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La production d'hydrocarbures


nemo
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Il y a 3 heures, WizardOfLinn a dit :

Dépêche AFP citant le PDG de Total.
A bien y réfléchir, c'est une stratégie qui revient à planifier une baisse tendancielle de leur activité d'extraction (étant donné que le type de gisement visé est de plus en plus rare), au lieu d'essayer de maintenir un plateau d'extraction plus longtemps en allant chercher des gisements de plus en plus difficiles.

 

 

Donc ils optimisent les plus rentables ?

Mais surtout ""Il n'y a pas besoin de rechercher des choses qui sont par 3 000 mètres d'eau, très lointaines ou dans l'Arctique... et qui seraient trop chères à développer, parce que de toute façon ce pétrole-là pourrait ne jamais être produit", a-t-il souligné."

Très bonne nouvelle  

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  • 2 weeks later...
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Suite des résultats, Aramco a eu une baisse de 44,4 % de ces bénéfices :

Le pétrolier saoudien affiche ainsi « un bénéfice net de 49 milliards de dollars (41 milliards d'euros) en 2020 », contre 88,2 milliards de dollars (73,8 milliards d'euros) l'année précédente, a indiqué la société dans un communiqué publié dimanche. Soit une baisse de 44,4 % sur un an. C'est tout de même mieux que les anticipations des analystes, qui tablaient sur un bénéfice net de 41,5 milliards 

Edited by collectionneur
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Pétrole un jour, pétrole toujours ?

Avons-nous passé le fameux "pic pétrolier" ? Un terme que l'on peut retrouver dans les médias, quel que soit le support, si l'on remonte jusqu'aux années 70. A cette époque, le premier vrai choc pétrolier de l'après guerre fait réagir l'industrie entière. Les constructeurs automobiles américains, bien peu concernés par la question de l'énergie jusqu'alors, se mettent alors à revoir tous leurs plans. C'est la fin d'une époque, le début d'une autre... pour quelques années, en tout cas. La consommation doit repartir, l'économie en dépend. 

Le pétrole, cet or noir, n'est pas qu'un carburant. C'est ce qui régit toutes nos vies. Textiles, secteur pharmaceutique, et surtout PP, PE ou encore PVC. Des polymères qui sont la base de toutes les formes de plastique que l'on rencontre dans nos vies. Parfois même invisibles. De la bouteille d'eau à la planche de bord d'une voiture, le plastique est omniprésent. Bon marché, avec une production désormais parfaitement maîtrisée, c'est LE matériau de l'ère industrielle. Mais pour combien de temps tout ceci sera viable sur le plan économique ?

Les années 30 décisives ?

Le think tank "The Shift Project" vient de rendre publique une longue étude, commandée par le ministère français des Armées. Non, vous ne rêvez pas, ce n'est pas le ministère de l'Ecologie ou encore de l'Economie qui sont à l'origine de cette consultation. Cocasse.

"Cette étude propose un diagnostic concernant l’état de la production et des réserves des seize pays fournissant l’essentiel des approvisionnements en pétrole de l’Union européenne(UE). Ces seize pays sont tous extérieurs à l’UE. On retrouve parmi eux la plupart des principaux producteurs mondiaux. Les États membres de l’UE importent près du dixième de la production mondiale de pétrole, soit à peu près autant que la Chine", précise le résumé de l'étude.

L'étude se sert de la base de données de Rystad Energie, une société norvégienne de premier plan en matière d'analyse de marché des secteurs pétrolier et gazier. Les critères suivants ont été pris en compte :

  • Champs en production et en cours de développement à la date de 2020
  • Champs découverts non développés à la date de 2020
  • Ressources prospectives (non découvertes) à la date de 2020

Premier constat : la forte baisse due au Covid en 2020 n'a pas été enrayée. La production n'a pas retrouvé le niveau de 2019, qui semblait effectivement atteindre un plateau annonciateur de pic. Ce graphique montre par ailleurs la suite des évènements, avec une relative stabilité durant notre décennie, avant une chute de la production de l'ordre de 10 à 20 % (toujours par rapport à 2019) dans le courant de la décennie prochaine, qui s'annoncerait ainsi décisive. Le rapport explique en outre que, même en prenant un scénario très optimiste sur la production américaine de LTO (Light Tight Oil, le pétrole de schiste), le risque de baisse est toujours présent.

L'étude rappelle également que 90 % du transport mondial dépend des produits fossiles. Directement (carburants) mais aussi indirectement, lorsque les véhicules électriques tirent leur énergie d'un mix composé d'électricité produite à partir de charbon, de gaz ou de toute autre matière par définition en quantité "finie" à court, moyen et long terme.

Ce n'est pas la première fois que le thème du pic pétrolier est abordé ces derniers temps. L'étude de The Shift Project rejoint ainsi les projections faites par BP. Juste avant la pandémie, l'un des plus gros champs saoudiens était déjà sur la pente déclinante. Bien sûr, certains projets un peu plus exotiques pourraient ou vont voir le jour : en eaux très profondes, mais aussi dans l'Artique.

Bénie soit la fonte des neiges pour les Russes ! Ceux-ci sont toujours sur le méga projet Vostok en Sibérie, avec à la clé 2 millions de barils par jour. C'est plus que la production totale à plein régime de la Libye...

A moyen terme, la question ne sera pas seulement de savoir quand atteindrons-nous le déclin. Il faudra aussi s'interroger sur la rentabilité de projets d'exploration et d'extraction toujours plus complexes. On le voit déjà avec le pétrole de schiste américain, à la rentabilité très aléatoire. Une chose est sûre : le pétrole "facile", c'est un concept plus proche d'hier que de demain. Il faudra alors se pencher sur la question de l'avenir. Hydrogène, biomasse, renouvelable, EPR, voire fusion nucléaire, et bien d'autres... ? Peut-être un peu de tout ça.

https://www.caradisiac.com/petrole-un-jour-petrole-toujours-190186.htm

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Fin de la production espagnole de pétrole pour raison écologique en juin.

La plateforme Casablanca, située au large du delta de l’Ebre, en Catalogne, a 52 km du rivage, pouvez encore fournir du pétrole jusqu'en 2038. Production de 200 barils jours :

https://www.courrierinternational.com/article/energies-fossiles-clap-de-fin-pour-lextraction-de-petrole-en-espagne

https://www.eleconomista.es/energia/noticias/11237405/05/21/Repsol-y-Cepsa-dejan-de-producir-petroleo-en-Espana-con-el-cierre-de-Casablanca.html

 

Edited by collectionneur
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Question: quelle est le stock français de pétrole de schiste? On n'a pas voulu l'exploiter mais imaginons que dans 20 ans ce soit la dèche totale et donc il reste pas grand chose;

Donc qu'est ce qu'on a sous le coude réellement? Car paradoxalement le fait qu'on ne veuille pas l'exploiter c'est une réserve stratégique pour quand ce sera indispensable. 

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12 hours ago, cracou said:

Question: quelle est le stock français de pétrole de schiste? On n'a pas voulu l'exploiter mais imaginons que dans 20 ans ce soit la dèche totale et donc il reste pas grand chose;

Donc qu'est ce qu'on a sous le coude réellement? Car paradoxalement le fait qu'on ne veuille pas l'exploiter c'est une réserve stratégique pour quand ce sera indispensable. 

4 milliard de m3 de gaz et 2 milliard de baril de pétrole ... mais en l'absence de forage exploratoire difficile d'en savoir plus que des "prévisions".

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  • 2 weeks later...

Les pétroliers russes savent s'entourer pour défendre leurs intérêts : un ancien premier ministre français, un ex-chancelier allemand, une ex-cheffe de la diplomatie autrichienne (qui a dansé la valse avec Poutine) :

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/russie-fillon-propose-au-conseil-dadministration-dun-groupe-petrolier-public-russe-210612

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Le 14/06/2021 à 11:37, WizardOfLinn a dit :

Les pétroliers russes savent s'entourer pour défendre leurs intérêts : un ancien premier ministre français, un ex-chancelier allemand, une ex-cheffe de la diplomatie autrichienne (qui a dansé la valse avec Poutine) :

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/russie-fillon-propose-au-conseil-dadministration-dun-groupe-petrolier-public-russe-210612

Surtout, l'ex-chancellier allemand, c'est Gérard Schröder qui a mis en place la sortie du nucléaire sans son pays pour le remplacer par le gaz de Nord Stream 2 venant de Russie ... Il y aura comme des mélanges d'intérêts !

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Même pour le ministre français, ces comportements sont à vomir (mais bon, pour lui, il n'en est peut-être plus à ça près). On est en froid avec la Russie, il y a même des sanctions économiques en vigueur, et on voit des anciens dirigeants et personnages hauts placés se vendre à une entreprise d'Etat russe (donc à la Russie), même pas à des compagnies privées, et si ça se trouve à divulguer des secrets d'Etat.

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il y a 3 minutes, WizardOfLinn a dit :

Même pour le ministre français, ces comportements sont à vomir (mais bon, pour lui, il n'en est peut-être plus à ça près). On est en froid avec la Russie, il y a même des sanctions économiques en vigueur, et on voit des anciens dirigeants et personnages hauts placés se vendre à une entreprise d'Etat russe (donc à la Russie), même pas à des compagnies privées, et si ça se trouve à divulguer des secrets d'Etat.

S'ils se vendent maintenant, que ne se sont-ils pas vendus avant ?

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  • 2 months later...

Un important gisement de pétrole découvert au large de la Côte d'Ivoire, 03/09/2021, RFI

...."Il s’agit d’une « découverte majeure » pour le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie. Thomas Camara donne une première estimation des réserves découvertes : entre 1,5 milliard et 2 milliards de barils de pétrole brut. Concernant le volume du gaz, il y aurait entre 1 800 à 2 400 milliards de pieds cubes."

.....

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210902-un-important-gisement-de-pétrole-découvert-au-large-de-la-côte-d-ivoire

 

Edited by Benoitleg
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Il y a 16 heures, Ciders a dit :

A voir ce que l'accord inclut... 

A priori injection d'eau de mer dans des puits de pétroles, construction d'une station de production de gaz naturel, création d'un champ de panneaux solaires de 1000 MW à Artawi

De quoi sortir de la dépendance aux importations Iraniennes 

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Le 18/06/2021 à 13:26, WizardOfLinn a dit :

Même pour le ministre français, ces comportements sont à vomir (mais bon, pour lui, il n'en est peut-être plus à ça près). On est en froid avec la Russie, il y a même des sanctions économiques en vigueur, et on voit des anciens dirigeants et personnages hauts placés se vendre à une entreprise d'Etat russe (donc à la Russie), même pas à des compagnies privées, et si ça se trouve à divulguer des secrets d'Etat.

Cough cough... Nicolas Sarkozy... cough cough... Qatar...

John Major... groupe Carlyle...

Colin Powell... groupe Carlyle...

Etc. etc.

Ce n'est pas parce qu'ils se vendent à ceux d'en face que c'est mieux. Et le tout est hélas... fort répandu :angry:

 

Le 18/06/2021 à 13:30, Ciders a dit :

S'ils se vendent maintenant, que ne se sont-ils pas vendus avant ?

Le principe, c'est que pendant que tu es au pouvoir, tu "soignes" les intérêts de tel ou tel puissant.

Une fois que tu sors du pouvoir, tu es "récompensé".

Bien sûr, ça n'a rien, mais alors rien à voir avec de la corruption !

 

Le 18/06/2021 à 11:58, WizardOfLinn a dit :

Aramco émet des obligations pour financer le versement des dividendes promis aux actuels actionnaires...

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/saudi-aramco-leve-6-mds-de-dollars-des-obligations-islamiques-pour-verser-des-dividendes-210617

C'est pas un peu le principe de base de certaines combines un peu louches, de type "pyramide de Ponzi" ?

La finance "islamique" rejoint là la finance internationale tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Qui ne fait pas nécessairement mieux.

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A signaler le petit livre à paraître de Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, et Hortense Chauvin, journaliste à Reporterre

Pétrole — Le déclin est proche

Dont voici un extrait :

Les projections actuellement les plus optimistes, par exemple celle de Rystad Energy, identifient un pic inévitable, faute de réserves suffisantes, au plus tard au cours de la décennie 2030. Et ce dans l’hypothèse d’une configuration optimale pour les pétroliers, inconnue depuis 2014 : celle d’un prix du baril à la fois croissant et peu volatil.

2030, et même 2040, c’est tout près, compte tenu de l’inertie des organes techniques vitaux de la société. Mais le moment fatidique du pic pétrolier, probable ligne de partage des eaux de l’histoire de la société thermo-industrielle, pourrait se révéler encore plus proche de nous.

À mesure qu’une part croissante de la production mondiale devient « mature » et de plus en plus sénescente, l’équilibre est toujours plus difficile à trouver au fil du temps entre déclin de la production existante et développement de sources nouvelles. Cet équilibre est rendu plus précaire encore par la crise du Covid, qui a fait entrer en hibernation une grande part des investissements de l’industrie pétrolière mondiale.

Ce n’est pas fondamentalement un problème de prix. À la veille de cette récession économique brutale, et depuis la chute des cours du brut à partir de 2014 (qui succédait aux sommets à plus de 100 dollars du début de la décennie), la pression exercée par les producteurs de brut sur leurs fournisseurs leur permettait de comprimer leurs coûts d’extraction, au point de rendre rentable à peu près toutes les sources de carburants liquides, en dehors des sables bitumineux, même à 60 ou 50 dollars le baril [1]. C’est bien un manque chronique de découverte de nouveaux champs pétroliers, et non la rentabilité de leur mise en production, qui expliquait en premier lieu le déficit de nouveaux projets de production, que soulignait en 2018 l’AIE dans son rapport annuel. Le « risque de resserrement de l’offre », alors pointé par l’AIE, a été considérablement aggravé par la récession entraînée par la pandémie. À cause de cette récession et de la chute brutale de la demande de carburant qu’elle a provoquée, les investissements dans le développement de la production d’hydrocarbures ont chuté tout aussi brutalement en 2020, de près d’un tiers par rapport à 2019. La chute est particulièrement marquée du côté des producteurs de pétrole de schiste, avec une division de moitié de leurs investissements (laquelle n’a fait qu’amplifier, comme on vient de le voir, un mouvement amorcé dès 2018 sous la pression de créanciers et d’actionnaires perdant patience).

La sortie de crise s’annonçait incertaine au printemps 2021. Cette incertitude, combinée à l’essor des ventes de véhicules électriques et aux durcissements des objectifs climatiques, justifie, au sein du secteur pétrolier, et en particulier de la part des majors européennes (BP, Shell et Total) un coup d’arrêt sans précédent de leurs projets de développement de la production de brut. Les circonstances ne doivent cependant pas masquer un problème fondamental et plus ancien pour cette industrie : les pétroliers ne trouvent guère de pétrole depuis bien plus longtemps qu’ils ne se préoccupent du climat ou de l’arrivée de la voiture électrique. Mis à part ce qui a pu être récupéré grâce au rachat de concurrents, la production de pétrole de Total, de BP ou de Shell s’effrite (et, dans certains pays, s’effondre) depuis le milieu des années 2000, en dépit, là encore, d’efforts sans précédent d’investissement. Pour les majors aussi, le baril « marginal », celui qui doit remplacer les barils épuisés, est de plus en plus difficile à trouver. Depuis 2018, la presse économique pointe régulièrement la médiocrité de leurs retours sur investissement.

Donc, d’un côté, les pétroliers se lassent de forer des « puits secs » de pétrole conventionnel, tandis que, de l’autre, certains risquent leur chemise dans la ruée périlleuse vers le pétrole de schiste. La demande, elle, restait en croissance avant la crise. Elle est désormais sévèrement déprimée, sans que soit mise en œuvre pour autant l’organisation technique et sociale d’une économie post-pétrole. Toujours accro au brut, l’humanité est menacée d’être piégée entre des pétroliers qui n’investissent plus assez pour repousser le spectre du pic pétrolier, et des leaders économiques et politiques qui n’organisent pas ni même ne pensent la sortie du pétrole.

 

Edited by Alexis
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  • 5 months later...

Grosse découverte au large de la Namibie (qui pourrait se prolonger du côté de l'Afrique du Sud).

Et devant le flambée des cours, l'agence internationale de l'énergie débloque une partie des réserves stratégiques :

https://bourse.lefigaro.fr/matieres-premieres/les-pays-de-l-aie-vont-liberer-60-millions-de-barils-de-leurs-reserves-strategiques-20220301

 

60 millions de barils de leurs réserves de pétrole, a fait savoir le ministre japonais de l'Industrie, Koichi Hagiuda. dont 30 millions par les États-Unis.

La société Nord Stream 2 AG, enregistrée en Suisse et censée exploiter le gazoduc - toujours non opérationnel - reliant la Russie à l'Allemagne, serait sur le point de se mettre en cessation de paiement. Le ministre suisse de l'Economie a par ailleurs déclaré lundi que la société avait procédé au licenciement de ses 140 employés dans la ville de Zoug.

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  • 3 weeks later...

Achats de pétrole : la Chine et l'Arabie Saoudite veulent remplacer le roi dollar par le yuan

Pékin et Riyad travaillent sur des contrats pétroliers libellés en devise chinoise pour s'émanciper de "l'exorbitant privilège" du dollar. Les sanctions économiques imposées à la Russie accélèrent le mouvement chez les économies émergentes. Explications.

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La compagnie pétrolière royale Aramco va former une joint-venture avec le conglomérat de défense chinois Norinco, qui a des activités pétrolières, pour développer un complexe de raffinage - d’une capacité de 300.000 barils par jour - et de pétrochimie dans la ville de Panjin, dans la province du Liaoning dans le nord-est du pays, proche de la frontière avec la Corée du Nord. (Crédits : Reuters)

"La guerre pourrait modifier fondamentalement l'ordre économique et géopolitique mondial, si le commerce de l'énergie se modifie, si les chaînes d'approvisionnement se reconfigurent, si les réseaux de paiement se fragmentent et si les pays repensent leurs réserves de devises"

avertissait mardi le Fonds monétaire international (FMI). Il ne croyait pas si bien dire. Selon des informations du Wall Street Journal, la Chine et l'Arabie saoudite étudient la possibilité de payer en yuans l'achat du brut saoudien.

L'enjeu est loin d'être marginal et pourrait précipiter le mouvement. Quelque 25% des importations chinoises de pétrole sur un total de quelque 10,5 millions de barils par jour (mbj) (selon le dernier rapport mensuel de l'Opep) sont fournies par l'Arabie Saoudite, le reste étant principalement livré par la Russie, l'Irak et l'Angola. Par ailleurs, le Royaume qui exporte en moyenne 6,2 millions de barils par jour (mbj) compte aussi parmi les principaux fournisseurs de brut du Japon et de l'Inde.

Ligne de fracture

Cette volonté ne date pas d'hier, mais elle prend une dimension nouvelle avec la guerre en Ukraine qui trace une ligne de fracture entre les pays occidentaux et les émergents. Car même s'ils n'approuvent pas l'invasion russe, les pays émergents rechignent à s'aligner sur la position des Etats-Unis et de l'Europe.

Depuis les sanctions imposées au Venezuela, à l'Iran et aujourd'hui à la Russie, ils cherchent à moins dépendre des Etats-Unis. Pour les Saoudiens, la défiance est même plus ancienne. Depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane, l'homme fort du régime, a été ostracisé par l'administration Biden qui l'accuse d'avoir été l'instigateur de l'assassinat du journaliste dissident Jamal Kagoshi, les relations entre Washington et Riyad se sont distendues. Ainsi le récent appel de Joe Biden lancé à l'Arabie Saoudite pour qu'elle augmente sa production pour faire baisser les cours du baril de brut qui avait franchi les 100 dollars est resté lettre morte.

Riyad reproche aussi aux Etats-Unis de ne pas soutenir la coalition formée avec les Emirats Arabes Unis qui est enlisée depuis 2015 dans la guerre civile au Yémen où elle combat une rébellion houthie, soutenue par l'Iran. A la fin de 2021, selon un bilan établi par l'Onu, cette guerre avait fait 377.000 morts dont 150.000 dus aux combats, les autres en raison de la famine et des maladies. Outre le coût humain, elle a un coût financier pour l'Arabie Saoudite qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars.

Par ailleurs, le royaume saoudien se sent de moins en moins partie prenante d'un système mis en place en 1974 - après la fin des accords de Bretton Woods et le choc pétrolier - par l'administration de Richard Nixon. En échange de leur sécurité garantie par les Etats-Unis, les monarchies pétrolières du Golfe s'engageaient à libeller les transactions en dollars. Ainsi, les pays producteurs engrangeaient des réserves de change en dollars, et les pays consommateurs devaient se procurer des dollars pour acquérir du pétrole, renforçant le rôle du billet vert comme monnaie de référence. Avec leurs pétrodollars, les monarchies du Golfe achetaient des bons du Trésor américain, finançant ainsi le déficit budgétaire américain.

Les Etats-Unis visent le rang de premier producteur mondial

Or, le marché pétrolier a changé. L'Opep a intégré la Russie et d'autres pays exportateurs pour former l'Opep+ afin de mieux contrôler l'évolution des prix du baril. Parallèlement, les Etats-Unis disputent à l'Arabie Saoudite et à la Russie le rang de premier producteur mondial de pétrole, grâce au développement du "fracking" et l'autorisation accordée par Donald Trump dès le début de sa présidence aux compagnies pétrolières pour prospecter et forer le sol américain. Conséquence, les Etats-Unis qui importaient 2 mbj de brut saoudien au début des années 1990 sont passés à moins de 500.000 barils par jour en décembre 2021, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Un chiffre qui devrait baisser à l'avenir, si les sanctions du Venezuela sont levées.

Même si pour le moment plus de 80% des contrats de vente de pétrole restent libellés en dollars, de plus en plus d'émergents n'hésitent plus à s'en passer, comme en témoigne l'achat par l'Inde de brut russe via une transaction roubles/roupies.

Le "privilège exorbitant" du dollar repose aussi sur l'extraterritorialité du droit américain, qui permet au département de Justice américain de poursuivre une entreprise étrangère hors des Etats-Unis au seul motif qu'elle a effectué ses opérations en dollars. Ainsi, la banque française BNP Paribas a dû s'acquitter d'une amende de 9 milliards de dollars pour avoir réaliser des opérations avec des pays comme le Soudan, l'Iran ou Cuba, qui sont sous sanctions américaines.

Finalement, un des bénéficiaires de ce mouvement pourrait être l'euro, la Russie et la Chine ont d'ailleurs ces dernières années réduit leur exposition au dollar, en le remplaçant par l'euro et l'or. Si Pékin n'a jamais caché son intention de faire du yuan une monnaie de réserve, et a déjà obtenu certaines concessions en ce sens au Fonds monétaire international (FMI), il est handicapé toutefois handicapé par le fait qu'il reste sous l'influence politique de Pékin.

Visite de Xi Jinping en Arabie Saoudite

Au-delà de la question de la monnaie, les économies émergentes accélèrent les projets d'investissements communs. Le mois dernier, la Chine et la Russie ont signé un contrat pour la construction d'un gazoduc entre les deux pays. La semaine dernière, une délégation saoudienne effectuait une tournée en Asie qui s'est conclue par une moisson de contrats au Pakistan, en Inde et en Chine. Parmi les 35 accords de coopération économique signés avec Pékin, dont le montant cumulé s'élève à 28 milliards de dollars, selon l'agence de presse saoudienne SPA, figure le projet de construction d'une raffinerie et d'un complexe pétrochimique, pour un investissement de 10 milliards de dollars.

La compagnie pétrolière royale Aramco va former une joint-venture avec le conglomérat de défense chinois Norinco, qui a des activités pétrolières, pour développer un complexe de raffinage - d'une capacité de 300.000 barils par jour - et de pétrochimie dans la ville de Panjin, dans la province du Liaoning dans le nord-est du pays, proche de la frontière avec la Corée du Nord. Aramco fournira jusqu'à 70% du pétrole du complexe, qui devrait démarrer ses activités en 2024.

Signe de ce renforcement des relations des deux pays, à l'invitation du Roi, le président chinois Xi Jinping se rendra en visite officielle dans le royaume, probablement en mai, après la fin du Ramadan.

Robert Jules

 

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