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Europe de la Défense ?


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https://www.eurotopics.net/fr/262428/visite-de-biden-en-europe-les-points-a-l-ordre-du-jour# (8 juin 2021)

La Stampa croit entrevoir l'amorce d'un remarquable changement de cap à Washington :

«Lors du sommet de l'OTAN de lundi à Bruxelles, il y avait comme un éléphant dans la salle - que la plupart des observateurs ont choisi d'ignorer, hormis le Center for American Progress, un think-tank progressiste proche de l'administration américaine : le feu vert donné à une défense européenne commune. ... Le think-tank a publié un rapport le 1er juin sous le titre 'The Case for EU Defense' [plaidoyer en faveur d'une défense européenne]. Selon ses auteurs, 'l'hostilité des Etats-Unis envers une stratégie de défense européenne depuis les années 1990 a été une erreur stratégique, qui a nui autant à l'UE qu'à l'OTAN'. Le moment est propice à une nouvelle approche américaine, qui favorise des stratégies ambitieuses.»

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L’Europe en quête d’une « autonomie stratégique » encore contestée et peu tangible

Emmanuel Macron multiplie les prises de position en faveur d’une « souveraineté européenne » face à la Chine, à la Russie comme aux Etats-Unis, mais cette approche demeure floue, voire controversée au sein des Vingt-Sept.

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/06/12/l-europe-en-quete-d-une-autonomie-strategique-encore-contestee-et-peu-tangible_6083824_3210.html

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Il y a 4 heures, Boule75 a dit :

Certes, les termes de souveraineté européenne ne sont pas prononcés et @Patrick a fait valoir plus haut qu'il faudrait éviter de fournir les moyens à l'OTAN via l'UE tout en perdant toute capacité de les utiliser de manière souveraine, faute de chaîne complète. Je soupçonne que ton analyse était un peu catastrophiste d'ailleurs, ne serait-ce que parce qu'il n'y a qu'un pays de l'UE qui dispose de capacités complètes :-)

C'est justement pour ça que je suis sensible à la question oui.
Si l'Allemagne était la puissance militaire dominante, si nous étions une nation de second rang, ça ne me poserait pas de soucis, nous ne serions pas visés.
Tout comme les autres pays de l'UE tous équipés US ou aux capacités limitées ne se posent pas de question non plus.

Il y a 4 heures, Boule75 a dit :

On signale la multiplication de plusieurs cas d'un curieux symptômes d'infarctus épiléptique "Twitteris Bidensis" (vulgairement appelé nervous breakdown) dans certains think tank et officines de d'influence allemandes, américaines, danoises, néerlandaises et polonaises.

Je ne vois pas pourquoi ils en feraient tout un plat. Ce n'est que la continuation de la politique du "démerdez-vous tous seuls pour votre défense mais restez vassalisés et achetez US"
Mais vu que l'argument est désormais: "parce que c'est sérieux maintenant, vous avez des responsabilités" ça passe mieux.
C'est du trump, mais exprimé de façon plus mielleuse, en gros.

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Je n'ai pas accès à l'article du monde mais il faut quand même noter la phrase :

La France est désormais appuyé par l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas ...

- C'est donc un premier éléments Macron n'est plus isolé, et certaines des nations les plus importantes vont dans son sens. Mais on ne sait pas à quel point cette europe de la défense va vraiment exister à côté de l'OTAN.

- Biden semble également ne plus contrer Macron sur ce sujet mais on sent une hésitation sur le rôle exact de cette Europe de la Défense aux yeux des US. Ca se voit au ton que les différents article ont adopté. Personne ne voit la position de Biden de façon identique. Cà manque de clarté.

- Je suppose que le jeux de L'Allemagne est de prendre le leadership ... Mais ils ont un gros déficit de crédibilité pour l'instant.

Le diable se cache dans les détails. La position US a changé et celle de nombreux européens également mais difficile de dire ou on va.

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19 minutes ago, herciv said:

La France est désormais appuyé par l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas ...

... le probleme c'est que ces quatre pays ne parle pas du tout de la même chose :bloblaugh:

Quote

« La France est désormais appuyée par l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas, mais elle est l’un des rares pays à déconnecter ce thème du rapport à Washington, souligne Alexandra de Hoop Scheffer, directrice du bureau parisien du German Marshall Fund of the United States. D’autres, comme l’Allemagne ou la Pologne, redoutent, en revanche, que la question de l’autonomie complique la relation avec l’allié américain. » Cette spécialiste des questions transatlantiques évoque un « prisme déformant » qui brouille, dès lors, la compréhension du projet et son éventuelle concrétisation.

 

19 minutes ago, herciv said:

Je suppose que le jeux de L'Allemagne est de prendre le leadership ... Mais ils ont un gros déficit de crédibilité pour l'instant.

Pour l'Allemagne l'Union sera allemande ou ne sera pas ... ce n'est pas négociable en soit. L'Allemagne se prend procédure d'infraction sur procédure d'infraction parce qu'elle considère toujours sa court constitutionnelle au dessus des lois européennes - mais aussi de la CJUE - par exemple, on attend les arrêts de la CJUE à ce sujet mais ça risque d’être délicat. https://www.lemonde.fr/international/article/2021/06/08/primaute-du-droit-europeen-remise-en-cause-la-commission-europeenne-va-ouvrir-une-procedure-d-infraction-contre-l-allemagne_6083370_3210.html

Pour comprendre comment on en est arrivé la ... https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/07/l-europe-au-defi-des-juges-allemands_6038956_3232.html

On fait la même chose en France mais sur des sujet moins structuraux ... ou quand la France refuse d'appliquer les décisions de la justice de l'Union, version tour de passe-passe https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/21/le-conseil-d-etat-autorise-la-poursuite-de-la-conservation-generalisee-des-donnees_6077560_3224.html

 

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Il y a 7 heures, Patrick a dit :

Je ne vois pas pourquoi ils en feraient tout un plat. Ce n'est que la continuation de la politique du "démerdez-vous tous seuls pour votre défense mais restez vassalisés et achetez US"
Mais vu que l'argument est désormais: "parce que c'est sérieux maintenant, vous avez des responsabilités" ça passe mieux.
C'est du trump, mais exprimé de façon plus mielleuse, en gros.

Pour ce que ça vaut (pour ainsi dire rien ! ), tu noteras que Trump n'est pas d'accord avec toi : il a dû se fendre d'un communiqué de presse - pouah ! pour déblatérer comme quoi les USA allaient encore se faire couillonner, blah, blah... :sleep:

Plus sérieusement, se pose une question de causalité : la dépendance industrielle européenne aux USA en matière d'industrie de défense, dans la plupart des pays de l'UE, est-elle 1. un choix politique en tant que tel ou 2. résulte-t-elle de leur volonté de ne pas disposer des outils militaires de leur souveraineté parce qu'ils entendent que celle-ci soit assumée par l'OTAN, et donc par les Etats-Unis ?

Mon hypothèse est que leur dépendance industrielle résulte de leur dépendance voulue à l'OTAN, bien plus que l'inverse. Et les Etats-Unis, les anglais plus qu'eux encore, ont toujours souhaité qu'il en soit ainsi pour "conserver la main", du point de vue politique. "Acheter américain" n'est qu'une facette de cette dépendance souhaitée à la fois par le membre dominant de l'alliance et par un nombre important de pays, par confort, pingrerie, par influence subie et aussi parfois en Allemagne pour des raisons de principe.

De ce point de vue, le renversement de la posture américaine, et l'encouragement à la constitution de capacités européennes complètes (quelle que soit leur articulation) questionnerait autant l'organisation militaire en tant que telle, que l'organisation politique la gouvernant. L'organisation industrielle derrière en résulte. Des investissements supérieurs dans l'outil de défense seront plus facile à défendre politiquement s'ils bénéficient aux industries nationales. D'une certaine manière, la posture US était intenable sur le temps long dans un cadre démocratique : comment demander à des pays de doubler leur effort de défense en leur imposant de le faire par des achats importés ? La couleuvre est bien grosse, et d'ailleurs certains refusent de l'avaler et se désarment au passage.

Nul doute que ce mouvement n'arrange pas le complexe militaro-industriel US ; tant pis.

Edited by Boule75
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il y a 31 minutes, Boule75 a dit :

Nul doute que ce mouvement n'arrange pas le complexe militaro-industriel US ; tant pis.

Une fois de plus ça dépend. Ce qui intéresse le CMI US c'est de vendre ce qu'ils savent faire. Or il y a plein de domaines où ils font n'importe quoi depuis 25 ans. Et où désormais ils n'hésitent plus à acheter des designs étrangers.

Donc quand les US achètent à l'UE et que certains s'en lamentent, il faut noter qu'ils achètent ce qu'ils ne savent plus faire.
C'est un peu comme si on se lamentait en France que les futures catapultes ou avions radars du PANG ne soient pas français. On sait faire ou pas? On a une industrie ou pas? Bah non. Bah voilà.

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il y a 53 minutes, Boule75 a dit :

Nul doute que ce mouvement n'arrange pas le complexe militaro-industriel US ; tant pis.

Le changement de posture US est questionnable dans la durée mais néanmoins il résulte lui de trois constats :

- le compétiteur chinois ne peut et ne dois pas être challengé par les seuls US pour éviter de se retrouver dans la position européenne d'affaiblissement suite aux deux premières guerre mondiales. Forcément les européens doivent être impliqués. Cà c'est une élément de long terme.

- le budget de la défense US phagocyte tous les autres ce qui aux yeux de Biden est devenu intolérable. L'Europe et les nations asiatiques doivent prendre leur part et pas uniquement. Ce point là est sujet à un changement de posture en fonction du locataire de la maison blanche.

- Les US refuseront la posture du seigneur protégeant seul ses vassaux. Tout le monde devra prendre sa part de sang et de larmes.

Je crois qu'on voit déjà le résultat de ce changement de posture dans la position prise par l'ambassadeur US en Croatie qui a manifestement renoncé à contester la victoire du rafale. Il est possible que d'autres victoires du rafale soient aussi le signe que les US laissent à la BITD française le soin de compenser la calamité F-35. De même que la BITD italienne est alimentée par des commandes de fréagates. 

il y a 20 minutes, Patrick a dit :

Donc quand les US achètent à l'UE et que certains s'en lamentent, il faut noter qu'ils achètent ce qu'ils ne savent plus faire.
C'est un peu comme si on se lamentait en France que les futures catapultes ou avions radars du PANG ne soient pas français. On sait faire ou pas? On a une industrie ou pas? Bah non. Bah voilà.

Surtout qund il y a urgence. On parle d'un délai de 6 ans avant que les Chinois deviennent parfaitement belliqueux.

Edited by herciv
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il y a 23 minutes, Patrick a dit :

Une fois de plus ça dépend. Ce qui intéresse le CMI US c'est de vendre ce qu'ils savent faire. Or il y a plein de domaines où ils font n'importe quoi depuis 25 ans. Et où désormais ils n'hésitent plus à acheter des designs étrangers.

Oh c'est pire que ça ! Ils n'hésitent pas à vendre ce qu'ils ne savent pas faire : ce qui les intéresse, c'est le pognon, le pognon seulement, le pognon exclusivement. Il n'est qu'à voir les résultats financiers florissants de Lookheed Martin alors même qu'ils sont incapables de livrer ce qu'ils se sont engagés à produire, qu'on parle d'échéances, de prix ou de capacités. L'idée de diminuer leurs bénéfices pour prendre "à leur charge" une partie des surcoûts ne leur vient pas à l'esprit : ça brode à longueur de vidéo sur les warfighters mais ça agite le drapeau autant que la sébile ; des prototypes de faux patriotes.

il y a 23 minutes, Patrick a dit :

Donc quand les US achètent à l'UE et que certains s'en lamentent, il faut noter qu'ils achètent ce qu'ils ne savent plus faire.

Des ravitailleurs par exemple... :rolleyes:

il y a 23 minutes, Patrick a dit :

C'est un peu comme si on se lamentait en France que les futures catapultes ou avions radars du PANG ne soient pas français. On sait faire ou pas? On a une industrie ou pas? Bah non. Bah voilà.

C'est plus une affaire d'économie que de non-savoir-faire je pense. Rien à voir au passage avec le paiement du pizzo-OTAN qui est un phénomène qui existe aussi (les Patriot en Suède, les F-35 en Pologne...).

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Il y a 2 heures, g4lly a dit :

... le probleme c'est que ces quatre pays ne parle pas du tout de la même chose :bloblaugh:

 

Pour l'Allemagne l'Union sera allemande ou ne sera pas ... ce n'est pas négociable en soit. L'Allemagne se prend procédure d'infraction sur procédure d'infraction parce qu'elle considère toujours sa court constitutionnelle au dessus des lois européennes - mais aussi de la CJUE - par exemple, on attend les arrêts de la CJUE à ce sujet mais ça risque d’être délicat. https://www.lemonde.fr/international/article/2021/06/08/primaute-du-droit-europeen-remise-en-cause-la-commission-europeenne-va-ouvrir-une-procedure-d-infraction-contre-l-allemagne_6083370_3210.html

Pour comprendre comment on en est arrivé la ... https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/07/l-europe-au-defi-des-juges-allemands_6038956_3232.html

On fait la même chose en France mais sur des sujet moins structuraux ... ou quand la France refuse d'appliquer les décisions de la justice de l'Union, version tour de passe-passe https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/21/le-conseil-d-etat-autorise-la-poursuite-de-la-conservation-generalisee-des-donnees_6077560_3224.html

 

Cela qui ,entre autres, nourrit l'idée des britanniques que l'Europe puisse s'effondrer.

Biden peut faire des courbettes à Macron, si c'est son projet sincère c'est d'encourager une Europe de la défense alors en plus des courbettes à Macron il lui faudra donner des tapettes aux allemands parce que on les sent loin, très très loin de ce projet là.

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il y a 5 minutes, debonneguerre a dit :

Cela qui ,entre autres, nourrit l'idée des britanniques que l'Europe puisse s'effondrer.

Biden peut faire des courbettes à Macron, si c'est son projet sincère c'est d'encourager une Europe de la défense alors en plus des courbettes à Macron il lui faudra donner des tapettes aux allemands parce que on les sent loin, très très loin de ce projet là.

Oui. Et de ce point de vue, si leur laisse entendre "mais achetez donc européen si ça passe mieux !", c'est une incitation intéressante.

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Il y a 11 heures, Boule75 a dit :

Des ravitailleurs par exemple... :rolleyes:

Ah ça c'est LE tabou du moment qui n'a pas encore sauté. :laugh:
Ce pauvre KC-46 quand même. :unsure: Il méritait pas ça.

Il y a 11 heures, Boule75 a dit :

C'est plus une affaire d'économie que de non-savoir-faire je pense. Rien à voir au passage avec le paiement du pizzo-OTAN qui est un phénomène qui existe aussi (les Patriot en Suède, les F-35 en Pologne...).

Oui. Le débat est effectivement sur la question du "à qui laisse-t-on le droit de faire quoi?" et c'est cette même sempiternelle ritournelle que je ne supporte plus. On dirait une forme bizarre de néo-colonialisme interne auto-flagellateur dont nous serions les acteurs ET les sujets au nom d'un idéal de coopération que chacun prétend porter mieux que l'autre... Pouah. :endifficultec:

Alors oui quand tu vois que l'ASTER/PAAMS est plus efficace pour moins cher que le PAC-3 sur une bonne partie de son segment, il est effectivement assez douloureux de voir ce système n'être pas acquis par des nations européennes. Le cas suédois est parlant. Mais il faut aussi voir qu'il y a des bisbilles entre des industriels européens qui se tirent la bourre sur des marchés trop petits pour plusieurs acteurs. Se faire des cadeaux dans ce contexte? Même pas en rêve.

C'est la source de la tentation d'une rationnalisation que voulait déjà très maladroitement Sarkozy. Sauf que c'est toujours aussi prodigieusement con puisque ça obère les capacités globales des nations sous couvert de simplifier un environnement de travail qui pourtant ne tient pas compte d'une variable elle aussi impénitente: gérer des menaces diversifiées est tout autant un casse-tête pour l'ennemi que faire face à une masse augmentée par le nombre de systèmes identiques acquis (et idéalement réseautés).

Pire encore, alors que la seconde puissance militaire (la première sur certains points précis) a quitté l'UE, Macron a encore répété qu'on continuait avec Lancaster House. Comme pour marquer le coup.
C'est de nature à provoquer un conflit de loyauté, surtout quand on voit avec quelle hargne l'Allemagne met des bâtons dans les roues de la GB sur des sujets pourtant hyper-stratégiques: vente de 48 Typhoons au KSA, vaccin Astra Zeneca finalement pas plus dangereux qu'un autre... et c'est ce que je pense que l'entrevue avec biden a cherché à désamorcer. Pour faire oublier le "braindead".

Et les petits rappels sur l'arme nucléaire prouvent également que par essence on ne croit pas à cette idée de rationalisation européenne que l'on pousse par ailleurs comme dans un jeu de poker menteur, y-compris en mettant nos propres industriels dans la panade!

C'est du "en même temps" de très très haute volée. Pourtant je ne nous crois pas assez rufians pour être en train de jouer les imbéciles avant d'asséner une série de coups mortels à nos concurrents aussi bien industriels que politiques. C'est assez déstabilisant et c'est aussi je pense ce qui explique le rejet de Parly par certains sur des dossiers-clés.

 

Alors le débat n'est-il pas entre un pizzo US-OTAN et un tirage de couverture à soi au sein de coopérations européennes difficilement acceptables pour des acteurs se regardant en chien de faïence?

C'est aussi, pour ça que je pense qu'il y a quelque part un modèle italien, dont la caractéristique principale, au-delà de la volonté de multiplier les coopérations viables avec tous les acteurs possibles au seul profit de la survivance de leur industrie, est la discrétion. :wink:

Et pour le moment on a pas encore réussi à le prendre en défaut, alors que ce modèle s'est aussi gavé sur notre voracité pour des programmes communs plus tard battu en brèche (cas des FREMM > FDI).

Donc si la France se met à jouer à l'italienne ou à l'allemande en Europe, il se passe quoi? C'est un débat qu'on devrait peut-être mener.

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Nouvelle conférence de presse du Président Emmanuel Macron a l'issue du sommet de l'OTAN qui s'est déroulé hier. 

A 14.45 dans la vidéo :

 

Journaliste :

"Il parait qu’il y a eu un désaccord entre vous et votre ami Mark RUTTE sur la question qui vous tiens à cœur d’autonomie stratégique européenne ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Et est-ce que ça envoie un mauvais message si entre amis vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord sur ce sujet ?"

 

Emmanuel Macron :

"Sur la 1ere question, c’est au 1er ministre RUTTE de clarifier sa pensée.

J’ai noté qu’il y avait un accord complet avec la chancelière MERKEL, le 1er ministre DRAGHI, le Président du conseil SANCHEZ,  le Président en exercice de l’union européenne, le 1er ministre Portugais Antonio COSTA.

Donc je pense qu’il y avait une quasi-unanimité autour de la table pour défendre l’autonomie stratégique, sa cohérence et sa contribution à l’OTAN et surtout il y a la reconnaissance de celle-ci dans le texte de la déclaration et il y a sa reconnaissance de celle-ci par le secrétaire général de l’OTAN et du Président BIDEN.

A la fin, ça me suffit, car ça veut dire que nous avons réussi à passer cette étape qui était crucial."

 

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J'ai cherché en vain l'expression AUTONOMIE STRATEGIQUE   dans  le texte intégral en français du communiqué transmis après le sommet otanien de Bruxelles et publié par les chefs d’État et de gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord OTAN ce 14 juin 2021.... Sans doute faut il avoir une lecture diplomatique, et par différence avec ce qui était écrit avant ... ce que je ne sais pas forcément faire 

Cf. http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/06/14/otan-unite-solidarite-et-cohesion-de-mise-face-aux-defis-et-22224.html

Extraits où il est question de l'Union Européenne :   surlignés par moi pour vous accélérer la lecture

64.         L’Union européenne demeure un partenaire unique et essentiel pour l'OTAN. Le partenariat stratégique OTAN-UE est fondamental pour la sécurité et la prospérité de nos pays et de la zone euro-atlantique. L'OTAN reconnaît l'importance d'une défense européenne plus forte et plus performante. Le développement de capacités de défense cohérentes, complémentaires et interopérables, évitant les doubles emplois inutiles, est essentiel pour nos efforts conjoints visant à rendre la zone euro-atlantique plus sûre. De tels efforts, y compris les développements récents, rendront l'OTAN plus forte, aideront à accroître notre sécurité commune, contribueront au partage des charges entre les deux rives de l’Atlantique, faciliteront la mise à disposition des capacités nécessaires et soutiendront une augmentation globale des dépenses de défense. Les Alliés non membres de l'UE continuent d'apporter des contributions significatives aux efforts que déploie l'UE pour renforcer ses capacités et ainsi faire face aux défis de sécurité communs. Il est essentiel pour le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE que les Alliés non membres de l’UE soient associés à ces efforts le plus largement possible. Nous attendons avec intérêt des démarches mutuelles dans ce domaine, représentant des progrès tangibles, à l’appui d'un partenariat stratégique renforcé. Nous réaffirmons, dans leur intégralité, l’ensemble des décisions, principes et engagements relatifs à la coopération entre l'OTAN et l'UE. Nous continuerons de renforcer encore notre partenariat stratégique dans un esprit d’ouverture, de transparence et de complémentarité mutuelles totales, de même que dans le respect des différents mandats, de l’autonomie décisionnelle et de l’intégrité institutionnelle de l’OTAN et de l’UE, et comme l’ont décidé les deux organisations.

65.       La coopération entre l’OTAN et l’UE a atteint un niveau sans précédent et a débouché sur des résultats concrets dans les domaines de la lutte contre les menaces hybrides et les cybermenaces, de la communication stratégique, de la coopération opérationnelle, y compris sur les questions maritimes, de la mobilité militaire, des capacités de défense, de l’industrie de défense et de la recherche en matière de défense, des exercices, de la lutte contre le terrorisme, et du renforcement des capacités de défense et de sécurité. Le dialogue politique entre l’OTAN et l’UE reste essentiel pour faire avancer cette coopération. Nous continuerons de développer et d’approfondir notre coopération en mettant pleinement en œuvre l’ensemble des 74 propositions communes, qui contribuent à la cohérence et à la complémentarité de nos efforts. L’environnement stratégique actuel et la pandémie de COVID-19 mettent en lumière l’importance que revêt la coopération entre l’OTAN et l’UE face aux défis de sécurité existants et à leur évolution, s’agissant en particulier des questions de résilience, des technologies émergentes et des technologies de rupture, des incidences du changement climatique sur la sécurité, de la désinformation, et de la compétition géostratégique grandissante. Les processus stratégiques distincts engagés au sein de l’OTAN et de l’UE offrent une occasion tout à fait unique d’intensifier encore nos consultations et notre coopération afin d'accroître la sécurité de nos concitoyens et de promouvoir la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique et au-delà, sachant que l’OTAN reste le cadre transatlantique pour une défense collective solide et le forum essentiel pour les consultations et la prise de décision en matière de sécurité entre Alliés. Nous attachons du prix à la poursuite de l’étroite coopération que le secrétaire général entretient avec le président du Conseil européen, la présidente de la Commission européenne et le haut représentant de l’UE sur tous les aspects du partenariat stratégique OTAN-UE.

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Il y a 1 heure, Bechar06 a dit :

évitant les doubles emplois inutiles

Ça, c'est l'argument-massue contre le développement d'une capacité européenne de stratégie parce que « l'OTAN fait déjà ça, ça ferait double-emploi ». On est donc bien toujours dans un schéma où l'OTAN, et donc l'Amérique, est l'alpha et l'oméga de la défense européenne, ce qui rend l'idée-même d'une autonomie stratégique absurde.

Il y a 1 heure, Bechar06 a dit :

Il est essentiel pour le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE que les Alliés non membres de l’UE soient associés à ces efforts le plus largement possible.

Et là, c'est dit encore plus explicitement : l'Europe de la défense, c'est bien, mais à condition que Washington soit dedans.

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il y a une heure, Kelkin a dit :

Ça, c'est l'argument-massue contre le développement d'une capacité européenne de stratégie parce que « l'OTAN fait déjà ça, ça ferait double-emploi ». On est donc bien toujours dans un schéma où l'OTAN, et donc l'Amérique, est l'alpha et l'oméga de la défense européenne, ce qui rend l'idée-même d'une autonomie stratégique absurde.

Et là, c'est dit encore plus explicitement : l'Europe de la défense, c'est bien, mais à condition que Washington soit dedans.

OK Kelvin pour ta vigilance !  Mais laissons aussi le nouveau PR Biden poursuivre sa tournée européenne  et laissons les divers acteurs, dont notre PR Macron agir selon ce qu'il a retenu

+ Observons les Allemands

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10 hours ago, Bechar06 said:

J'ai cherché en vain l'expression AUTONOMIE STRATEGIQUE   dans  le texte intégral en français du communiqué transmis après le sommet otanien de Bruxelles et publié par les chefs d’État et de gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord OTAN ce 14 juin 2021.... Sans doute faut il avoir une lecture diplomatique, et par différence avec ce qui était écrit avant ... ce que je ne sais pas forcément faire

Ce que souhaites les USA c'est pouvoir enfin sous-traiter les intérets de l'empire en Europe et en Afrique mais aussi au PO ... au autres membres de l'OTAN ... pour pouvoir se concentrer sur l'Asie.

C'est pas nouveau ca fait 30 ans qu'ils le réclament ... sans résultat.

Donc qu'ils souhaitent des membres de l'OTAN plus ou moins autonomes à la guerre oui - et encore j'en suis pas convaincu - ... mais indépendant sûrement pas ... et ça fait toute la différence.

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il y a 50 minutes, g4lly a dit :

Ce que souhaites les USA c'est pouvoir enfin sous-traiter les intérets de l'empire en Europe et en Afrique mais aussi au PO ... au autres membres de l'OTAN ... pour pouvoir se concentrer sur l'Asie.

C'est pas nouveau ca fait 30 ans qu'ils le réclament ... sans résultat.

Donc qu'ils souhaitent des membres de l'OTAN plus ou moins autonomes à la guerre oui - et encore j'en suis pas convaincu - ... mais indépendant sûrement pas ... et ça fait toute la différence.

Sans compter que l’armement doit forcement etre us. Bref un empire qui n’arrive plus a assurer la paix et qui cherche des auxiliaires. 

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Vous coupez bien les cheveux en 4...

Quand les anglais étaient dans l'UE, cette phrase n'aurait jamais figuré au communiqué final : "Nous réaffirmons, dans leur intégralité, l’ensemble des décisions, principes et engagements relatifs à la coopération entre l'OTAN et l'UE. Nous continuerons de renforcer encore notre partenariat stratégique dans un esprit d’ouverture, de transparence et de complémentarité mutuelles totales, de même que dans le respect des différents mandats, de l’autonomie décisionnelle et de l’intégrité institutionnelle de l’OTAN et de l’UE"

Par exemple, et de manière assez concrète, affirmer et reconnaître l'autonomie décisionnelle de l'UE, c'est évidemment admettre qu'elle peut décider de se doter d'un ou plusieurs états-majors, qui, me semble-t-il, ont toujours été fermement repoussés (sauf dans le cadre d'opérations ponctuelles et limitées), précisément comme faisant soit-disant "doublon".

 

Au final le communiqué final a toute la saveur du compromis ambigu, mais c'est moins mal. La suite dépendra de ce qu'on en fait, ça ouvre quelques portes, par exemple pour développer des capacités de planification et d'anticipation plus robustes au sein de l'UE.
La réduction des doublons, dont il est fait mention, me semble avant tout s'adresser à l'intérieur de l'UE, où ils sont légion. Ce n'est pas un thème neuf, et la consolidation est très lente... C'est évidemment problématique d'un strict point de vue opérationnel.

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https://www.aerobuzz.fr/breves-defense/conference-des-armees-de-lair-des-pays-de-linitiative-europeenne-dintervention/

L'armée de l'Air et de l'Espace organise pour la première fois un cycle de huit tables rondes réparties sur deux journées. Les représentants des 12 armées de l'Air des pays de l'Initiative européenne d'intervention aborderont le thème de la puissance aérienne européenne et la maitrise des rythmes stratégiques et opérationnels.

Ouverte le 22 juin 2021 par le chef d’État major de l’armée de l’Air et de l’Espace, Philippe Lavigne, suivi par une allocution d’Eric Trappier en qualité de président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, la conférence qui se déroulera au musée de l’Air et de l’Espace sera diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’armée de l’Air et de l’Espace.

Réunissant les chefs d’état-major et hautes autorités des ministères des armées des 12 pays de l’Initiative européenne d’intervention, des responsables d’industries et des personnalités du monde académique, cette conférence en anglais a pour objectif de faire avancer la culture stratégique européenne en matière de puissance aérospatiale.

Programme

Mardi 22 juin 2021

9h : Ouverture de la conférence par le CEMAAE

9h45 : Intervention d’Eric Trappier, président du GIFAS

10h : Table ronde 1 : Préservation de l’accès aux domaines de l’air et de l’espace et enjeux stratégiques

11h20 : Table ronde 2 : Programme de développement européen et coopération

14h10 : Table ronde 3 : Engagement multi-domaines interarmées

15h30 : Table ronde 4 : Interopérabilité au sol et dans les airs, comment mieux combattre ensemble

Mercredi 23 juin 2021

9h : ouverture de la 2ème journée

10h : Table ronde 5 : Emploi de la puissance aérienne et coordination

11h20 : Table ronde 6 : Innovation technologique et opérationnelle

14h10 : Table ronde 7 : Retour d’expérience et développement de la doctrine

15h30 : Table ronde 8 : Stratégie pour améliorer l’Europe de la défense

16h30 : Clôture par Florence Parly, ministre des armées

******      Pour accéder au programme complet, visitez

https://www.defense.gouv.fr/air/dossiers/conference-des-armees-de-l-air-des-pays-de-l-initiative-europeenne-d-intervention/comment-mieux-synchroniser-le-rythme-des-operations-aeriennes-europeennes

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Mme Parly : L'Europe ne doit pas s'attaquer aux industries de défense par le "biais de la loi et de la jurisprudence"

Il y avait déjà les règles de « compliance », dont l’application « extensive et dévoyée » par de nombreux établissements financiers complique la vie des entreprises de la Base industrielle et technologique de défense [BITD] française. Tel était, en tout cas, le constat dressé par les sénateurs Pascal Allizard et Michel Boutant dans un rapport dédié au financement de l’industrie de l’armement. Les députés Jean-Louis Thiérot et Françoise Ballet-Blu firent le même, en février dernier.

Et il faudra sans doute faire avec les orientations que la Commission européenne dévoilera le 7 juillet dans le cadre de sa nouvelle « stratégie sur la finance durable », qui, s’appuyant sur un rapport de son Centre commun de recherche [JRC], vise à instaurer des critères « écologiques » pour les produits financiers. En clair, l’idée est d’orienter les capitaux vers des activités qui ne portent pas atteinte à l’environnement. À Bruxelles, on parle de « taxinomie ».

« La taxinomie de l’Union européenne est un outil solide et fondé sur des données scientifiques, qui vise à offrir de la transparence aux entreprises et aux investisseurs. Elle constituera pour les investisseurs une référence commune, qu’ils pourront utiliser pour investir dans des projets et des activités économiques ayant une incidence positive notable sur le climat et l’environnement. Elle imposera en outre à un certain nombre d’entreprises et d’acteurs des marchés financiers des obligations de publication d’informations », explique la Commission de Bruxelles.

Cet « outil » doit permettre de « flêcher » environ 480 milliards d’euros d’investissements additionnels par an vers la transition écologique. Et cela que cette dernière doit bénéficier de 30% des dépenses prévues au titre du plan de relance européen, adopté en juillet 2020 par les chefs d’État et de gouvernement des 27 pays membres.

Selon le rapport du JRC, ce projet de « taxinomie » parle d’exclure les entreprises si la part de leurs activités de production et de vente d’armes conventionnelles et d’équipements militaires « utilisés pour le combat » dépasse les 5% de leur chiffre d’affaires [.pdf].

Depuis la parution de ce document, des débats ont été engagés… Mais, a priori, les lignes n’ont pas bougé s’agissant des industries de défense, malgré la mobilisation des groupements professionnels du secteur. « Ce qui va sortir du projet de taxonomie de la Commission européenne va être extrêmement important : si les activités de défense sont qualifiées de non durables et, donc, d’une certaine façon non propice à des investissements financiers, ce sera une prescription très, très importante à destination de tous les investisseurs », a ainsi récemment prévenu Éric Béranger, le Pdg de MBDA, lors du dernier Paris Air Forum, le mois dernier.

Cette affaire de la « taxinomie » de l’UE survient alors que le contexte international se durcit d’autant plus que la crise provoquée par la pandémie de covid-19 a accéléré les tendances jusqu’alors observées. Lors d’une table ronde organisée à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, la ministre des Armées, Florence Parly, a insisté sur la désinhibition de certaines puissances face au recours à la force, l’exacerbation des rivalités économiques et une tendance au repli sur soi.

« Je pense […] que cette crise révèle pour l’Europe à la fois des fragilités extrardinaires, un niveau de dépendance qui en vient à mettre en péril notre souveraineté – et quand je parle de souveraineté, j’y mets beaucoup de sens compte tenu de la responsabilité que j’occupe – mais aussi des opportunités incroyables parce que je crois, en effet, que la prise de conscience est là », a estimé Mme Parly.

Et, a continué la ministre, « l’Europe a la capacité de passer à la vitesse supérieure »… Mais le veut-elle? Sur ce point, le doute est permis, comme le suggèrent les propos de Mme Parly et ce projet de « taxinomie »

« On a potentiellement de quoi faire mais à une condition : c’est que l’Europe ne s’attaque pas, par le biais de la loi et de la jurisprudence, à des politiques sur lesquelles nous voulons investir en tant qu’européens. Et je pense, par exemple, à la taxinomie. Dire que le nucléaire est mal, c’est se tirer une balle dans le pied. Dire que les activités de défense ne doivent pas être financées par les organisations financières et les banques, au même titre que les activités pornographiques, c’est choquant! », s’est emportée Mme Parly.

« Et donc ça, c’est un combat aussi que nous devons mener au niveau européen », a conclu la ministre. Un de plus, pourrait-on penser. D’autant plus que cette situation est ahurissante quand on sait que, dans le même temps, le Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne prévoit d’investir environ 8 milliards d’euros au titre du Fonds européen de Défense [FEDef].

http://www.opex360.com/2021/07/05/mme-parly-leurope-ne-doit-pas-sattaquer-aux-industries-de-defense-par-le-biais-de-la-loi-et-de-la-jurisprudence/

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