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Il y a 14 heures, Jésus a dit :

Vous visiblement vous avez mal compris ce que je voulais dire.

Que l'Iran possède des milices et des cellules prêtes à se réveiller, c'est indéniable, mais il ne faut pas non plus prendre une équipe d'assassin en France ou un trafiquant en Afrique pour des armées secrètes qui vont mettre le monde à feu et à sang. Ces petites opérations sont une nuisance secondaire, marginale et elles étaient permises dans un scénario ou l'Iran pouvait bouger assez librement.

C'est justement cela que j'ai cité, une guerre coupant l'Iran des ses tentacules, ne lui permettant pas de les alimenter pour continuer le combat. Que le Hezbollah ou d'autres milices agissent, qu'elles tirent des missiles, oui bien entendu, cette capacité de porter la guerre ailleurs, l'Iran la possède, mais la question est de savoir combien de temps ces diverses milices peuvent tenir sans le soutien iranien?

Qu'il y ait des milliers de missiles pointés sur Israël, c'est une vision d'esprit, car en réalité, tous sont dans des caches et l'immense majorité ne sont pas du tout guidés et ne feront pas grand chose, ça s'est déjà vu, ces missiles ne sont pas des missiles nucléaires, ni des scud, c'est globalement des roquettes ne faisant pas plus de dégât qu'un obus. Pour la propagande, ça marche toujours bien de brandir les missiles avec l'imaginaire de "détruire" Israël, mais d'un point de vue opérationnel, ça ne fait pas grand chose. Et ne pensons pas non plus que les israéliens attendront sagement de recevoir ces missiles, ça répondra. N'oublions pas aussi le FINUL, qui même si elle n'agira pas militairement, s'avère être une contrainte pour les deux côtés et si le Hezbollah ouvre les hostilités, ben le parti se mettre à tort, il ne sera plus la "résistance" et il deviendra le responsable qui aura mis le Liban dans la guerre et ça, je pense que ça passera un peu moins bien au delà de la communauté chiite, déjà son rôle en Syrie est fortement contesté ou il niait même son implication pour éviter de se faire trop d'oppositions à l'intérieur du Liban, alors plonger le pays dans la guerre en montrant clairement qu'il ne défend pas le Liban mais l'Iran et ses intérêts, croyez moi, ce ne sera pas aussi facile

Au Yemen, on ne voit pas ce qu'il pourrait y avoir de plus que maintenant à part vouloir faire du symbolique, mais là aussi, quid de la durée de ces symboles?

En Irak, le spectre de daesh rode encore et quoi qu'on le pense, quand Bagdad a demandé de l'aide, officiellement ce sont les américains et d'autres qui sont venus faire le travail aux côtés de l'armée irakienne, les iraniens ont joués un jeu de milices amenant presque à contester au pouvoir irakien son armée officielle, pris à la gorge comme pour le Liban avec le Hezbollah, même stratégie.

Alors oui, on peut se dire que l'Iran a un fort potentiel de nuisances, mais quand on y regarde bien, leurs "outils" ne sont pas forcément en bonnes positions si elles ramènent une nouvelle guerre dans leur pays afin de défendre les intérêts étrangers (Iran). Combien de temps pourrait durer ce genre de choses face à des forces opposées et face à un Iran qui serait incapable d'apporter des armes, des hommes, de la finance à ces groupes?

Le truc n'est pas de pouvoir toucher et agir contre les américains ou d'autres (ça ils le peuvent), mais de savoir si ça peut durer et réellement supporter les coups qui viendront en retour. Et c'est bien cette guerre pour détruire non pas l'Iran, mais ses tentacules dont je parle et l'aspect blocus aérien et maritime (par des bombardements ou des patrouilles/interceptions) en est une partie.

Alors ce que tu ne prends pas en compte dans ton analyse c'est l'efficacité politique des moyens iraniens. Bien sur un attentat dans une gare routiere est une nuisance. Et un effet militaire nul. Mais ca finit par couter en capital politique. 1 petrolier coulé c'est peanuts mais ca a 1 impacte politicoeconomique. Une paire de roquette qui tombe sur une ville israelienne egalement. Militairement bien sur que l'Iran ne fait pas le poids en terme de potentiel de destruction pure. Mais le pays a suffisemment de moyens pour mener des opérations qui peuvent generer ou accentuer le bordel geopolitique au MO et au dela. La guerre ce n'est pas qu'une affaire de bodycount et de puissance de feu

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Il y a 2 heures, Akhilleus a dit :

Alors ce que tu ne prends pas en compte dans ton analyse c'est l'efficacité politique des moyens iraniens. Bien sur un attentat dans une gare routiere est une nuisance. Et un effet militaire nul. Mais ca finit par couter en capital politique. 1 petrolier coulé c'est peanuts mais ca a 1 impacte politicoeconomique. Une paire de roquette qui tombe sur une ville israelienne egalement. Militairement bien sur que l'Iran ne fait pas le poids en terme de potentiel de destruction pure. Mais le pays a suffisemment de moyens pour mener des opérations qui peuvent generer ou accentuer le bordel geopolitique au MO et au dela. La guerre ce n'est pas qu'une affaire de bodycount et de puissance de feu

Sans compter ce qui pourrait être fait en agitant les très forts contingents chiites dans les pays du Golfe, éventuellement même jusqu'aux abords des bases US du coin.

Sur le même axe, pour ainsi dire, l'exacerbation des tensions religieuses ou ethniques entre sunnites, chiites, israéliens, kurdes ou palestiniens même, pourrait générer un bazar de première avec ses dynamiques propres et maîtrisées par pas grand monde.

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il y a 11 minutes, zx a dit :

Et ils savent de quoi ils parlent ! 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Vol_655_Iran_Air

Edit: grillé par kelkin :biggrin:

Edited by Phacochère

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Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Ne menacez jamais plus les Etats-Unis !

C'était une communication du président des Etats-Unis d'Amérique, détenteur d'environ 4 000 armes nucléaires en service.

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C'est pour cyberharcèlement qu'il faudrait l'attaquer celui-là. :tongue:

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...

Donald Trump vient donc de menacer de rayer un pays de la carte. Pas le régime qui dirige le pays, mais bien le pays qui compte plus de 80 millions d'habitants. Juste pour rire, ils ont un commentaire à faire au Quai ou à l’Élysée?

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il y a 2 minutes, Niafron a dit :

...

Donald Trump vient donc de menacer de rayer un pays de la carte. Pas le régime qui dirige le pays, mais bien le pays qui compte plus de 80 millions d'habitants. Juste pour rire, ils ont un commentaire à faire au Quai ou à l’Élysée?

"La ligne que vous demandez n'est pas attribuée. Veuillez réitérer ultérieurement."

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Grrrr caniches toutous...ça se proclame  communauté internationale mais là alors qu'un pays actuellement pacifique est traité comme l'Irak de 1991-2003 c'est motus et bouche cousue.

C'est ce genre d'attitude qui permet aux USA de faire de pire en pire

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il y a 24 minutes, Niafron a dit :

Donald Trump vient donc de menacer de rayer un pays de la carte. Pas le régime qui dirige le pays, mais bien le pays qui compte plus de 80 millions d'habitants. Juste pour rire, ils ont un commentaire à faire au Quai ou à l’Élysée?

C'est rien, il fait juste sa Hillary Clinton :

Le 07/08/2016 à 15:21, Wallaby a dit :

http://www.air-defense.net/forum/topic/11243-usa/?do=findComment&comment=985648

https://www.theguardian.com/world/2008/apr/23/hillaryclinton.iran (23 avril 2008)

Hillary Clinton parle d'« oblitérer totalement » l'Iran. The Guardian qualifie la déclaration de « la plus belliqueuse » (most bellicose) depuis le début de la Campagne. Barack Obama a répliqué en l'accusant de faire des "bruits de sabre" (sabre rattling), équivalent de l'expression française "bruits de bottes" et d'utiliser le même langage que l'administration Bush.

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il y a 20 minutes, Wallaby a dit :

C'est rien, il fait juste sa Hillary Clinton :

Il fait même sa Super-Hillary je dirais, car même si Clinton en 2008 jouait bien la traîneuse de sabre comme Obama l'en accusait, c'était en précisant le scénario celui d'une attaque nucléaire de l'Iran contre Israël.

Trump quant à lui lance une menace d'annihilation d'un pays entier dans le simple scénario d'un "combat" voire même d'une "menace", sans hypothèse d'utilisation par Téhéran d'armes nucléaires - qu'il n'a d'ailleurs pas.

Si j'étais iranien, je pense que j'aurais une pensée émue - mais très légèrement énervée - envers le Guide Suprême Ali Khamenei dont l'avis religieux est que les armes nucléaires sont immorales par nature. Je regretterais amèrement que mon pays n'ait pas en temps et en heure construit vingt ou trente armes atomiques à placer sur missile balistique intermédiaire - bref de quoi disposer d'une dissuasion nucléaire minimale à la manière de Pyongyang.

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pour l'instant, il a pas encore envoyer ses 120000 GI, y a de la marge

Edited by zx

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Il y a 2 heures, Niafron a dit :

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Donald Trump vient donc de menacer de rayer un pays de la carte. Pas le régime qui dirige le pays, mais bien le pays qui compte plus de 80 millions d'habitants. Juste pour rire, ils ont un commentaire à faire au Quai ou à l’Élysée?

Oui enfin c'est pas nouveau non plus ...

DGu2eAyVoAAfucD.jpg

 

Bon après ils attendent toujours la soirée BBQ avec bière à volonté à Pyongyang. :rolleyes:

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Bah je sais qu'il en rajoute toujours trois tonnes... mais là, il parle clairement de "fin" d'un pays, ça veut dire ce que ça veut dire. A la limite, en admettant que ce ne soit pas sérieux, ça commence à devenir inquiétant sur sa capacité à vivre dans le monde réel...

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il y a 30 minutes, Niafron a dit :

Bah je sais qu'il en rajoute toujours trois tonnes... mais là, il parle clairement de "fin" d'un pays, ça veut dire ce que ça veut dire. A la limite, en admettant que ce ne soit pas sérieux, ça commence à devenir inquiétant sur sa capacité à vivre dans le monde réel...

Ben c'était comme ça dès le début du mandat et en fait même au cours de la campagne. Il descends jamais son mode "grande gueule" vous aviez pas remarquer?

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REUTER

L'Iran ne veut pas la guerre, assure le commandant des Pasdarans

https://fr.yahoo.com/news/liran-ne-veut-pas-la-guerre-assure-le-094850650.html

GENEVE (Reuters) - L'Iran ne veut pas la guerre mais ne la craint pas, a assuré dimanche le commandant des gardiens de la Révolution, alors que le ton ne cesse de monter avec les Etats-Unis.

"Nous ne cherchons pas la guerre, mais elle ne nous effraie pas (...) La différence entre eux et nous, c'est qu'ils en ont peur et n'en pas la volonté nécessaire", a ajouté le général Hossein Salami, cité par les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim.

Le ministre iranien des Affaires étrangères avait écarté samedi l'hypothèse d'un conflit armé. "Il n'y aura pas de guerre parce que nous n'en voulons pas et parce que personne n'a l'idée ni l'illusion de pouvoir affronter l'Iran dans la région", a déclaré Mohammad Javad Zarif lors d'une visite en Chine, selon des propos rapportés par l'agence Irna.

Les tensions entre Washington et Téhéran sont à leur comble depuis les actes de "sabotage" qui ont visé quatre navires, le week-end dernier, au large des Emirats arabes unis.

Les 5.200 soldats américains présents en Irak ont été placés en état d'alerte et le département d'Etat a rappelé le lendemain une partie du personnel diplomatique en porte à Bagdad et à Erbil.

Le 6 mai, Washington avait annoncé l'envoi du porte-avions Abraham Lincoln et de son groupe aéronaval dans la région en évoquant des menaces iraniennes, ce que Téhéran a qualifié de "guerre psychologique".

Donald Trump a dénoncé il y a un an l'accord international sur le programme nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, ouvrant la voie au rétablissement des sanctions américaines levées après son entrée en vigueur. Le président des Etats-Unis fait désormais pression sur Téhéran pour le renégocier, afin de l'étendre à son programme balistique et à son influence dans la région.

(Babak Dehghanpisheh, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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Iran  : la véritable tension est pétrolière

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/iran-la-veritable-tension-est-petroliere-818175.html#xtor=AL-13

L'Iran dénonce les renforts américains au Moyen-Orient

AFP

https://www.lepoint.fr/monde/l-iran-denonce-les-renforts-americains-au-moyen-orient-25-05-2019-2314959_24.php

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a dénoncé samedi comme une "menace" pour la paix internationale l'envoi de nouveaux renforts militaires américains au Moyen-Orient, dans un contexte d'escalade entre les deux pays ennemis.

Evoquant des menaces d'attaques "imminentes" de la part de l'Iran ou de ses alliés régionaux contre les intérêts américains, les Etats-Unis ont multiplié ces dernières semaines les déploiements militaires, dépêchant dans le Golfe un porte-avions, des bombardiers B-52, un navire de guerre et des missiles Patriot. Et vendredi le président Donald Trump a annoncé l'envoi de 1.500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient de manière "préventive".

Les tensions entre les deux pays qui n'ont pas de relations diplomatiques depuis 1980 se sont envenimées depuis le retrait unilatéral de l'administration Trump il y a un an de l'accord de 2015 encadrant le programme nucléaire iranien suivi du rétablissement des sanctions américaines contre l'économie iranienne. L'Iran a, en retour, suspendu début mai certains de ses engagements pris en vertu de ce pacte.

"L'accroissement de la présence américaine dans notre région est très dangereux et constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales. Il faut y faire face", a affirmé M. Zarif avant son départ du Pakistan, selon l'agence de presse officielle Irna.

Il a ajouté, en allusion aux affirmations américaines mentionnant des "menaces iraniennes" pour expliquer les renforts: "les Américains font de telles allégations pour justifier leurs politiques hostiles et créer des tensions dans le Golfe persique".

Vendredi, l'amiral Michael Gilday, de l'état-major américain, a affirmé que les attaques le 12 mai contre des pétroliers au large des Emirats arabes unis avaient été dirigées par le gouvernement iranien. Il a aussi accusé le corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, d'avoir "tenté de déployer des boutres modifiés capables de lancer des missiles de croisière" dans le Golfe et d'être responsable d'un tir de roquette le 19 mai sur la Zone Verte à Bagdad où siège l'ambassade américaine.

L'administration Trump a en outre informé le Congrès américain de nouvelles ventes d'armes à l'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran, et aux Emirats arabes unis, en invoquant à nouveau la menace iranienne.

Délégations étrangères

Téhéran refuse par ailleurs de dialoguer avec Washington.

"Nous l'avons dit clairement: tant que l'attitude ne change pas, tant que notre nation ne se voit pas satisfaite dans ses droits (...) notre voie restera la même. En aucun cas il n'y aura de discussions", a déclaré jeudi Keyvan Khosravi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien.

Selon Irna, M. Khosravi a affirmé plusieurs délégations étrangères porteuses d'un message "de la part de l'Amérique" étaient venues en Iran, et que son pays avait "sans exception" opposé une fin de non-recevoir au "message" non précisé de ces émissaires.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Youssef Ben Alawi Ben Abdallah, a rencontré lundi M. Zarif à Téhéran. Jeudi, le directeur politique du ministère allemand des Affaires étrangères, Jens Plotner, a vu en Iran un adjoint du chef de la diplomatie iranienne.

Oman entretient de bonnes relations avec l'Iran et les Etats-Unis, et a joué un rôle d'intermédiaire crucial dans les discussions ayant débouché sur l'accord sur le nucléaire iranien.

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Si j'ai bien compris, l'Iran ne pouvant plus exporter son pétrole, elle sabote les pétroliers des pays voisins ? C'est quand même prendre le risque d'avoir un sévère retour de bâton non ?

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il y a 46 minutes, Zoby_Zoba a dit :

Si j'ai bien compris, l'Iran ne pouvant plus exporter son pétrole, elle sabote les pétroliers des pays voisins ? C'est quand même prendre le risque d'avoir un sévère retour de bâton non ?

On a une poignée de navires qui auraient été endommagés par des éléments inconnus. Une seule photo disponible, un pétrolier norvégien qui a un pet en dessous de sa poupe.

Si l'Iran veut vraiment être ennuyeux, ce sera le largage de mines dérivantes dans le détroit d'Ormuz.

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Il n'y a aucun élément permettant d'affirmer que l'Iran est en effet responsable des incidents rapportés, ni même de preuves solides avérants que lesdits incidents aient réellement eu lieu.

La seule photo de dégats fournie est celle du pétrolier norvégien qui a une écorniflure au niveau de la ligne de flottaison, ce qui peut être causé par une bête collision avec un machin quelconque.

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Iran : la guerre « préventive » de Trump ?

ANALYSE. Après avoir décidé l'envoi de 1 500 soldats au Moyen-Orient, le président américain va-t-il accéder aux demandes des va-t-en-guerre de Washington ?

La participation est de 43,29% en France à 17h. C'est 8 points de plus qu'en 2014, selon le ministère de l'Intérieur.

Les États-Unis sont-ils à l'aube d'une guerre contre l'Iran  ? Le président américain Donald Trump a fait savoir vendredi qu'il allait envoyer 1 500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient dans un contexte de tensions croissantes avec la République islamique. « Nous allons envoyer un nombre relativement faible de troupes, pour la plupart préventives, et certaines personnes très talentueuses se rendent au Moyen-Orient en ce moment », a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche. « Ce sera environ 1 500 personnes. »

Dans un communiqué, le secrétaire à la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a précisé que l'envoi de ces forces visait à « améliorer la protection et la sécurité des forces américaines, compte tenu de menaces persistantes de la part de l'Iran, y compris des Gardiens de la révolution et de leurs soutiens », autrement dit l'armée d'élite de la République islamique et les milices chiites qui lui sont inféodées dans la région. Ce déploiement américain inclut un bataillon de 600 hommes chargés de quatre batteries antimissiles Patriot qui se trouve déjà dans la région, portant le nombre de renforts effectivement envoyés à 900, a indiqué l'amiral Michael Gilday, un responsable de l'état-major américain, selon l'Agence France-Presse (AFP). Les effectifs devraient être envoyés dans les bases dont disposent déjà les États-Unis au Moyen-Orient, mais pas en Irak ni en Syrie, a précisé le Pentagone. Des appareils de reconnaissance et de surveillance et un escadron de 12 avions de chasse devraient compléter le dispositif.

Lire aussi États-Unis - Iran : où est la menace  ?

D'après les derniers chiffres délivrés par le Pentagone, les États-Unis disposeraient aujourd'hui de 70 000 soldats dans la zone couverte par le Centcom, dont 14 000 en Afghanistan, 5 000 en Irak, et moins de 2 000 en Syrie. Interrogé par Le Point, Hamzeh Safavi, professeur de sciences politiques à l'université de Téhéran, rejette l'idée d'un conflit imminent. « Le nombre relativement peu élevé de soldats envoyés dans la région n'est pas de nature à changer la donne vis-à-vis de l'Iran », estime l'expert, également directeur de l'Institut pour les études futures du monde islamique (IIWFS). « Le seul risque est celui d'incidents isolés. » En l'absence de canal de communication désormais entre les deux camps, Gardiens de la révolution et soldats américains, qui se côtoient chaque jour en Irak, en Syrie et dans les eaux du golfe Persique, ne sont plus à l'abri d'accrochages.

La décision de Donald Trump est d'autant plus surprenante que le milliardaire américain avait milité durant la campagne présidentielle pour « mettre fin aux guerres interminables » dans le monde, et de joindre le geste à la parole en entamant un retrait des troupes américaines en Syrie et en Afghanistan en décembre dernier. Une stratégie qu'avait publiquement regrettée le général Kenneth McKenzie, commandant du Centcom. « Nous n'avons pas les effectifs suffisants pour être où nous voulons être en nombre adéquat, partout, tout le temps », avait-il souligné lors d'une conférence organisée ce mois-ci.

Le revirement américain semble avoir été motivé par la révélation, le 3 mai, de « nouveaux renseignements inquiétants » faisant état d'une aggravation de la menace iranienne, notamment des « attaques imminentes » contre les intérêts et soldats américains au Moyen-Orient. D'après le New York Times, ce rapport, qui comprend notamment des interceptions téléphoniques et des imageries satellites, indiquerait que Téhéran a ordonné à ses milices en Irak de se préparer à attaquer les forces américaines. En outre, les photographies obtenues par les Américains montreraient que des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite de l'Iran, ont chargé des missiles à bord de boutres naviguant dans le golfe Persique pour attaquer des embarcations militaires et commerciales américaines.

Lire aussi Trump veut-il la guerre avec l'Iran  ?

Ces nouveaux éléments ont été déterminants dans la décision américaine d'envoyer le 5 mai dans le Golfe le porte-avions américain USS Abraham Lincoln, le navire de guerre USS Arlington, une force de bombardiers B-52, ainsi qu'une batterie de missiles Patriot. Or, une semaine plus tard, deux attaques ont visé l'Arabie saoudite, principal allié arabe des États-Unis dans la région et farouche adversaire de la République islamique d'Iran. Le 12 mai, Riyad a dénoncé, photo à l'appui, des « actes de sabotage » contre quatre navires, dont trois pétroliers (deux saoudiens et un norvégien), au large du port émirien de Fujairah. Si les dégâts se sont avérés minimes et que l'attaque n'a pas été revendiquée, les soupçons se sont dirigés vers Téhéran, suspecté d'avoir voulu envoyer un « message » à Washington.

Deux jours plus tard, le royaume Al Saoud a annoncé que deux stations de pompage d'un oléoduc majeur reliant l'est à l'ouest du pays avaient été endommagées après avoir été visées par des attaques de sept « drones armés ». Cette fois, celles-ci ont été revendiquées par les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, que l'Arabie saoudite accuse d'avoir commandité l'attaque. Mardi, pour la première fois, le secrétaire d'État Mike Pompeo a estimé « assez probable que l'Iran soit derrière » ces sabotages. Considéré comme un faucon, opposé de longue date à la République islamique d'Iran, le chef de la diplomatie américaine a déclaré baser ses allégations sur « la forme de ces attaques », et sur « tous les conflits régionaux de la dernière décennie ».

Lire aussi Iran : l'Europe désarmée face aux États-Unis

Cette soudaine recrudescence des tensions au Moyen-Orient a suscité de nombreuses interrogations auprès des élus du Congrès, certains sénateurs démocrates rappelant les « mensonges » sur les armes de destruction massive qui ont poussé les Américains à intervenir en Irak en 2003. Pour lever leurs doutes, le secrétaire américain à la Défense et le secrétaire d'État ont organisé mardi une réunion à huis clos avec les parlementaires américains. « Il s'agit de faire de la dissuasion, pas la guerre », a assuré, à l'issue de la rencontre, le chef du Pentagone Patrick Shanahan, précisant que les dispositions prises par Washington avaient permis d'« éviter des attaques » contre « les forces américaines » dans la région.

En effet, d'après le New York Times, les Gardiens de la révolution auraient retiré la semaine dernière plusieurs missiles de leurs boutres en signe d'apaisement. Toutefois, les responsables américains n'ont pas révélé aux sénateurs les fameux « nouveaux renseignements inquiétants » à l'origine des tensions actuelles. Selon des responsables militaires américains, cités par l'AFP, le Pentagone subirait en réalité les conséquences de la politique de « pression maximale » menée par Donald Trump vis-à-vis de l'Iran.

« Pas besoin d'eux » (Donald Trump)

Après le retrait américain unilatéral de l'accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, pourtant conclu avec cinq autres « grandes puissances » (Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne), le président américain a prononcé deux salves de sanctions drastiques contre le système bancaire et le pétrole iranien en août et novembre 2018. Le 8 avril dernier, le pensionnaire de la Maison-Blanche est allé encore plus loin en désignant comme « organisation terroriste » les Gardiens de la révolution, une première pour un corps armé appartenant à un État. « C'est après le retrait américain de l'accord sur le nucléaire et les menaces des États-Unis que l'Iran a élevé le niveau d'alerte de ses forces de sécurité », affirme le spécialiste Hamzeh Safavi. « Et l'envoi de soldats américains ne va que renforcer la détermination de Téhéran à résister à la stratégie de pression américaine par la pression. L'Iran n'a de toute façon pas d'autre choix ». Le 8 mai dernier, Téhéran a annoncé qu'il renonçait à limiter ses stocks d'uranium enrichi et d'eau lourde, comme il s'y était pourtant engagé en vertu de l'accord sur le nucléaire.

Hasard du calendrier, ce même vendredi soir, l'administration Trump a informé le Congrès qu'elle avait autorisé la conclusion de nouveaux contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, en outrepassant le blocage des parlementaires américains en raison de leur probable utilisation dans la désastreuse guerre au Yémen. À en croire le Secrétaire d'État, Mike Pompeo, ces armes, d'un montant de 8,1 milliards de dollars (elles concernent également la Jordanie, NDLR) vont « renforcer la stabilité du Moyen-Orient et aider ces nations à faire de la dissuasion et à se défendre de la République islamique d'Iran ».

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