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https://www.elektroniknet.de/distribution/strategie-trends/im-umgang-mit-china-muss-man-mehr-realismus-an-den-tag-legen.203292.html (6 avril 2023)

"Car il ne fait aucun doute que l'économie allemande est en grande partie conçue pour se développer en Chine et avec la Chine. Si l'on considère que certaines entreprises réalisent 30 à 40 pour cent de leur EBIT en Chine, les interdépendances deviennent très claires". Selon les résultats provisoires de Destatis, des marchandises d'une valeur de 298,2 milliards d'euros ont été échangées entre l'Allemagne et la Chine rien que l'année dernière. La Chine est ainsi devenue le premier partenaire commercial de l'Allemagne pour la septième année consécutive.

Les structures et les partenariats établis au fil des décennies ne peuvent pas être remplacés à court ou moyen terme par des sites de production et des marchés d'approvisionnement alternatifs appropriés. De plus, le reshoring et donc le rapatriement des sites de production en Europe sont coûteux et souvent liés à des augmentations de prix considérables. Si les entreprises actives en Chine décidaient malgré tout de le faire, la confiance établie avec leurs partenaires commerciaux au fil des décennies serait en jeu.

La Chine dispose d'une infrastructure bien développée et de chaînes d'approvisionnement étroites. Les usines étrangères peuvent acheter sur place presque tous les produits intermédiaires à bas prix et rapidement. Le réseau de fournisseurs locaux est considéré par le cercle d'experts BME comme le plus grand avantage de la Chine en tant que site d'implantation. Kurto : "En fait, certaines entreprises occidentales actives sur place ne réagissent pas aux tendances mondiales de découplage en se retirant, mais en partie en localisant davantage leur production en Chine".

Et qu'en est-il de l'Europe comme alternative pour l'approvisionnement ? À condition que l'on produise en Europe ce dont les achats ont besoin : "En cas de relocalisation en Europe, il faut s'attendre à des augmentations de prix significatives", explique l'expert chinois du BME. Et lorsqu'on l'interroge sur le site allemand, Kurto répond : "Rien qu'en ce qui concerne la politique des coûts salariaux, le site allemand n'est pas vraiment une option de remplacement. La situation des matières premières - beaucoup des matières premières les plus importantes pour la production se trouvent en Chine - fait également le reste".

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il y a 6 minutes, Patrick a dit :

J'espère que l'AAE fera une cérémonie avec des déguisements rebelles...
Malheureusement Parly n'est plus là pour servir de princesse Floieïa.
Mais on a Emmanuel Chivacca donc ça compense.

Ah non y a erreur. Les rebelles ce serait plutôt les djiha...

Euh, oublions :blush: !

En fait, voici l'un des essais qui circulent pour expliquer pourquoi malgré ses indéniables défauts, l'Empire est clairement le "bon côté" dans la saga Star Wars

Et j'arrête là le HS, tout de même, avant de subir le sort d'Aldebaran :happy:

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Il y a 20 heures, Alexis a dit :

Au sujet de ne pas respecter les objectifs calendaires... Suis-je le seul à imaginer le ministère de la défense Boris Pistorius visiter le chantier de la transformation de la Bundeswehr et annoncer aux responsables en retard qu'ils ont auront l'occasion de s'en expliquer directement avec Olaf Scholz... puisqu'il va bientôt visiter le chantier !

"Le Chancelier va venir ?"

"C'est exact, commandant. Et il est très mécontent de votre absence de progrès"

"Nous allons... redoubler nos efforts !"

"Je l'espère, commandant, pour votre bien. Le Chancelier n'est pas aussi indulgent que moi"

Je dois malheureusement affirmer que les hauts fonctionnaires ont bien plus peur de Pistorius que de Scholz. Scholz joue plutôt ce rôle dans l'augmentation de la force de frappe de la Bundeswehr :

Révélation

spacer.png

De grands discours, peu d'actions. 

Pour le reste, je trouve cette mise en scène ridicule, mais je vois bien d'où cela vient. Ingo Gerhartz, le chef de la Luftwaffe et donc du "commandement spatial", est un homme qui a le goût de la publicité. Et la Bundeswehr a actuellement d'énormes problèmes de personnel, on voudrait attirer les adolescents.

Edited by Manuel77
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Il y a 2 heures, Manuel77 a dit :

Pour le reste, je trouve cette mise en scène ridicule, mais je vois bien d'où cela vient. Ingo Gerhartz, le chef de la Luftwaffe et donc du "commandement spatial", est un homme qui a le goût de la publicité. Et la Bundeswehr a actuellement d'énormes problèmes de personnel, on voudrait attirer les adolescents.

Le film "le retour du Jedi", où sont apparus pour la première fois les gardes rouges dont un figurant porte le costume, date quand même de 1983. Des adolescents de 50 ans donc. :biggrin:

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Le 12/04/2023 à 08:47, Delbareth a dit :

Un grand merci pour ces articles. Le premier est particulièrement passionnant !

-

Le 11/04/2023 à 23:08, Manuel77 a dit :

Parmi la multitude d'articles qui paraissent désormais chez nous sur la politique étrangère de Macron, j'en ai trouvé deux que je trouve intéressants.
Sur Macron et l'Allemagne :

https://www.ips-journal.eu/topics/foreign-and-security-policy/the-franco-german-bone-of-contention-6604/

L'approche effrontée de M. Macron peut sembler être le fruit de l'arrogance française. Mais sur le fond, le président français a raison. La fixation de Scholz sur Biden est considérée avec suspicion non seulement à Paris, mais aussi aux États-Unis - et pas seulement dans le camp républicain. La prochaine campagne pour les élections présidentielles devrait encore renforcer cette tendance. Cela vaut également pour les tensions dramatiquement croissantes entre les États-Unis et la Chine, comme l'a clairement indiqué Henry Olsen dans un article paru dans le Washington Post au début du mois de mars : "Les États-Unis ne peuvent pas se permettre de fournir l'essentiel des forces de défense conventionnelles tout en contenant la menace croissante de la Chine... Le Pacifique est trop important pour les intérêts stratégiques des États-Unis pour que M. Biden donne la priorité à l'Europe. L'Allemagne doit passer à l'action, et vite". Dans ce contexte, le passage à l'Europe ne sera qu'un intermède. Cela est clair pour tout le monde. Du point de vue français, le chancelier Scholz poursuit une stratégie qui rendra l'Europe dépendante des Etats-Unis et compromettra à terme sa propre capacité d'action. D'où la sévérité de Macron à l'égard de l'Allemagne.

Edited by Wallaby
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Je trouve le politique allemande bien peu misible concernant la Chine :

 

Zonebourse

Scholz invite le Premier ministre chinois le 20 juin à Berlin-source

Aujourd'hui à 11:55

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BERLIN, 25 avril (Reuters) - Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a invité le Premier ministre chinois, Li Qiang, pour un sommet bilatéral le 20 juin prochain à Berlin, a-t-on appris mardi de source proche de la situation.

Le service presse gouvernemental chinois n'était pas immédiatement disponible pour commenter cette information.

Olaf Scholz s'efforce de mettre en oeuvre une nouvelle stratégie dans ses rapports avec Pékin afin de réduire la dépendance de l'Allemagne à l'égard de la Chine, un marché vital pour les exportations allemandes.

Les deux pays ont toutefois de nombreux points de friction, Berlin souhaitant que la Chine s'ouvre davantage à ses investissements tandis que la partie chinoise déplore la méfiance allemande à l'encontre de ses propres investissements en Allemagne.

Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères a qualifié la semaine dernière de "plus que choquant" le déplacement qu'elle a récemment effectué en Chine et jugé que la Chine devenait un adversaire systémique plutôt qu'un partenaire commercial. (Andreas Rinke, Ryan Woo et Bharat Govind Gautam; version française Nicolas Delame, édité par Blandine Hénault)

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Il y a 3 heures, herciv a dit :

Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères a qualifié la semaine dernière de "plus que choquant" le déplacement qu'elle a récemment effectué en Chine 

Le ministre de l'industrie allemande et le secteur des machines outil ont du apprécier.....ou pas. Ils vont demander le droit d'asile en Macronie :biggrin:

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Il y a 4 heures, herciv a dit :

Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères a qualifié la semaine dernière de "plus que choquant" le déplacement qu'elle a récemment effectué en Chine et jugé que la Chine devenait un adversaire systémique plutôt qu'un partenaire commercial. (Andreas Rinke, Ryan Woo et Bharat Govind Gautam; version française Nicolas Delame, édité par Blandine Hénault)

Dsl mais je comprends pas là. 
elle est choqué par le fait qu’elle soit elle meme aller en chine ?! Elle avait un flingue sur la tempe ou … comment ca se passe ? 

 

il y a une heure, ksimodo a dit :

Le ministre de l'industrie allemande et le secteur des machines outil ont du apprécier.....ou pas. Ils vont demander le droit d'asile en Macronie :biggrin:

Je suis pas sur que la macronie soit plus acceuillante. On devient tres frileux sur les achats chinois notamment des terres. 

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Je voulais dire, le secteur indus et machine allemand va demander l'asile en France. Pô grave, on achètera des matières premières russes via l'Inde ou d'autres, les circuits secondaires sont déjà bien huilés.

On prend, les usines airbus peuvent venir aussi. 

Je veux bien être magnanime cependant. Les minijobs découpeurs de kebap insalubres de minerais de viandes improbables peuvent rester en Allemagne. 

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Il y a 6 heures, wagdoox a dit :

On devient tres frileux sur les achats chinois notamment des terres. 

Dire qu'il y a une quinzaine d'années voir plus quelqu'un comme Claude Bébéar recommandait déjà de quitter la Chine ...

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Il y a 9 heures, wagdoox a dit :

Dsl mais je comprends pas là. 
elle est choqué par le fait qu’elle soit elle meme aller en chine ?! Elle avait un flingue sur la tempe ou … comment ca se passe ? 

Je pense que c'est plus le contenu de sa visite et les réponses chinoises que le fait d'y être allé ^^

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Il y a 11 heures, ksimodo a dit :

Le ministre de l'industrie allemande et le secteur des machines outil ont du apprécier.....ou pas. Ils vont demander le droit d'asile en Macronie :biggrin:

Une usine d'emballage ici en Espagne a acheté récemment toute une ligne de machines allemandes. Elle n'a pu la mettre en route rapidement parce que tous les joints d'hydraulique fuyaient ! Et les joints étaient ... de fabrication chinoise !

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Il y a 10 heures, wagdoox a dit :

Dsl mais je comprends pas là. 
elle est choqué par le fait qu’elle soit elle meme aller en chine ?! Elle avait un flingue sur la tempe ou … comment ca se passe ? 

https://www.reuters.com/world/europe/germanys-foreign-minister-parts-china-trip-more-than-shocking-2023-04-19/

S'exprimant mercredi devant le Bundestag (chambre basse du parlement allemand) au sujet de son voyage en Chine, Mme Baerbock a déclaré que "certaines choses étaient vraiment plus que choquantes".

Elle n'a pas donné de détails, mais sa remarque fait suite à ses propos selon lesquels la Chine devient de plus en plus répressive à l'intérieur et de plus en plus agressive à l'extérieur.

Probablement, elle a discuté avec des dissidents, ou avec l'ambassadeur allemand qui est lui-même en contact avec des dissidents chinois, qui lui ont probablement raconté que des choses assez désagréables se passent en Chine, de telle sorte que cela met de l'eau à son moulin antichinois. C'est sur le mode "je le sais mais je ne le dis pas", peut-être parce que c'est classé "secret défense" par les services secrets allemands ?

Edited by Wallaby
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Il y a 9 heures, Wallaby a dit :

https://www.reuters.com/world/europe/germanys-foreign-minister-parts-china-trip-more-than-shocking-2023-04-19/

S'exprimant mercredi devant le Bundestag (chambre basse du parlement allemand) au sujet de son voyage en Chine, Mme Baerbock a déclaré que "certaines choses étaient vraiment plus que choquantes".

Elle n'a pas donné de détails, mais sa remarque fait suite à ses propos selon lesquels la Chine devient de plus en plus répressive à l'intérieur et de plus en plus agressive à l'extérieur.

Probablement, elle a discuté avec des dissidents, ou avec l'ambassadeur allemand qui est lui-même en contact avec des dissidents chinois, qui lui ont probablement raconté que des choses assez désagréables se passent en Chine, de telle sorte que cela met de l'eau à son moulin antichinois. C'est sur le mode "je le sais mais je ne le dis pas", peut-être parce que c'est classé "secret défense" par les services secrets allemands ?

Enfin tout ça, elle le savait avant, ça se prépare un déplacement…
si la Chine est si problématique, elle n’avait pas a y aller. Surtout pour tenir un discours sur place et dire autre chose sur le retour …

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Attention, il n'y avait de ma part aucune velléité à l'encontre de l'un ou de l'autre. C'était simplement le constat que faisait un technicien francophone qui travaillait sur ce matériel :laugh:

Ceci étant quand je vois les problèmes de joints que se coltine un mien voisin sur sa BM de moins de 10 ans d'âge  ... 

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2007. René Girard sur la construction de l'image de l'ennemi :

51:44 Par exemple ce qu'on appelle le nationalisme n'est jamais qu'une chose : c'est trouver l'autre nation coupable et la sienne propre innocente. Mais ils se ressemblent extraordinairement partout : par exemple, une des choses qui m'ont le plus intéressé dans Clausewitz, c'est lorsque j'ai compris que sa haine pour la France toute puissante à l'époque, si nombreuse pour sa population et qui commençait toujours les guerres, et qui envahissait toujours l'Europe et c'était jamais l’Europe qui envahissait la France comme de nos jours, n'est-ce pas ? – eh bien l'Allemagne de l'époque disait sur la France exactement ce que la France dit aujourd'hui sur l'Allemagne ! Et là où c'est le plus remarquable, c'est sur le langage, parce que les Allemands disaient que le français, langue latine, est une langue dure et militaire, faite pour les commandements, les ordres abruptes, une langue sans douceur. Évidemment ils avaient la poésie de Goethe et de Schiller pour leur démontrer qu'il en est ainsi, de même que nous avons celle de La Fontaine et de Racine pour démontrer la même chose et la dureté de la langue allemande telle qu'elle nous apparaît à nous, n'est ce pas ? Et si l'on prend tout le reste, on s'aperçoit que de part et d'autre, entre nations ennemies, on dit la même chose, on fabrique les mêmes mythes, on les répète tous les jours pour se rendre bien certain qu'ils sont vrais, mais cette chose aujourd'hui est branlante et je pense qu'il faut contribuer à sa destruction.

Voir aussi Heikki Luostarinen sur la russophobie finlandaise : http://www.air-defense.net/forum/topic/21089-finlande/?do=findComment&comment=1610214

 

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18 mai 2018

01:50:04 [question] :  Je voudrais parler des rapports entre la France et l’Allemagne en remontant assez loin –  sans remonter jusqu'à Louis XIV et aux massacres des armées françaises dans le Palatinat : à la Révolution française et l'Empire. Je pense qu'on ne peut pas expliquer ce qui s'est passé en Allemagne (ou on ne peut pas l'expliquer que par ça).  L'Allemagne, à l'époque, bien sûr, n'existe pas. La France était déjà une grande nation comme l'Angleterre : ce sont les deux nations dominantes et l'Allemagne est divisée dans une multitude de petits États. Il y a la Prusse qui est un royaume relativement important et qui va subir une défaite militaire – on peut parler de Iéna – absolument énorme, et il y a eu des conséquences très importantes à ce moment là dans les États allemands et notamment en Prusse, tout un tas d'élites allemandes se sont rendu compte que les États allemands étaient d'une faiblesse... n'avaient absolument pas compté, et qu'ils avaient été occupés d'ailleurs par les Français et j'ai l'impression – en tout cas j'ai lu des choses là-dessus – que dans le siècle qui a suivi au 19e siècle, après le départ des Français, la pensée française à l'époque est une pensée universaliste. La pensée de la révolution française, les Lumières françaises, c'était l'universalisme, et il semble qu'un certain nombre de penseurs allemands se sont opposés (du fait d'abord des traditions dont vous avez parlé), se sont opposés à cette pensée universaliste aussi parce qu'elle était française : il y avait un sentiment anti-français extrêmement profond qui a cheminé tout au long du XIXème siècle qui s'est manifesté dans des prises de position anti-françaises et l'unité allemande et la victoire sur les Français qui a été une surprise, puisqu'à l'époque en Europe on considérait que depuis la Révolution et même avant, que l'armée française était la meilleure d'Europe, et peut-être, en tout cas une des meilleures, et à partir de là, effectivement, il y a eu un sentiment de supériorité qui s'est manifesté chez un certain nombre d'élites allemandes, mais effectivement tout le tout le mouvement völkisch et autres – je prononce mal,  excusez-moi, je n'ai pas appris l'allemand – s'est fait justement en opposition à l'universalisme français qui était absolument détesté, et la pensée allemande, en tout cas, s'est nourrie de tout ça et moi ce qui m'a frappé aussi – je ne veux pas garder la parole trop longtemps –  si on regarde par exemple l'Angleterre, en Angleterre il y avait des écrivains aussi qui étaient racialistes : il y avait un sentiment de supériorité, il y avait un racisme en Angleterre qui chez certains écrivains était évident : un sentiment de supériorité, mais du fait que l'Angleterre était une grande puissance depuis déjà longtemps et qu'elle dominait au XIXème siècle, il n'y avait pas ce sentiment d'infériorité qui a peut-être été très éprouvé par les Allemands et on dit souvent qu'il n'y a rien de pire qu'un ancien faible qui devient fort mais c'est un petit peu ce qui s'est passé en Allemagne. Quand on voit l’Allemagne de 1890-1914 qui fait peur d'ailleurs tellement aux Anglais qu'ils se retournent : ils vont faire une alliance avec les Français, eux qui sont l'ennemi héréditaire : ils ont compris que ce n'était plus la France qui était l'ennemi, c'était l'Allemagne.

Johann Chapoutot : Vous avez parfaitement raison de rappeler l'épisode de 1806 qui a été un véritable traumatisme en Allemagne. L'épisode de 1806, c'est la défaite d'Iéna et d'Auerstaedt de l'armée prussienne face aux armées françaises en l'occurrence commandées par Napoléon, dont on savait qu'il gagnait beaucoup et quasiment tout le temps, mais là, quand même, au cœur de la Prusse, que les Français viennent battre sur leur terrain l'armée prussienne, la glorieuse armée de Frédéric II qui était mort vingt ans auparavant, mais tout de même, ça a beaucoup ébranlé, alors pour vous répondre : vous avez raison, je citerai Robespierre – n'y voyez pas du tout une forme de profession de foi politique – mais Robespierre dont le fameux mot est resté à la postérité : « personne n'aime les missionnaires armés ». Et c'est exactement ce qui s'est passé avec les idées de la révolution française. Elles ont convaincu les élites allemandes.  Schiller a été fait citoyen d'honneur de la république française, Anacharsis Cloots qui était un noble prussien est devenu député à la convention, Hegel s'est passionné pour la révolution française et même Kant, qui a interrompu sa promenade quotidienne pour prendre des nouvelles de la révolution française !  C'est dire l'émoi qui a été suscité chez cet homme par cette nouvelle ! Donc les élites allemandes ont été parfaitement ouvertes à l'universalisme, ont participé pleinement du mouvement des Lumières qu'on appelle Aufklärung en Allemagne. Ca s'est gâté effectivement à partir de 1806. Pourquoi ? Parce qu'en 1806, au fond, s'il n'y avait qu'une défaite ça pouvait aller mais les Français sont restés. Les Français sont restés et ont occupé la Prusse alors la Prusse d'ailleurs qui était réduite des deux tiers : la Prusse est réduite à rien après le traité de paix de Tilsit en juillet 1807, et c'est – comment dire  ? cette volonté française de détruire la Prusse et de rester en Prusse et ensuite d'esclavagiser ce qui restait de la Prusse au service des menées de Napoléon notamment contre la Russie, a profondément choqué les élites allemandes politiques, de la haute fonction publique, militaires : un Clausewitz, un Gneisenau, et puis pour les philosophes un Fichte par exemple. Fichte est un très bon exemple. C'est un kantien, Fichte. C'est un élève de Kant. C'est un des héros/hérauts au double sens du terme de l'universalisme et c'est quelqu'un qui, devant la politique française, se dit : mais au fond ces gens là n'ont que le mot d'universalisme à la bouche, des droits de l'homme etc... mais ils se servent de l'universalisme pour servir leurs intérêts particuliers et naît là un soupçon qui va perdurer à la droite du spectre politique des élites allemandes et qui va être encore aggravé en 1914, en 1918 et en 1919 parce que ce qui se passe à Versailles avec le traité de Versailles puis la création de la Société des Nations c'est, pour ces élites-là, un re-jeu de 1806 au nom d'un universalisme supposé – cette fois-ci, c'est plus Napoléon, c'est Wilson – on nous refait le même coup : c'est à dire que l'on sert les intérêts particuliers des Britanniques des Français, des Américains : c'est à chaque fois la même chose ! Donc qu'est ce qu'on va faire, nous ? On va décidément faire ce qu'il faut faire, c'est à dire se replier sur nos intérêts propres particuliers. L'universalisme est un leurre qui ne sert que les intérêts particuliers de nos ennemis, et ça, effectivement, ça naît en 1806, vous avez raison, et ensuite, par contre il ne faut pas lire l'histoire de manière téléologique et dire que tout était en 1806. Non, ça a été vraiment une sédimentation longue qui, au fond, trouve sa consécration en 1919 avec la création de la Société des Nations.

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https://www.grin.com/document/99196

Hannah Arendt - Die Krise der Erziehung

Eine Krise wird erst dann zu einem Unheil, wenn mit schon Geurteiltem, also mit Vorurteilen darauf geantwortet wird. Die Krise wird nicht nur verschärft, sondern man bringt sich um die Chance des Nachdenkens, die gerade durch die Krise gegeben ist.

Une crise ne devient une calamité que si l'on y répond par des choses déjà jugées, c'est-à-dire par des préjugés. Non seulement la crise est aggravée, mais on se prive de l'occasion de réfléchir qu'elle offre justement.

Apparemment l'original est en anglais :

https://thi.ucsc.edu/wp-content/uploads/2016/09/Arendt-Crisis_In_Education-1954.pdf

A crisis becomes a disaster only when we respond to it with preformed judgments,that is, with prejudices. Such an attitude not only sharpens the crisis but makes us forfeit the experience of reality and the opportunity for reflection it provides.

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