doute de la capacité de l'Allemagne à élaborer ce genre de choses. L'attitude concernant le SCAF ou l'abandon de l'EPR et du nucléaire peuvent en tant que telles être considérées comme des actions qui vont à l'encontre des intérêts de la France. Mais l'abus du gaz russe, la volonté d'imposer des économies d'énergie à toute l'UE ou la manière cavalière de vouloir créer un gazoduc Espagne-Allemagne relèvent plutôt à mon sens d'une certaine myopie intellectuelle. Dernier exemple en date: il n'y a pas longtemps, j'ai appris que la baisse du Rhin gênait l'acheminement des barges de charbon. Or, je viens de découvrir que le fleuve avait connu un autre problème de ce genre en … 2018! Pour le moment, je cherche encore les mesures prises par l'état fédéral ou les Länders, après qu'ils aient tiré les leçons des évènements d'il y a 4 ans. Après tout, ils étaient les premiers à nous admonester sur les risques du réchauffement climatique. Pour le moment, la chancellerie allemande est - à juste titre - préoccupée par les soucis de ses fournisseurs d'énergie, et elle va résoudre le problème en … créant une taxe : Je serais curieux de voir si la taxe disparaîtra dans 2 ans , mais en attendant, je ne trouve pas de trace d'une réflexion de fond sur d'éventuels changements dans la politique énergétique teutonne. Quid de la relance du nucléaire? Des investissements dans le réseau électrique pour qu'il puisse s'adapter aux variations de puissance liées à l'intermittence des énergies renouvelables? Je ne dis pas qu'il faut le faire, mais un débat parlementaire sur le sujet - voire une commission d'enquête sur l'influence de Gazprom - me paraitrait justifiée. Pour moi tout ça illustre bien, le manque de vision des décideurs de l'autre côté du Rhin. EDIT : je viens de découvrir une analyse faite par des anglais, concernant la baisse des flux de gaz russes vers l'UE. Pour ce que j'ai commencé à en lire, Moscou a développé une stratégie pensée au préalable. Etonnant de la part de Poutine . En tout cas, ça doit être ce que pensent Schröder et Merkel.
  3. La série noire continue: Sérieusement, entre ce nouveau problème avec le charbon et des panneaux solaires qui commencent à disjoncter en Bavière, faute d'adaptation du réseau électrique, il serait temps que l'Allemagne se lance dans une réflexion stratégique sur sa politique énergétique. Une réflexion de fond.
  4. @pascal& @jmdc33 : vous estimez que les dirigeants chinois savent faire preuve d'une vision à long terme, qui fait peut-être défaut à nos chefs d'état. Comme vous avez travaillé avec des ressortissants de l'Empire du Milieu, vous possédez sûrement une expérience qui me fait défaut. C'est pourquoi, j'espère que vous pourrez m'expliquer, comment Pékin en est venu à autoriser la faillite d'Evergrande et la manière dont la crise immobilière est gérée. Parce que pour moi, la situation ressemble à la crise immobilière américaine de la fin des années 2000, avec une inflation des programmes, une forme de fuite en avant, un détournement d'une partie des fonds engagés par les clients et l'enrichissement d'une partie de la population, qui reposait uniquement sur la progression des prix des biens immobiliers qu'ils achetaient. Les régulateurs estimaient qu'il fallait impérativement purger le marché? De la même manière, je ne saisis pas comment le PCC appréhende le vieillissement de la population chinoise. Cela fait moins de 10 ans qu'on a autorisé les ménages à avoir deux enfants ou plus, jusqu'ici sans gros impact sur la natalité, semble-t-il. Or le nombre de personnes âgées augmente inexorablement, contrairement à la population active. A qui échoira la responsabilité de la première catégorie? Comment le gouvernement prévoit-il de financer leur prise en charge ? Estime-t-on que c'est aux familles de se débrouiller seules? Enfin, pourquoi la Chine reste-t-elle la seule nation au monde à appliquer une politique 0 Covid? Les mesures de confinement drastique peuvent lourdement peser sur la croissance du PIB, comme quand on doit fermer Shanghai et son port. En occident, on sort juste de la septième vague, alors qu'on a un fort taux de vaccination et qu'on utilise la technologie ARN, et ça ne sera sans doute pas la dernière. J'en viens donc à me dire que l'Empire du Milieu pourrait ne pas sortir de la pandémie de Covid avant 3 à 5 ans, ce qui veut dire que les effets sur leur économie durerait jusqu'à 2025-2027. Là aussi, j'avoue que je peine à voir les avantages à long terme de ces décisions. Ne pas dépendre d'un vaccin occidental est plus important que tout le reste? La vision à long terme a ses avantages. Prendre des décisions sans perdre de vue l'objectif à atteindre dans 10 ans permet de ne pas sacrifier l'avenir au profit du présent. Cependant, comme l'a écrit un auteur américain, "l'officier qui en regarde que la ligne d'horizon risque de ne pas voir la pierre sur laquelle il posera sa botte et qui le fera trébucher."
  5. @jmdc33, @pascal Je vais tâcher de copier le post ci-dessous sur le fil adéquat, mais j'aurai besoin de vos lumières. Vous estimez que les chinois font preuve d'une vision à long terme dont nous manquons parfois en occident. Or il y a quelques sujets pour lesquels je peine à voir en quoi Pékin fait preuve de vision à long terme, que ce soit dans le domaines économique (crise immobilière) que social (vieillissement de la population, confinement à grande échelle en cas de Covid)
  6. L'Allemagne se prépare à devoir rationner le gaz cet hiver : Même si je n'ai accès qu'au début de l'article, on peut y lire Berlin commencerait à se demander quelles industries prendront la priorité sur les autres. Tout cela n'augure rien de bon pour l'économie de notre voisin. L'Espagne serait bien prête à le faire profiter de ses terminaux GNL, mais les gazoducs de l'Hexagone manquent de débit. Paris réserve sa réponse sur la possibilité d'augmenter notre réseau. Je vais sans doute faire du mauvais esprit, mais je me demande, si l’Élysée ne verrait pas là l'occasion d'avancer conjointement sur plusieurs dossiers nécessitant une étroite coopération...
  7. L'Iran vient de faire connaître sa position au sujet du nouvel accord sur ses activité nucléaires: Donc, en gros, ils veulent s'assurer qu'on leur joue pas deux fois le même tour, et que si les USA changent à nouveau d'avis, l'UE tiendra quand même ses engagements. Je comprend que les iraniens soient échaudés, mais j'ai du mal à imaginer que les 27 acquiescent. Non pas que je sois contre le principe d'une Europe prenant son autonomie stratégique vis-à-vis de l'Amérique. Je serais ravi si on y arrivait un jour. J'ai juste du mal à imaginer certains des membres de l'Union oser aller à l'encontre des décisions de l'Oncle Sam, même si c'était à nouveau Trump qui occupait à nouveau la Maison Blanche. Certes les sanctions à l'encontre de la Russie ont prouvé que l'UE pouvait désormais montrer les crocs. Mais le marché intérieur américain reste extrêmement important pour nos entreprises, tandis que le dollar constitue toujours la devise incontournable sur les marchés internationaux. Tout particulièrement pour le pétrole et l'aéronautique. (quoique Airfrance ait récemment acheté des Airbus en Euros ) Est-ce que l'Europe est prête à se doter d'un mécanisme de rétorsion, au cas il faudrait se lancer dans un bras de fer avec l'Amérique. Je vais être optimiste ... il y a un chance sur 10 que ça arrive. (mais si on osait, je sortirais le champagne!) La vraie question, c'est pourquoi l'Iran pose cette condition ? Ils ne sont pas idiots, ils connaissent la situation diplomatique occidentale. Ils refusent cette réalité? Ils veulent pouvoir refuser l'accord, sans passer pour les méchants ? Personnellement je me demande s'ils ne comptent pas diviser notre camp en nous mettant face à nos contradictions. J'espère juste que Téhéran restera raisonnable. Comme je l'ai écrit voici quelques jours, ils ont des missiles balistiques, ils sont en mesure de menacer les installations pétrolières de tout le Golfe persique . Avec un tel rapport de force, ils pourraient se satisfaire d'en rester seuil nucléaire (par exemple, ne pas stocker de bombe atomique, mais posséder la matière fissile et les équipements nécessaire pour en assembler une en quelques jours.) Cela éviterait de pousser l'Arabie Saoudite, la Turquie ou l’Égypte à se lancer aussi dans la course à l'arme nucléaire. Une situation qui ne servirait absolument pas les intérêts de l'Iran (ou ceux d'Israël )
  8. En voyant les articles sur le satellite Khayyam, j'ai réalisé que, depuis le début de l'année, tout le monde se focalisait sur le programme nucléaire iranien, mais qu'on oubliait un peu leur programme de fusées spatiales. Programme qui se trouve étroitement lié avec leur capacité à produire des missiles balistiques. Si leur premier satellite mis sur orbite par leurs propres moyens date de 2009, ils ont depuis connu pas mal de déboires, Au point que Trump s'en était ouvertement moqué ... en tweetant une photo confidentielle Bien. Sauf qu'en avril 2020, l'Iran a pris tout le monde au dépourvu en mettant sur orbite le Nour-1. La plus grande surprise venait de l'organisation en charge du lancement. Il ne s'agissait pas de l'Agence spatiale iranienne, mais des Gardiens de la Révolution, que personne ne semblait avoir vu venir dans ce domaine. Et si les médias parlent beaucoup de Khayyam, je n'ai pas vu grand chose sur Noor-2, mis sur orbite lui en avril 2022. Un lancement réussi peut passer pour un coup de chance, à partir de deux, on peut commencer à avoir un doute. Plus intéressant encore, les iraniens ont communiqué sur le lanceur qu'ils ont utilisé, le Qased. Et ils le transportent sur un camion: Donc ils n'ont pas besoin d'une base fixe pour le déployer. Ce qui signifie que les Gardiens de la Révolution bénéficient de missiles balistiques mobiles. Missiles qui utilisent du carburant solide - plus facile à utiliser en urgence- sur deux de ses étages, et peut-être bientôt sur les trois. Comme les Gardiens m'ont l'air de bien aimer jouer les trolls, ils ont fait savoir que Noor-1 emportait une photo de Qassem Soleimani, un de leurs généraux, tué en janvier 2020, par un drone américain. Et comme ils sont vraiment taquins, après qu'en 2020, le Pentagone ait comparé Noor 1 à "une web cam dans l'espace", ils ont publié en mai dernier une photo d'une base américaine. Plus sérieusement, avec le Qased, l'Iran est en mesure de dire aux pays du Golfe Persique "si une de vos armées m'attaque - ou soutient celle des USA alors qu'elle m'attaque - aucun de vous n'est à l'abri." Téhéran peut sans doute frapper n'importe quelle installation pétrolière de ses voisins. Ça devrait calmer quelques ardeurs belliqueuses. Je pense que les iraniens doivent même se trouver en mesure d'atteindre Israël, le cas échéant. Vu que l'état hébreux dispose lui aussi de missiles balistiques - et également de la bombe A - je me prend à espérer la même chose que pour pour Taïwan et la Chine. A savoir que les deux pays disposent d'un canal de communication informel pour dialoguer et éviter que les choses ne dégénèrent.
  9. Le problème pour une frappe surprises, c'est que Taïwan dispose d'un radar équipé de la technologie Pave Paws , spécialisé dans la détection des missiles. J'ignore s'il est capable de voir à travers un typhon, mais j'espère que oui. Depuis la fin des 70, une bonne partie du système d'alerte des USA dépend de ces équipement. J'ai un peu de mal à imaginer qu'une bonne tempête aurait suffi à rendre l'Amérique vulnérable. Plus prosaïquement, il faut se rappeler que certaine des défenses de Taïwan sont mobiles. A commencer par les onze HIMARS M14, gracieusement vendus pas les USA en octobre 2020, et munis de munitions longue distance MGM-140 ATACMS qui portent jusqu'à 300 kilomètres. Si Pékin ne peut pas être s'assurer de leur emplacement, il risque de ne pas réussir à tous les détruire. Et dans ce cas Taipei pourra répliquer sur le continent. Toute base et port militaire située à moins de 300 km de Taïwan pourrait se retrouver prise pour cible. Le fait que les deux camps possèdent des missiles balistiques m'inquiète sérieusement. Je crains une escalade qui risquerait de mal se terminer vu que le plus gros des deux pays possède la bombe atomique. Pour éviter qu'on en arrive là, j'espère que : les taïwanais possèdent une doctrine d'usage de leurs missiles balistiques. Cela me semble d'autant plus nécessaire, que d'ici 4 ans, ils pourraient bien parvenir à lancer un satellite, ce qui leur donnerait accès à la technologie des missiles balistiques à longue portée. Taipei a trouvé un canal informel pour discuter sur le sujet avec Pékin. Depuis la crise de Cuba, on sait qu'à partir d'un certain niveau de puissance, il vaut mieux éviter le conflit. Et pour ça, le dialogue, même discret, reste la meilleure solution. Sinon, le dernier post de @HK sur la météo, m'a poussé à creuser les difficultés que la météo a posées lors du débarquement de 1944 en Normandie. La tempête du 19 juin, a mis a mal les infrastructures de ravitaillement, mais heureusement les alliés ont mis la main sur Cherbourg le 26 juin. L'empreinte logistique d'une armée reste une contrainte majeur. En dehors du créneau avril-juin, la météo ne bloquera peut-être pas totalement la navigation, mais ça risque de poser de sacrés soucis au cargos chinois qui viendraient approvisionner - quotidiennement -les troupes de l'APL. Décharger sur une simple plage ne me parait guère évident, même par temps calme. Alors en pleine tempête ... Conclusion: si Pékin veut envahir son petit voisin insulaire, alors il lui faut dès que possible mettre la main sur un port un port en eau profonde. J'ai commencé à chercher, et, à priori, Taïwan n'en possède pas beaucoup : Ceux sur la cote est me semblent peu adéquats. Il resterait donc Kaohsiung, Taichung, et enfin Taipei / Keelung. Les taïwanais ne me semblent pas idiots, alors j'espère qu'ils possèdent de bon plans pour défendre ces installations.
  10. J'ai vérifié sur le site des garde-cotes japonais, et il semble que j'ai mélangé eaux territoriales et ZEE J'en ai profité pour vérifier le statut des ZEE dans le droit de la mer : Donc Tokyo ne pourra pas accepter ou refuser à sa guise de bloquer les navires. Par contre, il pourra prendre les mesures qu'il jugera nécessaires pour assurer la libre circulation. Par exemple, si un conflit Chine-Taïwan éclatait, et que le Japon croyait détecter un sous-marin inconnu, dans le Pacifique, au sud des Senkaku, il serait de son devoir de demander aux cargos de patienter. Uniquement, pour éviter qu'ils courent des risques inutiles bien évidemment. Bref, pas de blocage nippon, mais une indéniable capacité à ajouter de la viscosité dans les flux de navire, en fonction de son bon vouloir. Me pencher sur le détail de la géographie japonaise m'a fait réaliser que l'île de Yonaguni-jima ne se trouvait qu'à une grosse centaine de kilomètre de Taïwan. S'il faut ravitailler cette dernière, c'est beaucoup plus proche et intéressant que les 700-1500 kilomètres évoqués par @herciv Concernant la polémique sur la météo, Mon opinion sur les difficultés à naviguer du coté de Taïwan pendant une bonne partie de l'année me vient d'un post de @HK : Il a navigué dans la région, et il a pris la peine de nous fournir des liens pour étayer ses propos. S'il affirme que la seule fenêtre météo pour envahir Taïwan, c'est avril-juin, ça me semble tout à fait crédible. D'autant plus que ça ne serait pas la première fois que, dans la région, le mauvais temps empêche une invasion. Au XIII ème sicle, le typhon kamikaze a sauvé le Japon des envahisseurs mongols. Et il ne faut pas croire que la technologie, nous permet de nous affranchir des contraintes liées au mauvais temps. Le 19 juin 1944, une tempête en Normandie a bien failli mettre à mal le débarquement. Les opérations amphibies restent des summums de l'organisation militaire, extrêmement compliquées à mettre en place. Il semble que la dernière qu'on considère comme un succès, se soit déroulée à Incheon, en Corée, au début des années 1950. Ça commence à faire un bail.
  11. J'ai vu différents commentaires sur ce post, et c'est fou comme on a chacun notre propre interprétation. Moi, par exemple, la première chose que je retiens, c'est que l'article confirme bien qu'on est dans la saison des typhons. Dans ces conditions, autant oublier toute tentative de débarquement. Ensuite, le journaliste souligne que la Chine aurait beaucoup à perdre en cas de blocus: Or isoler Taïwan ne la ferait pas capituler du jour au lendemain. De plus, il faudrait que l'opération se déploie de tous les côtés. Or pour rappel, Taipei dispose de sa version locale du Harpoon, qui porte jusqu'à 160 km. Cela donnerait une zone de guerre de 160 km de rayon centrée sur l'île, où les cargos ne pourraient pas naviguer. Ce qui nous amène au sud jusqu'aux Philippines et au nord jusqu'au ... Japon. Autrement dit, en cas de blocus de Taïwan, Pékin risque de voir le commerce de Shanghai dépendre du bon vouloir de son voisin nippon, qui pourra accepter ou refuser à sa guise que les porte-conteneurs traversent ses eaux territoriales. (L'oncle Sam aura sans doute aussi son mot à dire). Le genre de situation qui risque de s'avérer délicate à gérer et difficile à vivre...
  12. Tirer des missiles pour une attaque saturante peut-être, mais pour une attaque surprise ça me semble quelque peu ardu : la technologie Pave Paws utilisée à Leshan est conçue pour détecter les projectiles en vol! Et ce, jusqu'à 5 000 kilomètres de distance. La Chine pourrait tenter de tirer des missiles de croisière depuis un sous-marin qui se serait rapproché des côtes, mais j'ignore si elle possède la technologie (la France par exemple ne la déploie que sur les Suffren, sa nouvelle génération de SNA, qui embarque le MdCN dpuis 2020) De toute façon, du fait de son positionnement (2600 m d'altitude, à bonne distance des côtes), la station radar a de bonnes chances de détecter quand même le lancement. Si elle en détermine l'origine, la défense navale pourra agir. Pour l'équipage du submersible, il s'agira donc d'une mission très risquée. De plus ce genre de bâtiments ne possède pas une capacité d'emport illimitée. Même s'ils tirent 4 à 6 MdC, ces derniers devront atteindre une cible située à l'intérieur des terres, dans une zone vallonnée, et protégée par des canons Phallanx CIWS. Le succès n'est donc pas garanti. Une salve de DF-17 supersoniques tirés depuis l'empire du milieu me semble posséder de meilleures chances de réussite. Envoyés en assez grand nombre, ils peuvent saturer les défenses de leur adversaire. Mais même s'il ne peut pas y échapper, le radar de Leshan les détectera et donnera l'alerte avant d'être détruit. (et au pire, sa destruction en elle-même constituera une sérieuse alerte ) Dans ces conditions, je ne vois pas comment prendre l'armée Taïwan par surprise. Or, parmi leurs équipements, les militaires disposent de lance-missiles mobiles. En cas d'attaque, ils peuvent fort bien les déplacer pour échapper à la première salve de projectiles adverses, avant de répliquer. Et si on bombarde leur territoire, ils risquent bien de se trouver autorisés à répliquer. Par exemple avec les HIMARS, achetés en 2020, et dotés de projectiles longue portée MGM-140 ATACMS. Même si personnellement je trouve ça dangereux, cela implique que toutes les installations portuaires chinoises situées à moins de 300 kilomètre de Taïwan se trouveront menacées. Dans ces conditions, si l'APL veut lancer une invasion, l'opération amphibie devra démarrer de bases plus éloignées. Au lieu de traverser un détroit de 180 kilomètres, il faudra parcourir une distance d'au moins 300 kilomètres, soit deux tiers de plus. Qui dit trajet plus long, dit plus d'aléas, plus de risques d'attaque en mer et surtout plus de temps pour arriver. Or le temps est un facteur crucial dans toute cette histoire. La météo de la région constitue une contrainte impossible à négliger. Entre les moussons et le typhons, le créneau pour une opération hostile va de début avril à fin juin, soit une centaine de jours au grand maximum. Chaque tranche de 24 heures perdue diminue donc de 1% les chances pour les chinois d'atteindre leurs objectifs. Et les moussons de juillet n'attendront pas. Encore une fois la conquête de Taïwan ne me semble pas impossible, mais ses défenseurs paraissent déterminés à la rendre extrêmement difficile. Et il semble que, pour atteindre cet objectif, ils possèdent quelques atouts dans leur jeu. Atouts dont le nombre pourrait augmenter de manière significative à partir de 2025-2027. (sous-marins avec Harpoon trans-horizon, fusée / missile balistique longue portée)
  13. Après avoir expliqué pourquoi je pensais que la Chine devrait composer avec des contraintes qui la généraient pour mettre la main sur son petit voisin insulaire, et comment je pensais que Taïwan développait ses forces pour rendre cette invasion extrêmement difficile voire à terme impossible, il me semble opportun de voir comment les USA pourraient jouer leurs atouts au vu de la situation régionale. Contrairement à mes deux posts précédents, il s'agit avant tout de spéculations personnelles, mais que je vais essayer d'argumenter de mon mieux. En premier lieu, je peine à imaginer Washington entrer en conflit direct avec Pékin. On parle quand même de deux puissances nucléaires, disposant de SNLE, et donc capable de causer à l'autre des pertes se comptant en dizaines de millions de morts. Depuis 1945, l'histoire montre que, quand des pays possèdent la bombe atomique, ils évitent de s'affronter directement. C'est pour cela par exemple, que, malgré l'existence de l'OTAN et ses promesses de défense mutuelle, l'Allemagne se démène pour garder des bombes nucléaires américaines sur son territoire, quitte à acheter des F-35. Berlin ne semble pas accorder trop de confiance aux seuls engagements américains. La présence sur son sol d'armes aussi puissantes que sensibles constitue visiblement une bien meilleure garantie à ses yeux. Taïwan n'appartient même pas à l'OTAN, alors je doute que les américains prennent le risque d'une guerre nucléaire. Cela ne veut pas dire qu'ils se trouvent dépourvus de moyens d'action. Ils restent la première puissance économique, militaire, technologique et culturelle mondiale, ils disposent de multiples leviers pour favoriser Taipei plus ou moins discrètement. Tout d'abord Starlink. Depuis le début de l'année, la guerre en Ukraine a montré comment les soldats de Kiev parvenaient à tirer parti de ce réseau de communication global, décentralisé et particulièrement difficile à bloquer, vu les échecs russes en la matière. Même s'il m'exaspère souvent, je dois reconnaître qu'en leur livrant des transmetteurs satellites, Elon Musk a aidé les militaires ukrainiens de manière importante. Si la Maison Blanche s'arrangeait pour que les taïwanais reçoivent le même genre de matériel, ils sauraient surement en faire bon usage. Pékin ne s'y est d'ailleurs pas trompé, puisque ses chercheurs planchent discrètement sur la meilleur manière de neutraliser Starlink ( https://fr.newsmonkey.be/starlink-latout-spatial-de-taiwan-qui-derange-la-chine/ ) Outre les équipements de communication, Washington n'hésite pas à vendre à Taipei différents types d'armes, dont un a particulièrement retenu mon attention. En octobre 2020, ils ont fourni onze HIMARS M142 ( https://www.defensenews.com/congress/2020/10/12/us-advances-three-arms-sales-packages-to-taiwan/ ) Cette transaction m'a surpris, puisque les Taïwanais possèdent leur propre modèle de lance-roquettes, le Ray Ting 2000, capable de tirer jusqu'à 45km ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Ray_Ting_2000 ) et dont ils veulent étendre la portée à 200km. Il se peut que le matériel américain s'avèrent intéressant du fait de sa portée (80 km) et de sa précision, mais j'ai envisagé une autre hypothèse. Je me suis demandé, si les USA n'ont pas tout simplement fourni avec leurs lance-roquettes des munitions balistiques longue distance MGM-140 ATACMS ( https://fr.wikipedia.org/wiki/MGM-140_ATACMS ) avec une portée de 300 km. Et devinez quoi ...?? C'est le cas https://missilethreat.csis.org/us-approves-taiwan-atacms-slam-er-harpoon-missile-sales/ (tout comme des Harpoon Block II et des missiles de croisière anti-navire AGM-84H/K SLAM-ER) Certes les MGM-140 ATACMS ne sont pas conçus pour la lutte anti-navire, mais ils semblent très précis. S'ils en lancent assez, ils peuvent saturer une zone donnée, et, du fait de son inertie, un navire ne possède qu'une marge de déplacement limitée pour tenter des manœuvres d'échappement (surtout si on ne bénéficie que d'un faible délais d'alerte, comme c'est souvent le cas avec les missiles balistiques) Enfin, les futurs Precision Strike Missile, toujours mis en œuvre depuis des HIMARS M142, seront eux à terme eux prévus aussi pour couler les navire ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Precision_Strike_Missile , https://breakingdefense.com/2018/03/army-will-field-100-km-cannon-500-km-missiles-lrpf-cft/ ) Les taiwanais disposent donc de projectiles tirés depuis un lanceur mobile, précis et capables de couvrir non seulement un détroit de 180 km de large, mais aussi le cas échéant tous les ports et arsenaux qui se trouvent à proximité. En cas de conflit, ça devrait quelque peu perturber la logistique d'une opération amphibie chinoise. Le plus bizarre, c'est que je n'ai pas trouvé de trace de protestation de la part de Pékin au sujet de cette vente d'armes, alors que 5 minutes de recherches m'ont suffi pour découvrir un article concernant la nouvelle politique chinoise vis-à-vis de Starlink. Petit bémol: quelque part, ça me semble risqué, je crains les bavures. J'ai évoqué le programme spatial de Taïwan, qui lui permettra de facto de disposer d'un missile balistique longue portée, mais il s'agira là d'une arme stratégique qu'on dotera vraisemblablement d'une chaine de commandement spécifique. Un lance roquette sur un camion relève lui du domaine tactique. Ses servants devront agir dans l'urgence du combat, ce qui multipliera les risques d'erreurs. Il faudrait que ces dernières restent du domaine de la faute tactique, et pas au delà. Si une roquette finissait par erreur sur la cote chinoise, je ne sais pas trop ce qui se passerait. Le dernier point sur lequel la Maison Blanche peut jouer, c'est son réseau d'alliance dans la région. Même si le voyage de Nancy Pelosi a jeté un froid, le Japon et la Corée du Sud restent des alliés solides des USA avec des bases de l'armée américaine sur leur territoire. Depuis quelques années les Philippines et le Vietnam se sont également rapprochés de Washington. Pourquoi ne pas organiser avec les armées de ces deux dernières nations quelques exercices en mer de Chine du Sud? Par exemple entre les Paracels et les Spratleys, deux archipels sujets aux bisbilles avec l'Empire du Milieu. Des exercices militaires raisonnables, bien entendu , à bonne distance des îles contestées. Mais des exercices entre avril et juin. Histoire que durant cette période, la Marine chinoise ne puisse pas consacrer toute son attention et ses moyens à une possible invasion de Taïwan. Et bien évidemment, si jamais Pékin essayait quand même de débarquer sur Taïwan, il me semblerait pertinent que, comme en Ukraine, les USA fournissent un maximum d'infos à Taipei, via Starlink, le cas échéant. Entre les satellites, les drones HALE, les AWACS qui pourraient décoller depuis les bases de l'US Air Force au Japon, ça ne serait pas les données qui manqueraient. On pourrait même imaginer que le GAN de la septième flotte reste loin de Yokosuka pour un moment et tourne en rond dans les eaux internationales au nord des Philippines, histoires que ses Hawkeyes gardent un œil sur les navires du coin. Si on combine des roquettes longue distance à haute précision, et des renseignements précis sur la position des navires ennemis, Taïwan pourrait parvenir à interdire qu'on l'approche. Bien sur, ça ne pourrait pas durer éternellement, mais encore une fois, il leur suffit de tenir trois mois, d'avril à juin. Ensuite la météo devient leur meilleur allié. De plus, une centaine de kilomètres séparent Taïwan du Japon au nord, et le détroit de Luçon, au sud, mesure lui 150 kilomètres. Si Taipei réussissait à en bloquer l'accès aux Chinois, sa cote se trouverait à l'abri et lui permettrait d'être ravitaillée de ce coté. Pour résumer, sans intervenir directement, les USA disposent de différents canaux et leviers lui permettant d'ors et déjà d'apporter une aide importante à Taïwan, et qui, en cas de conflit prendraient encore de l'ampleur, donnant à Taipei la possibilité de se défendre un peu comme l'Ukraine le fait actuellement.
  14. Je pense que ce n'est pas le genre de problème qui va freiner le govt chinois ! quand on confine des villes de plusieurs millions d'habitants, ce que tu évoques est une pacotille. Le souci ce ne sont pas les scrupules des dirigeants chinois, mais l'immobilisation d'unités entières sur un champ de bataille, si jamais on y soupçonne une contamination. En temps de paix, d'accord, mais en temps de guerre ça gêne considérablement. Surtout quand tu te bats avec un détroit de 180 km qui te sépare de chez toi. Sinon, comme je l'expliquais hier, je me suis aussi un peu intéressé aux forces armées taïwanaises eaux différents matériels à leur disposition, ce qui m'a valu quelques surprises. Je ne compte pas dresser un tableau exhaustif, mais pointer plusieurs équipements que je connaissais pas ou mal et dont l'APL devra absolument tenir compte, si elle veut débarquer sur l'ancienne Formose. Je tâcherai de commencer par les présenter, avant de faire état des réflexions qu'ils m'inspirent. armée de l'air: dans un espace tridimensionnel, pour ne pas être aveugle, le capteur de prédilection c'est le radar. Du fait de la rotondité de la terre, le radar a une porté limitée à la ligne d'horizon. Pour augmenter la portée, le plus simple consiste à prendre de la hauteur, d'où l'existence des AWACS ou des Hawkeyes. Mais on peut aussi profiter du relief. Or il se trouve que Taïwan est un île très vallonnée, avec 62 sommets dépassant 3000 mètres. ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Géographie_de_Taïwan#De_hautes_chaînes_de_montagne_au_centre ). J'ai donc creusé un peu le sujet, histoire de voir si j'étais le seul à avoir pris conscience de cette spécificité géographique et il se trouve que non. Taiwan a installé en 2006 la station radar de Leshan, sur le mont Jiali, 2600 mètres d'altitude. Il s'agit d'un des 6 modèles Pave Paws à travers le monde, qui fonctionne selon une technologie mise au point et vendue - bien évidemment - par les USA. Dédiée à l'observation aérienne, faisant appel à la réfection des ondes sur la ionosphère, elle permet d'observer les avions et les missiles jusqu'à 5000 km de distance ( https://www.taiwannews.com.tw/en/news/4065558 ). Cerise sur le gâteau, du fait de son installation en hauteur, cette station permet également d'observer les navires. J'ai fait un peu de trigonométrie basique, et il semble que ça permette de voir les bateaux jusqu'à 180 km de distance, ce qui correspond à la largeur du détroit qui sépare l'île du continent. (sûrement une heureuse coïncidence ) En bref, depuis plus de 15 ans Taïwan peut voir tout ce qui vole au dessus de la Chine et tout ce qui navigue dans le détroit. Seul bémol, le radar est orienté vers l'ouest. Je pense donc que ce n'est pas un hasard, si les récents exercices de l'APL se sont déroulés sur presque tous les cotés de l'île en même temps. Il n'en demeure pas moins, qu'en cas d'invasion, Leshan me semble une cible prioritaire. Elle semble bien défendue, puisque située à l'intérieur des terres, dans une zone montagneuse, et protégée par des canons Phalanx ( https://www.thedrive.com/the-war-zone/29405/taiwan-reveals-land-based-variant-of-naval-point-defense-missile-system-to-guard-key-sites ). Elle ne sera donc pas facile à atteindre, même si des joujous hypersoniques comme le DF-17 devraient pouvoir s'en charger. Par contre une telle action constituera une ouverture des hostilités dépourvue de toute ambiguïté, et rend impossible une attaque surprise. De plus Taiwan dispose également de quatre stations radars AN/TPS-117 montées sur camion ( https://www.spacedaily.com/news/bmdo-02o.html ) D'après wikipedia, leur portée dépasse les 450 km. De plus, l'île dispose d'un réseau de routes qui couvre une bonne partie des reliefs montagneux. En cas de pertes de Leshan, les 4 radars pourraient bien se retrouver au 4 points cardinaux, à une altitude suffisante pour observer à grande distance. Et comme ils sont mobiles, s'ils détectent une menace les visant directement, ils pourront faire comme le CAESAR replier leur matériel, allumer le moteur du camion et mettre les bouts. Un missile se trouvera bien en peine de les détecter et un chasseur-bombardier qu'on voit venir et qui s'attarde trop longtemps sur une zone voit son espérance de vie chuter rapidement. marine : Taipei a longtemps cherché à acquérir des sous-marins d'attaque dernier modèle, mais tous les pays approchés ont fini par décliner, suite aux pressions de Pékin. Seul les américains ne se laissaient pas impressionner, mais ils ne construisent plus que des SNA et non des modèles classiques. Taïwan a donc décidé de fabriquer elle-même ses submersibles, en faisant appel à la société locale CSBC Corporation ( https://en.wikipedia.org/wiki/Indigenous_Defense_Submarine ) ll s'agit d'une première pour ce pays, et même avec l'aide de consultants japonais, je doute que ces engins affichent des performances navales particulièrement bonnes. Là où ça devient intéressant, c'est qu'ils se trouveront équipés systèmes de combat américains, dont Trump a autorisé la vente en 2018, et qui incluent des missiles Harpoon ( https://en.wikipedia.org/wiki/Harpoon_(missile) ) , Or ces armes ont une longue portée. On peut les tirer derrière la ligne d'horizon. Dans ces conditions, le problème des performances des sous-marins se pose de manière moins criante, particulièrement en ce qui concerne la signature sonore. Plus on est éloigné d'un navire, moins il y a de chance qu'il nous détecte. On peut imaginer par exemple un submersible naviguant à petite vitesse sur batterie, qui laisse passer un convoi militaire, en restant à bonne distance, mais qui acquiert suffisamment d'informations (via l'immersion périscopique?), pour obtenir une solution de tir. Dès que les bateaux auront disparu au delà de la ligne d'horizon, les taïwanais font feu. Ça serait sûrement dangereux pour l'équipage, voire limite suicidaire, mais, dans le cadre d'une tentative d'invasion, ils se battraient pour la survie de leur pays, ce qui peut les amener à prendre de (très) gros risques, si ça leur permet de faire mal au camp d'en face. La mise à l'eau du premier exemplaire est prévue pour 2025. Vu le manque d'expérience du chantier naval en la matière, je m'attend à des déboires et à des retards. Par contre, 2027 me semble envisageable. Ce qui veut dire que si la Chine ne sort pas assez vite de l'épidémie de Covid, elle fera face à un -voire 2 - sous-marin(s) armé(s) de Harpoon, susceptibles de leur contester l'accès aux eaux territoriales taïwanaises. armée de terre : en l'occurrence, ce qui m'a intéressé, c'est l'artillerie, ou plus précisément certains des projectiles disponibles pour bloquer l'accès aux côtes taïwanaises. Un ancien attaché militaire de l'ambassade de France en Chine expliquait que l'état-major taïwanais avait étudié les côtes afin de recenser les lieux poropices à un débarquement. Je pense que les terrains en question doivent se trouver garnis de joujous comme le missile sol-mer Hsiung_Feng_II ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Hsiung_Feng_II ) qui porte jusqu'à 160 km A terre, il s'agit d'équipements fixes, Pékin doit donc connaître leur emplacement. En cas de conflit, ils risquent donc de connaître le même sort que la station radar de Leshan. Mais comme ils ne faut pas prendre les taïwanais pour des abrutis, il se trouve qu'ils disposent également de 57 lance-roquettes mobiles Ray Ting 2000, capables de tirer jusqu'à 45km ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Ray_Ting_2000 ) Je trouve qu'ils ressemblent beaucoup aux HIMARS américains. D'ailleurs comme ces derniers, Taïwan a prévu qu'à terme, ils puissent tirer des missiles à plus de 200 km de distance, soit plus que la largeur du détroit de Formose. Grâce au radar de Leshan, Taipei doit d'ors et déjà posséder une connaissance précise de la côte continentale qui lui fait directement face. Si on y trouve des chantiers navals, des installations portuaires, tant militaires que civiles, qui pourraient servir à une invasion, elles seront bientôt susceptibles de devenir des cibles. D'un autre côté, si la Chine décidait de mettre en place un blocus de Taiwan, Taipei pourrait déclarer qu'il s'agit d'un acte de guerre, et qu'en conséquence, le détroit devient une zone dangereuse pour tous les bateaux. Même les porte-conteneurs. Quelques roquettes tirées dans l'eau devraient suffire pour faire flamber les primes d'assurances des navires de commerce qui passent dans le coin et mettre en difficulté les exportations chinoises. Bref, un prêté pour un rendu. Dans ce domaine, ma plus grande inquiétude concernerait la précision des tirs. Menacer le territoire d'une puissance nucléaire n'est pas sans risque, même si ça venait d'une petite nation qui se battrait pour sa survie. programme spatial. J'ai déjà eu l'occasion de rappeler que Taiwan développe ses propres lanceurs, avec pour objectif de lancer un satellite par ses propres moyens, sans doute d'ici la fin de la décennie vu l'avancée du programme ( Les médias évoquent 2026 https://www.taiwannews.com.tw/en/news/4476548 ). Or on sait depuis Soyouz qu'une fusée n'est rien d'autre qu'un missile balistique un peu détourné. Si Taipei met un objet en orbite, alors elle peut menacer de manière crédible l'intégralité du territoire chinois, à commencer par ses cotes. Bientôt quand Pékin les menacera, ils pourront de leur coté rappeler que l'intégralité de la côte, de Shanghai à Macao, se trouvera à leur portée. Et si Xi en vient à évoquer le recours au nucléaire, on peut toujours envisager de taper un barrage comme les trois gorges. Pour résumer, je dirais que la Chine dispose indiscutablement d'un créneau pour envahir l'ancienne Formose. Il commencera avec la fin de l'épidémie de COVID (2025-2027?) dans le pays et il s'achèvera avec le premier lancement réussi d'une fusée Taïwanaise (2026-2030?). Et même durant cette période -qui pourrait s'avérer très très courte - les taïwanais disposeront des moyens de rendre l'invasion extrêmement difficile. Et tout ça, c'est sans compter le rôle que pourraient jouer les américains, mais je réserve ce point pour un autre poste. Celui-là est déjà bien assez long !
  15. Ça brule en Allemagne, près de Berlin: A priori, aucun mort, et "seulement" 1.5 ha de brulés, mais ça m'a rappelé qu'il n'y a pas de raison que le réchauffement climatique s’arrête à la frontière du Rhin. Les pompiers allemands auront peut-être bien besoin un jour de quelques des 22 canadairs qu'on vient de commander...
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