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Brêves de comptoir :

  • sortie de la CEDAO ("parce que !") avec des questions sur le CFA ; je ne sais plus qui prétendait qu'il n'y avait pas de pilotage moscovite des 3 juntes, qu'elles étaient différentes, tout ça...
  • refoulement des étrangers à l'aéroport : des européens en mission, des français, y compris sous mandat ONU pour le programme alimentaire mondial.
  • et 22 civils de plus massacrés par les djihadistes.

En toute bonne logique, vont venir à très court terme les saisies d'actifs, le harcèlement des bi-nationnaux et l'invention de crimes racistes en Europe et en France au premier chef, les incendies d'avions...

Edited by Boule75
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il y a 9 minutes, Boule75 a dit :

Brêves de comptoir :

  • sortie de la CEDAO ("parce que !") avec des questions sur le CFA ; je ne sais plus qui prétendait qu'il n'y avait pas de pilotage moscovite des 3 juntes, qu'elles différentes, tout ça..

Quel rapport entre une sortie de la CDAO de ces trois juntes dont l’opposition à cette alliance est un point commun assez structurant et un pilotage par Moscou ?

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https://www.telos-eu.com/fr/la-france-au-sahel-lusure-dun-ethos-politique-et-m.html (22 janvier 2023)

La situation renvoie à un problème structurel mettant en jeu l'ensemble de la relation entre la France et le continent africain. Il s’agit de la difficulté, et dans certain cas de la quasi-incapacité, de la France de se représenter le point de vue africain alors qu’elle est censée être familière du continent. Disant cela, nous n'insinuons pas que ce point de vue est le bon (ni le contraire). Ce n'est pas ce qui importe. Ce qui importe est la faculté d'insérer l'action publique internationale de la France dans un cadre de réciprocité des perspectives, où, même si la partie française n'est pas d'accord avec ses partenaires, elle sait ce qu'ils font fait et se représente, sans trop de biais, ce qu'ils pensent de ce qu'elle fait. 

[Cette idée est condensée dans le titre du livre de Gourdault-Montagne : "Les autres ne pensent pas comme nous"]

Le passage de l'opération Serval à l'opération Barkhane ne peut ainsi se comprendre que comme un moment d'hybris.

Le projet était sapé par l'erreur initiale d'une guerre régionale conduite par la France contre le terrorisme.

Tout cela, cependant, n'aurait sans doute pas abouti à la débâcle politique actuelle, s'il ne s'y était rajouté des effets de contextes et des impairs, pointés par un récent rapport parlementaire (4).

Sans doute, ne faut-il pas ignorer le travail de sape de la propagande et des trolls russes, mais ce type d'explications tend à confondre les conséquences et les causes. La propagande russe nuit à l'image de la France parce que cette image est affaiblie et que les populations sont devenues réceptives à ces messages.

Si la démocratie est souvent réclamée par les opposants aux gouvernants africains, elle ne constitue pas, pour les partisans de l'African agency [je traduirais "souveraineté africaine"] (7), un absolu par rapport à d'autres nécessités plus pressantes. Ces idées se retrouvent chez des publicistes influents comme Alain Foka (8).

Le Sommet Afrique-France de Montpellier, en octobre 2021, partant d'un bon principe – parler à la société civile – aboutit au même résultat : l'inégale considération des gouvernements légitimes, qui ont été contournés. Afin de mieux comprendre la perception d'un tel sommet vu d’Afrique, il suffit de faire un test de symétrie consistant à s'interroger sur la perception française d'un sommet similaire se tenant aux Etats-Unis et réunissant des membres de la société civile européenne afin de construire une nouvelle relation entre les États-Unis et l'Europe.

Le rêve d'une violence salvatrice pour éradiquer les groupes armés, notamment en faisant appel aux miliciens de Wagner, est aussi voué à l'échec que l'illusion française de faire la guerre au terrorisme. L’important, à vrai dire, n’est pas de savoir « qui a raison », mais de comprendre qu’après avoir échoué, au moins dans la perspective du partenaire, il n'est pas raisonnable de soutenir que ceux qui tentent autre chose s'égarent. L'attitude normale, en cas d'échec, est d'ouvrir la boite aux solutions et non de répéter que l'on avait raison (9). S’obstiner à faire le contraire ne peut manquer de signifier que la raison est toujours d’un seul côté, ce qui renvoie au manque de considération, un manque de considération mâtiné d’arrogance. Le sentiment anti-français s’en nourrit actuellement.

L’image abimée de la France donne une ampleur particulière à ces revers. Elle explique la relative facilité avec laquelle le « sauveur » de naguère est quasiment devenu un adversaire. La propagation de cette image est un problème en soi, en ce qu’elle ne peut que faciliter d’autres expressions d’hostilité.

(4) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion_afetr/l16b1841_rapport-information.pdf  , particulièrement p. 59-66 et 111-118.

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Il y a 15 heures, Wallaby a dit :

hybris

"Sentiment violent inspiré par la passion et par l'orgueil ; excès coupable."

 

Il y a 15 heures, Wallaby a dit :

Le projet était sapé par l'erreur initiale d'une guerre régionale conduite par la France contre le terrorisme.

C'est complètement vrai :  Y a t il eu un seul terroriste, issu du Sahel, qui ait déclenché un attentat en France  ? 

 

Il y a 6 heures, Wallaby a dit :

Les chercheurs, experts et journalistes sont eux-mêmes peu écoutés.

Un drame à tous niveaux et dans tout domaines, pourtant la France est assez bien dotés en "spécialistes" ... Dire qu'il suffirait au PR et au gouvernement de faire s'exprimer ses gens là, choisis, devant l'assemblée ou le sénat, ou des représentants représentatifs, puis ensuite de faire un essai de synthèse et ensuite, si désaccords et divergences, plutôt que consensus, de DECIDER politiquement ...

Monsieur le PR vous me conjuguerez à tous les temps le verbe "PRESIDER" et ensuite, après y avoir réfléchi en votre for intérieur, vous nous direz en quoi vous avez failli ! Sur cette question africaine comme sur beaucoup de domaines

Il y a 6 heures, Wallaby a dit :

Aux États-Unis, par exemple, la formation des diplomates nommés ambassadeurs intègre un cycle de rencontres avec des chercheurs spécialistes du pays de destination

Tiens pour un fois... pas cons ! 

Edited by Bechar06
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il y a 14 minutes, Bechar06 a dit :

Tiens pour un fois... pas cons ! 

En fait les Américains ont deux types d'ambassadeurs. Ceux qui sont nommés par complaisance, des incompétents mais gros donateurs du parti démocrate ou républicain à qui on ne peut rien refuser. Et les autres, les diplomates de carrières qui se sont formés au métier, qui ont les diplômes universitaires qui vont bien. J'imagine que les postes africains sont peu prisés par les ambassadeurs de la première catégorie, d'où le fait que peut-être les ambassadeurs africains des Etats-Unis se trouvent être des gens bien formés et compétents ???

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Il y a 3 heures, Teenytoon a dit :

Ben non y'a eu Barkhane puis Serval pour l'éviter. 

C'est le problème quand il ne se passe rien, vous voyez bien que des barres de gyrophares hyper voyantes à 3000 € n'ont servit à rien puisqu'il n'y a pas d'accident. 

Avec ce raisonnement y en aurait pas eu venant du Yemen, de Syrie ou d'Irak. On peut toujours dire que si on avait rien fait y aurait eu Gog et Magog déchainé en France.
Mais 1) pas faire une intervention militaire ça veux pas forcément dire en rien faire, surtout une intervention aussi longue.
2) tu peux toujours dire ce que tu veux dans n'importe quel sens les gens ne croiront de toutes façon qu'au récit auxquels ils veulent adhérer.


Par contre depuis qu'on est parti on observe surtout qu'ils essayent de prendre le pouvoir sur place.

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Il y a 2 heures, nemo a dit :

Par contre depuis qu'on est parti on observe surtout qu'ils essayent de prendre le pouvoir sur place.

Et après?

Je suis d'accord pour ne pas faire de Barkhane LA raison de l'absence d'attentats venant du Sahel, mais il est certain qu'être traqués sans contrôler de territoire n'aide pas vraiment à penser et préparer un attentat à des milliers de kilomètres.

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Il y a 7 heures, Bechar06 a dit :

Un drame à tous niveaux et dans tout domaines, pourtant la France est assez bien dotés en "spécialistes" ... Dire qu'il suffirait au PR et au gouvernement de faire s'exprimer ses gens là, choisis, devant l'assemblée ou le sénat, ou des représentants représentatifs, puis ensuite de faire un essai de synthèse et ensuite, si désaccords et divergences, plutôt que consensus, de DECIDER politiquement ...

Je trouve cela très exagéré. De nombreux spécialistes ont été auditionnés ou ont été rencontrés par les diplomates. Il y en a toujours qui ne le sont pas, et avaient évidemment LA solution que l'on a refusé d'entendre, mais il faut être réaliste: il y a chez les spécialistes beaucoup de constats, souvent largement connus, mais pas beaucoup de solutions non plus...

 

Il y a 7 heures, Bechar06 a dit :

Tiens pour un fois... pas cons ! 

Comme si nos ambassadeurs n'avaient aucune préparation... Cette capacité à s'auto flageller chez les Français est assez remarquable...

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Il y a 2 heures, nemo a dit :

On peut toujours dire que si on avait rien fait y aurait eu Gog et Magog déchainé en France.

Ce n'est pas ce que je dis. Je dis juste qu'énoncer que ça ne servait à rien d'aller au Sahel puisqu'aucun attentat n'est venu de là-bas est un non-sens.

Si un attentat était venu de là-bas ça aurait été encore plus simple de dire que ça ne servait à rien d'y aller puisque ça n'a pas évité d'attentat... :rolleyes:

Bref, c'est un tout petit peu plus complexe que dire que les mesures de sécurité ne servent à rien puisqu'il ne se passe rien. 

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  • 1 month later...
Le 31/01/2024 à 14:20, Wallaby a dit :

En fait les Américains ont deux types d'ambassadeurs. Ceux qui sont nommés par complaisance, des incompétents mais gros donateurs du parti démocrate ou républicain à qui on ne peut rien refuser.

Typiquement, les ambassadeurs US en Suisse

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Le 16/03/2024 à 22:04, Ciders a dit :

Pendant que le chaos s'étend, la junte locale brûle elle aussi ses vaisseaux.

 

Attends, c'est bien son patch de groupe sanguin là où tu mets ton graton ?

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https://journals.openedition.org/etudesafricaines/25853 (2019)

Jean-Pierre Olivier de Sardan, Les conflits de proximité et la crise de la démocratie au Niger : de la famille à la classe politique

Le microcosme politique nigérien est confronté à des rivalités internes semblables [aux querelles de famille] où les camarades d’aujourd’hui deviennent demain des ennemis. Autre similarité, les conflits de proximité familiaux comme les conflits de proximité politiques sont avivés par les spécialistes de l’occulte qui rendent toujours les proches responsables des problèmes.

En effet, la vie politique du Niger est dominée, depuis la Conférence nationale en 1991, qui a introduit le multipartisme après trente années de parti unique puis de dictature militaire, par deux phénomènes proches : (a) d’une part le « nomadisme politique » (les militants et les cadres circulent sans cesse d’un parti à l’autre, au rythme soutenu des factions et des scissions) ; (b) d’autre part la « valse des alliances » (tous les partis se sont mutuellement alliés puis combattus, puis alliés, puis combattus, au fil des années). Ce sont les leaders politiques qui ont émergé lors de la Conférence nationale qui dirigent encore aujourd’hui tous les principaux partis, tous ayant alterné au pouvoir comme dans l’opposition dans toutes les configurations possibles.

Une même classe politique se succède à elle-même sans cesse depuis 25 ans, entre compromis et bras de fer, réconciliations et divorces, fraternisation et haine. Ils dénoncent tous, quand ils sont (à tour de rôle) dans l’opposition, les comportements qu’ils adoptent tous quand ils sont (à tour de rôle) au pouvoir (politisation de l’administration, interventionnisme permanent de type clientéliste dans le fonctionnement des services publics, enrichissement accéléré des dignitaires du régime et de leurs protégés, manipulation des élections, persécution de l’opposition…).

Cette classe politique se compose en fait de quelques milliers de personnes, qui se connaissent tous personnellement. Une partie importante (et la plus visible) de cette classe politique est composée d’élites instruites, qui ont souvent fréquenté les mêmes écoles et qui appartiennent dans leur majorité aux « grandes familles » du Niger.

Cette classe politique restreinte a toutes les caractéristiques d’une bourgeoisie politico-économique d’interconnaissance, unie par un même mode de vie, la fréquentation des mêmes lieux, et de multiples alliances matrimoniales : accumulation grâce à la corruption et à l’affairisme, investissements dans l’immobilier et l’élevage, dépenses somptuaires et redistributions clientélistes, multiplication des privilèges de fonction, absence de base idéologique pour les clivages partisans, placement des enfants dans les mêmes écoles privées élitistes et des universités du Nord, soins et évacuations sanitaires à l’étranger, intermariages quasi systématiques, fréquentation mutuelle et sociabilité partagée au fil des baptêmes et noces qui rythment la vie sociale de la capitale, etc. Néanmoins, au sein de cet entrelac de relations mutuelles et croisées, les batailles sont féroces entre les ennemis d’aujourd’hui, qui sont les alliés d’hier, et peut-être ceux de demain. Tous les coups, ou presque, sont permis, l’emprisonnement d’un ancien camarade étant la forme la plus exacerbée des règlements de comptes.

Cette classe politique est indissociable de la démocratie dont elle tient tous les leviers.

La démocratie avait suscité à ses débuts beaucoup d’espoir. Mais désormais c’est, de loin, la déception qui domine, dans tous les secteurs de la société, face aux jeux politiciens incessants, aux alliances se modifiant à 180 degrés du jour au lendemain, aux rivalités personnelles exacerbées et aux épreuves de force incessantes, aux luttes de cliques et de clans, le tout sur un fond de faible délivrance des services publics, d’enrichissement spectaculaire des élites, de chômage massif des jeunes, et de corruption généralisée. On assiste donc à un rejet de plus en plus répandu de la « politik » (ce terme est désormais passé en langue songhay-zarma, avec un contenu très péjoratif), sous-entendu la politique des partis, la politique des politiciens, la politique de la démocratie.

La démocratie est vécue désormais comme un échec. La nostalgie croissante envers le régime militaire de Seyni Kountché (idéalisé a posteriori et crédité de rigueur morale et civique et de sens du service public en opposition aux mœurs politiques actuels) en est un des signes.

Depuis les débuts de la colonisation (création de la chefferie administrative), les chefs de canton (ou les chefs de groupements en zone dite nomade) sont choisis (par le pouvoir) ou élus (par les chefs de village) au sein de la famille « régnante », autrement dit parmi les « ayant-droits » ayant fait acte de candidature. Ces « ayant-droits » sont les descendants (en filiation patrilinéaire) des premiers chefs de canton. Autrement dit, les candidats rivaux sont tous « frères » (ou cousins parallèles) entre eux (Tidjani Alou 2009).

Le demi-frère ou le cousin battu deviendra souvent un opposant à vie de son parent devenu chef de canton (Olivier de Sardan 2009).

On voit que la polygamie est au cœur de ces différents processus. Les baab-izey sont des enfants de co-épouses, qui reproduisent les rivalités de leurs mères. La polygamie alimente un conglomérat de jalousies et de conflits qui prennent place dans l’espace domestique (compétition entre co-épouses et entre leurs enfants respectifs), et parfois au sein de l’espace politique de la chefferie (dans la mesure où celui-ci est co-extensif à l’espace domestique de la famille au pouvoir).

Ces représentations et ces pratiques sont en contradiction évidente avec nombre de stéréotypes sur « la famille africaine », qui serait avant tout un lieu d’entraide et de solidarités.

Bien évidemment, une femme ne va pas brimer les enfants de ses co-épouses ou leur parler mal devant le père ou un visiteur. En situation publique, la norme sociale règne, elle est ostentatoirement respectée. C’est dans l’intimité, loin des regards, que la norme pratique sera mise en œuvre et produira des discriminations subtiles (relatives aux friandises, aux jeux, aux corvées, aux réprimandes, aux récompenses, etc.).

Tout dirigeant, que ce soit à l’échelle locale ou nationale, s’il est mécontent des décisions de son parti, n’hésitera pas à le quitter avec toute sa clientèle électorale pour un autre parti, parfois ennemi déclaré du précédent, ou pour en fonder un nouveau. Les raisons de ces scissions et changements de veste quasi permanents sont presque toujours de type personnel, et ne relèvent que très rarement de divergences programmatiques ou de désaccords idéologiques.

Les chefs de parti, les ministres, les directeurs, les chefs de service, tendent tous plus ou moins à se comporter comme des chefs de canton, comme si l’entité à la tête de laquelle ils sont était leur propriété privée, avec toutes les caractéristiques de clientélisme, de courtisanerie et de confusion entre bien public et bien privé qui sont des traits structurels du mode chefferial de gouvernance (Olivier de Sardan 2009).

C’est justement le reproche qui est fait à l’élite politique par une partie de plus en plus importante de la population : cette élite ne pense qu’à elle-même, n’est intéressée que par le gain du pouvoir ou son maintien au pouvoir, et ne songe qu’à s’enrichir. Ce constat alimente une opinion largement répandue : la démocratie introduite dans la fin des années 1980 est un échec.

À cet échec, certains opposent le sens perdu du bien public, le besoin de renouveler les élites, l’urgence de développer l’esprit civique, l’impérieuse nécessité d’une réforme de l’État. La figure de Thomas Sankara, devenue mythique en Afrique de l’Ouest, est souvent mobilisée dans cette perspective. D’autres, au contraire, rêvent de charia, de gouvernance islamique, d’islam politique, voire de jihad. C’est une autre figure mythique, celle du caliphe, qui est alors mobilisée.

Ce sont là deux façons opposées de rompre avec le baab-ize tarey généralisé du tout petit monde politique nigérien actuel. On peut aussi penser que cette analyse vaut pour les pays voisins du Sahel, qui non seulement ont un modèle émique analogue des relations intra-familiales, mais qui connaissent aussi un même type de rivalités politiques, et la même crise de la démocratie.

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https://responsiblestatecraft.org/niger-us-drone-base/ (21 mars 2024)

La visite s'est mal déroulée. Initialement prévue les 12 et 13 mars, la délégation a prolongé son séjour d'un jour dans l'espoir de rencontrer le chef de l'État militaire, le général Abdourahamane Tiani, mais cela lui a été refusé.

Il est également possible que les Américains aient involontairement insulté leurs hôtes en envoyant ce que les États-Unis considéraient comme une équipe de "haut niveau", mais que les Nigériens ont peut-être considéré comme n'étant pas assez haut placée. La délégation était dirigée par la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Molly Phee, et le commandant de l'AFRICOM, le général Michael Langley, et comprenait d'autres hauts fonctionnaires tels que la secrétaire adjointe à la défense pour les affaires de sécurité internationale, Celeste Wallander.

Cet épisode m'a ramené à mon stage d'un an au département d'État en 2013-2014. À cette époque, une chose m'avait choqué et consterné : le poste de secrétaire d'État adjoint était implicitement considéré au sein du département d'État comme un poste de rang équivalent à celui d'un chef d'État africain.

Dans leurs déclarations de position annuelles, les commandants successifs de l'AFRICOM dépeignent l'Afrique comme un endroit où les étrangers (Al-Qaïda, l'État islamique, la Russie, la Chine, etc.) causent des ravages, auxquels s'oppose une coalition solide des États-Unis et de leurs "partenaires". C'est une vision de l'Afrique qui offre peu de place aux Africains pour exister autrement qu'en tant que victimes d'une force extérieure ou qu'en tant que partenaires juniors des États-Unis.

Cette vision pourrait être bien accueillie par le Congrès, mais elle n'a pas été bien accueillie à Niamey et le serait encore moins à Bamako ou à Ouagadougou.

Alors que les critiques de l'AFRICOM à l'égard des juntes sont en grande partie justes (je les partage en grande partie), les responsables américains ne peuvent pas rejeter les juntes comme étant malveillantes et incompétentes, puis leur demander des services.

Edited by Wallaby
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Le 22/03/2024 à 03:08, Wallaby a dit :

Il est également possible que les Américains aient involontairement insulté leurs hôtes en envoyant ce que les États-Unis considéraient comme une équipe de "haut niveau", mais que les Nigériens ont peut-être considéré comme n'étant pas assez haut placée.

Oui, bien possible.

Le 22/03/2024 à 03:08, Wallaby a dit :

La délégation était dirigée par la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Molly Phee, et le commandant de l'AFRICOM, le général Michael Langley, et comprenait d'autres hauts fonctionnaires tels que la secrétaire adjointe à la défense pour les affaires de sécurité internationale, Celeste Wallander.

Ah, je pense avoir trouvé ce qui aurait pu être considéré humiliant par ces africains :laugh:

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https://www.lorientlejour.com/article/1371817/sur-fond-daccord-avec-liran-le-niger-rompt-sa-cooperation-militaire-avec-les-etats-unis.html (18 mars 2024)

La junte à Niamey a été accusée d’explorer la possibilité de permettre à Téhéran l’accès à ses réserves d’uranium, révèle le « Wall Street Journal ».

Niamey a été accusé par des responsables américains d’explorer secrètement la possibilité d’un accord avec l’Iran pour lui permettre d’accéder à ses ressources en uranium, selon le Wall Street Journal.

Le porte-parole des militaires, le colonel Amadou Abdramane, a accusé samedi les responsables américains de « condescendance », leur reprochant de « nier au peuple nigérien souverain le droit de choisir ses partenaires ». Il a en outre rejeté les « allégations mensongères » insinuant que le Niger aurait « signé un accord secret sur l’uranium avec la République islamique d’Iran ».

Ces derniers mois, des officiels américains et occidentaux avaient déjà laissé entendre avoir des informations concernant un accord en gestation entre les deux pays. Washington craignait notamment que les discussions à ce sujet aient avancé durant la visite du Premier ministre nommé par la junte nigérienne à Téhéran, où il a rencontré en janvier le président Ebrahim Raïssi et d’autres responsables iraniens. Selon une source au fait du dossier citée par le Wall Street Journal, les deux parties auraient déjà signé un accord préliminaire autorisant Téhéran à acquérir de l’uranium nigérien, tandis que deux autres responsables ont avancé que le deal n’avait pas encore été finalisé.

Si l’Iran produit à l’heure actuelle suffisamment d’uranium pour alimenter son programme nucléaire, le régime n’a jamais caché sa volonté d’augmenter ses capacités à une échelle plus industrielle, nécessitant pour ce faire de plus larges quantités de cet élément. Une perspective qui inquiète Washington et les Occidentaux, bien que Téhéran ait toujours nié avoir des visées militaires.

Edited by Wallaby
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Le 23/03/2024 à 15:35, Wallaby a dit :

https://www.lorientlejour.com/article/1371817/sur-fond-daccord-avec-liran-le-niger-rompt-sa-cooperation-militaire-avec-les-etats-unis.html (18 mars 2024)

La junte à Niamey a été accusée d’explorer la possibilité de permettre à Téhéran l’accès à ses réserves d’uranium, révèle le « Wall Street Journal ».

Niamey a été accusé par des responsables américains d’explorer secrètement la possibilité d’un accord avec l’Iran pour lui permettre d’accéder à ses ressources en uranium, selon le Wall Street Journal.

Le porte-parole des militaires, le colonel Amadou Abdramane, a accusé samedi les responsables américains de « condescendance », leur reprochant de « nier au peuple nigérien souverain le droit de choisir ses partenaires ». Il a en outre rejeté les « allégations mensongères » insinuant que le Niger aurait « signé un accord secret sur l’uranium avec la République islamique d’Iran ».

Ces derniers mois, des officiels américains et occidentaux avaient déjà laissé entendre avoir des informations concernant un accord en gestation entre les deux pays. Washington craignait notamment que les discussions à ce sujet aient avancé durant la visite du Premier ministre nommé par la junte nigérienne à Téhéran, où il a rencontré en janvier le président Ebrahim Raïssi et d’autres responsables iraniens. Selon une source au fait du dossier citée par le Wall Street Journal, les deux parties auraient déjà signé un accord préliminaire autorisant Téhéran à acquérir de l’uranium nigérien, tandis que deux autres responsables ont avancé que le deal n’avait pas encore été finalisé.

Si l’Iran produit à l’heure actuelle suffisamment d’uranium pour alimenter son programme nucléaire, le régime n’a jamais caché sa volonté d’augmenter ses capacités à une échelle plus industrielle, nécessitant pour ce faire de plus larges quantités de cet élément. Une perspective qui inquiète Washington et les Occidentaux, bien que Téhéran ait toujours nié avoir des visées militaires.

Cela rejoint un truc que j'avais en tête. C'est totalement hypothétique. Par nature nationaliste, tenté par le panafricanisme, séduit par les russes et avec l'exemple houtis, il peut être tentant de s'affranchir des tutelles occidentales. "Après tout ça marche". Et outre la Russie, dans ce jeu là les Turcs et les Iraniens sont des options séduisantes.

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