Berezech

Politique étrangère du Royaume-Uni

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La perfide Albion ! Ennemie séculaire de la France, jadis l'Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

- Etat nationaliste et égoïste à tête de bulldog ?

- Yorkshire de Washington ?

- Taupe infiltrée dans l'union Européenne ?

- Vieille Britannia trônant dans les ruines de son Empire, rebaptisé Commonwealth, qui lui permet encore de dealer son influence et sa culture au moindre coût ?

4 gros axes de la politique étrangère britannique, qui m'est un mystère confondant et sur laquelle j'aimerais bien les avis des experts de la géopolitique du forum. Et pas seulement pour savoir quels animaux sont les anglais  ^-^

Quels sont leurs intérêts stratégiques ? Où ils pèsent ? Quelle est le rôle de leur défense dans leur politique internationale ?

C'est un sujet un peu historique puisqu'on peut analyser une continuité depuis le XVIe siècle (et le renoncement à poser le pied sur le continent à la faveur de la politique consistant à affaiblir ses voisins et à se répandre partout où il y a de la place)

A l'heure d'aujourd'hui cette politique est marquée par plusieurs phénomènes qui la remette en cause :

- La crise économique, qui a frappé très durement un pays qui a difficilement affronté les transformations de la fin du XXe siècle mais qui conserve de sérieux atouts.

- L'alignement sur Washington, si il reste un paradigme inamovible a été affecté par les échecs des interventions en Irak et en Afghanistan

- La place dans l'UE qui est remise en cause

- La montée du multilatéralisme (probablement pas comme le voyait les français  :lol:) au détriment du projet de "l'Occident".

- Un nationalisme fort dans un Etat très cosmopolites et ouvert à la mondialisation.

Vaste sujet à discuter mais qui me fascine d'autant plus que la GB est notre "meilleure ennemie" et que nous entretenons une histoire commune et des destins parallèles assez fascinants. Mais qui aujourd'hui encore nous pose en concurrents (avec des proximités d'intérêts) plus que comme des alliés (aux groooosses divergences).

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La perfide Albion ! Ennemie séculaire de la France, jadis l'Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

  En effet, et on la titille facilement ... :

http://www.lepoint.fr/insolite/sacrebleu-un-coq-bleu-seme-la-discorde-a-londres-25-07-2013-1708365_48.php

 

Un coq géant couleur bleu roi a élu domicile jeudi dans le centre de Londres sur la célèbre place Trafalgar, suscitant les critiques acerbes de défenseurs du patrimoine britannique qui voient dans cette sculpture un symbole du chauvinisme français.

L'oeuvre de 4,7 mètres de haut, création de l'artiste allemande Katharina Fritsch, va reposer fièrement pendant dix-huit mois sur "le quatrième piédestal" de l'esplanade touristique londonienne.

Ce socle, qui aurait dû accueillir une statue équestre, est resté vide pendant 150 ans et reçoit régulièrement depuis 1998 des oeuvres d'art.

Katharina Fritsch a beau se défendre: "le coq est un symbole du renouveau, du réveil et de la force", tout le monde au Royaume-Uni ne l'entend pas de la même oreille, le gallinacé étant aussi l'emblème de la France conquérante.

Cette statue est "parfaitement inappropriée", a estimé une association de défense du patrimoine, la Thorney Island Society, dans une lettre adressée aux élus de Londres.

Le coq est d'autant plus mal accepté qu'il trône à quelques mètres seulement de la statue de l'amiral Nelson, héros britannique, vainqueur des troupes napoléoniennes à la bataille de Trafalgar en 1805.

Le maire de Londres, Boris Johnson, défend ce choix: la statue controversée est "un symbole de la capitale mondiale culturelle et artistique".

Le quatrième piédestal a notamment accueilli ces dernières années une maquette du bateau de Nelson enfermée dans une gigantesque bouteille en verre de l'artiste Anglo-nigérian Yinka Shonibare, et un garçonnet sur un monumental cheval à bascule doré, des Danois Elmgreen et Dragset.

  J'ai mis l'article entier car ca vaut son pesant de galinacée gauloise ...

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Je crois pas qu'il y ait de fil dédié au royaume unis (juste un sur l'indépendance de l'Ecosse), à défaut je vais poster ici.

Article sur les déficiences du système hospitalier britanniques

http://www.theguardian.com/society/guardianwitness-blog/2015/jan/08/surviving-night-nhs-hospital-a-and-e-doctors-story

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http://www.theguardian.com/world/2015/feb/09/angela-merkel-assailed-from-all-sides-in-drive-to-pacify-russia-and-us-on-ukraine (9 févrie 2015)

 

La Grande-Bretagne, qui comme la France s'accroche à son auto-perception de poids-lourd européen de la défense et de la sécurité, a été impliquée encore moins [que la France à propos de l'Ukraine]. Peut-être que David Cameron, faisant une fixation sur les élections générales de mai, fait le calcul que les Ukrainiens ne votent pas. Que ce soit cela ou non, la Grande-Bretagne en a été réduite à crier de manière contre-productive des insultes depuis la ligne de touche, comme l'a fait le secrétaire aux affaires étrangères Philip Hammond ce week-end avec sa tirade sur "Poutine le tyran".

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http://www.theguardian.com/politics/2015/feb/10/ed-balls-cautions-against-early-eu-referendum (10 février 2015)

 

Ed Balls, le chancelier de l'échiquier (ministre des finances) du cabinet fantôme (qui représente l'opposition travailliste) s'est exprimé à la Chambre de commerce. Il s'oppose à l'idée des conservateurs (et de l'UKIP) d'organiser rapidement un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Il pense que le Royaume-Uni doit renégocier avec l'UE une réforme de l'UE, mais que le référendum finalement démotive les Européens pour discuter sérieusement avec le Royaume-Uni.

 

D'autre part il comprend que les Européens aient d'autres priorités avec le rétablissement de la zone euro. Ce rétablissement de la zone euro est également dans l'intéret des Britanniques.

 

Ainsi, il ne faut pas imaginer qu'une réforme de l'UE pourra avoir lieu avant 2016.

 

Selon lui, l'attitude des conservateurs risque de créer en Europe le sentiment que les Anglais ont abandonné le projet de réformer l'UE ou les conditions d'adhésion du Royaume-Uni.

 

Pour l'instant, le parti conservateur promet officiellement une négociation avec l'UE, à l'issue de laquelle un référendum serait organisé au plus tard en 2017, mais David Cameron est sous pression pour organiser le référendum plus tôt que cela.

 

Le directeur général de la Chambre de commerce, David Longworth, dit que les entreprises pâtiraient de deux ans et demi d'incertitude. Dans l'hypothèse ou le prochain gouvernement serait travailliste, il pense que la pression sera telle qu'il serait préférable qu'ils en organisent un, le plus tôt possible (dans les douze mois après les élections), pour éliminer cette incertitude qu'ont les entreprises.

 

La reprise en Grande-Bretagne n'est pas suffisamment solide pour se permettre le luxe de maintenir les entreprises dans une telle incertitude.

Modifié par Wallaby

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Mine de rien, les Britanniques, par je ne sais quel mystère, sont redevenus europhiles.

 

http://paris-international.blogs.la-croix.com/comment-cameron-sest-fourvoye-avec-un-referendum-sur-leurope/2015/02/02/ (2 février 2015)

 

« Un sondage Ipsos Mori donne en octobre 2014 56 % des sondés en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union et 36% pour une sortie. Ce sont les meilleurs chiffres en faveur de l’adhésion depuis le début des années 1990. Et c’est un renversement par rapport à il y a trois ans : 49% voulaient sortir de l’UE et 41% y rester ».

 

La liste des différents sondages sur ce sujet est mise à jour très régulièrement sur : http://en.wikipedia.org/wiki/Proposed_referendum_on_United_Kingdom_membership_of_the_European_Union#Standard_polling_on_EU_membership

Modifié par Wallaby

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Mine de rien, les Britanniques, par je ne sais quel mystère, sont redevenus europhiles.

 

http://paris-international.blogs.la-croix.com/comment-cameron-sest-fourvoye-avec-un-referendum-sur-leurope/2015/02/02/ (2 février 2015)

 

« Un sondage Ipsos Mori donne en octobre 2014 56 % des sondés en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union et 36% pour une sortie. Ce sont les meilleurs chiffres en faveur de l’adhésion depuis le début des années 1990. Et c’est un renversement par rapport à il y a trois ans : 49% voulaient sortir de l’UE et 41% y rester ».

 

Effectivement .

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http://foreignpolicy.com/2015/02/16/british-plans-for-nuclear-power-spark-european-fight-edf-hinkley-subsidies/ (16 février 2014)

 

L'Autriche menace de faire appel auprès de la Cour Européenne de Justice contre la décision de la Commission Européenne de valider les subventions du gouvernement britannique en soutien à la construction et l'exploitation de la tranche C de la centrale nucléaire d'Hinkley Point. Elle a jusqu'au 16 mars pour le faire.

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http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/24/le-scandale-du-cash-for-access-secoue-le-royaume-uni_4582638_3214.html

Malcolm Rifkind aura finalement chuté sur l’un des tours les plus courants des journalistes britanniques. Le député conservateur, ancien ministre des affaires étrangères sous John Major, s’est fait piéger par une équipe de reporters se faisant passer pour les représentants d’une entreprise chinoise fictive. Ceux-ci, travaillant pour Channel 4 et le Daily Telegraph, lui proposaient de joindre leur conseil d’administration et de faire du lobbying auprès des autorités britanniques. Filmé à son insu, M. Rifkind se montrait très intéressé, promettait d’apporter un « accès utile » à tous les ambassadeurs qu’il voulait. Il laissait entendre qu’il était aussi prêt à écrire à des ministres pour pousser les intérêts de l’entreprise, mais sans la nommer.

Si le député n’a enfreint aucune loi ni aucune règle de la chambre des communes, la tempête politique qui a suivi l’a conduit à jeter l’éponge mardi 24 février. A trois mois des élections législatives, il renonce à se présenter une nouvelle fois à la Chambre des communes, alors que c’était son intention. Il a aussi démissionné de la présidence du comité parlementaire sur la sécurité et le contre-espionnage, dont il reste cependant membre. Celui-ci est influent et a accès à des documents confidentiels des services de sécurité.

Le dernier scandale, surnommé « cash for access » par les médias britanniques, a également éclaboussé Jack Straw, un autre ancien ministre des affaires étrangères, pendant les années Tony Blair. Lui aussi est filmé offrant ses services pour 5 000 livres (6 800 euros) par jour. Le Parti travailliste l’a suspendu. M. Straw avait déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas à la députation, et il a précisé aux faux entrepreneurs chinois qu’il ne commencerait son travail pour eux qu’après avoir quitté la Chambre des communes. Il envisageait cependant d’être nommé à la Chambre des lords, et de travailler pour eux à ce moment-là.

Débat sur l’intégrité des parlementaires

Cette nouvelle affaire est venue rallumer la controverse sur l’intégrité des députés au Royaume-Uni. En 2009, le Daily Telegraph avait documenté la façon dont les élus parlementaires abusaient de leurs notes de frais, qu’ils utilisaient comme un complément de salaire. Cela avait déclenché un énorme scandale, entachant toute la classe politique.

Depuis, l’utilisation des frais est beaucoup plus étroitement encadrée. Mais le débat s’est transféré sur les activités rémunérées des députés hors de leur salaire de parlementaire, de 67 000 livres (91 000 euros) par an. C’est ainsi que l’ancien premier ministre travailliste Gordon Brown – qui est toujours député – a par exemple gagné l’an dernier 1,3 million d’euros hors de la Chambre des communes, où il ne met quasiment plus les pieds.

Les parlementaires doivent déclarer l’ensemble de leurs revenus, et détailler leur provenance. Ainsi, M. Rifkind, qui a gagné 94 000 euros l’an dernier en plus de son salaire, a notamment travaillé pour Unilever, dont il est membre du conseil d’administration (9 773 euros par mois pour huit réunions par an) et pour Adam Smith International, un cabinet qui fournit des études économiques et financières à des gouvernements dans les pays émergents (3 977 euros par mois). M. Straw, qui a gagné 150 000 euros l’an dernier, collabore de son côté avec ED&F Man, un courtier en matières premières agricoles, et multiplie les discours, pour un prix qui peut dépasser 13 000 euros pour les mieux rémunérés.

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http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/eurostar-grossbritannien-steigt-bei-aermelkanal-tunnel-aus-a-1021658.html (4 mars 2015)

 

Le gouvernement britannique vend sa part dans l'Eurostar. C'est racheté par un groupe québécois.

 

http://www.bbc.com/news/uk-31680914 (1er mars 2015)

 

Privatisation également de la East Coast Railway qui est la ligne Londres-Edinburgh-Glasgow.

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http://www.theguardian.com/politics/2015/mar/13/coalition-britain-how-david-cameron-affected-uk-reputation (13 mars 2015)

 

Article sur la « perte d'influence » réelle ou supposée du Royaume-Uni et ses causes : coupes budgétaires militaires, euroscepticisme, Iraq, Libye, Syrie, Ukraine.

 

Le gouvernement se défend en mettant en avant la « diversification » opérée en nouant des liens avec des pays autrefois négligés : les pays du Golfe persique et l'Amérique latine : le président du Mexique est venu en visite officielle la semaine dernière.

 

Pour Ivo Daalder, ancien ambassadeur américain à l'OTAN, les États-Unis se tournent désormais vers Berlin lorsqu'ils cherchent un interlocuteur en Europe.

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http://www.irishtimes.com/opinion/eamonn-mccann-tony-blair-under-fire-as-he-is-set-to-leave-middle-east-peace-role-1.2144354 (19 mars 2015)

 

Tony Blair, qui avait été nommé envoyé spécial du quatuor pour le Moyen Orient par l'entremise de Bush, devrait en démissionner suite à une entrevue avec John Kerry. Les Affaires de la firme de conseil "Tony Blair Associates" semblent se bien porter, incluant des services rendus au dictateur Kazakh Nazerbaïev.

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http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/04/07/malgre-la-reprise-economique-le-royaume-uni-touche-par-la-faim_4609782_3214.html

Malgré la reprise économique, le Royaume-Uni touché par la faim

 

Robert Clarck est un homme qui en impose. Un bon mètre quatre-vingt-dix, des tatouages bigarrés qui courent le long de ses bras, une voix de stentor qu'il déroule dans une parole rapide et gouailleuse. Pourtant, ce mercredi frisquet d'avril, Robert Clarck n'en mène pas large. C'est la deuxième fois qu'il se rend dans la food bank de son quartier, terme que l'on traduirait littéralement par « banque alimentaire » si l'expression reflétait vraiment l'esprit du lieu. La « banque » en question se tient dans le réfectoire d'une petite église du quartier de Southwark, dans le sud-est de Londres, où un meuble de cuisine sur lequel est disposé du café, de l'eau prête à bouillir pour les amateurs de thé, des parts de cheesecake maison et des petits gâteaux secs fait office de guichet.

Si Robert Clarck est là, calé dans un fauteuil en similicuir, c'est pour se procurer de la nourriture. Cet ancien conducteur de bus londonien de 60 ans a arrêté de travailler il y a quatre ans : à l'époque, il devait s'occuper de son épouse, gravement malade, qui est morte à l'été 2013. Puis il a rencontré lui-même de sérieux problèmes de santé.

Aujourd'hui guéri d'un cancer mais souffrant tellement du dos et du pied qu'il peine à se déplacer, l'homme vit quasiment sans le sou. Il reçoit 40 livres (environ 55 euros) d'allocations par semaine, garde parfois des enfants après l'école pour 15 livres (environ 21 euros) hebdomadaires et se fait surtout aider par ses deux filles qui habitent non loin. « Il y a des erreurs dans le calcul de mes allocations, plaide-t-il. En attendant que les autorités les corrigent, je suis obligé de venir ici. »

« Sans revenus du jour au lendemain »

M. Clarck n'est pas le seul dans ce cas, loin de là. « Quand les gens tombent malades, perdent leur emploi ou subissent de quelque manière que ce soit une baisse d'activité, l'administration met un délai ahurissant à prendre en compte le changement de situation », raconte Sue Ferret, qui s'occupe de la food bank accueillant M. Clarck. Entre-temps, « beaucoup se retrouvent sans revenus du jour au lendemain et ont des difficultés pour se nourrir ».

L'aide alimentaire d'urgence fournie par les organisations caritatives prévoit de la nourriture pour trois jours : des pâtes ou du riz, des conserves de viande et de légumes, des céréales, du lait, du thé et du sucre. En théorie, les bénéficiaires ne peuvent en profiter que trois fois en six mois, en échange d'un bon établi par un travailleur social ou un médecin et après un entretien personnalisé destiné à accompagner la personne dans la réalisation des démarches administratives qu'elle doit réaliser. En réalité, « face aux situations de détresse, on est parfois plus flexibles », concède Mme Ferret.

Dans le quartier de la gare de Waterloo, à quelques kilomètres de là, une autre food bank reçoit des victimes urbaines de la faim. La plupart de ceux qui y viennent travaillent, mais ne gagnent pas assez pour vivre correctement. Ce jour-là verra passer Jenna [les prénoms ont été modifiés] qui se débat pour faire vivre, sur son maigre salaire, son jeune fils handicapé et elle. Patrick, lui, a bénéficié de l'aide prodiguée par la banque alimentaire il y a six mois, et revient donner des coups de main. Ce jeune homme qui travaille dans la grande distribution a signé un « contrat zéro heure », qui impose une flexibilité extrême au salarié : l'entreprise décide du nombre d'heures que doit travailler le salarié, et seules les heures effectuées sont rémunérées. Certains mois, Patrick n'a rien touché. Alors la banque alimentaire est devenue une nécessité.

Lire aussi, en édition abonnés : La Grande-Bretagne, royaume des travailleurs pauvres

Au moins 2 millions de Britanniques mal nourris

Ces exemples ne sont ni des cas isolés ni des erreurs statistiques. L'association caritative chrétienne Trussel Trust a fait les comptes : au Royaume-Uni, le nombre de personnes s'étant tournées vers son réseau pour obtenir de la nourriture d'urgence est passé de 61 648 entre 2010 et 2011 à 913 138 entre 2013 et 2014, soit un nombre multiplié par 15 en trois ans. Et encore, souligne-t-on à l'association, cette donnée, aussi élevée soit-elle, ne reflète qu'une partie de la réalité.

Aux 420 établissements gérés par l'association, il faut en effet ajouter au moins autant de banques alimentaires indépendantes, mais aussi compter les personnes vivant dans des endroits où une telle aide n'existe pas ou encore celles qui ne se rendent pas en ces lieux par peur du regard d'autrui. En 2013, l'ONG Oxfam estimait que 2 millions de Britanniques étaient mal nourris, et qu'un parent sur six se privait de nourriture pour mieux subvenir aux besoins de sa famille. Aucune région n'est épargnée, pas même la riche ville de Londres, qui compte à elle seule quelque 90 banques alimentaires.

Mais pourquoi le Royaume-Uni se tord-il ainsi de faim ? Comment ce pays qui affiche une insolente reprise économique dans une Europe n'en finissant pas d'être affectée par la crise peut-il porter en son sein des habitants qui ont de plus en plus de mal à se nourrir ?

Fin 2013, un rapport sur la faim et l'insécurité alimentaire au Royaume-Uni, mené par des parlementaires de tous bords, a mis en lumière la forte augmentation des prix des denrées alimentaires et du fioul domestique, à un rythme plus rapide que celui de la hausse des salaires et que celui de l'inflation.

Une politique « punitive » dirigée « contre les pauvres »

Mais l'invraisemblable augmentation de la pauvreté outre-Manche depuis quelques mois trouve aussi ses origines dans le « Welfare Reform Act 2012 », la réforme d'ampleur de la protection sociale initiée par le gouvernement conservateur de David Cameron. Le journaliste et économiste Stewart Lansley, coauteur d'un essai intitulé Breadline Britain: the Rise of Mass Poverty (« La Grande-Bretagne sous le seuil de pauvreté : la montée de la pauvreté de masse ») évoque une politique « punitive » dirigée « contre les pauvres, et non contre la pauvreté » :

« D'abord, le montant de certaines allocations a été considérablement réduit. Ensuite, et surtout, le gouvernement a introduit un régime de sanctions en 2013 : dans les faits, cela signifie que des chômeurs se voient refuser le versement d'allocations si leur jobcentre [équivalent britannique de Pôle emploi] estime qu'ils ne cherchent pas suffisamment de travail. »

L'application de cette réforme a été faite « de façon très injuste », insiste l'auteur, qui cite l'exemple de personnes temporairement radiées du système d'allocations pour ne pas s'être rendues à un rendez-vous du jobcentre pour cause… d'entretien d'embauche. Les effets de ce régime sont considérables : selon les calculs de M. Lansley, un million de personnes ont déjà été victimes d'interruptions du versement de leurs allocations – des sanctions qui durent au minimum quatre semaines et peuvent aller jusqu'à trois ans.

Engagements des travaillistes

A quelques semaines d'élections législatives qui pourraient déboucher, le 7 mai, sur un changement de majorité, le sujet de la pauvreté au Royaume-Uni est revenu sur le devant de la scène.

Le 26 mars, interrogé lors d'un débat télévisé sur le nombre de banques alimentaires dans son pays, M. Cameron a eu du mal à répondre, avant d'admettre que le recours à l'aide alimentaire avait augmenté depuis son arrivée au 10, Downing Street. S'ils restent au pouvoir, les tories entendent encore économiser 12 milliards de livres (16,4 milliards d'euros) en rabotant dans le régime de protection sociale. Les travaillistes, emmenés par Ed Miliband, se sont engagés quant à eux, en cas de victoire, à enrayer l'augmentation du nombre de banques alimentaires : ils promettent d'abolir le régime de sanctions, de réduire les retards de versements d'allocations, ou encore d'augmenter le salaire minimum.

Lire aussi : Les enjeux des législatives britanniques du 7 mai

Des propositions qui n'attaquent le problème qu'à la marge, estime M. Lansley : « Avec les travaillistes, le montant des allocations ne va pas être augmenté, et le salaire minimum ne sera pas beaucoup amélioré. » Et de pronostiquer : « La pauvreté va continuer de croître ces cinq prochaines années, lentement si les travaillistes l'emportent, rapidement si ce sont les conservateurs. »

Epiceries sociales géantes

Face à une situation qui pourrait durer, d'autres initiatives éclosent. En décembre, une épicerie sociale géante, appelée Community Shop, s'est ouverte au sud-ouest de Londres. Deuxième du genre au Royaume-Uni – un premier magasin avait ouvert en 2013 à Goldthorpe, dans le nord de l'Angleterre – elle permet à ses membres d'acheter des produits jusqu'à 70 % moins cher que dans les supermarchés, sous certaines conditions : les personnes doivent habiter à proximité, bénéficier d'aides sociales et s'engager à suivre un « programme de développement professionnel personnalisé » qui doit les amener à gagner confiance en elles pour trouver un travail.

« Nous ne sommes ni une banque alimentaire, ni une association caritative et nous donnons bien plus que de la nourriture », défend un de ses représentants, se lançant dans une démonstration contemporaine du proverbe « si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour, si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours ». Les 750 personnes qui fréquentent le magasin londonien reçoivent ainsi des conseils pour gérer leur budget et leurs dettes, apprennent à cuisiner sainement avec peu d'argent, et sont entraînées à passer des entretiens d'embauche.

L'initiative se veut « plus positive » et « moins stigmatisante » que les food banks. Signe que la détresse alimentaire n'est pas en voie de résorption, 20 community shops de ce genre devraient ouvrir ces prochains mois dans tout le pays.

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http://www.hindustantimes.com/world-news/britain-likely-to-herald-uncertain-future-of-coalitions-alliances-horse-trading/article1-1334325.aspx (6 avril 2014)

 

Le prochain premier ministre, après les élections du 7 mai 2015, sera soit David Cameron, soit Edward Miliband. « Tout le reste est aussi trouble que l'eau de la Tamise ».

 

J'adore cette expression : « aussi trouble que l'eau de la Tamise » !

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http://www.dailymail.co.uk/news/article-3040123/Windsor-Castle-staff-vote-industrial-action-row-pay-living-wage.html (15 avril 2015)

 

Conflit social au château de Windsor. Dénonçant leurs salaires trop faibles et leur assignation à des tâches supplémentaires sans rémunération complémentaire, les employés ont voté l'entrée en "action industrielle" (grève perlée, grève du zèle). C'est la première fois qu'un monarque britannique subit un tel affront de la part de ses employés.

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http://www.dailymail.co.uk/news/article-3040123/Windsor-Castle-staff-vote-industrial-action-row-pay-living-wage.html (15 avril 2015)

 

Conflit social au château de Windsor. Dénonçant leurs salaires trop faibles et leur assignation à des tâches supplémentaires sans rémunération complémentaire, les employés ont voté l'entrée en "action industrielle" (grève perlée, grève du zèle). C'est la première fois qu'un monarque britannique subit un tel affront de la part de ses employés.

 

Les temps changent ,et il est vrai que la question sur la continuité de la  monarchie en GB  semble de plus en plus abordé par les sujets britannique .Rien de révolutionnaire mais quand même ,que des voix se fassent entendre à ce sujet en GB est plutôt intéressant .

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http://news.channel4.com/election2015/04/24/update-3929/ (24 avril 2015)

 

Hypothèse assez tirée par les cheveux, mais qui sait ? Miliband pourrait permettre à un gouvernement minoritaire conservateur de voir le jour, moyennant certaines concessions telles que l'abandon du référendum sur l'Union Européenne, et l'abandon de certaines coupes budgétaires. Cela lui éviterait d'être perçu comme un traître de l'unité du royaume (dans l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire Miliband avec l'appui des indépendantistes écossais), tout en gardant la possibilité de faire chuter le gouvernement minoritaire Cameron au moment opportun.

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Article très acide sur Bruxelles2 concernant la position britannique sur l'Europe :

 

http://www.bruxelles2.eu/2015/05/04/la-position-de-londres-sur-le-brexit-un-chantage-pour-obtenir-plus/

"Car on ne voit pas, en effet, comment un référendum (s’il était organisé) pourrait ne pas aboutir à un « Non » à l’Europe."

Et pourtant si, on voit comment : les sondages donnent depuis fin 2014 le oui à l'Europe gagnant avec un écart confortable. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Proposed_referendum_on_United_Kingdom_membership_of_the_European_Union#Standard_polling_on_EU_membership

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"Car on ne voit pas, en effet, comment un référendum (s’il était organisé) pourrait ne pas aboutir à un « Non » à l’Europe."

Et pourtant si, on voit comment : les sondages donnent depuis fin 2014 le oui à l'Europe gagnant avec un écart confortable. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Proposed_referendum_on_United_Kingdom_membership_of_the_European_Union#Standard_polling_on_EU_membership

L'évolution est assez impressionnante d'ailleurs.

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Au fond c'est comme avec l'Ecosse. On parle beaucoup mais une fois qu'il faut couper le cordon ombilical il y a hésitation.

 

Un mouvement' similaire semble s'amorcer en Belgique. Il semblerait que les flamands (la population) soit fatiguée d'entendre parler de Communautaire tous les quatre matins et un sentiment de statu quo voir même de renforcement de l'autorité fédérale semble poindre.

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http://www.euractiv.fr/sections/royaume-uni-en-europe/des-milliers-de-britanniques-percoivent-des-aides-dans-dautres-pays (20 janvier 2015)

 

Les Britanniques sont quatre fois plus nombreux à recevoir des indemnités de chômage en Allemagne que les Allemands au Royaume-Uni. De la même manière, les sans-emploi britanniques recevant des allocations au chômage en Irlande sont cinq fois plus nombreux que leurs homologues irlandais au Royaume-Uni.

Non seulement les Britanniques sont beaucoup plus nombreux à recevoir des allocations dans ces pays que vice et versa, mais les allocations dans d'autres pays de l'UE sont beaucoup plus généreuses qu'au Royaume-Uni. Par exemple, un Britannique au chômage en France recevra plus de trois fois plus qu'un Français au chômage au Royaume-Uni.

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Sondage Yougov sur l'élection à la tête du parti travailliste, qui a lieu du 14 août au 10 septembre, et dont le résultat devrait être annoncé le 12 septembre 2015.

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source : http://www.telegraph.co.uk/news/politics/labour/11754888/Tony-Blair-Labour-could-spend-20-years-out-of-power-if-Jeremy-Corbyn-wins-live.html

En tête avec 17 points d'avance, Jeremy Corbyn, extrême gauche, devant Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall. Cela rend Tony Blair vert de rage, qui commente : « si Corbyn est élu, le parti travailliste ne pourra pas gouverner pendant 20 ans ».

https://en.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Corbyn#Stop_the_War

Il s'est opposé à la guerre d'Irak et considère la guerre d'Afghanistan comme une erreur.

En 1984 il a fait campagne contre l'Apartheid d'Afrique du Sud.

Il est favorable à la réunification de l'Irlande.

Soucieux de protection animale, il est contre l'importation de foie gras.

Modifié par Wallaby

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Sondage Yougov sur l'élection à la tête du parti travailliste, qui a lieu du 14 août au 10 septembre, et dont le résultat devrait être annoncé le 12 septembre 2015.

 

source : http://www.telegraph.co.uk/news/politics/labour/11754888/Tony-Blair-Labour-could-spend-20-years-out-of-power-if-Jeremy-Corbyn-wins-live.html

En tête avec 17 points d'avance, Jeremy Corbyn, extrême gauche, devant Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall. Cela rend Tony Blair vert de rage, qui commente : « si Corbyn est élu, le parti travailliste ne pourra pas gouverner pendant 20 ans ».

 

C'est vrai, selon Blair, le Labour doit rester le parti de centre droit qu'il a réformé. 

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