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(Re)structuration du tissu industriel européen de défense


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Il y a 7 heures, Patrick a dit :

Oui endettement combattu par la croissance.

Quand il y a de l'endettement et pas de croissance, et en plus un déficit commercial RECORD, le PIRE de la zone Euro, et bien ça ne marche pas.

Pourtant les USA y arrivent. Pour moi, l'endettement n'a peu de rapport avec la croissance.

Je m'explique, la croissance est une mesure de production et dépend de nombreux critères.

Tandis que la dette est un investissement, elle permet un moment T d'avoir du cash pour un besoin immédiat. 

Et enfin, un état n'est pas une entreprise, sa comptabilité met en avant un équilibre et non une recherche d'argent. Et ce n'est pas un système oligarque, ce n'est pas les plus riches qui mettent en place le PDG

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  • 4 weeks later...
Il y a 11 heures, Bechar06 a dit :

Aubert & Duval ... sauvé ?

 

Juste après une visite du PR en Chine : étonnant !

En pratique, cette date du 28 avril était donnée voici 10 jours par l'Usine Nouvelle, notamment.

https://www.usinenouvelle.com/article/l-acquisition-d-aubert-et-duval-par-airbus-et-safran-sera-finalisee-fin-avril.N2122261

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Un brevet révolutionnaire de foils pour hydravion tombé dans les mains d'actifs chinois

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/05/02/aeronautique-la-chine-risque-de-rafler-les-secrets-francais-de-l-hydravion-a-foils_6171733_3234.html

Révélation

Ne pas permettre qu’une pépite française à la pointe de la technologie parte à l’étranger… C’est tout le combat mené par Hydroptère 2.0, une petite société nantaise spécialisée dans la recherche aéronautique et navale. Depuis plusieurs mois, Gabriel Terrasse, son PDG, bataille pour maintenir sous pavillon français les actifs de l’entreprise savoyarde Lisa Airplanes.

Or, avant de mettre la clé sous la porte, mi-2022, cette jeune pousse a réalisé une première mondiale : un tout nouveau prototype d’hydravion baptisé Akoya. Equipé de foils, des appendices profilés comme des ailes qui remplacent les traditionnels flotteurs, l’hydravion de nouvelle génération, qui vole au-dessus des eaux plus qu’il ne flotte, peut amerrir ou décoller depuis un plan d’eau, et même se poser sur terre ou sur neige.

Malgré son aspect novateur, le projet de Lisa Airplanes n’a pas fonctionné. L’entreprise avait choisi de développer « un hydravion de luxe, un appareil de deux places vendu plus de 300 000 euros », explique M. Terrasse. Faute d’avoir reçu sa certification, l’hydravion Akoya n’a jamais pu être commercialisé. Il n’empêche, les fameux foils, l’innovation d’importance mise au point par Lisa Airplanes, pourraient être développés pour équiper des hydravions beaucoup plus lourds, comme des Canadair.

Dépité mais pas vaincu

Hydroptère 2.0, qui avait fait une offre pour acquérir le prototype et la technologie de Lisa Airplanes, veut poursuivre les recherches de la société savoyarde pour parvenir à dépasser la « barrière de la cavitation ». Ce seuil empêche les bateaux ou hydravions équipés de foils d’aller au-delà des 50 nœuds, soit environ 93 km/h. Au-dessus de cette vitesse, « il y a un décrochage, les foils ne portent plus et tombent brutalement », explique le patron d’Hydroptère 2.0. Un problème pour des hydravions comme pour les Canadair, dont « la vitesse de décollage et d’écopage est de 80 nœuds, environ 149 km/h », ajoute le PDG.

Mais quelques mois après la mise en liquidation de Lisa Airplanes, le tribunal de commerce d’Annecy a attribué, pour une somme relativement modeste (90 000 euros), les actifs de la société à une société chinoise inconnue, Zhejiang Xingxue General Aviation Industry Research and Development, déjà actionnaire minoritaire de la société savoyarde, et qui, comme l’ensemble des entreprises aéronautiques chinoises, a un lien avec les autorités de Pékin

 

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il y a une heure, BPCs a dit :

Un brevet révolutionnaire de foils pour hydravion tombé dans les mains d'actifs chinois

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/05/02/aeronautique-la-chine-risque-de-rafler-les-secrets-francais-de-l-hydravion-a-foils_6171733_3234.html

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Ne pas permettre qu’une pépite française à la pointe de la technologie parte à l’étranger… C’est tout le combat mené par Hydroptère 2.0, une petite société nantaise spécialisée dans la recherche aéronautique et navale. Depuis plusieurs mois, Gabriel Terrasse, son PDG, bataille pour maintenir sous pavillon français les actifs de l’entreprise savoyarde Lisa Airplanes.

Or, avant de mettre la clé sous la porte, mi-2022, cette jeune pousse a réalisé une première mondiale : un tout nouveau prototype d’hydravion baptisé Akoya. Equipé de foils, des appendices profilés comme des ailes qui remplacent les traditionnels flotteurs, l’hydravion de nouvelle génération, qui vole au-dessus des eaux plus qu’il ne flotte, peut amerrir ou décoller depuis un plan d’eau, et même se poser sur terre ou sur neige.

Malgré son aspect novateur, le projet de Lisa Airplanes n’a pas fonctionné. L’entreprise avait choisi de développer « un hydravion de luxe, un appareil de deux places vendu plus de 300 000 euros », explique M. Terrasse. Faute d’avoir reçu sa certification, l’hydravion Akoya n’a jamais pu être commercialisé. Il n’empêche, les fameux foils, l’innovation d’importance mise au point par Lisa Airplanes, pourraient être développés pour équiper des hydravions beaucoup plus lourds, comme des Canadair.

Dépité mais pas vaincu

Hydroptère 2.0, qui avait fait une offre pour acquérir le prototype et la technologie de Lisa Airplanes, veut poursuivre les recherches de la société savoyarde pour parvenir à dépasser la « barrière de la cavitation ». Ce seuil empêche les bateaux ou hydravions équipés de foils d’aller au-delà des 50 nœuds, soit environ 93 km/h. Au-dessus de cette vitesse, « il y a un décrochage, les foils ne portent plus et tombent brutalement », explique le patron d’Hydroptère 2.0. Un problème pour des hydravions comme pour les Canadair, dont « la vitesse de décollage et d’écopage est de 80 nœuds, environ 149 km/h », ajoute le PDG.

Mais quelques mois après la mise en liquidation de Lisa Airplanes, le tribunal de commerce d’Annecy a attribué, pour une somme relativement modeste (90 000 euros), les actifs de la société à une société chinoise inconnue, Zhejiang Xingxue General Aviation Industry Research and Development, déjà actionnaire minoritaire de la société savoyarde, et qui, comme l’ensemble des entreprises aéronautiques chinoises, a un lien avec les autorités de Pékin

 

Oui ... Çà c'est un drame local ... :sad:

PS Je pensais que c'était pas encore fait (les chinois) ...

Edited by jojo (lo savoyârd)
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Il y a 10 heures, jojo (lo savoyârd) a dit :

Oui ... Çà c'est un drame local ... :sad:

PS Je pensais que c'était pas encore fait (les chinois) ...

Après c'est toujours pareil, on a qu'un seul point de vue 

Pourquoi vendre aux chinois pour une somme ridicule alors qu'une boîte française parfaitement dans le créneau est intéressé ... Il y a un loup 

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https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/leurope-doit-navoir-que-deux-grands-industriels-dans-chacun-des-domaines-de-la-defense-1940034

Citation

Avant même la guerre en Ukraine, le spécialiste allemand de l'électronique de défense avait adopté une logique de production en série de ses radars. Pour le patron d'Hensoldt, Thomas Müller, cette standardisation doit aller de pair avec une consolidation du secteur européen de la défense.

Son constat est juste mais son souhait est totalement utopique ...

Est ce que L'italie va abandonner SELEX  ?

Est ce que l'espagne va abandonner NAVANTIA et son groupe electronique ?

Est ce que la France va abandonner NAVAL GROUP batiment de surface ?

Est ce que BAE va abandonner sa branche système ?

Est ce que l'allemagne va abandonner sa branche d'avion de chasse ? 

Edited by Claudio Lopez
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Le 03/05/2023 à 07:57, clem200 a dit :

Après c'est toujours pareil, on a qu'un seul point de vue 

Pourquoi vendre aux chinois pour une somme ridicule alors qu'une boîte française parfaitement dans le créneau est intéressé ... Il y a un loup 

Je pense que le "loup" peut se situer tout simplement dans les besoins en fonds propres pour terminer le développement / essais jusqu'à la certification ... Et le problème c'est l'après, le retour sur investissement. En fait il y a peu de visibilité actuellement sur les applications futurs des brevets, car au niveau commercialisation en l'état du bel oiseau très spécifiques, cher et pour 2 places, c'est plutôt confidentiel.

Le marché des hydravions (même si le concept ici est polyvalent) en France (législation, site ouvert ...) est macro, avec des perspectives qui vont de paire ...

Vraiment triste ...

L-Akoya-un-hydravion-a-foil-capable-de-s

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/les-brevets-de-l-akoya-l-hydravion-a-foils-francais-vont-ils-partir-en-chine-pour-90-000-euros_AN-202305050070.html

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Le 05/05/2023 à 08:54, jojo (lo savoyârd) a dit :

Je pense que le "loup" peut se situer tout simplement dans les besoins en fonds propres pour terminer le développement / essais jusqu'à la certification ... Et le problème c'est l'après, le retour sur investissement. En fait il y a peu de visibilité actuellement sur les applications futurs des brevets, car au niveau commercialisation en l'état du bel oiseau très spécifiques, cher et pour 2 places, c'est plutôt confidentiel

Mais sauf erreur de compréhension de ma part l'acheteur français ne veut aucunement faire d'avions. C'est le brevet qui l'intéresse, pour l'appliquer aux voiliers 

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Le 03/05/2023 à 11:50, Claudio Lopez a dit :

https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/leurope-doit-navoir-que-deux-grands-industriels-dans-chacun-des-domaines-de-la-defense-1940034

Son constat est juste mais son souhait est totalement utopique ...

Est ce que L'italie va abandonner SELEX  ?

Est ce que l'espagne va abandonner NAVANTIA et son groupe electronique ?

Est ce que la France va abandonner NAVAL GROUP batiment de surface ?

Est ce que BAE va abandonner sa branche système ?

Ben oui, évidemment!

Le 03/05/2023 à 11:50, Claudio Lopez a dit :

Est ce que l'allemagne va abandonner sa branche d'avion de chasse ? 

Ben non, ce serait inacceptable!

:laugh:

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  • 1 month later...

Les armes de l'Europe : Les défis industriels de la défense en temps de guerre

Vingt-cinq années de baisse des budgets de défense ont conduit à la réduction des capacités industrielles de défense de l'Europe. Le défi consiste désormais à relancer rapidement la production.

https://www.iiss.org/online-analysis/survival-online/2023/06/the-guns-of-europe-defence-industrial-challenges-in-a-time-of-war/

 

Révélation

Les planificateurs de la défense et les industriels déploient beaucoup d'efforts pour éviter de se préparer à la dernière guerre. Pourtant, la vérité inconfortable qui émerge de la guerre en cours sur le sol européen est que les pays européens se sont à peine préparés à la guerre. La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine a révélé des lacunes importantes dans la capacité des gouvernements européens de l'OTAN à approvisionner et à armer un partenaire voisin, et encore moins à mener eux-mêmes une guerre majeure. Les forces armées des États membres de l'OTAN et de l'Union européenne sont vidées de leur substance et souffrent d'équipements inutilisables et de stocks de munitions fortement réduits. Les décideurs politiques de nombreux pays ont réagi en annonçant des augmentations significatives des dépenses de défense. Les nouveaux fonds sont destinés à combler des lacunes de longue date en matière de capacités, à soutenir la modernisation des forces armées et, dans certains cas, leur croissance, à reconstituer les stocks et à combler les lacunes créées par le transfert d'équipements et de munitions à l'Ukraine. Comme l'a fait remarquer Morten Brandtzæg, PDG de l'entreprise de défense norvégienne Nammo, "c'est une guerre de capacité industrielle". Pourtant, il est rapidement devenu évident que la base industrielle de défense européenne aura du mal à répondre à cette demande accrue à court terme. Cela soulève des questions urgentes sur la capacité de l'industrie européenne à continuer à soutenir militairement l'Ukraine à grande échelle et rapidement, et sur sa capacité à recapitaliser les forces de l'OTAN et de l'UE.

Le déclin des budgets de défense européens pendant environ 25 ans, entre la fin de la guerre froide et l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a inévitablement conduit à la réduction des capacités industrielles de défense de l'Europe. Pendant la guerre froide, les gouvernements européens étaient prêts à financer une certaine surcapacité de l'industrie de la défense afin de garantir un accès fiable aux équipements et aux munitions à grande échelle. À la fin de la guerre froide, l'accent est passé de la préparation à l'efficacité - faire plus avec moins. L'industrie de la défense n'a eu d'autre choix que de prendre des décisions commerciales visant à réduire ses capacités. La guerre en Ukraine entraîne une réévaluation rapide des priorités. Le défi consiste désormais à augmenter rapidement la production.

Définir la capacité industrielle de défense européenne

La capacité industrielle de défense ne se limite pas aux usines et aux chantiers navals. Elle dépend d'un ensemble complexe de pièces de puzzle : des bâtiments d'usine et des chantiers navals, certes, mais aussi des outils, des systèmes et des logiciels ; un réseau étendu d'installations d'usine en aval de la chaîne d'approvisionnement ; des travailleurs tout au long de la chaîne d'approvisionnement, souvent dotés de compétences hautement spécialisées ; et l'accès à des matériaux et à des composants spécialisés. Tous ces éléments doivent être en place pour que les actifs industriels de défense fonctionnent efficacement. Les installations et les personnes doivent également être actives. Il n'est pas facile de redémarrer une usine ou un chantier naval qui a été mis en sommeil, ni de recruter ou de déplacer des personnes d'autres divisions commerciales dans un court délai.

Les médias ont révélé de graves problèmes de capacité dans l'industrie de la défense, tant en Europe qu'aux États-Unis, y compris des difficultés à augmenter ou à relancer rapidement la production. Des délais de deux à trois ans sont régulièrement cités pour la livraison de systèmes plus complexes à partir d'installations de production en service, ainsi que pour le redémarrage de lignes de production dormantes. Par exemple, BAE Systems a récemment informé le ministère américain de la défense qu'il faudrait 30 à 36 mois pour relancer la production de l'obusier M777. Le PDG de Rheinmetall, Armin Papperger, a déclaré à la fin de l'année 2022 qu'il faudrait entre huit et douze mois pour livrer l'acier spécialisé destiné au blindage des chars, et que les délais de livraison de certains composants électroniques destinés à la production de chars pouvaient atteindre 24 mois. Ces délais de plus en plus longs sont principalement dus à des problèmes de chaîne d'approvisionnement et à des goulets d'étranglement, qui sont eux-mêmes fonction du nombre limité de fournisseurs spécialisés en Europe.

L'augmentation de la production, même de systèmes relativement simples comme les obus d'artillerie, s'avère également difficile, les produits chimiques pour les explosifs et les propulseurs, ainsi que les métaux et les plastiques pour les fusées et les douilles, étant apparemment en pénurie. Jiří Hynek, directeur de l'Association pour l'industrie de l'armement et de la défense de la République tchèque, a expliqué que "la plupart des matières premières nécessaires à la production de produits militaires ne sont pas extraites ou sont extraites de manière minimale dans les pays de l'UE aujourd'hui", et que pour certains articles en pénurie, "les prix sont astronomiques". Un rapport parlementaire français indique que le délai entre la commande et la livraison d'obus d'artillerie non guidés de 155 millimètres est de 10 à 20 mois, et de 24 à 36 mois pour les obus guidés. Mike Ord, directeur général de Chemring, qui fournit des matériaux explosifs aux fabricants de munitions, a déclaré que certains de ses clients avaient demandé des augmentations de production de 100 à 200 %.

La Russie et l'Ukraine ont parfois tiré collectivement quelque 200 000 obus d'artillerie par semaine. Pourtant, la production américaine totale d'obus de 155 mm s'élève actuellement à environ 20 000 par mois et n'atteindra 90 000 par mois qu'en 2024, après un récent investissement de 2 milliards de dollars de l'armée américaine. Selon les médias, les jeux de guerre ont montré qu'en cas de conflit de haute intensité, le Royaume-Uni épuiserait ses stocks de munitions en huit jours seulement. Les médias allemands ont suggéré en 2022 que les stocks de la Bundeswehr dureraient entre quelques heures et quelques jours dans un tel conflit. Les perspectives ne sont guère plus réjouissantes en ce qui concerne les missiles. Le ministère français des forces armées a demandé à MBDA Missile Systems d'augmenter la production du système de missiles de défense aérienne à courte portée Mistral de 20 par an à 40 par an d'ici 2025, ce qui est encore insuffisant. La production de l'arme antichar Javelin de Lockheed Martin devrait augmenter de près de 100 %, passant de 2 100 missiles par an à 4 000, alors que les forces armées ukrainiennes ont déclaré avoir eu besoin de quelque 500 Javelin par jour au cours des premières phases de la guerre.

Les causes de ces problèmes de capacité sont profondément ancrées. Pour de nombreux systèmes en cours de production, la capacité industrielle a été réduite pour correspondre aux faibles niveaux de la demande sur le marché intérieur et sur les principaux marchés d'exportation. Pour relancer la production, il faut à la fois agrandir les installations et recruter des travailleurs qualifiés supplémentaires tout au long de la chaîne d'approvisionnement, ce qui est à la fois coûteux et lent. Pour les produits qui ne sont plus fabriqués, le redémarrage de la production est souvent difficile et coûteux, si tant est qu'il soit possible. Le manque de pièces détachées pour réparer et remettre à neuf le matériel existant est un problème particulièrement pressant. Les chars Leopard 1 et Leopard 2 stockés qui doivent être livrés à l'Ukraine doivent d'abord être restaurés. Certaines pièces de rechange n'étant plus disponibles, certains composants doivent être réparés à la main, ce qui peut prendre jusqu'à six mois. Les installations et l'outillage mis sous cocon devront probablement être modernisés et remis à neuf. Les contraintes de la chaîne d'approvisionnement n'apparaissent que progressivement, certains fournisseurs ayant redéployé leurs ressources, voire cessé toute activité. Certaines pièces peuvent être obsolètes et nécessiter une nouvelle conception. Par ailleurs, les nouveaux systèmes n'en sont souvent qu'au début de leur cycle de développement et ne peuvent donc pas être mis en service rapidement.

L'histoire d'un déclin

La demande intérieure de matériel militaire en Europe a fortement diminué depuis la fin de la guerre froide, et les capacités de l'industrie de la défense ont diminué en conséquence. Les cycles de production ont également diminué, car des capacités plus sophistiquées ont entraîné une réduction du nombre de systèmes requis dans les inventaires militaires nationaux. En conséquence, les capacités industrielles de défense de l'Europe ont été comparées à des installations artisanales, fabriquant un petit nombre de produits exquis. Elles ne se prêtent pas facilement à la transformation en chaînes de production à haute intensité. Les exportations ont joué un rôle crucial dans le maintien des capacités industrielles pendant les périodes d'accalmie de la demande intérieure, mais plusieurs gouvernements ont mis en œuvre des politiques d'exportation de plus en plus restrictives au cours des dernières années, ce qui a empêché l'industrie d'inclure les exportations dans la planification de ses capacités de production. Étant donné qu'ils considèrent qu'une guerre de haute intensité est improbable, la plupart des gouvernements européens ne considèrent plus qu'il est politiquement justifié de dépenser l'argent des contribuables pour une capacité industrielle de défense excédentaire. En outre, les achats de plates-formes très médiatisées, telles que les avions et les navires, sont systématiquement privilégiés par rapport à des équipements plus ordinaires, tels que les munitions de base, les roquettes ou même les missiles de défense aérienne basés au sol.

La fin de la Guerre froide a également entraîné un profond changement dans les types de conflits armés dans lesquels les forces de l'OTAN se sont engagées, la guerre de haute intensité à grande échelle étant supplantée par des engagements plus modestes contre des adversaires non pairs. Les forces armées se sont habituées à mener des guerres de faible intensité, dans lesquelles la principale menace provient d'ennemis mal équipés, bien qu'innovants. Il n'est peut-être pas surprenant que la doctrine militaire et l'acquisition d'équipements aient de plus en plus reflété l'hypothèse selon laquelle les forces de l'OTAN contrôleraient régulièrement l'espace de combat, jouiraient d'une supériorité technologique et affronteraient principalement des forces insurgées. La réadaptation à une guerre de haute intensité contre un ennemi capable de contester, par exemple, le domaine aérien ou le spectre électromagnétique prendra non seulement du temps, mais nécessitera également une réinitialisation culturelle. Toute une génération de soldats, de planificateurs de la défense et de responsables des achats qui ont été socialisés dans leurs rôles à une époque de réductions et d'exigences d'efficacité doit maintenant apprendre à croître à nouveau et à gérer l'expansion plutôt que la contraction. Les capacités industrielles de défense devront également s'adapter, car la guerre en Ukraine a révélé que les livraisons "juste à temps" présumées efficaces n'étaient en fait pas "à temps".

Options de réponse

Il n'est pas surprenant que les fabricants de matériel de défense hésitent à investir en l'absence de contrats ou d'engagements fermes de la part de leurs clients, étant donné que la demande pourrait à nouveau s'effondrer à la fin de la guerre en Ukraine. De nombreuses entreprises européennes ont exprimé leur frustration face à la pénurie de contrats, malgré les annonces de leurs gouvernements concernant d'importantes augmentations budgétaires et la proclamation de l'urgence de combler les lacunes en matière de capacités. Par exemple, les forces armées allemandes auraient besoin de commandes de munitions d'une valeur de quelque 20 milliards d'euros pour reconstituer les stocks de différents systèmes d'armes. Or, selon les estimations de la fin de l'année 2022, seuls 10 % environ de cette demande feraient l'objet d'un contrat au cours de la période 2023-2024. À ce rythme, il faudrait 20 ans pour combler l'écart. Susanne Wiegand, PDG de Renk, qui fabrique des trains d'entraînement pour les chars, a déclaré en février 2023 que les nouvelles commandes n'arrivaient qu'au compte-gouttes.

L'industrie privée ne peut généralement pas se permettre de maintenir des installations de production à moins d'avoir une visibilité claire de la demande. Étant donné la propension des ministères de la défense à procéder à des réductions en fonction des circonstances, il est particulièrement risqué pour les entreprises de défense d'accroître leur production avant d'avoir obtenu des contrats. Les représentants de l'industrie ont parfois plaidé pour que les contrats-cadres couvrent une période de dix à quinze ans afin de réduire ce risque. La guerre en Ukraine a exacerbé les pressions économiques déjà sévères en Europe et des doutes subsistent quant à la concrétisation des augmentations des dépenses de défense annoncées récemment. En outre, l'industrie est sous pression pour entreprendre une expansion majeure à un moment où l'agenda européen environnemental, social et de gouvernance (ESG) en plein essor a rendu l'accès au financement plus difficile pour les entreprises de défense, en particulier pour les plus petites d'entre elles. Dans ce contexte, si la guerre devait se terminer rapidement, les gouvernements seraient probablement contraints de réorienter des ressources limitées vers d'autres secteurs. Sans engagements à long terme de leur part, l'industrie hésitera probablement à réaliser des investissements à grande échelle dans des installations de production.

Néanmoins, les résultats solides des entreprises et les carnets de commandes récents laissent entrevoir des perspectives saines. Rheinmetall est l'entreprise qui s'est montrée la plus tournée vers l'avenir en Europe en termes d'ambitions de croissance future et d'optimisme quant à la possibilité de surmonter les défis. Le PDG Papperger a qualifié l'année 2022 d'"année record" et a laissé entendre que le carnet de commandes de l'entreprise passerait de 30 milliards d'euros à la fin de 2022 à 40 milliards d'euros à la fin de 2023. Rheinmetall a augmenté sa capacité de production sur son site d'Unterluess, en Allemagne, et aurait investi quelque 700 millions d'euros en 2022, tout en embauchant 2 000 personnes supplémentaires et en passant à plusieurs équipes de production par jour. L'entreprise a également annoncé son intention de construire une nouvelle usine de poudre et une nouvelle usine en Hongrie, avec le soutien du gouvernement hongrois, afin de produire des explosifs pour différents types de munitions. En outre, elle est sur le point d'acquérir le producteur de munitions espagnol EXPAL afin d'accroître encore sa capacité. M. Papperger a laissé entendre qu'il serait possible d'établir des sites de production de chars de combat principaux, de véhicules de combat d'infanterie et de munitions en Ukraine, avec des moyens de défense aérienne appropriés. BAE Systems, la plus grande entreprise de défense d'Europe, a reçu un nombre record de nouvelles commandes en 2022, pour un montant de 37 milliards de livres, ce qui porte son carnet de commandes à un peu moins de 59 milliards de livres. L'entreprise a enregistré la meilleure performance boursière du FTSE 100, qui répertorie les 100 entreprises ayant la plus forte capitalisation boursière à la Bourse de Londres. En prévision des futures commandes, BAE Systems a augmenté les équipes de production dans ses trois principales usines de munitions britanniques.

D'autres entreprises se sont également mobilisées, mais peut-être de manière moins agressive que Rheinmetall. Début 2023, KMW, un autre fabricant allemand de systèmes terrestres, a acquis une participation majoritaire dans FWH Stahlguss GmbH, un fabricant d'acier moulé, afin de devenir moins dépendant de la chaîne d'approvisionnement internationale. KMW aurait également entamé des pourparlers avec la société grecque Metka, qui a pris en charge la production et le soudage de coques de bateaux pour KMW, afin d'accroître sa capacité. Les entreprises d'Europe centrale et orientale voient également des opportunités de croissance. La société polonaise PGZ a annoncé qu'elle doublerait ses investissements prévus au cours des dix prochaines années pour construire de nouvelles installations et augmenter ses capacités de production. Les entreprises de République tchèque, de Pologne et de Slovaquie disposent de capacités de production pour les calibres d'artillerie de l'ère soviétique qui restent le pilier des forces armées ukrainiennes, ainsi que d'une expérience dans l'entretien et la révision des équipements de l'ère soviétique.

Les problèmes de l'industrie européenne de la défense ne sont pas tous structurels ; certains se situent au niveau de l'entreprise, où les priorités générales de l'ensemble des activités peuvent faire obstacle à des ajustements souples dans la division de la défense d'une société. Par exemple, la société allemande mtu fournit des moteurs pour les véhicules blindés, notamment les chars de combat principaux Leopard 1 et Leopard 2, les véhicules blindés de combat Boxer, les véhicules de combat d'infanterie Marder et les obusiers automoteurs Panzerhaubitze 2000. La société appartient à Rolls-Royce. Alors que mtu recherche des fonds pour réaliser des investissements afin de soutenir les futures commandes attendues et prévoit d'embaucher du personnel supplémentaire, Rolls-Royce a restreint tous les investissements en raison de la sous-performance, principalement dans ses divisions civiles.

Le court-termisme est un autre problème, certains pays procédant à des achats de défense annuels plutôt que pluriannuels. Il est donc beaucoup plus difficile pour l'industrie de la défense de justifier des investissements à long terme à l'échelle requise pour augmenter de manière significative la capacité. Même les entreprises commercialement performantes peuvent être surchargées si les besoins d'investissement doublent ou triplent en l'espace d'un an ou deux. Les organismes publics chargés des marchés publics de défense disposent également d'une marge de manœuvre limitée pour gérer les achats supplémentaires envisagés, et les procédures bureaucratiques tendent à être adaptées au temps de paix. Un représentant de l'industrie allemande s'est récemment plaint qu'en dépit du fonds spécial de 100 milliards d'euros annoncé en février 2022, "le système d'acquisition de la Bundeswehr est toujours plongé dans un profond sommeil". Une réponse évidente serait que les gouvernements et les ministères de la défense européens, ainsi que l'OTAN et l'UE, prennent mieux en compte la probabilité d'un conflit majeur entre pairs dans leurs plans de défense. De même, les ministères de la défense pourraient mieux intégrer les capacités de production et les délais de montée en puissance dans les plans d'urgence.

La capacité industrielle de défense n'est toutefois qu'un élément de l'équation de la préparation. Les ministères de la défense peuvent également améliorer la préparation militaire à une guerre majeure en constituant des stocks d'équipements et de munitions à des niveaux plus appropriés au risque. Si ces stocks existaient à un niveau suffisant pour poursuivre un conflit de haute intensité pendant, par exemple, six mois, cette réserve réduirait d'autant la capacité industrielle de défense supplémentaire nécessaire en cas de guerre. Dans le même temps, le stockage de stocks plus importants n'est pas gratuit, car il nécessite des infrastructures, et les munitions ont une durée de conservation au-delà de laquelle elles deviennent inutilisables. La gestion de ces questions devrait être acceptée comme faisant partie du coût de contingence nécessaire pour être correctement préparé au risque de guerre.

Il serait logique que l'OTAN modifie son processus de planification de la défense afin d'inclure des objectifs pour chaque membre de l'Alliance en termes de stocks de guerre et de capacité industrielle de défense pour les capacités clés. De même, les gouvernements pourraient entreprendre des examens de leurs capacités industrielles de défense clés et fixer des objectifs pour les maintenir à des niveaux qui tiennent mieux compte du risque de conflit de haute intensité. Cela pourrait nécessiter de gérer et de programmer les acquisitions de manière à lisser la demande et donc à éviter ou à minimiser les périodes d'accalmie dans la production. En outre, les gouvernements pourraient mettre en œuvre des approches plus prévisibles en matière de licences d'exportation, ce qui permettrait à l'industrie de la défense de prendre en compte les exportations dans la planification de sa capacité industrielle avec plus de confiance. Les ministères de la défense pourraient rationaliser leurs processus d'acquisition et mieux doter les équipes d'acquisition en ressources. Cela impliquerait, entre autres, de surmonter la tendance bien connue à "dorer" les exigences et à insister sur des variations nationales uniques, qui ajoutent inévitablement des coûts et des risques à des produits qui sont moins efficaces pour les opérations militaires combinées et qui entravent l'interopérabilité.

Enfin, l'UE et les gouvernements nationaux pourraient officiellement désigner le renforcement de la capacité industrielle de défense en Europe comme une condition préalable essentielle à la promotion des objectifs ESG. La logique est claire : à moins que la sécurité ne puisse être assurée sur le continent européen, les ambitions ESG sont susceptibles de s'avérer très difficiles à réaliser. Le lien reconnu et approuvé par le gouvernement entre ces ambitions et la sécurité axée sur l'industrie améliorerait l'accès de l'industrie de la défense à un financement concurrentiel pour stimuler l'expansion de la capacité industrielle.

Plus de coopération européenne ?

 

L'un des moyens d'accroître la production européenne consisterait à réduire les doubles emplois dans l'industrie de la défense, de sorte que les acteurs restants opèrent chacun à des niveaux de production plus élevés et produisent de manière plus efficace. Toutefois, cette solution soulève l'éternel problème européen de la préférence nationale. Il est possible d'imaginer la consolidation d'installations industrielles de défense européennes pour chaque capacité, chacune fonctionnant à pleine capacité et fournissant tous les pays européens, tout en exportant en dehors de l'Europe. Ces installations seraient réparties dans toute l'Europe de manière à ce qu'un nombre significatif de pays en aient une part. Les pays seraient alors interdépendants et auraient donc tout intérêt à ce que le système fonctionne bien.

Traditionnellement, cependant, les gouvernements nationaux ont jalousement gardé leur droit de décider des capacités dont ils ont besoin et auprès de qui se les procurer. Pour de nombreux pays, le maintien d'une industrie de défense nationale est une question d'assurance souveraine qui l'emporte sur les gains d'efficacité indéniables de l'intégration et de la consolidation industrielles et, au moins dans certaines circonstances, sur les obstacles financiers qui, autrement, rendraient logique une plus grande coopération. Une évaluation mentionnée par le ministère lituanien de la défense nationale suggère qu'il existe au moins 15 entreprises de défense dans 11 États membres de l'UE ayant la capacité de produire des munitions de 155 mm (voir carte 1). Une certaine duplication des capacités industrielles de défense à travers l'Europe est néanmoins susceptible de persister. En effet, comme l'a déclaré l'analyste de défense Francis Tusa, "il n'y aura jamais une seule usine de propergol en Europe, mais s'il y a jamais eu un moment pour dire que nous devrions coopérer dans le domaine des munitions, c'est bien maintenant".

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Ces dernières années, l'UE a mis en place de multiples politiques et instruments visant à renforcer la coopération. Il n'est pas encore certain qu'ils fonctionneront. L'instrument actuel le plus important, le Fonds européen de défense (FED), vise les phases de recherche et de développement du cycle de vie des produits. Compte tenu des longs délais de développement requis pour les capacités de défense complexes, il faudra de nombreuses années avant que le FED ne produise des produits fabriqués à grande échelle. Toutefois, l'UE a récemment présenté des propositions concernant de nouveaux instruments destinés à encourager l'achat en coopération de produits originaires de l'UE : l'Acte relatif au renforcement de l'industrie européenne de la défense par la passation de marchés publics (EDIRPA) et le Programme européen d'investissement dans la défense (EDIP). Ces instruments pourraient avoir beaucoup plus d'influence sur les décisions d'achat à court terme que le FED, si les incitations financières l'emportent sur les complexités supplémentaires liées à l'achat en coopération. Dans ce contexte, le budget de 500 millions d'euros proposé pour l'EDIRPA risque d'être bien trop faible pour avoir un impact significatif, compte tenu des dizaines de milliards d'euros dépensés chaque année pour les marchés publics de défense en Europe. En effet, il apparaît d'ores et déjà que de nombreux pays de l'UE donnent la priorité à l'achat de matériel standard, souvent en dehors de l'UE, plutôt que de poursuivre des achats en coopération avec d'autres États membres ou de s'engager dans des programmes de développement des capacités de l'UE en coopération.

Dans le même temps, la guerre en Ukraine a donné un élan à la passation de marchés en commun par d'autres moyens qui pourraient servir de précédent. En mars et avril 2023, quelque 24 gouvernements (23 États membres de l'UE plus la Norvège) ont signé le projet d'acquisition collaborative de munitions, géré par les institutions de l'UE, afin d'accélérer l'acquisition de munitions d'artillerie de 155 mm pour aider l'Ukraine et à des fins nationales, et de créer un cadre pour l'acquisition collaborative de munitions de différents calibres afin de reconstituer les stocks nationaux. Quelque 2 milliards d'euros ont été affectés au remboursement des gouvernements participants pour les transferts rapides d'obus de leurs stocks existants vers l'Ukraine et au financement d'achats conjoints.

L'une des préoccupations persistantes concernant les instruments industriels de défense de l'UE est qu'ils contiennent tous des règles onéreuses relatives à la collaboration avec des entités de pays tiers ou à l'utilisation de technologies soumises à des contrôles ou à des restrictions de la part de pays tiers. Ces règles tendent à être particulièrement problématiques pour les acquisitions à court terme de produits existants, étant donné que nombre d'entre eux intègrent des technologies contrôlées de pays tiers ou impliquent des partenaires de pays tiers. L'industrie de l'UE peut donc être amenée à remplacer des technologies facilement disponibles auprès de proches alliés de l'OTAN, ce qui pourrait entraîner des coûts, une complexité et des délais supplémentaires importants.

L'histoire montre que les programmes de développement coopératif les plus réussis ont peu de partenaires et un chef de file clair. L'idéal est d'avoir deux ou trois partenaires, la complexité et l'inefficacité augmentant sensiblement dès que quatre partenaires ou plus sont impliqués. Pourtant, les instruments industriels de défense de l'UE ont été conçus pour attirer la participation la plus large possible à chaque projet. Par exemple, dans le programme de travail 2021 du FED, chaque consortium de projet gagnant comptait en moyenne 18 entités partenaires de huit pays différents de l'UE. Des dispositions aussi lourdes pourraient conduire à des produits non compétitifs et non exportables. Certaines actions du FED peuvent même s'effondrer avant d'être menées à terme, ou un ou plusieurs des principaux acteurs peuvent être amenés à recoller les morceaux et à financer indépendamment l'activité jusqu'à son terme.

De nombreux pays européens ont réagi à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en augmentant considérablement leurs budgets de défense et en s'engageant à acquérir des capacités majeures, souvent auprès de sources non européennes. De nouveaux programmes européens multinationaux ont également été lancés, tels que l'initiative européenne de protection du ciel (ESSI), dirigée par l'Allemagne, qui propose l'acquisition de diverses capacités prêtes à l'emploi, principalement auprès de sources non européennes, pour répondre aux besoins européens, et qui a obtenu la participation de 17 pays. L'argument habituel est qu'il est plus important de combler rapidement les lacunes que d'assurer laborieusement la coopération européenne à long terme. Qu'en est-il des ambitions de l'UE d'encourager un développement coopératif plus important au sein de l'UE ? Il est à noter que des pays européens importants comme la France et l'Italie n'ont pas signé l'ESSI, arguant que l'approche envisagée par l'Allemagne ne tient pas compte de l'impact d'un programme d'une telle ampleur sur les capacités industrielles européennes en matière de défense antimissile. La France et l'Italie disposent toutes deux d'un important savoir-faire en matière de développement de missiles et des capacités industrielles correspondantes. Mais il est difficile d'envisager qu'elles dirigent un programme européen distinct de développement de la défense antimissile et qu'elles atteignent une masse critique alors que 17 autres pays européens sont signataires de l'ESSI.

De même, l'objectif de développer un nouvel avion européen de patrouille maritime semble discutable maintenant que l'Allemagne semble prête à augmenter sa flotte d'avions américains P-8. On peut penser que l'UE pourrait plutôt se concentrer sur le développement de la prochaine génération de produits qui remplaceraient à terme ces "bouche-trous". Mais la solidité d'un tel programme ne manquerait pas d'être mise en doute en raison des coûts et de la complexité supplémentaires qu'il engendrerait. L'inertie est également un problème. Par exemple, une fois que la Luftwaffe aura intégré la technologie, la formation et la doctrine du P-8 dans son système global, il sera plus difficile de passer à un système entièrement différent, et donc plus difficile à justifier.

Ces considérations suggèrent que les initiatives actuelles de l'UE sont mal calibrées. Certaines, en tout cas, semblent essayer d'être tout pour tout le monde, sans savoir quelles sont les capacités de défense les plus prioritaires, comment garantir la fourniture de produits compétitifs ou comment garder les principaux acteurs européens à bord.

* * *

Depuis la fin de la guerre froide, l'OTAN, et plus particulièrement le bouclier de défense américain, a fait croire à l'Europe qu'elle pourrait toucher des dividendes de la paix durables. Il fut un temps où certains dirigeants européens pensaient même que la Russie était sur la voie de l'intégration européenne et qu'elle était définitivement affaiblie en tant qu'acteur militaire, de sorte qu'elle ne pourrait plus jamais menacer de manière crédible le territoire de l'OTAN. L'Allemagne, entre autres pays, a délibérément adopté des politiques visant à approfondir les liens économiques avec la Russie et à renforcer sa dépendance énergétique à son égard, croyant - ou peut-être espérant - que cela lierait si étroitement la Russie à l'Europe que le Kremlin considérerait l'attaque d'un pays de l'OTAN comme un acte d'autodestruction. Il semble aujourd'hui qu'il s'agissait d'un vœu pieux, même si les attaques russes contre les membres de l'OTAN n'ont pas encore atteint un niveau suffisant pour satisfaire au seuil calculatoirement vague de l'autodéfense collective fixé par l'article 5 du traité fondateur de l'OTAN.

L'assurance que les États-Unis seraient là pour protéger l'Europe a peut-être inévitablement permis aux gouvernements européens de détourner leur attention de la défense. Cela a conduit à des décennies de réduction des budgets, à des armées plus petites et à une base industrielle de défense beaucoup plus réduite. Bien que les appels aux armes dans les discours et les promesses suscités par l'agression de la Russie en Ukraine commencent maintenant à se cristalliser dans la politique officielle, aucune recapitalisation majeure des forces armées ou acquisition à grande échelle pour combler les lacunes en matière de capacités ne s'est encore concrétisée. Il y a encore eu plus de paroles que d'actes. Cela suggère que la guerre en Ukraine, bien que située aux frontières de l'OTAN, n'est pas encore perçue par les gouvernements européens comme une menace réaliste pour le territoire de l'OTAN. Les déclarations selon lesquelles l'Europe est en train de passer à une économie de guerre semblent prématurées, voire farfelues. En Europe occidentale tout au moins, rien n'indique que les gouvernements mettent tout en oeuvre pour se préparer à la guerre. Ils ne doublent pas les dépenses de défense, ne redéploient pas d'importantes ressources, n'augmentent pas le recrutement de l'armée et ne réquisitionnent pas d'usines. L'état d'esprit du temps de paix en Europe est peut-être si profondément enraciné qu'il faudra plus qu'une guerre d'agression en Europe pour susciter une réflexion et une action politique véritablement transformatrices dans les capitales européennes, les institutions de l'UE et l'OTAN.

Si l'Europe a besoin d'une nouvelle secousse catalytique, elle pourrait bien en recevoir une. L'augmentation rapide de la puissance militaire de la Chine et son affirmation croissante signifient que le "pivot vers l'Asie" des États-Unis, annoncé de longue date, est susceptible de s'accélérer. La logique voudrait que les États-Unis réduisent en conséquence leur rôle dans la défense européenne et se tournent vers les nations européennes pour qu'elles prennent le relais. Ce spectre se profilant de plus en plus clairement à l'horizon, l'Europe a besoin d'un changement radical de la pensée politique, associé à une augmentation significative des dépenses de défense et à un effort déterminé pour redonner à l'opinion publique la perception de la nécessité d'une défense forte. Aucune de ces exigences ne semble actuellement assurée. Toutefois, si elles ne sont pas satisfaites, la force de dissuasion tant vantée de l'OTAN risque de s'affaiblir. La Russie pourrait ne plus percevoir l'Europe comme disposant de défenses crédibles et être tentée d'attaquer un membre de l'OTAN.

Moscou a probablement raison de croire que l'Occident n'utiliserait jamais d'armes nucléaires en réponse à une attaque conventionnelle de la Russie contre l'OTAN. Cette hypothèse même fait de la défense conventionnelle de l'Europe l'élément le plus crucial de la dissuasion de l'OTAN. L'Europe n'a donc guère d'autre choix que d'augmenter ses dépenses de défense et de surmonter les inefficacités et les obstacles qui entravent depuis longtemps une collaboration efficace en matière de défense. Le défi à long terme consiste à maintenir cette détermination même en temps de paix, en tenant compte d'une leçon essentielle de l'histoire : le maintien d'une défense forte est le meilleur moyen d'éviter la prochaine guerre. Les références de cet article sont disponibles dans le texte intégral du PDF.

Edited by Titus K
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Le PDG de Thales indique dans cette video un objectif de recrutement de 12 000 personnes en 2023, dont "un gros 40% en France". 

Un passage tres intéressant également sur l'espace et la lune.

Edited by Titus K
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  • 3 weeks later...

Bon, ben, les usines adaptés à la fabrication de munitions, c'est pas au goût de la LFI :

https://www.letelegramme.fr/morbihan/hennebont-56700/le-groupe-lfi-nupes-dhennebont-contre-la-fabrication-dobus-de-mortier-a-caudan-6389757.php

Il y a quelques semaines, Jean-Michel Jacques, député de la 6e circonscription (Hennebont-Gourin) évoquait la possibilité que la Fonderie de Bretagne, à Caudan, puisse fabriquer des obus de mortier. Dans un communiqué, le groupe LFI-NUPES d‘Hennebont, par la voix de son chef de file, Jean-Michel Baudry, candidat aux dernières élections législatives, fait part de sa désapprobation et appelle « à un rassemblement » le 19 juillet 2023, à 17 h 30, devant la permanence du parlementaire

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News chez Safran avec l'acquisition des activités commandes de vol de RTX/Collins Aerospace, et rentre à cette occasion dans le F-35:

https://air-cosmos.com/article/safran-va-acquerir-les-activites-de-commandes-de-vol-et-d-actionnement-de-collins-aerospace-65518?utm_source=sfmc&utm_term=https%3a%2f%2fair-cosmos.com%2farticle%2fsafran-va-acquerir-les-activites-de-commandes-de-vol-et-d-actionnement-de-collins-aerospace-65518%3futm_source%3dsfmc%26utm_term%3d%26utm_content%3d7963%26utm_id%3d113d7dae-1654-4c91-96b1-203be71e5c1e%26sfmc_activityid%3d9128cfb0-e0a9-4be9-8e22-e0510edf3dff%26utm_medium%3demail&utm_content=7963&utm_id=113d7dae-1654-4c91-96b1-203be71e5c1e&sfmc_activityid=9128cfb0-e0a9-4be9-8e22-e0510edf3dff&utm_medium=email&utm_source=sfmc&utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter+quotidienne&utm_term=%%%3dRedirectTo(%40link)%3d%%&utm_id=62449&sfmc_id=6146375

https://www.challenges.fr/entreprise/aeronautique/collins-aerospace-safran-poursuit-ses-rachats-tous-azimuts_862435

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/safran-veut-acquerir-les-activites-de-commandes-de-vol-et-d-actionnement-de-collins-aerospace_862419

Citation

Cet achat constitue la plus importante acquisition de l'équipementier aéronautique français depuis celui du fabricant de sièges Zodiac en 2018 et intervient alors que le groupe se prépare à la prochaine génération d'avions dans un contexte d'électrification croissante.

Il vise un marché en croissance pour les actionneurs, qui convertissent les instructions électroniques du cockpit en mouvements physiques pour aider à contrôler les avions, par exemple en fournissant une portance supplémentaire lors de l'atterrissage.

Collins Aerospace, qui fait partie du géant américain de l'aérospatiale et de la défense Raytheon Technologies, récemment renommé RTX, a déclaré que la vente permettrait "d'optimiser les ressources".

Les successeurs potentiels des modèles d'avions de ligne les plus vendus, l'Airbus A320 et le Boeing 737, sont attendus au milieu de la prochaine décennie, ce qui signifie que les décisions clés sur les relations à long terme en matière de pièces détachées sont attendues autour de 2030.

"L'accord nous permettra de nous positionner de manière très solide pour la suite des événements", a déclaré le directeur général de Safran, Olivier Andriès, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

FOURNISSEUR DU F-35

L'acquisition, qui devrait être finalisée dans le courant du deuxième semestre 2024, augmentera le bénéfice par action dès la première année, a dit le groupe français.

"Je n'exclus pas que nous devions procéder à des cessions à très petite échelle dans certains endroits, mais cela ne serait pas significatif à mon avis", a déclaré le directeur général en référence aux négociations avec les autorités de la concurrence.

L'acquisition ferait de Safran, qui fournit les moteurs du chasseur français Rafale, un fournisseur du F-35, le programme militaire américain concurrent, et augmenterait son exposition à la plupart des grands programmes d'avions commerciaux.

Selon Safran, la transaction devrait générer des synergies de coûts avant impôt d'environ 50 millions de dollars par an, mises en place progressivement de 2025 à 2028.

L'activité ciblée devrait générer en 2024 un chiffre d'affaires d'environ 1,5 milliard de dollars et un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de 130 millions de dollars, a déclaré Safran.

Elle emploie environ 3.700 personnes réparties sur huit sites en Europe (en France, au Royaume-Uni et en Italie) et en Asie.

 

Edited by Chimera
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"Après de longues concertations avec le ministère des armées et les industriels, nous avons décider de bloquer les ventes de commandes de vol de l'avion de chasse F-35 à la suisse et la Belgique.
En effet ces pays frontaliers mènent une politique de plus en plus agressive envers notre notre république et mettent en danger notre sécurité nationale.
Il est donc nécessaire de prendre la difficile décision, en toute souveraineté et dans un but de préservation de la sécurité des citoyens français, de bloquer les ventes d'avions de chasse a ces deux pays"

 

:chirolp_iei:

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il y a 32 minutes, Titus K a dit :

"Apres de longues concertations avec le ministère des armées et les industriels, nous avons décider de bloquer les ventes de commandes de vol de l'avion de chasse f35 à la suisse et la Belgique.
En effet ces pays frontaliers mènent une politique de plus en plus agressive envers notre notre république et mettent en danger notre sécurité nationale.
Il est donc nécéssaire de prendre la difficile décision, en toute souveraineté et dans un but de préservation de la sécurité des citoyens français, de bloquer les ventes d'avions de chasse a ces deux pays"

 

:chirolp_iei:

Non, non, nous on est français, on ne peut pas faire ça, surtout pas à des américains. :laugh:

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